Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-22

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-22

SOMMAIRE

Climat – Ecologie

  • L’EPA envisage la protection de plus de cours d’eau et de zones humides
  • La Californie sait fixer des objectifs climatiques, sait-elle les atteindre?
  • Californie et limites à la construction dans les zones à risque de feux de forêt

Transport

  • Des groupes de travail pour préparer la reprise des voyages internationaux
  • Net zero pour les transports en 2050 ?
  • Infrastructures : vers un plan partisan ?

Energie

  • Le DOE envisage une nouvelle composition des batteries électriques
  • Mission Innovation: nouvel effort international pour les énergies propres
  • Eolien offshoreaméricain : un chemin semé d’embuches

Ville durable

  • Pour une répartition plus équitable des logements abordables à Los Angeles
  • Miami face au choix délicat de sa protection contre la montée des eaux

AGENDA

  • 16 juin: Department of Energy – Overview of Fixed-Bottom Offshore Wind

Climat – Écologie

L’EPA envisage la protection de plus de cours d’eau et de zones humides

L’administration Biden s’apprête à revenir sur la dérégulation du président Trump visant à réduire le nombre de cours d’eau et de zones humides bénéficiant d’une protection fédérale.

Michael Regan, directeur de l’Environmental Protection Agency (EPA), a déclaré que son équipe avait déterminé que les actions de l’administration Trump « conduisait à une dégradation significative de l’environnement. » Selon une déclaration de l’EPA, une nouvelle série de mesures de protection des cours d’eau, qui fournissent des habitats à la faune et de l’eau potable à des millions d’Américains, vont être élaborées.

La loi sur l’eau, qui interdit la pollution des « eaux » sans autorisation de rejet, est au centre de la tempête juridique. Ce qui constitue ces « eaux » fait l’objet de débats depuis l’adoption de la loi en 1972. Avec cette annonce, l’administration Biden s’engage dans une bataille juridique qui dure depuis des décennies.

Certains législateurs républicains ont accusé l’administration Biden de vouloir revenir aux règles de l’ère Obama et d’imposer aux agriculteurs, aux promoteurs immobiliers et à d’autres entreprises de nouvelles restrictions sur l’utilisation de leurs terres.

Aujourd’hui, M. Regan affirme qu’il tente de trouver l’équilibre délicat entre la conservation et le développement que les administrations Trump et Obama n’ont pas réussi à atteindre (The Washington Post).

La Californie sait fixer des objectifs climatiques, sait-elle les atteindre ?

La Californie a lancé ses travaux sur un vaste plan visant à rendre son économie neutre en carbone d’ici 2045. Ces travaux sont eclipsés par les craintes que l’État ne puisse pas remplir un mandat moins ambitieux visant à réduire ses émissions d’ici 2030.

En vertu d’une loi de 2016, la Californie est tenue, d’ici à la fin de la décennie, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % par rapport au niveau de 1990.

Les premières données montrent que l’État connaît un démarrage lent. De 2016 à 2018, la Californie a réduit ses émissions de seulement 1,2 % par an en moyenne. Pour atteindre son objectif de 2030, l’État doit donc tripler ce taux, pour atteindre plus de 4 % par an en moyenne.

Le fossé entre l’ambition et la réalité a mis les responsables californiens dans une impasse. Ils doivent soit imposer des changements majeurs dans les règles relatives au climat pour les véhicules, l’industrie et d’autres secteurs soit abandonner l’objectif de l’État pour 2030.

Le succès ou l’échec de la Californie aura probablement des répercussions nationales. Si le Golden State ne parvient pas à atteindre ses objectifs, son échec pourrait signifier aux autres que cela n’est tout simplement pas réalisable.

La Californie doit s’attaquer à des secteurs qui sont difficiles à décarboner. Il existe des signes d’espoir, mais aujourd’hui, la plupart des « fruits à portée de main » ont disparu. (E&E)

Californie et limites à la construction dans les zones à risque de feux de forêt

L’autorité de régulation des assurances  de Califonie a approuvé des propositions qui prévoient l’arrêt du financement par l’État des infrastructures dans certaines zones sujettes aux incendies et des codes de construction plus stricts.

