Flash Agri n°223

Flash Agri n°223

Crédit photo : Pixabay

Le monde agricole et agroalimentaire réagit à l’élection de Donald Trump

Le monde rural, bastion de longue date du Parti républicain, a joué un rôle déterminant dans l’élection de Donald Trump, notamment au niveau des Etats fédérés pivots, les ‘’swing states’’, de la ceinture industrielle (rust belt). Si les principaux acteurs du monde agricole et agro-alimentaire ont réagi positivement à ce résultat, le syndicat majoritaire agricole Farm Bureau a eu un discours plutôt modéré. Son Président Zippy Duvall a notamment déclaré qu’il y avait de nombreuses perspectives avec le nouveau Président, mais qu’il fallait aussi reconnaitre l’existence de quelques défis et obstacles. Le Farm Bureau, les associations de producteurs de blé, de maïs et de soja, mais aussi les associations d’éleveurs de bovins et de porcs ont salué la volonté de D. Trump de vouloir réduire le poids des réglementations, notamment environnementales. La volonté forte du président élu de maintenir le dispositif des mandats d’incorporation de carburants renouvelables, Renewable Fuel Standard, fait aussi l’unanimité auprès des organisations agricoles.
En revanche, le projet de réforme de l’immigration et l’opposition de Donald Trump aux traités de libre-échange inquiètent beaucoup l’industrie agricole, qui y voit une perte de main d’œuvre et la fermeture des marchés internationaux qui lui sont vitaux. Sur ces questions, les organisations agricoles entendent obtenir la place que D. Trump leur a promise durant la campagne, dans les discussions et l’élaboration des nouvelles réglementations. Enfin, la politique alimentaire de Donald Trump ne fait pas l’unanimité. Les agriculteurs sont inquiets de la volonté républicaine de séparer le programme d’aide alimentaire du reste du Farm Bill ; par ailleurs, certains acteurs du secteur agroalimentaire et les représentants des consommateurs appellent le nouveau Président à ne pas revenir en arrière au sujet de la loi de modernisation de la sécurité sanitaire des aliments (Food Safety Modernization Act) mise en place par l’administration Obama.
Le monde agricole attend maintenant que le président Trump tienne les promesses qu’il a faites durant sa campagne, d’associer étroitement ses acteurs à ses réformes. ‘’L’Amérique rurale s’est révélée et a fait entendre sa voix lors de cette élection’’ a déclaré le Président du Farm Bureau, ‘’c’est maintenant au tour de nos leaders élus de soutenir l’Amérique rurale’’.


Elections présidentielles

ETATS-UNIS : Des Etats américains ont voté par référendum des mesures pour  le bien-être animal et la taxation des boissons gazeuses sucrées

Le 8 novembre, date de l’élection présidentielle, a aussi été l’occasion pour les électeurs de se prononcer sur différentes propositions, dans le cadre de scrutins organisés dans les Etats fédérés, les comtés ou encore les villes.

1. Une mesure largement approuvée pour le bien-être des animaux d’élevage dans le Massachusetts

Dans cet Etat, 78% des électeurs ont approuvé une mesure imposant l’utilisation de cages et d’enclos plus spacieux pour l’élevage des poules pondeuses, des truies et des veaux. Cette loi, qui prendra effet en 2022, précise que les animaux devront disposer de suffisamment d’espace pour se tenir debout, s’allonger, étendre entièrement leurs membres et se retourner librement. Les poules pondeuses devront pouvoir étendre leurs deux ailes sans toucher la paroi de la cage ou une autre poule, et bénéficier d’au moins 1393 centimètres carrés de surface (1,5 pieds carrés). Si dans le Massachusetts, un seul établissement d’élevage sera réellement concerné par la disposition, puisqu’il ne remplit actuellement pas les conditions requises, cette mesure aura aussi des effets connexes sur les autres Etats fédérés. En effet, elle interdira également la commercialisation d’œufs, de viandes de porc et de veaux, quelle que soit l’origine, provenant d’établissements qui ne remplissent pas les conditions d’élevage prescrites. Le dirigeant de l’élevage du Massachussetts qui sera affecté par le nouveau dispositif défend son système d’élevage, arguant que chaque poule bénéficie d’une surface de 1380 centimètres carré (30 cm par 46 cm), et qu’il empêche le cannibalisme et l’entassement des animaux.

