Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-17

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-17

SOMMAIRE

Climat – Ecologie

  • L’administration Biden s’attaque aux HFC
  • L’avenir bas carbone induit de nouvelles menaces pour la biodiversité
  • Le «30 x 30 » fait débat aux USA

Transport

  • L’administration Biden bloque la règle sur les travailleurs indépendants
  • Extension du port du masque obligatoire dans les transports
  • 20% des acheteurs de véhicules électriques revienent au thermique

Energie

  • L’avenir bas carbone entraine la hausse de la demande en minerais
  • Le rebond du pétrole ouvre la voie au discours vert des pétroliers
  • Chaleur et panne de courant: une combinaison meurtrière de plus en plus probable

Ville durable

  • Certification LEED des bâtiments : pour quelles économies d’énergie ?
  • La justice américaine remet en cause le moratoire sur les expulsions locatives

AGENDA

  • 10 mai – World Research Insititute : Nature-Based Solutions for Climate Change: Reconciling the Good, the Bad and the Ugly

Climat – Écologie

L’administration Biden s’attaque aux HFC

Les hydrofluorocarbures (HFC) sont des gaz à effet de serre utilisés dans la réfrigération ainsi que dans la climatisation. L’élimination de leur usage éviterait une hause supplémentaire du réchauffement globale de 0,5°C d’ici la fin du siècle. Cette semaine, l’Environmental Protection Agency (EPA) a proposé une règle visant à réduire leur utilisation et leur production au cours des 15 prochaines années.

La nouvelle règle prévoit de mettre en place un système de quotas de HFC. Pour 2022 et 2023 le seuil serait fixé à 269,1 Mns de tonnes de CO2e, quantité qui diminuerait les années suivantes. La proposition de l’EPA bénéficie d’un large soutien bipartisan , mais aussi celui des entreprises chimiques américaines qui ont déjà mis au point des réfrigérants plus respectueux du climat. Elles font maintenant pression pour obtenir l’abandon des HFC afin de maintenir leur avantage technologique. La règle ouvre la perspective de bénéfices conséquents sur le marché américian.

Le changement de politique vis-à-vis des HFC est radical par rapport à l’administration Trump qui avait annulé les règles de l’ère Obama sur le sujet, bloquant ainsi la ratification de l’amendement de Kigali. En janvier dernier, le Président Biden avait demandé à son administration de soumettre l’amendement de Kigali au vote du Sénat pour sa ratification. (Washington Post)

L’avenir bas carbone induit de nouvelles menaces pour la biodiversité

La transition énergétique et les technologies bas carbone entraînent une demande beaucoup plus forte en minerais : lithium, cuivre, et cobalt, notamment. L’ Agence internationale de l’énergie indique que le déploiement croissant de ces technologies va « faire exploser la demande » quand la Banque Mondiale chiffre cette explosion à + 500% d’ici 2050. Aussi, l’expansion des sites d’extraction des matériaux utilisés dans les technologies dites propres pourrait nuire aux espèces et aux écosystèmes vulnérables selon un article paru dans Nature Communications. Selon les chercheurs, les technologies bas carbone, nécessaire pour lutter contre une menace climatique, peuvent aussi créer d’autres risques importants  : « Il est urgent de procéder à une planification stratégique et minutieuse pour s’assurer que les menaces minières sur la biodiversité induites par la transition énergétique ne dépassent pas les menaces évitées dans la lutte contre le changement climatique, conclut le document. (Axios)

Le « 30 x 30 » fait débat aux USA

Le Président Biden s’est engagé à mettre en œuvre une politique fédérale visant à assurer la conservation de 30 % du territoire américain d’ici 2030, politique dénommée « 30 x 30 ». Cet objectif est présent dans un décret présidentiel signé fin janvier. Alors que la Maison Blanche pose le cadre de son programme de conservation, dont un rapport dévoile les grandes lignes, les républicains de la Chambre des représentants, déjà sceptiques à l’égard du « 30×30 », ont émis une nouvelle série de critiques à l’encontre du programme.