Ces propositions pourraient bouleverser le marché de l’immobilier en Californie. Elles sont encore un signe sur la façon dont le changement climatique commence à perturber l’économie américaine.

La Californie fait face à des feux de forêt qui ont battu des records chaque année depuis 2017. Ces incendies ont entrainé des indemnisations dans des proportions inattendues par les assureurs. En réponse, ils ont commencé à se retirer des zones exposées aux incendies, menaçant la capacité à acheter et à vendre les biens immobiliers. En effet, les banques exigent une assurance comme condition à l’octroi d’un prêt hypothécaire.

L’expérience de la Californie pourrait devenir un modèle pour le reste des États-Unis. (The NY Times)

Transport

Des groupes de travail pour préparer la reprise des voyages internationaux

La Maison blanche a annoncé le 8 juin la formation de groupes de travail d’experts avec le Canada, le Mexique, l’Union européenne et le Royaume-Uni afin d’examiner les conditions de reprise des voyages internationaux en toute sécurité après 15 mois de restrictions liées à la pandémie.

L’administration indique toutefois qu’elle ne compte pas agir rapidement pour lever les executive orders interdisant l’entrée aux États-Unis des personnes en provenance de certaines régions du monde, en raison du temps nécessaire aux groupes pour faire leur travail.

Les groupes seront dirigés par l’équipe de réponse COVID de la Maison Blanche et le Conseil de sécurité nationale et comprendront les Centres de contrôle des maladies (CDC) et plusieurs autres agences américaines. (Reuters)

Net zero pour les transports en 2050 ?

Selon le dernier rapport de BloombergNEF Electric Vehicle Outlook 2021, les véhicules électriques devraient passer de 12 millions d’unités actuellement en circulation dans le monde à 54 millions en 2025. Toutefois cette trajectoire serait insuffisante pour atteindre la neutralité carbone pour le secteur des transports d’ici 2050.

La chute des prix des batteries lithium-ion, l’amélioration des technologies et le développement des infrastructures de recharge devraient transformer l’industrie automobile au cours des prochaines décennies, mais d’autres mesures politiques, telles que des normes plus strictes en matière d’économie de carburant, sont nécessaires pour parvenir à une mobilité automobile décarbonée d’ici 2050.

BNEF estime que les ventes mondiales de véhicules zéro émissions devraient passer de 4 % du marché en 2020 à 70 % en 2040 avec les politiques actuelles. Les autobus zéro-émissions devraient voir leurs ventes passer à 83 % et les véhicules utilitaires légers  zéro émission à 60 % de leur marché au cours de la même période, selon le rapport. Les poids lourds, quant à eux, passeraient de presque zéro aujourd’hui à un peu plus de 30 % en 2040.

Selon BNEF, pour parvenir à des émissions nettes nulles d’ici à 2050, les voitures particulières zéro émissions devraient représenter près de 60 % des ventes de leur segment au niveau mondial d’ici à 2030, ce qui est loin des 34 % qu’elles devraient atteindre dans le cadre du scénario fil de l’eau.

Les États-Unis en particulier devraient fixer des standards d’efficacité énergétique (CAFE) agressifs qui se durcissent dans les années à venir, tout en étendant les réglementations sur les économies de carburant aux poids lourds, estime BNEF.

Infrastructures : vers un plan partisan ?

Les négociations entre le Président Biden et la sénatrice Shelley Moore Capito (R-WV) principale négociatrice du camp républicain sur le plan infrastructures sont désormais à l’arrêt, après de longues semaines de négociations qui n’ont pas permis de surmonter les divergences opposant les deux camps sur le contenu du plan, ses dépenses, et son financement, chaque partie reprochant à l’autre son intransigeance.

Les discussions entre parties ne sont toutefois pas entièrement terminées. Un groupe de sénateurs modérés républicains et démocrates (« problem solvers ») travaille encore à un compromis alternatif.