Cette mesure a également été vivement critiquée par l’industrie avicole qui estime que le confinement n’est pas une pratique inhumaine et accuse l’association Humane Society of the United States d’être à l’origine de cette évolution, dans le cadre d’un objectif plus large de limiter la consommation de viande. Cette loi est également dénoncée par les associations de lutte contre la pauvreté, considérant qu’il s’agit d’une « injustice sociale » allant entraîner une augmentation considérable du prix des œufs au détriment des personnes les plus pauvres. Selon le quotidien Boston Globe, le prix   la douzaine d’œufs renchérira de 12 centimes à 1 dollar.  

2. Cinq villes votent en faveur d’une taxe sur les boissons gazeuses sucrées

Trois villes de Californie, San Francisco, Oakland et Albany, ainsi que les villes de Boulder dans le Colorado et Chicago dans l’Illinois, se sont prononcées dans le cadre d’un référendum en faveur de la mise en place d’une taxe sur les sodas et autres boissons édulcorées comme les boissons énergisantes.

Ces résultats font suite à une campagne acharnée entre partisans et opposants à la taxe, et qui aura été très onéreuse. Son coût est équivalent au versement de 40 dollars à chaque habitant vivant dans les trois villes californiennes ayant adopté la taxe. L’American Beverage Association a dépensé plus de 30 millions de dollars pour dénoncer cette taxe, en recourant notamment aux services de la même entreprise de communication que celle ayant mené campagne en faveur du Brexit. Les défenseurs ont quant à eux engagé près de 20 millions de dollars, majoritairement avec l’aide de M. Bloomberg, milliardaire et ancien maire de New York qui n’avait pas réussi à interdire la vente de sodas en très grand format dans la ville. Les résultats ont parfois été serrés. A Chicago, la nouvelle taxe a été approuvée à 9 voix contre 8. Cette taxe sera d’un centime de dollar pour 0,03 litres de soda à San Francisco, Oakland, Albany et Chicago et de 2 centimes dollars pour 0,03 litres à Boulder. La taxe augmenterait le prix d’un pack de douze cannettes de sodas de 1,44 dollars en moyenne.

Les enjeux sont importants pour l’industrie des boissons qui craint de devenir « un nouveau paria de la santé publique » comme l’est devenu le tabac depuis quelques années. Le porte-parole de la coalition des opposants, qui inclue l’ABA, des représentants de la grande distribution et des restaurateurs, explique que d’un point de vue pratique la taxe ne sera pas appliquée directement aux consommateurs, mais aux distributeurs qui répercuteront alors les surcoûts sur d’autres produits. Selon lui 7 enseignes sur 10 vont augmenter le prix de produits autres que les sodas. Cet argument est toutefois réfuté par le professeur Siegel de l’Université de santé publique de Boston. Selon lui, la concurrence maintiendra la hausse des prix sur les boissons. Pour M. Siegel, cette initiative pourrait s’étendre très rapidement, voire même à l’échelle nationale.

3. Un comté californien interdit les cultures d’OGM

Le comté de Sonoma, en Californie, a voté l’interdiction des cultures d’OGM sur son territoire.  Rejoignant quatre autres comtés voisins qui ont déjà interdit les cultures OGM, cette zone devient la plus grande région des Etats-Unis avec près de 3,6 millions d’hectares où les plantes génétiquement modifiées ne pourront être cultivées.

4. L’amendement « Right-to-Farm » a été rejeté par l’électorat de l’Oklahoma

Cet amendement avait vocation à protéger les exploitations agricoles des groupes de pressions qui souhaiteraient imposer des restrictions. Par exemple, il aurait pu permettre aux éleveurs de poules pondeuses d’éviter toute contrainte relative à la taille des cages. Pour l’ancien procureur général de l’Oklahoma, placer un tel amendement dans la Constitution de l’Etat fédéré aurait aussi pu empêcher l’application par les agriculteurs de réglementations sur la protection de l’environnement.

Politiques commerciales

ETATS-UNIS : L’US Chamber of Commerce rapporte que les échanges agricoles entre les Etats-Unis et la Chine pourraient être améliorés grâce à des « réformes commerciales »  

L’US Chamber of Commerce, en partenariat avec Informa Economics IEG, a publié un rapport concernant les effets que pourraient avoir la suppression des barrières commerciales entre la Chine et les Etats-Unis sur les exportations agricoles. Cette étude montre que les barrières commerciales actuelles restreignent les exportations agricoles américaines, notamment les processus fastidieux d’approbation par la Chine des produits issus des biotechnologies. D’autres freins aux exportations américaines sont également mentionnés : les contingents tarifaires pour le blé, le maïs, le riz et le sucre, les subventions de la Chine à ses fabricants de machines agricoles et les droits compensatoires que les Etats-Unis et la Chine s’imposent mutuellement.
Dans ce rapport, l’US Chamber of Commerce fait également plusieurs recommandations aux gouvernements chinois (surtout) et américain (de façon moindre) permettant de favoriser l’augmentation des échanges agricoles au bénéfice des deux pays

