Flash Agri n°221

Flash Agri n°221

Crédit photo : Pixabay

Fusions – acquisitions dans le monde agricole

Le 14 septembre, Bayer a annoncé le rachat du géant américain Monsanto pour 66 milliards de dollars.  Cet accord intervient dans un contexte d’accumulations de propositions de fusions-acquisitions concernant des entreprises américaines ou des investissements aux Etats-Unis dans le domaine agricole, ou pouvant l’affecter: rachat de Syngenta par le chinois ChemChina, rapprochement des deux leaders américains de la chimie Dupont et Dow Chemical, acquisition de la filiale de Monsanto Precision Planting LLC par l’équipementier John Deere & Co ou encore fusion des fabricants de fertilisants canadiens Potash Corp. of Saskatchewan et Agrium pour devenir le numéro un mondial des engrais.
 
Cette vague de consolidation préoccupe le Sénat américain ; il craint en effet sa transformation en ‘’tsunami’’ aboutissant à un marché anti-concurrentiel et à une augmentation sensible du prix des intrants au détriment des agriculteurs (les sociétés issues des fusions Monsanto-Bayer, Syngeta-ChemChina et Dupont-Dow détiendraient 80% des parts de marché des semences de maïs aux Etats-Unis et 70% du marché global des pesticides). Le comité judiciaire du Sénat a ainsi organisé le 20 septembre une audition sur les fusionsacquisitions dans le domaine de l’agrochimie et des semences. Les représentants des entreprises conviées (seule ChemChina avait décliné l’invitation à témoigner) ont unanimement motivé ces rapprochements par la nécessité de disposer des budgets appropriés pour la recherche et le développement de nouveaux produits, l’innovation étant leur objectif constant. Ils ont par ailleurs insisté sur le fait que ces mouvements ne nuiraient pas au consommateur. Les représentants des agriculteurs ont fait valoir des positions variées. Si le président du syndicat minoritaire National Farmers Union a fermement montré son opposition à ces évolutions, le Farm Bureau a été plus réservé et a préconisé une évaluation globale de ces fusions, plutôt que de les considérer individuellement. Les associations de producteurs de maïs et de soja ont quant à elles insisté sur la cause de ces rapprochements, à savoir les études coûteuses imposées par la réglementation américaine sur les pesticides et les produits chimiques, et les processus très longs d’autorisation au niveau international des semences OGM.  
 
Si le Sénat n’a pas de réel pouvoir dans la procédure d’autorisation de ces rapprochements, la décision finale revenant au ministère de la Justice et à la Commission fédérale du Commerce, il peut néanmoins avoir une certaine influence ; les témoignages recueillis lors de l’audition pourront être utilisés lors de l’examen des dossiers.


Politiques commerciales

ETATS-UNIS : Vers un assouplissement des restrictions aux exportations agricoles à destination de Cuba ? 

