Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-20

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-20

SOMMAIRE

Climat – Ecologie

  • Divulgation du risque climatique sur les actifs : la clef de sa réduction ?
  • 500 millions de dollars supplémentaires pour se préparer aux catastrophes climatiques
  • Biden mise sur l’agriculture pour absorber les émissions de carbone

Transport

  • Poursuite des négociations sur les infrastructures
  • Accord bipartisan au Sénat sur la route
  • Première croisière autorisée fin juin

Energie

  • Le pari de Biden sur l’éolien offshore flottant
  • Le président de la FERC s’exprime sur le réseau électrique et climat
  • Des bouleversements chez Exxon et Chevron sur les lignes climatiques

Ville durable

  • Les requalifications de voies rapides urbaines peuvent-elles réparer les villes américaines ?
  • La Maison blanche double les moyens fédéraux consacrés à la résilience

Climat – Écologie

Divulgation du risque climatique sur les actifs : la clef de sa réduction ?

M. Biden a signé le 20 mai un décret présidentiel exigeant un état des lieux du risque que le changement climatique fait peser sur le secteur financier.

Ce décret répond à deux grandes mises en garde des experts financiers. Premièrement, le coût des dommages causés par les catastrophes climatiques qui sont en pleine croissance pour les entreprises et les investisseurs. Deuxièmement, une chute de la valeur des entreprises dépendant des combustibles fossiles serait de plus en plus probable. Les banques et assurances semblent conscientes du risque climatique croissant puisqu’elles ont déjà pris diverses mesures pour le transférer ou ont simplement refusé de s’y confronter.

Les associations environnementales et le gouvernement s’accordent sur un point : divulguer les risques climatiques pesant sur les entreprises est la première étape pour permmettre leur réduction.

Le décret ouvre enfin la voie à plus d’exigences de la part du gouvernement envers les entreprises avec lesquelles il fait affaires afin qu’elles divulguent leurs émissions. Il rétablit aussi la règle imposant des normes plus strictes pour tout projet de construction financé par le gouvernement fédéral dans les zones inondables. (New York Times)

500 M$ supplémentaires pour se préparer aux catastrophes climatiques

Le Président Biden a annoncé le doublement des fonds fédéraux dédiés à la préparation face aux catastrophes climatiques. Ils se hissent désormais à 1 Mds$. Un projet d’observatoire du changement climatique a également été lancé et sera développé par la NASA. Mesurer et comprendre les phénomènes extrêmes pourrait ainsi aider les scientifiques à mieux les anticiper et y réagir.

D’après le Washington Post, le changement climatique en 2020 fut plus dévastateur que jamais. L’année 2020 enregistre le plus grand nombre de fortes tempêtes jamais observées et la saison de feux de forêt la plus grave dans l’Ouest du pays. Elle a également couronné la décennie la plus chaude de l’histoire.

Depuis sa prise de fonction, Joe Biden défend une réponse bipartisane aux incidents climatiques. Certains gouverneurs républicains reconnaissent et félicitent le contact qu’il entretient avec les Etats victimes de catastrophes et le soutien apporté.

Le Président semble tirer des leçons de ses prédécesseurs. Une catastrophe mal appréhendée peut être décisive pour déterminer la réussite ou l’échec d’un mandat présidentiel.

Biden mise sur l’agriculture pour absorber les émissions de carbone

Selon E&E News, l’agriculture génère environ 10% des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis. Mais, elle pourrait participer à leur réduction dans une plus grande mesure que tout autre secteur grâce à sa capacité à capturer et stocker le CO2.

Les agriculteurs cultivent de plus en plus de céréales ou de graminées hors saison pour prévenir l’érosion et améliorer les sols. Aujourd’hui, ces pratiques sont en train de devenir des armes contre le changement climatique. Cette pratique s’appelle le « Cover crops » soit « cultures de couverture ».

La National Academy of Sciences estime que les sols agricoles compenserait 5 % des émissions nationales si elles étaient couvertes durant l’hiver, soit 250 millions de tonnes de CO2. Joe Biden a chargé son administration d’élaborer un plan visant à déployer ce type de cultures à grande échelle.