Le rapport détaille certaines réformes que la Chine pourrait mettre en place et qui contribueraient à répondre à sa forte demande alimentaire : l’adoption d’une approche basée sur la science pour l’approbation des produits issus de biotechnologies, la mise en œuvre d’une meilleure gestion de la santé animale en utilisant des produits pharmaceutiques et des vaccins pour contrôler les maladies animales. Le rapport recommande également à la Chine d’être plus transparente concernant les contingents tarifaires pour ses importations de matières premières, et d’éliminer les subventions aux constructeurs de machines agricoles domestiques ou de les rendre disponibles pour les équipementiers étrangers. L’US Chamber of Commerce précise que les Etats-Unis sont déjà relativement ouverts aux produits agricoles chinois, mais que les importations de Chine pourraient encore augmenter significativement si les Etats-Unis s’abstenaient de mettre en place des contraintes réglementaires.

Dans la perspective où les réformes recommandées par le rapport seraient mises en place, l’Informa Economics IEG rapporte que les exportations agricoles américaines vers la Chine (20,4 milliards de dollars en 2015) pourraient atteindre 28,3 milliards de dollars d’ici 2025 contre 26 milliards de dollars en l’absence de réformes. Les exportations de soja, qui représentent la part la plus importante des exportations américaines vers la Chine, pourraient atteindre 19,3 milliards de dollars d’ici 2025 contre 18,4 milliards de dollars. Ces réformes seraient également bénéfiques aux exportations de maïs qui atteindraient 1,3 milliards de dollars contre 821 millions de dollars dans la situation actuelle d’ici 2025.

ETATS-UNIS : Cuba refuse l’implantation d’une usine américaine de construction de tracteurs sur son territoire

Après plus d’un an de négociations, le gouvernement cubain vient de refuser la proposition faite par la compagnie américaine Cleber LLC de s’implanter dans ce pays. L’entreprise détenue notamment par un homme d’affaires d’origine cubaine Saul Berenthal, est spécialisée dans l’assemblage de tracteurs. Elle avait pour objectif d’investir près de 5 millions de dollars dans la construction d’une usine près de La Havane afin de concevoir chaque année 1000 tracteurs, adaptés au marché de Cuba et spécialement conçus pour soutenir l’agriculture biologique cubaine, reconnue au niveau mondial.

Selon le directeur du conseil économique et commercial américano-cubain, si Cuba avait accepté ce projet, cela aurait signifié que « Cuba acceptait les lois et les politiques des EtatsUnis, comme si Cuba se pliait aux réglementations américaines ». Il a rajouté que le Gouvernement de La Havane est suffisamment confiant quant aux subventions existantes, à la restructuration de la dette, aux projets énergétiques, aux bénéfices provenant du tourisme, pour être en mesure de rester ferme contre tout engagement commercial et économique avec des entreprises basées aux Etats-Unis.

Cette annonce du gouvernement cubain met en évidence la complexité des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Malgré une amélioration des relations économiques entre les deux  pays voulue par l’administration Obama, l’embargo américain sur Cuba est toujours en vigueur.

 

Politiques agricoles

ETATS-UNIS : Production céréalière record pour 2016

En octobre, des records de production céréalière étaient déjà  annoncés aux Etats-Unis pour l’année 2016. Les prévisions ont encore augmenté en novembre. Pour 2016, la production de maïs est désormais estimée à 386 millions de tonnes, soit 12% de plus que pour l’année 2015. Les rendements pourraient atteindre 110 quintaux par hectare, au-dessus de 4 quintaux par hectare de plus qu’en 2015. Si ces prévisions se réalisent, des records historiques pourraient ainsi être atteints en termes de production et de rendements aux Etats-Unis.

Il en serait de même pour la production de soja, estimée à 110 millions de tonnes en novembre, c’est-à-dire 2% de plus que les prévisions du mois dernier et 11% de plus que les résultats de 2015.