Les législateurs républicains considèrent le 30×30 comme un objectif désordonné et un verrou sur les territoires. Ils argumentent sur deux points : la quantité ne fera pas la qualité et le « mandat gouvernemental arbitraire du haut vers le bas ». Pour le second point, il s’appuie sur les conclusions de plusieurs études qui indiquent que la participation des terres privées est incontournable pour l’atteinte de l’objectif global. En réponse, la secrétaire à l’Intérieur, Deb Haaland, indique que le « 30×30 » s’appuyera sur une variété de terres : « les parcs nationaux et régionaux, la conservation menée par les autochtones, la conservation privée volontaire et les terres entretenues par les agriculteurs ». (E&E News)

Chiffre de la semaine : 25 000

A partir de 2023, ce sera le nombre de tonnes de CO2e qui constitue le seuil de soumission au marché de quotas de gaz à effet de serre pour un émetteur de l’Etat de Washington. La loi doit encore être ratifiée par le Gouverneur  Inslee.  Les  détails quant au périmètre exact du marché de quotas et les exemptions possibles feront encore l’objet de discussions  au niveau  des réglements pris en applicaiton de la loi. (E&E News).

Transport

L’administration Biden bloque la règle sur les travailleurs indépendants

Le Département américain du Travail a annoncé le retrait de la règlementation Independent Contractor Rule, finalisée dans les derniers jours du mandat Trump, qui simplifiait les critères permettant de déterminer si un travailleur est un entrepreneur indépendant ou un employé (avec droit au salaire minimum fédéral (7,25$) et à la rémunération des heures supplémentaires à 1,5 fois le salaire minimum). Elle permettait notamment de faciliter la classification des chauffeurs des Transportation Network Companies (TNC) comme Uber et Lyft, ou plus largement des travailleurs de la Gig economy. Une coalition d’entreprises, incluant Uber et Lyft, avait attaqué en mars dernier la décision de l’administration de bloquer cette règle.

Le Sécrétaire au Travail Marty Walsh a annoncé son intention d’engager prochainement la conversation avec ces entreprises pour s’assurer que les travailleurs ont accès à des salaires cohérents, des congés maladie, une couverture santé et « toutes les choses auxquelles un employé moyen en Amérique peut avoir accès. » De son côté Uber reconnait que le cadre actuel, qui « impose un choix binaire aux travailleurs : entre être soit un employé avec plus d’avantages mais moins de flexibilité, soit un entrepreneur indépendant avec plus de flexibilité mais des protections limitées » est dépassé. Uber estime être en mesure de proposer à ses travailleurs le meilleur des deux mondes. (Wahington Post)

Extension du port du masque obligatoire dans les transports

La Transportation Security Administration (TSA) a annoncé le 30 avril la prolongation de l’obligation de porter un masque dans tous les réseaux de transport jusqu’au 13 septembre, notamment dans les avions, les aéroports, les bus, ou les trains. L’obligation, qui était entrée en vigueur le 1er février dernier, devait initialement expirer le 11 mai. Les CDC ont récemment annoncé que les voyageurs entièrement vaccinés peuvent voyager en toute sécurité dans tous les États-Unis, mais les directives des CDC exigent toujours que les personnes portent un masque, respectent les mesures de distanciation et se lavent régulièrement les mains.

20% des acheteurs de véhicules électriques reviennent au thermique

Selon une étude publiée dans le journal Nature Energy conduite par l’Université de Californie Davis, environ 20% des propriétaires ayant acquis un véhicule électrique rechargeable (hybride ou à batterie) entre 2012 et 2018 en Californie ont fait le choix de remplacer ce dernier par un véhicule thermique. Le principal motif de renoncement au véhicule électrique invoqué par les acheteurs est l’insatisfaction concernant la commodité de la recharge de ces véhicules, et notamment la non disponibilité de bornes de recharge de niveau 2 (240 volts) à domicile. (Business Insider)

Elon Musk a exagéré les performances du pilote automatisé de Tesla

Il ressort de documents produits par les autorités californiennes, et rendus publics par le site Plainsite, qu’Elon Musk a vraisemblablement exagéré les capacités d’amélioration des performances du système de conduite automatisé « Autopilot » développé par Tesla lorsqu’en janvier dernier il annonçait, lors d’une présentation de résultats financiers aux investisseurs et dans un tweet, une automatisation de niveau 5 (autonomie complète inconditionnelle) d’ici la fin de l’année. Les équipes indiquent que Tesla est actuellement à une autonomie de niveau 2, et précisent que le  passage au niveau supérieur nécessiterait de réduire le besoin d’intervention du conducteur à une intervention pour 1 à 2 millions de miles. Tesla ne sait pas si les progrès à venir permettront d’atteindre le niveau 5 d’ici fin 2021. (LA Times)

Chiffre de la semaine : 73 Mds$

Il s’agit du montant de la proposition de loi Clean Transit for America Plan introduite cette semaine par le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer (D-N.Y.) et le sénateur Sherrod Brown (D-Ohio) pour accélérer la transition vers des bus zéro-émission.