Les cultures de couvertures auraient augmenté de 50 % en cinq ans grâce, notamment, aux revenus supplémentaires pour les agriculteurs vendant des crédits carbone stocké dans leurs champs. De plus, la pratique améliorerait les rendements agricoles.

Si l’administration Biden souhaite dédier des financements pour soutenir la pratique, les législateurs républicains, eux, estiment que ces financements sont à laisser aux marchés. Enfin, certains écologistes mettent en garde contre une surestimation du potentiel des terres agricoles et les émissions de gaz involontaires qui pourraient être associées.

Transport

Poursuite des négociations sur les infrastructures

Après un mois de négociations avec le camp républicain, la Maison blanche, qui défend depuis fin mars un vaste plan d’investissement dans les infrastructures (American Jobs Plan) de 2 250 Mds$, a soumis le 21 mai une contre-proposition aux parlementaires républicains d’un montant révisé à 1 700 Mds$ sur 8 ans. Cette proposition, dont le montant demeure très supérieur aux 568 Mds$ (sur 5 ans) qui avaient été proposés par les Républicains antérieurement, a aussitôt été rejetée par ces derniers.

La contreproposition du Président Biden appelle les Républicains à relever leur niveau d’ambition sur les infrastructures de transport qu’il considère critiques pour la compétitivité des Etats-Unis au 21ème siècle dans les transports collectifs, le transport ferroviaire et les véhicules électriques, en particulier dans le contexte d’une compétition mondiale face à la Chine.

Il appelle également les Républicains à revoir à la hausse leurs propositions en faveur de la résilence des infrastructures, et réaffirme la nécessité de financer toute une frange d’investissements laissés de côté par les propositions des Républicains, qui considèrent ces investissements comme extérieurs au périmètre traditionnel des infrastructures. Ces investissements concernent les secteurs de l’énergie, du bâtiment, la restauration de friches industrielles, des hôpitaux pour anciens combattants, ou des établissements de soins pour personnes âgées.

Sur la question du financement du plan, la Maison Blanche réaffirme la double nécessité de mettre à contribution les entreprises (« fair share »), et de ne pas imposer de charge supplémentaire aux contribuables américains, notamment en écartant l’idée d’augmenter les taxes fédérales sur les carburants ou de créer des « taxes d’usage ».

Le groupe de négociateurs républicains est revenu à la table des négociations le 27 mai avec une nouvelle offre totalisant cette fois-ci 928 Mds$ sur 8 ans, prévoyant entre autres 506 Mds$ sur les routes et les grands projets, incluant, et c’est un point nouveau, 4 Mds$ pour les infrastructures pour véhicules électriques, 800 M$ dédiés à la reconnection des communautés (ndlr : séparées par des infrastructures linéaires), et 14 Mds$ pour la résilience.

Les discussions devraient encore se poursuivre dans les prochains jours entre la Maison blanche et les Républicains. Toutefois, malgré les efforts (limités) consentis de part et d’autres, des voix démocrates se font de plus en plus pressantes pour avancer sur une proposition partisane qui serait adoptée par le canal de la procédure de réconciliation, permettant de s’abstenir du vote républicain.

Accord bipartisan au Sénat sur la route

Malgré les difficultés rencontrées par la Maison Blanche pour conclure un accord bipartisan sur un paquet global infrastructures, la commission Environnement et Travaux Publics (EPW) du Sénat a adopté à l’unanimité (20-0) la partie routière du projet de réautorisation des transports de surface (Surface Transportation Reauthorization Act of 2021), sur lequel la commission à une juridiction partagée avec d’autres commissions sénatoriales. Avec 303,5 Mds$, ce projet est en augmentation de plus de 34 % par rapport aux niveaux de la loi d’autorisation des transports de surface (FAST Act) de 2015. Le projet de loi est largement similaire à celui que la commission EPW avait approuvé à l’unanimité il y a près de deux ans en arrière, avec une augmentation de 6 % supplémentaires.