Politiques environnementales

ETATS-UNIS : Mandats d’incorporation de biocarburants pour 2017

L’Agence de protection de l’environnement (EPA) vient de publier les nouveaux mandats d’incorporation de biocarburants (Renewable Fuel Standard – RFS)) pour l’année 2017. Ceuxci sont en hausse par rapport aux niveaux de 2016 (au total 19,28 Mds de gallons – 73 Mds de litres – contre 18,11 Mds de gallons – 68,5 Mds litres en 2016) et par rapport aux propositions de l’Agence en mai 2016 (18,8 milliards de gallons). Les mandats pour les carburants cellulosiques sont fixés à 311 millions de gallons -1,2 Mds de litres- contre 230 millions de gallons – 871 millions de litres-  en 2016 (+35%), ceux pour le biodiesel, à 2 Mds de gallons – 7,6 Mds de litres- contre 1,9 Mds de gallons – 7,2 Mds de litres- en 2016 et ceux des biocarburants de 2nde et 3ème génération, à 4,28 Mds de gallons -16,18 Mds de litres- contre 3,61 Mds de gallons – 13,7 Mds de litres – en 2016 (+ 19%).  Ces nouveaux mandats permettent d’atteindre la cible de 15 Mds de gallons (57 Mds de litres) fixée par le Congrès pour les biocarburants éthanoliques, de première génération.  Cette annonce a été saluée par les organisations agricoles. Celles-ci se réjouissent que les volumes imposés par l’EPA correspondent désormais aux recommandations de volumes fixées par le Congrès.

Pour le président de la National Farmers Union, cette augmentation choisie par l’EPA montre un engagement clair d’exploiter les avantages environnementaux de l’éthanol et de protéger l’avenir des bio-carburants avancés sur le marché. W. Spurlock, président de la National Corn Growers Association, s’est dit satisfait de la décision de l’EPA ; ce choix est ‘’crucial pour les agriculteurs qui ont des difficultés économiques, mais aussi pour les consommateurs qui se soucient de la qualité de l’air, veulent utiliser un carburant abordable, et ne veulent plus être dépendants du pétrole provenant de l’étranger’’. L’association Growth Energy a fait connaitre son optimisme quant à l’idée de travailler avec l’EPA et la nouvelle administration Trump à ce sujet.  Selon le PDG de la Renewable Fuels Association, cette annonce est un signal positif pour les investisseurs du marché des biocarburants : ‘’l’agence va stimuler de l’intérêt pour l’éthanol cellulosique et autres biocarburants avancés, ainsi qu’encourager les investissements dans les infrastructures ‘’.

En revanche, les opposants aux RFS, dont le National Council of Chain Restaurants et l’industrie pétrolière, estiment que l’augmentation de l’incorporation d’éthanol est un échec. Selon eux, cette loi ne bénéficierait qu’aux producteurs de bioéthanol et augmenterait les coûts, argument démenti par les partisans de carburants renouvelables et par les associations agricoles.

Politiques alimentaires

ETATS-UNIS : Les annonces de Dannon sur les OGM contrarient  le monde agricole

L’entreprise Dannon a annoncé que ses principales marques de yaourt seraient produits dès 2016 sans ingrédient OGM (le sucre de betterave sera remplacé par du sucre de canne, l’amidon de maïs sera issu de maïs non OGM) et d’ici la fin 2018, à partir de lait de vaches n’ayant pas été nourries avec des aliments à base d’organismes génétiquement modifiés.  Mariano Lozano, PDG de Dannon, a expliqué que cette initiative est liée à la demande croissante des consommateurs pour des produits sans OGM, plus naturels ; celle-ci correspond également aux valeurs que le groupe Danone partage sur l’environnement. L’entreprise, qui a rencontré les producteurs laitiers fournisseurs, a indiqué que ces derniers feraient leur possible pour que Dannon puisse remplir ces objectifs. M. Lozano a déclaré « nous estimons que des pratiques agricoles durables peuvent être atteintes avec ou sans l’utilisation d’OGM ». Dannon prend en charge le coût des intrants dans ces élevages ; le prix du lait est fixé de manière pluriannuelle. La profession agricole a réagi tardivement à cette annonce de Dannon. Six organisations agricoles –  American Farm Bureau Federation, American Soybean Association, American Sugarbeet Growers Association, National Corn Growers Association, National Milk Producers Federation et U.S. Farmers and Ranchers Alliance se sont déclaré très contrariées par l’engagement de Dannon. Cette coalition souhaite engager une campagne de discussion franche afin de convaincre l’entreprise que la modification génétique est une clé de la durabilité.  R. Krotz, PDG de l’U.S. Farmers and Ranchers Alliance, a expliqué que l’engagement pris par Danone donne une image « non-durable et indésirable » des biotechnologies. R. Mooney, président de la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers a rajouté que l’annonce de Dannon pourrait entraîner un effet domino dans l’ensemble de l’industrie alimentaire et que « nous pourrions voir un changement radical dans la façon dont les aliments sont produits aux Etats-Unis ». La coalition a également l’intention d’engager une campagne via les médias sociaux pour interpeler les entreprises qui ne prêteraient pas attention à leurs revendications.