La Chambre des Représentants examine en effet le projet de loi « The Cuba Agricultural Exports Act » de Rick Crawford, Représentant de l’Arkansas, visant à lever les restrictions financières de paiement en liquidités pour les échanges agricoles des Etats-Unis avec Cuba et à ouvrir le marché cubain à ce secteur.  Entre 2013 et 2015, à cause des restrictions commerciales, Cuba n’a importé qu’une valeur de 262 millions de dollars de produits agricoles américains. En comparaison, la République dominicaine, dont la population et le revenu par habitant sont similaires à ceux de Cuba, importe pour 1,3 milliards de dollars de denrées américaines. L’USDA estime que les exportations de produits agricoles vers Cuba pourraient augmenter de 1,1 milliards de dollars sur 5 ans si certaines restrictions commerciales, en particulier l’autorisation du crédit et l’accès aux programmes de promotion, étaient levées. La suppression de ces restrictions bénéficierait essentiellement aux exportateurs de blé, maïs et riz. Selon les professionnels du secteur du riz, les Etats-Unis pourraient en effet gagner jusqu’à 30% du marché de l’importation de riz à Cuba en deux ans (135 000 tonnes), voire 50% en 5 ans et 75% d’ici 10 ans. Lors d’une audition organisée le 14 septembre 2016, le président de la Commission agricole de la Chambre des Représentants, Mike Conaway, a exprimé son soutien au projet de loi.  Selon lui, le contexte actuel d’amélioration des relations américano-cubaines est une bonne occasion « d’apporter des changements qui seront bénéfiques aux producteurs agricoles des Etats-Unis et à la croissance économique cubaine ». Cependant il reste fermement opposé à la levée complète de l’embargo américain, le régime castriste demeurant encore « l’un des plus oppressifs et violateurs des Droits de l’Homme ». Le Comité d’appropriation budgétaire du Sénat, avait quant à lui déjà adopté une disposition retirant la restriction au crédit dans le cadre du projet de loi budgétaire. Ces avancées au Congrès voient toutefois l’opposition des sénateurs et représentants Républicains de Floride, qui avancent la nécessité au préalable de réformes démocratiques dans l’île. Mais un rapport du service de recherche du Congrès publié fin septembre émet une autre explication à cette réserve des parlementaires de Floride. L’ouverture du marché cubain aux Etats-Unis pourrait à son tour ouvrir la voie à un flux de produits en provenance de l’île (fruits tropicaux ou légumes), surtout si des investisseurs étrangers utilisaient Cuba comme une plate-forme d’échanges vers les Etats-Unis, et ainsi concurrencer la production agricole hivernale de l’ Etat fédéré.

Enfin le Président Obama a annoncé le 28 septembre qu’il souhaitait nommer un Ambassadeur à Cuba, Jeffrey DeLaurentis, chef de mission à l’Ambassade américaine de la Havane depuis août 2014. Cette nomination requiert l’aval du Congrès. Or pour l’instant, un courant de blocage de tout ambassadeur est constaté dans les deux enceintes concernées.

ETATS-UNIS : les Etats-Unis attaquent la Chine à l’OMC pour dénoncer les aides excessives à la production de blé, de maïs et de riz. 

Les Etats-Unis viennent de lancer leur 23ème recours contre la Chine devant l’OMC pour dénoncer les aides excessives du gouvernement chinois à la production de blé, de riz et de maïs au regard des obligations internationales.

Ce pays accuse la Chine d’apporter des aides à la production domestique de riz longs grains (variété Indica), de riz de variété Japonica (grains moyens et courts), de blé et de maïs allant au-delà de ses engagements à l’OMC en matière de mesures globales de soutien, via des programmes de soutien des prix du marché. L’USTR estime que la Chine maintient ses prix domestiques à des niveaux supérieurs à ceux du marché mondial depuis 2012, incitant les producteurs chinois à produire davantage et faussant le marché chinois, au détriment des exportations américaines.

Ainsi, en 2015, le niveau d’aides allant au-delà des engagements internationaux de la Chine s’est élevé à environ 100 milliards de dollars. D’après une étude de l’université d’Etat de l’Iowa, les pertes liées à cette politique de soutien pour les seuls producteurs américains de blé sont estimées entre 650 à 750 millions de dollars annuellement.

L’administration Obama souhaite utiliser cette affaire pour faire avancer l’adoption du TPP par le Congrès avant la fin de sa mandature. L’annonce de ce recours a été l’occasion pour le Président Obama de lancer un nouveau plaidoyer en sa faveur ; il a rappelé dans une déclaration qu’« il est plus important que nous finalisions le TPP rapidement car en ce moment même la Chine est en train de négocier un accord commercial de son côté qui morcellerait les marchés asiatiques et pacifiques à nos dépens ». Par ailleurs, l’USTR, Michael Froman et le Ministre de l’agriculture Tom Vilsack ont tenu une conférence de presse sur le recours chinois au Congrès, entourés des présidents et vice-présidents des Commissions agricoles du Sénat et de la Chambre des représentants, et du Président de la Commission voies et moyens de la Chambre des représentants.