Première croisière autorisée fin juin

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont donné le 26 mai leur feu vert à un navire du groupe Royal Caribbean, pour organiser la première croisière commerciale à partir du 26 juin au départ de Fort Lauderdale, en Floride. Le navire aura un équipage entièrement vacciné et exigera des passagers âgés de 16 ans et plus qu’ils soient entièrement vaccinés. La croisière aura lieu quelques jours avant l’entrée en vigueur de la loi de l’État de Floride interdisant aux entreprises d’exiger la vaccination à leurs clients.

Énergie

Le pari de Biden sur l’éolien offshore flottant

Un accord conclu cette semaine entre le Department of Interior (DOI), la Californie et le Department of Defense (DOD) profile l’émergence de  l’éolien offshore flottant aux Etats-Unis.

La Maison Blanche a annoncé l’ouverture de certaines parties des eaux profondes de la Californie aux promoteurs éoliens .  En vertu de l’accord, le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM) du DOI est autorisé à louer des aires maritimes fédérales. Ces eaux permettraient de fournir une puissance de 4.6 Gigawatts.

Ce projet est singulier : la Californie sera le premier État du pays à accueillir un projet à l’échelle industrielle d’éoliennes sur plates-formes flottantes. Pour la Californie, cette caractéristique est une nécessité. Ses eaux pacifiques plongent trop vite pour le type traditionnel de turbine offshore « fixe », qui repose sur des piliers.

Ce projet intervient au moment où la Californie s’efforce de remplir son objectif de produire 100 % d’électricité propre d’ici à 2045, tout en assurant la stabilité du réseau face aux vagues de chaleur. Des pannes d’électricité ont frappé l’Etat en août dernier, lorsque les habitants ont allumé leurs climatiseurs et que la demande d’électricité a dépassé les prévisions (E&E News).

Le président de la FERC s’exprime sur le réseau électrique et le climat

Président de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) depuis janvier, Richard Glick a orienté l’agence fédérale vers la prise en compte du changement climatique dans ses décisions.

Malgré les critiques des entreprises du secteur de l’énergie, M. Glick, démocrate, a déclaré dans une interview à E&E News qu’il pensait que cette approche climatique pouvait être bénéfique pour le secteur : « En examinant les aspects climatiques avant d’approuver les projets, la FERC peut rendre les projets de pipelines moins vulnérables aux contestations juridiques », a-t-il déclaré.

La FERC supervise aussi les marchés de gros de l’électricité. L’administration Biden souhaitant une électricité  décarbonée d’ici à 2035, les actions de la FERC pourraient permettre d’atteindre ou non cet objectif.

M. Glick cherche à faciliter la construction de nouvelles lignes de transmission à haute tension permettant de transporter les énergies renouvelables à travers le pays. «Nous devons améliorer le processus de planification de la transmission afin de planifier réellement ce qui est nécessaire.[…] Le deuxième domaine à examiner est la répartition des coûts. Nous avons une exigence légale de répartir le coût de la transmission de façon proportionnelle aux bénéfices. Le troisième domaine concerne l’interconnexion des réseaux de transport. Le quatrième domaine est la maîtrise des coûts. Nous devons assurer que les investissements dans le transport sont faits de manière efficace et que les coûts n’augmentent pas. Cela va nécessiter une surveillance supplémentaire de la part de la commission, et c’est tout aussi important que tout ce que nous faisons en matière de transmission. »

Des bouleversements chez Exxon et Chevron sur les lignes climatiques

Les militants écologistes ont remporté cette semaine des victoires historiques chez les deux plus grands producteurs de pétrole américains, en obtenant, lors des assemblées générales, des votes visant à remanier le conseil d’administration d’Exxon Mobil et à obliger Chevron à élargir ses objectifs de réduction d’émissions.

Ces décisions interviennent après des décennies de pression de la part des écologistes. En s’organisant en groupe d’investisseurs, et en mobilisant des fonds de pension et des gestionnaires d’investissement, les militants ont réussi à forcer les entreprises à modifier leurs stratégies malgré les réticences de la direction.