 Politiques sanitaires

ETATS-UNIS : Barack Obama s’exprime sur les OGM et sur les antibiotiques, en faveur du ‘’science based’’

Lors d’une récente émission télévisée, le Président Obama s’est exprimé sur l’alimentation, le bien-être animal et les OGM. Interrogé sur la nécessité de placer l’alimentation de manière plus prioritaire dans le programme de protection de la santé publique du Gouvernement, Barack Obama a répondu que s’il existe déjà un système d’assurance maladie, il serait important d’avoir un système de protection de la santé qui intègre la nutrition et la pratique d’exercices physiques. Il a aussi fait remarquer que ‘’depuis longtemps, l’industrie agricole et agroalimentaire dispose d’une place importante à la table du Congrès, et de manière bi partisane’’.
Concernant les antibiotiques et les OGM, B. Obama a déclaré qu’il est important de s’appuyer sur la science.’’ La science reconnait que l’on donne trop d’antibiotiques aux animaux et que cela accentue le problème de résistance bactérienne’’. Pour les OGM, il a admis que dans certains domaines les préoccupations sont légitimes et dans d’autres cas, la science semble indiquer qu’il n’y a pas de problème. Il a par ailleurs fait référence à un article du New-York Times qui montre par des données scientifiques que dans certains cas les OGM n’augmentent pas les rendements et entraîne une utilisation accrue des pesticides. Pour lui, quel que soit son parti d’appartenance, la politique devrait être guidée par la science. Par conséquent, si les aliments (contenant des) OGM ne sont pas plus sains, plus utiles ou nécessitent plus de pesticides, il convient de suivre la science. Il en sera de même si les OGM ne causent pas de préjudice.

ETATS-UNIS : L’USDA nomme un Chef de la santé publique vétérinaire

Le Service d’inspection de la sécurité sanitaire des aliments – FSIS de l’USDA vient de nommer un Chef de la santé publique vétérinaire – Chief Public Health Veterinarian (CPHV), en la personne du Dr. Parthapratim (Pat) Basu, Senior Leader en chimie, toxicologie et science connexe dans la direction des sciences de la santé publique de l’Agence. Homologue pour la santé publique du Chef des services vétérinaires pour la santé animale (CVO), le CPHV sera responsable pour l’Agence des problématiques domestiques et internationales en matière de sécurité sanitaire des aliments, incluant notamment les zoonoses, la résistance antimicrobienne, et le dossier ‘’One health’’. Il devrait surtout intervenir sur les aspects scientifiques, les relations avec l’APHIS, l’OIE et le Codex alimentarius. Le Chef de la santé publique vétérinaire n’a pas vocation à jouer un rôle dans le processus de détermination d’équivalence du système sanitaire des pays tiers, ni dans l’agrément des établissements.
Ce poste, qui existait déjà par le passé, n’avait pas été pourvu de longue date.
Le Dr Basu a passé plus de 34 ans au FSIS, sur le terrain ou en administration centrale, à divers postes de chargé de mission et de management en relation avec la sécurité sanitaire des aliments et la santé publique, tant au niveau des programmes domestiques qu’internationaux. Il est actuellement délégué adjoint des Etats-Unis au Comité du Codex sur les résidus des pesticides. C’est également l’un des principaux délégués de l’USDA et du FSIS dans l’initiative One Health.

ETATS-UNIS : Bien-être des poulets de chair

Le 10 novembre, deux des plus grands distributeurs des Etats-Unis, Compass Group USA et Aramak, ont annoncé que d’ici 2024, ils s’approvisionneraient uniquement avec des volailles élevées ‘’humainement’’. Ces entreprises, qui alimentent les cafétérias de tout le pays, ont annoncé qu’elles achèteraient désormais des poulets disposant de plus d’espaces, de perchoirs, du foin et de la lumière naturelle. Ces entreprises ont aussi déclaré qu’elles se tourneraient vers des systèmes d’étourdissement par atmosphère contrôlée.

Cette annonce de Compass Groupe USA et Aramak est considérée comme une victoire pour la Humane Society of the United States.  En août dernier, cette association avait appelé l’industrie de la volaille de chair à se pencher sur les questions de bien-être animal.  Josh Balk, directeur principal de la politique alimentaire de l’association, a déclaré ‘’ cet exemple a fait de la question du bien-être animal une question publique au sein de l’industrie alimentaire ‘’. Selon lui, il aura le même effet d’entrainement que l’annonce de Mc Donald’s l’année dernière sur l’origine des œufs utilisés. En 2015, le géant américain de la restauration rapide avait choisi de n’acheter que des œufs issus de poules élevées sans cage ; des dizaines d’entreprises avaient alors suivi la démarche.

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