ETATS-UNIS : ententes dans l’industrie de la volaille

Plusieurs recours ont été déposés début septembre contre les plus grandes sociétés américaines de production et de transformation de volailles pour avoir fixé les prix de la viande de volaille.

Quatorze entreprises, dont Tyson Foods, Perdue Farms, Pilgrim’s Pride et Foster Farms, se seraient en effet accordées à limiter la production de poulets de chair en réduisant les troupeaux parentaux, en 2008, 2011 et 2012. Elles auraient ensuite continué à limiter l’offre de poulet de chair, provoquant une hausse de 50% des prix de gros, malgré une baisse de 22% du coût de l’alimentation des volailles. Ces entreprises sont également accusées d’avoir partagé entre elles des données sensibles sur la production, les prix et la concurrence. Les entreprises concernées n’ont pas souhaité s’expliquer sur le sujet. Pilgrim’s a cependant contesté ces réclamations et a rejeté « fermement toute allégation de manipulation de marché ».

ETATS-UNIS : Le Canada accusé de violer ses engagements commerciaux en fermant son marché laitier

Des sénateurs des Etats du Wisconsin et de New-York ont contesté auprès de Michael Froman (USTR) et du Ministre de l’agriculture Tom Vilsack la politique économique protectionniste canadienne en matière d’importation de produits laitiers. Ils dénoncent en particulier le programme de l’Ontario incitant les transformateurs de la Province à utiliser du lait et des produits laitiers canadiens, et à l’inverse les pénalise s’ils utilisent des produits importés. Les sénateurs américains estiment également que cette politique canadienne pourrait conduire à l’exportation des excédents de lait écrémé en poudre à des prix inférieurs aux coûts de production, ce qui constitue une violation des accords de l’OMC visant à éliminer les subventions à l’exportation d’ici 2020.

Les sénateurs ont ainsi demandé à l’administration Obama de veiller au respect des droits commerciaux américains, ce d’autant que le dispositif de l’Ontario ne respecterait pas l’accord ALENA.  Cette situation pourrait aussi compliquer les efforts de la Maison Blanche dans l’approbation du TPP par le Congrès, qui implique des concessions de la part du Canada dans l’ouverture de son marché laitier.

Le gouvernement canadien a de son côté expliqué ne pas être impliqué dans ces négociations, mais a demandé à l’industrie laitière de remplir ses obligations internationales.

Politiques agricoles

ETATS-UNIS : L’USDA va racheter pour près de 12 millions de dollars d’œufs et d’ovoproduits 

L’essor de la production américaine d’œufs, un an après la fin de l’épidémie d’influenza aviaire, associé à la lente reprise des marchés à l’export et à la modification des pratiques dans l’industrie agroalimentaire sont à l’origine d’une crise sur le marché des œufs. Les œufs à coquille blanche, de gros calibre, ont atteint en juin 2016 leur plus bas prix au cours des 10 dernières années avec des prix d’achat au niveau de la distribution de 0,49 $ la douzaine. Depuis, ces derniers sont remontés pour atteindre 0,84$ la douzaine, ce qui est encore bien loin des 2,76 $ offerts sur certains marchés à l’été 2015. Dans ce contexte, l’USDA vient d’annoncer l’achat de 11,7 millions de dollars d’œufs et d’ovoproduits pour stabiliser les marchés.

Que s’est-il passé ? Après la crise sanitaire, l’industrie de l’œuf s’est précipitée pour repeupler les fermes et tirer avantage des prix élevés du marché, accroissant la production de 7,5 milliards d’œufs en juin 2015 à 8,5 milliards d’œufs en juillet 2016. Les cheptels ont été rétablis plus rapidement qu’escompté ; en outre, craignant une réapparition de la maladie au printemps 2016, plus de poules avaient été mises en place. De plus, les jeunes poules qui remplacent chaque année les animaux de réforme avaient atteint leur maturité deux semaines plus tôt que la normale, conduisant à un surplus de l’offre début août 2016. Pendant ce temps, les exportations n’ont pas repris leur cours normal. Au moment de l’épidémie, une trentaine de pays (dont le Canada, la Chine, le Japon et le Mexique) avaient interdit totalement ou partiellement les importations. Enfin, les entreprises de transformation américaines, qui utilisaient des œufs et ovoproduits, avaient, du fait de la hausse des prix des œufs liée à l’épidémie, commencé à substituer cet ingrédient. Elles n’ont pas pour l’instant réinvesti le marché de l’œuf.