Cependant les législateurs démocrates semblent de plus en plus déterminés à avancer sans le soutien des républicains par la voie de la procédure dite de réconciliation budgétaire, qui permet un vote à la majorité simple au Sénat, mais qui nécessiterait les 50 voix démocrates du Sénat.

Chiffre de la semaine :  929 M$

L’administration Biden a conclu le 10 juin un accord avec la Californie pour rétablir un financement fédéral de 929 millions de dollars pour le projet de train à grande vitesse de Californie, revenant sur la mesure prise par l’administration Trump en 2019 d’annuler cette aide fédérale

Énergie

Le DOE envisage une nouvelle composition des batteries électriques

La Maison Blanche souhaite voir disparaître le cobalt et le nickel des batteries au lithium d’ici 2030. Le Department of Energy (DOE) planifie l’élimination progressive de ces minerais grâce au déploiement à grande échelle d’innovations au cours des 5 prochaines années. D’après E&E News, la place centrale de ces minerais présenterait des risques pour le secteur des énergies propres.

Même s’ils partagent ces constats, bon nombre de spécialistes des minerais émettent des doutes sur la faisabilité de ce projet. Des alternatives techniques existent, mais leur adoption par les fabricants des véhicules électriques est jugées peu probable.

Le plan américain comprend, en parallèle, un souhait de renforcer l’accès aux minerais provenant de pays alliés et de développer une filière nationale « durable ». L’accent mis sur l’innovation s’étend également au recyclage des batteries. L’objectif est d’augmenter, d’ici  2025, le taux de récupération de nombreux minerais clés des piles et batteries ainsi que d’établir des politiques fédérales de promotion de la réutilisation et du recyclage des piles. L’utilisation de matériaux recyclés dans la fabrication des pile devrait être exigée d’ici 2030.

Ce plan du DOE fait écho au rapport sur les chaines d’approvisionnement stratégique pour les Etats-Unis, exigé par le Président en février 2021, rapport qui lui a été remis cette semaine.

Mission Innovation : nouvel effort international pour les énergies propres

En 2015, la « Mission Innovation » était lancée par 24 pays, dont les Etats-Unis, avec pour engagement un doublement des montants consacrés à l’innovation dans le domaine des énergies propres. Six ans après, E&E News constate un échec de l’initiative : seul un tiers des pays membres auraient rempli leurs engagements, Etats-Unis compris.

Le 2 juin, les Etats-Unis et 24 autres pays ont annoncé le lancement de « Mission Innovation 2.0 ». L’objectif est d’intensifier l’utilisation de trois technologies : l’hydrogène « propre », les navires sans émissions et les énergies renouvelables. Chaque pays membre établira sa feuille de route pour promouvoir ces technologies.

L’hydrogène qualifié de « propre » sera produit à partir d’électricité renouvelable ou associé à un système de captage du carbone. La nouvelle initiative veut atteindre un coût de 2 $/kg pour l’hydrogène « propre » d’ici 2030. Les Etats-Unis, pour qui l’hydrogène constitue une priorité particulière d’après le Department of Energy, sont co-leader pour cet objectif. Une série de nouveaux efforts nationaux sont prévus par le DOE et s’intègreraient très bien dans l’effort international.

Certains groupes de justice envionnementale ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact de l’hydrogène. Selon eux, la combustion et la production d’hydrogène pourraient émettre des oxydes d’azotes, un polluant local.

Eolien offshore américain : un chemin semé d’embuches

Avec 7 éoliennes offshore installées, les Etats-Unis font figures de retardataires. Joe Biden souhaite rattraper rapidement ce retard. Les turbines offshore sont essentielles à l’atteinte des objectifs de neutralité carbone décrétée par le Président. Son administration souhaite en installer 2000 d’ici 2030, et de nombreux projets voient le jour.

