Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports   n°2017-07

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-07

SOMMAIRE

ÉCOLOGIE – CLIMAT
– Vote de défiance pour la confirmation du responsable de l’agence de protection de l’environnement
– Nouvelles nominations à la Maison blanche
– Participation du nouveau Secrétaire d’État à la réunion ministérielle du G20
– Californie : près de 200 000 personnes évacuées en aval du principal barrage des États-Unis

ÉNERGIE
– Le cours du Brent serait contenu à 60$ en 2017
– Nucléaire : importantes dépréciations chez Toshiba en lien avec la construction de nouveaux réacteurs aux USA
– L’Edison Electric Institute (EEI) présente ses priorités à Wall Street
– Vers un réseau énergétique intégré


AGENDA

  • 21 février : Table ronde sur l’accord de Paris à l’Hôtel de Roquelaure, à l’occasion d’une mission d’étude bipartisane d’administrateurs du Congrès
  • 21-23 février : Conférence IATA « Legal Symposium », Washington DC
  • 27 Février – 1er mars : Sommet sur l’innovation dans l’énergie de l’ARPA-E, Washington DC
  • 1er – 3 mars : CG/LA Global Forum Infrastructures, Montréal, Canada
  • 6 – 10 Mars : Conférence sur l’énergie CERAWEEK (IHS Markit) à Houston

 

ECOLOGIE-CLIMAT

Vote de défiance pour la confirmation du responsable de l’agence de protection de l’environnement (EPA)

Scott Pruitt, ex ministre de la justice de l’Oklahoma a été confirmé au Sénat à la tête de l’agence de protection de l’environnement. Le vote du Sénat marque la fin (provisoire) de plus de deux mois de campagnes d’opposition des démocrates et des organisations environnementales qui ont dénoncé ses multiples conflits d’intérêt avec des entreprises pétrolières.

Nouvelles nominations à la Maison blanche

George David Banks, ancien conseiller du Président George W. Bush pour les relations internationales au sein du Council on Environmental Quality (CEQ) de 2006 à 2009 devrait être chargé des relations internationales dans le domaine de l’énergie et de l’environnement au sein du National security council. À ce titre, il devrait jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration des politiques énergétiques internationales, y compris la façon dont l’admi-nistration Trump va gérer l’accord de Paris. Il a écrit en octobre 2016 un article critiquant l’accord de Paris. George David Banks également ancien diplomate, a été en poste à Bruxelles. Par ailleurs, Mike Catanzaro, ex staffer du Sénateur Inhofe (R- OK) et lobbyiste de l’énergie, devrait être nommé au sein du National economic council en tant qu’assistant spécial du président pour l’énergie et l’environnement.

Participation du nouveau Secrétaire d’État à la réunion ministérielle du G20

Le secrétaire d’État Rex Tillerson a commencé à s’entretenir avec ses pairs des grandes puissances lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Bonn. A l’ordre du jour figure notamment l’Agenda 2030, qui vise à mieux intégrer les objectifs de développement durable des Nations- Unies pour 2015 dans la politique étrangère. Les discussions à huis clos permettront aussi aux diplomates de sonder le Secrétaire d’État concernant les intentions des USA sur l’accord de Paris. Lors de son audition de confirmation, Rex Tillerson avait déclaré vouloir conserver une place à la table des négociations.

Opposition des conservateurs à une taxe carbone

Une semaine après la visite à la Maison blanche de l’ancien secrétaire d’État James Baker et d’autres personnalités républicaines pour défendre un projet de taxe carbone, un groupe de conservateurs incluant Myron Ebell qui a été charge de la transition de l’agence de protection de l’environnement, a sollicité à son tour une entrevue pour exposer son opposition à un tel projet. Dérégulation dans le secteur minier Le président Trump a signé une résolution visant à supprimer une règlementation du département de l’Intérieur dite « stream rule » relative à la protection des cours d’eau, qui imposait de nouvelles normes de qualité et de surveillance de l’eau à l’industrie charbonnière.

Californie : près de 200 000 personnes évacuées en aval du principal barrage des États-Unis

Les autorités californiennes ont ordonné l’évacuation de près de 200 000 personnes à 120 km de Sacramento dans le nord de la Californie, par crainte de l’effondrement du déversoir auxiliaire du principal barrage des États-Unis, le réservoir du barrage d’Oroville, mis en service en 1968 (235 m de hauteur). Un risque d’érosion est apparu à la suite de fortes précipitations au cours des dernières semaines. L’alerte a été levée au bout de 48 heures. Sean Spicer, porte-parole de la Maison blanche, a souligné que cet événement illustre la nécessité pour le président Trump de renforcer les dépenses fédérales d’infrastructures.