Il a fallu des années et il pourrait encore s’écouler des années avant que ces annonces ne se traduisent par des changements concrets. Néanmoins, le PDG d’Exxon, Darren Woods, s’est montré conciliant après le vote : « Nos actionnaires nous ont fait part aujourd’hui de leur désir de catalyser de nouveaux changements chez Exxon Mobil, et nous sommes en bonne position pour y répondre ». (E&E)

Chiffre de la semaine : 67,6 GW

Les projets demandant à se connecter au réseau électrique a explosé ces dernières années. PJM, un réseau de 13 États, le plus grand marché de l’électricité aus USA, a vu le nombre de demandes doubler : les capacités cherchant à entrer dans le réseau s’élèvent à 67,6 GW. À l’échelle nationale, près de 90 % des projets en attente sont renouvelables (POLITICO).

Ville Durable

Les requalifications de voies rapides urbaines peuvent-elles réparer les villes américaines ?

Le New York Times consacre un reportage aux projets de requalification d’autoroutes urbaines bâties dans les années 50-60 que certaines villes américaines tentent de porter pour réparer les erreurs du passé, et reconnecter des quartiers et des communautés séparées au nom de l’accessibilité automobile. L’article explore le cas de la ville de Rochester, au nord de l’Etat de New York, qui porte un projet de long terme, incluant la suppression d’une rocade autoroutière, et qui vise à contrer des années de déclin économique et démographique en pariant sur une ville nouvelle reconstruite autour de quartiers connectés faisant place à la marche à pied et au vélo. Malheureusement, plusieurs années après la disparition du premier segment de corridor autoroutier, les bénéfices ressentis par les résidents ne sont pas complètement à la hauteur des espérances initiales. Rebâtir un quartier et une communauté dépend aussi de facteurs humains, au-delà des aménagements et des infrastructures. L’un des enjeux centraux de tels projets consiste également à éviter le risque de gentrification et de déplacements de populations.

Une trentaine de villes et projets de ce type sont actuellement examinés à travers les Etats-Unis selon le groupe Congress for the New Urbanism (CNU). Le plan d’investissement American Jobs Plan défendu par le Président Biden propose d’investir 20 Mds$ dans de tels projets, en misant sur la participation et l’engagement des communautés directement impactées par ces projets, et en priorisant les projets permettant de financer des logements sociaux pour les résidents locaux.

La Maison blanche double les moyens fédéraux consacrés à la résilience

L’administration Biden va doubler le financement fédéral à 1 Md$ cette année en faveur des mesures d’atténuation des catastrophes naturelles au niveau par le biais du programme BRIC (Building Resilient Infrastructure and Communities) créé en 2020 de l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA). L’administration ambitionne de « déplacer de manière décisive les efforts fédéraux d’une situation de dépenses en réaction à des catastrophes vers des investissements proactifs, soutenus par la recherche, dans la résilience des communautés », selon un communiqué de la Maison Blanche. Le premier appel à projets lancé cette année par la FEMA au titre de ce programme a enregistré plus de 3.6 Md$ de demandes de cofinancement de la part des Etats et des collectivités locales, pour une dotation de seulement 500 M$. En complément de ce soutien financier supplémentaire, la Maison Blanche annonce de nouvelles mesures pour mieux prendre en compte les enjeux de résilience dans les priorités de nombreuses agences fédérales.

Chiffre de la semaine : 10 Mds$

Il s’agit du montant qu’un projet de loi ( All Stations Accessibility Program (ASAP) Act of 2021) propose de consacrer à un programme de subventions fédérales sur 10 ans pour aider les autrorités de transport locales à financer la mise en accesibilité des gares de transport collectif et ferroviaire pour les personnes à mobilité réduite. Malgré la loi American with Disabilities (ADA) de 1990, près de 20% des stations de transport public n’étaient pas accessibiles en 2019. (SmartCItiesDIve).

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