ETATS-UNIS : Les autorités américaines s’opposent au rachat d’une filiale de Monsanto par l’entreprise John Deere 

La branche antitrust du Ministère de la justice a déposé une plainte pour bloquer l’achat de la filiale Precision Planting LLC de Monsanto par l’entreprise Deere & Co. Cette transaction associerait les deux fournisseurs majeurs américains de système de précision à grande vitesse en matière de plantation. Elle permettrait ainsi à l’entreprise Deere &Co de détenir près de 90% du marché américain, de lui donner la possibilité d’augmenter les prix et de ralentir les innovations, au détriment des agriculteurs américains qui s’appuient sur ces systèmes. De plus selon le Ministère de la justice, cette nouvelle technologie de précision va se démocratiser pour devenir « l’industrie standard dans les années à venir, remplaçant les semoirs conventionnels ». L’annonce de cette acquisition avait été faite en novembre 2015 et les deux entreprises avaient indiqué alors qu’elles coopéraient entièrement avec les autorités antitrust du Ministère de la justice.

Monsanto et Deere estiment que les allégations du Ministère de la justice sont erronées. Elles ont l’intention de défendre jusqu’au bout cette opération en justifiant que depuis longtemps l’entreprise Deere & Co. « a œuvré pour aider les agriculteurs américains à devenir plus efficaces et productifs afin de rester compétitif au niveau mondial. L’acquisition proposée va bénéficier aux agriculteurs en accélérant le développement et la fourniture de nouvelles solutions d’équipement de précision qui les aideront à augmenter leurs rendements et leur productivité ».

ETATS-UNIS : Présentation d’un nouveau tracteur autonome par CNH Industrial

Lors du Farm Progress Show dans l’Iowa, CNH Industrial a présenté un nouveau concept de tracteur autonome. Le constructeur annonce une machine sans cabine que l’agriculteur peut suivre à distance grâce à un logiciel dédié.

Le tracteur est équipé de radars-lasers, de caméras et de GPS afin de contrôler les données en temps réels. Il est capable de détecter les obstacles, de fonctionner sans pause pendant plus de 24h et il peut gérer des tâches au milieu d’autres tracteurs traditionnels. A l’avenir, l’engin devrait pouvoir s’adapter automatiquement aux changements météorologiques.

Deux modèles sont configurés : le Case IH est en total autonomie, le New Holland T8 conserve quant à lui une cabine pour permettre à l’homme de le piloter pour les tâches non adaptées à l’automatisation.

CNH Industrial, chef de file de l’automatisation des véhicules agricoles, souhaite promouvoir une agriculture productive dans un contexte où le recrutement de la main d’œuvre est devenu difficile. Le constructeur devrait présenter son nouveau concept lors du SIMA 2017. Il envisage d’étendre cette technologie à d’autres équipements agricoles bien que le cadre législatif soit encore flou.

ETATS-UNIS :  le ministre de l’agriculture Tom Vilsack soutient le projet de loi de la Californie sur le paiement des heures supplémentaires 

L’Assemblée de Californie a adopté début septembre un projet de loi imposant le paiement des heures supplémentaires des travailleurs agricoles lorsque la durée de travail dépasse 8h par jour ou 40h par semaine, à partir de 2019.  La Californie deviendrait ainsi le premier Etat à renforcer les droits des employés agricoles. Le projet attend désormais la signature du gouverneur californien Jerry Brown qui doit rendre sa décision pour le 30 septembre.   Ce projet de loi est fortement soutenu par les syndicats, notamment United Farm Workers (UFW), qui voit pour les employés agricoles l’arrêt de 78 années de discrimination vis-à-vis des autres secteurs employeurs. Il a par ailleurs reçu le soutien de la candidate à la Présidence Hillary Clinton, de la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein et du Ministre de l’agriculture Tom Vilsack. La prise de position de ce dernier a suscité la colère du monde agricole californien, qui a rappelé que lorsque le Ministre Vilsack était gouverneur de l’Iowa, les employés agricoles de cet Etat avaient les plus bas salaires du pays et n’étaient pas payés pour les heures supplémentaires travaillées.