Océan : identification de facteurs de résilience au changement climatique

Bioscience publie une étude mettant en évidence   des cas où les écosystèmes sensibles ont montré une résilience au changement climatique. L’iden-tification des facteurs de résilience pourrait permettre de renforcer la protection de tels écosystèmes.

Adaptation : une étude alerte sur l’augmentation du risque d’inondation sur la côte est

Une étude de l’Union of concerned scientists alerte sur un risque accru d’inondations sur la côte est des lié à l’élévation du niveau de la mer occasionné par le changement climatique. A l’horizon de 2030, les villes d’Annapolis (Md.) ou de Washington DC pourraient être confrontées à 120-150 inondations par an lors des marées hautes. L’étude appelle les villes, les états côtiers et le gouvernement fédéral à prendre des dispositions afin de réduire les conséquences économiques de ces inondations.

Explosion d’un gazoduc en Louisiane

Un employé de Phillips 66 Co a été tué lors de l’explosion d’un gazoduc près de St Charles Parish (La). 60 personnes habitant à proximité du lieu de l’accident ont été évacuées après l’explosion. Son origine n’est pas encore déterminée.

Les scientifiques américains invités à rejoindre la France pour poursuivre leurs recherches sur le climat

Dans la perspective de la marche pour la science du 22 avril, le Washington Post évoque le message adressé via les réseaux sociaux par Emmanuel Macron aux chercheurs américains inquiets du sort de leurs recherches sur le climat sous l’administration Trump. Il les invite à venir poursuivre leurs recherches en France où ils seront les bienvenus.

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE: -2,2%

La diminution des émissions totales de gaz à effet de serre des États-Unis entre 2014 et 2015, selon un projet d’inventaire de l’agence de protection de l’environnement (EPA) mis en consultation jusqu’au 17 mars. En 2015, les émissions de gaz à effet de serre étaient de 6586,2 millions de tonnes métriques d’équivalent dioxyde de carbone, selon l’EPA. Depuis 2005, les émissions nettes de gaz à effet de serre ont baissé de 11,2%, principalement en raison de la transformation en cours du secteur de la production d’électricité : substitution du charbon par le gaz naturel; des hivers exceptionnellement chauds, marqués par une baisse de la consommation d’électricité pour le chauffage; et une légère baisse de la demande d’électricité. Les États-Unis se sont engagés à réduire les émissions entre 26 et 28 pour cent sous les niveaux de 2005 d’ici à 2025 dans le cadre de l’accord de Paris.

ENERGIE

Le cours du Brent serait contenu à 60$ en 2017

Dans l’hypothèse d’une  croissance économique mondiale de l’ordre de 2,8% pour l’année en cours, la demande de pétrole devrait selon IHS-Markit connaître une augmentation de plus de 1,7 million de barils jour (Mb/j) en moyenne au niveau mondial) par rapport aux 96 Mb/j produits en 2016 (estimation de l’agence internationale de l’énergie (AIE)). Selon IHS-Markit, le cours du standard de référence allait être vraisemblablement contenu à un maximum de 60$ du fait de la forte réactivité du pétrole non-conventionnel américain (pétrole de schiste) qui a permis de contenir la hausse du prix du pétrole découlant de l’accord OPEP – Russie de la fin 2016. En 2017, les efforts de baisse de quotas de production pétroliers mis en place par l’OPEP en concertation avec la Russie ne devraient donc pas suffire à amener le cours du Brent au-dessus des      60 $. Ce scenario est confirmé par BMI-Research qui considère que le cours du Brent pour 2017 devrait être de 57$ (selon l’AIE, le cours du Brent était à 46$ en 2016 et à 52$ en 2015). En revanche, il n’est pas sûr que le seul pétrole de schiste américain parvienne à juguler la hausse du cours du pétrole en 2018 en cas de croissance mondiale à 3,1%. Les nouvelles mises en production kazakhes, des projets en eau peu profonde du Golfe du Mexique devraient permettre de faire face à cette augmentation de la croissance. Du fait des gisements proches de la mise en production, le scenario de BMI Research, basé sur un rétablissement de la croissance et de la demande mondiale prévoit que le cours du brut de référence atteindra de nouveau les 70$ d’ici 2020, permettant ainsi la relance des projets de l’offshore profond.