Énergie

L’avenir bas carbone entraine la hausse de la demande en minerais

Les matières premières utilisées dans les batteries devraient connaître une demande historique. Par exemple, la demande en lithium devrait être multipliée par plus de 40 si les pays suivent la bonne trajectoire pour remplir les objectifs de l’accord de Paris. Pourtant, aujourd’hui, les investisseurs n’investissent pas assez dans les nouvelles mines. Il faut en moyenne 16 ans pour qu’un projet minier passe de la découverte à la première production, indique l’Agence Internationale de l’Energie dans son rapport thématique publié cette semaine. Selon l’AIE, la réalisation des objectifs de l’accord de Paris sur le climat entraînerait un quadruplement de la demande en minerais d’ici 2040. L’agence ajoute que le manque d’investissements dans de nouvelles mines risque d’augmenter considérablement les coûts des technologies énergétiques propres. L’AIE avertit que les prix élevés des minerais pourraient retarder la transition vers les énergies propres, en particulier la fabrication des batteries, des panneaux solaires et des éoliennes. (Financial Times)

Le rebond du pétrole ouvre la voie au discours vert des pétroliers

Cette semaine, Shell a déclaré avoir dégagé $ 8,3 Mds de flux de trésorerie d’exploitation au premier trimestre, soit une hausse de 32 % par rapport au trimestre précédent. Pour BP, il s’élevait à $ 6,1 Mds, soit plus du double de la période précédente. Ce sont des résultats solides après une année épouvantable.

Les investisseurs qui reviennent vers Shell et BP sont probablement plus intéressés par la hausse des prix du pétrole que par leurs plans de transition écologique. Ces plans ont laissé leurs actions dans un no man’s land – d’un côté, pas assez impressionnant pour attirer les investisseurs verts et, de l’autre, suffisamment effrayant pour les acheteurs traditionnels.

Historiquement, les actionnaires ont aimé les pétroliers en raison de la fiabilité de leurs dividendes, financés par des portefeuilles certes à risque mais à haut rendement. Nombre d’acheteurs restent sceptiques quant à la capacité d’une entreprise d’énergie propre à offrir un niveau de rendement similaire. Les actionnaires finiront peut-être par reconnaître la valeur des stratégies de transition, mais à long terme.

Pour l’instant, assez ironiquement, la hausse des prix du brut pourrait être exactement ce dont les grandes compagnies pétrolières ont besoin pour convaincre leurs actionnaires traditionnels de la sagesse de s’éloigner des combustibles fossiles. (The Wall Street Journal)

Chaleur et panne de courant : une combinaison meurtrière de plus en plus probable

La chaleur est le phénomène météorologique le plus meurtrier : elle tuerait 12 000 Américains chaque année. Le changement climatique rend les vagues de chaleur plus fréquentes et plus sévères. Selon l’article du New York Times, il rendrait également les pannes de courant plus fréquentes, elles auraient doublé entre 2015 et 2020 aux Etats-Unis. Comme les vagues de chaleur et les pannes d’électricité sont de plus en plus fréquentes, la probabilité qu’elles surgissent simultanément augmente également.

Une étude a entrepris d’évaluer les conséquences de cette simultanéité sur la santé humaine dans les villes d’Atlanta, Detroit et Phoenix.

Les résultats sont alarmants : au moins deux tiers des résidents de ces villes pourraient être victimes d’un épuisement ou d’une insolation. A Phoenix, la totalité de la population serait exposée, soit près d’1,7 million de personnes. Cette conclusion s’appuie sur la classification du National Weather Service : de tels troubles peuvent survenir à des températures supérieures à 32°C.