Selon le New York Times, la tâche n’est pas aisée. L’installation d’éoliennes en mer nécessiterait des bâteaux spécfiques pour transporter les composants en mers, mais il n’en existe pas un seul qui soit américain. Aujourd’hui, aucun bâteau ne pourrait quitter un port américain pour installer une éolienne dans les eaux américaines sleon le NYT. Le problème réside dans une loi centenaire (Jones Act) qui exige que les navires partant d’un port américain pour se rendre n’importe où dans le pays soient construits et enregistrés aux Etats-Unis, appartiennent à des américains et soient dotés de personnel américain. L’abrogation de cette loi supprimerait, selon les syndicats, des milliers d’emplois dans les chantiers navals. (ndlr : il n’est pas sûr que le Jones act s’applique véritablement à la construction d’éoliennes off-shore). Les projets offshore font également face aux inquiétudes des pêcheurs et des habitants des côtes qui craignent que leur vue sur la mer ne soit gâchée. Les acteurs de l’énergie sont enfin terrifiés par toutes les batailles politiques et juridiques que devront affronter ces projets.

Chiffre de la semaine : 13 ans

TC Energy Corp. a annulé aujourd’hui le projet d’oléoduc Keystone XL, environ 13 ans après que les promoteurs ont proposé le projet. Le Président Biden avait  annulé l’autorisation fédérale le premier jour de son mandat.

Ville Durable

Pour une répartition plus équitable des logements abordables à Los Angeles

Dans toute la Californie, les villes sont en train de mettre à jour les règlements de zonage et d’aménagement du territoire afin de planifier la construction de nouveaux logements au cours des huit prochaines années.

À Los Angeles, le département de l’urbanisme espère utiliser ce processus pour s’assurer que la croissance de son offre de logement, et notamment de logements abordables, soit répartie équitablement entre les différents quartiers.

La quasi-totalité des logements abordables construits à Los Angeles au cours de la dernière décennie l’ont été dans des quartiers majoritairement habités par des minorités détaillent les services de la ville de Los Angeles. Plus précisément, « seulement 14 % des logements abordables de la ville sur cette période – près de 1 600 au total – ont été construits dans des communautés à revenus élevés, contre 62 % dans des quartiers à faibles revenus. » Les règlements de zonage contribuent à ce fossé estiment les services de la ville. Dans les communautés à revenus élevés, 76 % des parcelles résidentielles sont zonées pour un usage unifamilial, 20 % étant réservées aux logements collectifs. Dans les quartiers à faibles revenus, le rapport est inversé, avec 80 % des terrains résidentiels zonés pour des appartements et seulement 20 % réservés aux maisons individuelles.

Le département de l’urbanisme recommande des changements de zonage qui cibleraint les communautés à fortes opportunités à proximité des services de transport en commun. Il propose également un zonage plus souple et de nouvelles incitations pour promouvoir la construction de logements dits « intermédiaires » dans les quartiers résidentiels actuels à faible densité. Parmi les recommandations figure également l’idée d’une politique de zonage inclusif à l’échelle de la ville. (Urbanize LA)

Miami face au choix délicat de sa protection contre la montée des eaux

Alors que le changement climatique accélère l’élévation du niveau de la mer et les inondations dans le sud de la Floride, les habitants de Miami espèrent en atténuer les effets, mais restent opposées aux solutions fortes que propose une étude récente de l’US Army Corps of Engineers visant à examiner les solutions pour protéger la côte dans la région de Miami en Floride contre les inondations marines et la montée des eaux.

Le New York Times raconte comment « la suggestion surprenante d’une digue massive de 15 km pouvant atteindre 20 pieds (6 mètres) de haut et traversant la magnifique baie de Biscayne a eu l’effet d’un électrochoc pour certains habitants de Miami, qui se rendent compte que des choix difficiles seront nécessaires pour faire face aux nombreux défis environnementaux de la ville. Le problème à Miami n’est pas le déni écrit le Times, mais l’ampleur même du défi : « Aucune des solutions possibles n’est bon marché, facile ou esthétique ». Il ressort à ce stade, alors que la consultation sur cette étude se poursuit, que les habitants tendraient à privilégier des solutions techniques moins drastiques

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