De nombreux groupes agricoles de Californie sont en effet opposés à cette mesure, notamment la California Farm Bureau Federation qui estime que le paiement des heures supplémentaires va réduire le nombre d’embauches dans le secteur agricole. D’autres mettent en avant le manque de flexibilité de la disposition tant pour les employeurs que pour les employés dans la programmation des travaux hebdomadaires, et ce dans le contexte d’une activité saisonnière. En outre, certains employés « ne viendront pas en Californie s’ils ne peuvent travailler que 40 heures par semaine ».  Enfin les détracteurs avancent également des coûts trop importants pour les employeurs agricoles qui se tourneront davantage vers la mécanisation pour éviter de dépasser le seuil des heures supplémentaires.

ETATS-UNIS : L’agriculture biologique en pleine expansion 

Après des années de stagnation, les Etats-Unis voient la filière de l’agriculture biologique se développer. L’USDA a publié son rapport pour l’année 2015, montrant une forte progression de l’agriculture biologique américaine par rapport à 2014.  La surface agricole dédiée à l’agriculture biologique est passée de presque 1,5 millions d’hectares à 1,8 millions d’hectares entre 2014 et 2015, soit une augmentation de 20%. Plus de la moitié (55%) de cette surface concerne la production de cultures biologiques (céréales, pépinières, serres). Le reste est dédié à l’élevage en pâture. 61 000 hectares de cultures sont en conversion vers l’agriculture biologique. L’enquête montre toutefois que le nombre d’exploitations certifiées ‘’bio’’ a peu évolué : 12 818 exploitations agricoles sont certifiées en agriculture biologique en 2015, contre 12 634 en 2014 ; elles sont les plus nombreuses en Californie et dans le Wisconsin.

Les ventes de produits biologiques ont quant à elles bien progressé. En 2015, le total des ventes américaines de produits issus de l’agriculture biologique s’est élevé à 6,2 milliards de dollars, conte 5,5 milliards de dollars en 2014. Dix Etats réalisent 78% de toutes ces ventes, la Californie étant largement en tête avec 40%. Le produit des ventes des cultures végétales atteint 3,5 milliards de dollars (principalement pommes, salades et raisins). Le montant des ventes de lait et d’œufs s’est élevé à 2,6 milliards de dollars, soit 27% de plus qu’en 2014. Les viandes (notamment la volaille) représentent 700 millions de dollars des ventes de produits biologiques aux Etats-Unis, ce qui constitue une augmentation de 13% par rapport à 2014.

L’USDA a également révélé que trois quarts des fermes spécialisées en agriculture biologique vendent leurs produits à l’échelon local (dans un rayon de moins de 100 miles de l’exploitation). Mais seules 36%  d’entre elles vendent directement aux consommateurs, alors que la majorité (71%) vendent leur production à des grossistes.