Chaque ville a désigné des centres de refroidissement publics pour les chaleurs extrêmes mais ils ne peuvent accueillir que 2 % de la population. De plus, aucune des trois villes n’exige que ces centres soient équipés de générateurs de secours en cas de panne de courant. Les villes semblent donc mal préparées,  alors même que ce type de situations pourrait concerner des millions d’américains chaque été, de façon de plus en plus certaine.

Chiffre de la semaine : 95 %

Le samedi  1er mai 2021, peu avant 14h30, par beau temps et  grand soleil, le réseau électrique principal de  la Californie – 80 % du réseau , mais ne couvrant pas la ville de Los Angeles – a été approvisionné à 95 % par de l’électricité d’origine renouvelable. L’exploit a duré 4 secondes.  La moyenne s’établit à 90 %  pour l’après-midi dans son ensemble. (Los Angeles Times)

Ville Durable

Certification LEED des bâtiments : pour quelles économies d’énergie ?

Selon une étude récente de l’Université Carnegie Mellon, les bâtiments fédéraux ayant obtenu une certification d’efficacité énergétique LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), ne consomment pas moins d’énergie en moyenne que des bâtiments qui ne sont pas certifiés.

Cette conclusion reflète le fait que la consommation d’énergie est l’un des nombreux attributs qui reçoivent des scores dans le cadre du programme LEED. L’étude souligne le fait que les promoteurs immobiliers peuvent échanger les économies d’énergie contre d’autres attributs visant à améliorer la conception et le confort des bâtiments. De meilleures performances sur la gestion de l’eau peuvent par exemple permettre de compenser de moins bons objectifs sur la consommation d’énergie du bâtiment. Ces compromis entre les attributs LEED expliqueraient l’absence d’économies d’énergie en moyenne constaté. Ainsi, selon les auteurs de l’étude, si l’efficacité énergétique est le principal objectif d’un programme immobilier, alors la certification LEED n’est probablement pas le moyen le plus efficace d’atteindre cet objectif.

Le programme LEED a été lancé en 1998 par l’US Green Building Council (USGBC), et l’obtention de cette certification est un outil que l’Administration des services généraux des États-Unis (GSA) utilise pour réduire la consommation énergétique du parc immobilier fédéral. (SmartCitiesDive)

La justice américaine remet en cause le moratoire sur les expulsions locatives

Une juge fédérale à la court de DC, dans une décision rendue le 5 mai, a interrompu le moratoire national sur les expulsions établi par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) l’année dernière alors que la pandémie plaçait des millions de locataires de logements dans des situations précaires. La juge a décidé que l’agence avait outrepassé l’autorité que lui conférait le Public Health Service Act en décrétant ce moratoire sur les expulsions locatives.

Le moratoire des CDC a été contesté devant différentes juridictions américaines depuis plus d’un an, certains tribunaux ayant déclaré que les CDC avaient l’autorité pour émettre cette ordonnance, tandis que d’autres ont statué en faveur des propriétaires. La décision rendue cette semaine va plus loin en affirmant que l’interdiction devait être levée à l’échelle nationale.

Pour l’heure la décision est mise en suspens suite à la demande en appel formulée par le Département de la Justice américain. Le moratoire des CDC, d’abord décrété par le président Donald Trump en septembre 2020 jusqu’à fin 2020, a été prolongé une première fois jusqu’à fin janvier 2021, puis prolongé par l’administration Biden jusqu’en mars 2021, et plus récemment jusqu’à juin prochain

D’après un rapport de Moody’s Analytics, les locataires ont accumulé 57 Mds$ d’arriérés de loyer en janvier. En réponse à cette difficulté le Congrès a délégué 25 Mds$ d’aides à la location dans son plan de relance de décembre et a fourni 27 Mds$ supplémentaires via le plan de sauvetage du Président Biden adopté en mars. (Bloomberg)

Chiffre de la semaine : -0,3%

Les comtés les plus urbains du pays ont perdu de la population pour la deuxième année consécutive avec -0,3% de baisse de population enregistrées entre juillet 2019 et juillet 2020 dans les comtés les plus urbains des grandes métropoles américaines, selon les dernières estimations démographiques du Census Bureau. Les banlieues périurbaines denses et peu denses des métropoles ont en revanche respectivement cru de 0,6% et 1,3%. (NYT)

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