Nucléaire : importantes dépréciations chez Toshiba en lien avec la construction de nouveaux réacteurs aux USA

Toshiba Corp. a annoncé la constitution d’une provision pour dépréciation de près de 6 Md$ et la démission de son président à la suite de l’acquisition en 2015 du sous-traitant CB&I Stone & Webster de sa filiale Westinghouse, impliqué dans la construction de quatre réacteurs AP 1000 en Georgie et Caroline du sud. L’avenir de ces projets reste incertain. L’action Toshiba a perdu la moitié de sa valeur au cours des dernières semaines selon Bloomberg.

L’Edison Electric Institute (EEI) présente ses priorités à Wall Street

Lors d’un point avec des analystes, banquiers et investisseurs de Wall Street sur l’état de l’industrie de l’électricité aux États-Unis, l’EEI a présenté ses priorités concernant notamment la réforme fiscale, l’emploi, la ville durable et les véhicules électriques, la rationalisation et l’accélération du processus d’autorisation des infrastructures énergétiques, l’allocation des coûts de la distribution, et l’évolution de la tarification des services aux clients. Les entreprises adhérentes à l’EEI investissent chaque année plus de 100 Md$.

Vers un réseau énergétique intégré

Le principal organisme de recherche de l’industrie électrique, l’Electric power research institute (EPRI) va focaliser ses activités sur la compréhension de l’interdépendance des ressources énergétiques et naturelles : son nouveau concept de réseau intégré de l’énergie prévoit que les clients aient à l’avenir la flexibilité d’utiliser, de produire et de gérer l’énergie, tout en ayant un accès accru à une énergie fiable, sûre, abordable et propre pour tous. Pour atteindre cet objectif, une vision intégrée de l’énergie et des ressources naturelles est nécessaire au-delà de l’électricité.

Une coalition bipartisane d’une vingtaine d’États intervient auprès du président Trump en faveur de l’éolien et du solaire

Les gouverneurs d’une vingtaine d’États appellent la nouvelle administration à soutenir les énergies solaires et éoliennes et à inclure l’adaptation des infrastructures de réseau dans son plan infrastructure. La coalition sollicite notamment une extension de long terme des crédits d’impôts, la poursuite des recherches dans ces domaines afin de conserver le leadership face à la Chine. Ce secteur n’est pas mentionné dans la stratégie énergétique de la Maison blanche. Lors de son audition de confirmation devant le Sénat, Rick Perry, futur secrétaire d’État à l’énergie, a fait part de son soutien aux renouvelables, mais était resté vague sur le maintien du niveau actuel de la recherche au niveau fédéral.

Mise en service du principal parc éolien en Caroline du Nord

La première installation éolienne à grande échelle de l’État de Caroline du Nord est opérationnelle. Propriété d’Avangrid Renewables, l’investissement de 400 M$ comprend 104 turbines. Il a la capacité de produire de l’énergie pour 60 000 foyers. Sa production est achetée par Amazon.com pour l’alimentation de son datacenter en Virginie. Le projet avait initialement fait l’objet d’une forte opposition politique du fait notamment de sa proximité avec un site de la Navy.

Débat sur la coexistence de fermes éoliennes avec les bases aériennes au Texas

Deux parlementaires républicains texans, le sénateur John Cornyn et le représentant Blake Farenthold ont déposé un projet de loi visant à rendre inéligible aux crédits d’impôts, tout nouveau projet de ferme éolienne situé dans un rayon de 50 à 80 km d’une base aérienne militaire. Ce texte vise notamment à s’opposer au projet de la société Horn Wind LLC, qui souhaite implanter 140 turbines entre 20 et 35 km à l’est de la base de Sheppard située dans le nord du Texas. Pour sa part, la Wind Energy Association (AWEA) estime que les turbines n’augmentent pas significativement les risques pour les activités militaires et rappelle la doctrine du Pentagone. En effet, dans son dernier rapport au Congrès, couvrant l’année civile 2014, le Pentagone indique « qu’il n’y a pas de risques inacceptables pour les activités militaires du ministère de la défense … en raison de la construction des projets énergétiques à grande échelle examinés dans le cadre de son processus d’évaluation de la compatibilité ».

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE: 14,6GW

Le nouveau record de capacités de production photovoltaïque installée en 2016, selon la Solar Energy Industries Association, soit près du double des capacités installées en 2015. A la fin 2016, les États-Unis totalisent 1.3 million d’installations solaires avec une capacité cumulée de 40 GW.   Pour la première fois, l’énergie solaire a été la première source additionnelle de capacité électrique sur une base annuelle, représentant 39% des nouvelles capacités ajoutées au réseau. 10,4 GW proviennent de capacités ajoutées par les énergéticiens ayant contracté avec des développeurs indépendants.

 

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