Politiques sanitaires

ETATS-UNIS :  Evaluation du glyphosate : pas de résultat avant le printemps 2017 

En 2009, l’EPA a entamé une évaluation complète du glyphosate, pour l’ensemble de ses usages, dans le cadre de la procédure de réenregistrement du pesticide. Le processus devait durer 6 ans ; le programme de travail prévoyait la publication d’un projet d’évaluation du risque pour la santé humaine et l’environnement au cours du premier trimestre 2014, et une évaluation finale ainsi que la détermination quant au maintien de la substance sur le marché pour les agriculteurs pour 2015. L’Agence, en retard sur ces délais, vient de publier le 16 septembre un document de discussion dans lequel elle indique que le glyphosate ne serait probablement pas cancérigène à des doses pertinentes pour l’évaluation du risque de la santé humaine. Ce document, qui soulève également des questions à propos des conclusions de l’Agence internationale pour la recherche contre le cancer de mars 2015, sera soumis au comité consultatif scientifique de l’EPA, qui doit se réunir du 18 au 21 octobre prochains. Les membres du comité disposeront de 90 jours pour fournir à l’EPA un rapport. Dès lors que l’EPA aura analysé le rapport du comité consultatif scientifique et apporté les modifications appropriées à son évaluation du risque, l’Agence publiera l’intégralité des évaluations du risque pour la santé humaine et l’environnement, pour commentaires publics, pour une période de 60 jours. L’EPA estime son délai de publication pour le printemps 2017.

Ces retards font perdre patience aux groupes écologistes. Ceux-ci se mobilisent, aux moyens de pétitions et de manifestations, pour alerter sur les risques du glyphosate notamment lorsqu’il est couplé aux cultures OGM. Par ailleurs, ils agacent également le Congrès. Le président du comité scientifique de la Chambre des représentants, Lamar Smith (R, Texas), considère que l’approche d’évaluation du risque de l’EPA vis-à-vis du glyphosate est un exemple de la politisation de la science dans l’Agence. ‘’Il est encourageant que l’analyse de l’EPA sur le glyphosate récemment publiée reprenne les conclusions initiales de son comité d’évaluation pour le cancer, statuant que le glyphosate n’est probablement pas cancérigène. Cependant il est frustrant qu’il ait fallu un an à l’Agence pour convoquer son comité consultatif scientifique afin d’analyser les données scientifiques qui soutiennent encore les conclusions initiales’’.  Enfin s’agissant de la publication des conclusions définitives sur la substance, certains évoquent des délais allant au-delà du printemps 2017. Un ancien responsable de l’EPA estime que l’Agence ne prendra pas une telle décision aussi rapidement et tant que la nouvelle Administration n’est pas en place.

ETATS-UNIS, CANADA : La Chine annonce une levée de l’embargo vis à vis des viandes bovines 

La Chine a annoncé la levée partielle de l’embargo, vieux de treize années, qu’elle imposait aux Etats-Unis pour l’exportation de viandes bovines, et qui concernera les viandes d’animaux de moins de 30 mois. Pour le Ministre de l’agriculture américain, Tom Vilsack, cette annonce constitue une étape fondamentale pour rétablir l’accès au marché chinois des viandes bovines américaines ; toutefois des discussions techniques sur les conditions pratiques de la reprise des exportations (protocoles sanitaire et d’inspection) seront préalablement nécessaires. Selon le Ministre, il s’agit également d’une immense opportunité pour l’industrie bovine américaine. En 2003, la Chine importait pour 10 millions de $ de viandes bovine américaine, sur un total de 15 millions de $ représentant 12000 tonnes ; la consommation de viande ayant depuis fortement augmenté, le marché de l’importation de bœuf est estimé par l’USDA à une valeur de 150 millions de $ par mois.

Pour le Canada, le marché chinois s’était partiellement réouvert à la viande bovine en 2012 (uniquement pour la viande désossée) ; une valeur de 4,7 millions de $ de produits avait alors été exportée cette année-là après 5 ans de négociations. En 2013, les exportations avaient augmenté pour atteindre 26,5 millions de $ ; la découverte d’un nouveau cas d’ESB avait ralenti les discussions quant à un allègement des restrictions pour les viandes avec os. L’annonce de la mi-septembre 2016 concerne les viandes avec os de bovins âgés de moins de 30 mois.  Là aussi, comme pour les Etats-Unis, les conditions techniques de ces importations restent à définir.  Le Canada a estimé que cette nouvelle ouverture vers le marché chinois augmenterait son chiffre d’affaires sur l’exportation de viande bovine en Chine de 240 millions de dollars par an.

Ces annonces ont été faites par la Chine alors que le Premier Ministre Chinois était en visite officielle aux Etats-Unis et au Canada.

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