Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-16

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-16

SOMMAIRE

Climat – Ecologie

  • Discours de Biden au Congrès : « Sauvez la planète ».
  • Objectifs mondiaux de réduction des émissions: coûts et obstacles
  • La France classée 4ème pour son avenir vert par le MIT Technology Review

Transport

  • Emissions des véhicules : vers la restauration de l’autorité de la Californie
  • Les CDC annoncent une reprise possible des croisières d’ici mi-juillet
  • Lyft se sépare de sa division véhicules automatisés

Energie

  • Discours de Biden au Congrès : une transition énergétique pour les «cols bleus »
  • Le Sénat rétablit les contrôles sur le méthane de l’ère Obama
  • Biden soutient l’expansion et la modernisation du réseau électrique

Ville durable

  • COVID – les Américains de plus en plus nombreux à quitter les villes, mais…
  • Des superordinateurs pour réduire la congestion urbaine ?

AGENDA

  • 5 mai: audition de la Commission Energie et Commerce de la Chambre des Représentants sur la décarbonation des transports

Climat – Écologie

Discours de Biden au Congrès : « Sauvez la planète ».

Dans son premier discours devant le Congrès, le Président Biden a présenté cette semaine une vision de son action gouvernementale où le climat tient le haut du pavé. Sur le plan intérieur, il fait de la décarbonation le moteur de ses plans économiques ; sur le plan international, il fait de la concurrence avec la Chine une lutte pour la domination de la filière des énergies propres. « Si nous agissons pour sauver la planète, nous pouvons créer des millions d’emplois, de la croissance économique et des opportunités. » a déclaré Joe Biden. « Mais le reste du monde ne nous attend pas », a-t-il ajouté « Je veux simplement être clair. De mon point de vue, ne rien faire n’est pas une option. »

Le Président Biden défend son programme et  sa vision d’une transition énergétique juste, créatrice d’emplois bien payés et  localisés aux USA : « Il n’y a tout simplement aucune raison pour que les pales des éoliennes ne soient pas construites à Pittsburgh plutôt qu’à Pékin. Aucune raison. »  Selon lui, la lutte contre le changement climatique est une chance de maintenir les Etats-Unis dans une position de domination économique. D’une certaine manière, le climat unifie les visions domestiques, internationales et politiques de Biden. (E&E)

Objectifs mondiaux de réduction des émissions : coûts et obstacles

Selon le Wall Street Journal, le monde devrait investir 115 000 milliards de dollars d’ici 2050 dans les technologies propres pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. L’administration Biden, qui s’est fixé pour objectif de réduire les émissions de 50 à 52 % d’ici 2030 par rapport à 2005, prévoit aussi de doubler le financement des programmes de réductions des émissions envers les pays à faible revenu. La réussite des objectifs mondiaux dépend largement de l’engagement d’autres pays. En Inde et en Chine, le charbon fournit près de la moitié de l’énergie. La Chine s’est déjà montrée réticente à l’idée de devoir suivre les pays développés dans la réduction des émissions, au moins jusque 2030. De son côté, l’Inde est gênée à l’idée d’acheter une grande partie de ses équipements solaires à la Chine, contrôlant l’essentiel de la production. L’Union européenne se heurte quant à elle à la dépendance de ses membres de l’Est à l’égard du charbon pour produire de l’électricité. Même si la transition verte devrait détruire six millions d’emplois à travers le monde d’ici à 2030, parallèlement, elle devrait en créer 24 millions. Une gestion politique habile est nécessaire pour ne léser aucun pays ou aucune communauté.

La France classée 4ème nation pour son avenir vert selon le MIT Technology Review

La France obtient la 4ème position au classement général du « Green Future Index » établi par le MIT Technology Review, une revue affiliée à l’une des plus prestigieuses universités scientifiques des Etats-Unis. Dans ce classement, le tiercé dans l’ordre est Islande, Danemark, Norvège. L’Allemagne arrive 11ème, le Royaume-Uni 17ème et les Etats-Unis 40ème. Le Green Future Index évalue dans 76 pays les orientations pour un avenir vert. Le panel représente environ 95 % du PIB mondial. Cette étude s’appuie sur cinq piliers : réduction des émissions de carbone, développement des énergies propres, innovation verte, préservation de l’environnement et mise en œuvre de politiques climatiques efficaces. Dans le top 20, « les greens leaders », 14 pays sont européens. Cette forte présence européenne est expliquée par les initiatives de l’UE et les politiques nationales dans des domaines tels que la tarification du carbone et les objectifs en matière d’émissions des véhicules. La France est reconnue par ce classement comme un leader mondial de la production d’hydrogène. La France est 2ème concernant la politique climatique et 9ème dans le domaine de l’innovation verte. L’étude souligne notamment les aides gouvernementales vers Air France qui ont été assortis de conditions écologiques. Elle souligne également les actions du cimentier Lafarge pour convertir le CO2 en hydrocarbures renouvelables.

Chiffre de la semaine : 43

Lors de son premier discours devant le Congrès, le Président Biden a prononcé 43 fois le mot « emploi » en  l’associant à la transition énergétique ou au climat (E&E).

Transport

Emissions des véhicules : vers la restauration de l’autorité de la CA

Par des avis rendus consécutivement les 23 et 26 avril, la National Highway Traffic Administration (NHTSA) et l’Environmental Protection Agency (EPA), conjointement responsables de l’élaboration des standards d’efficacité énergétiques et des normes d’émission des véhicules, ont officiellement signifié l’intention de l’administration Biden de restaurer l’autorité de la Californie lui permettant de fixer ses propres normes plus strictes en matière d’émissions des véhicules.

Les deux agences expriment des « préoccupations significatives » quant au fait que l’administration Trump, qui avait fait valoir le droit du gouvernement fédéral à préempter l’action des États sur les émissions de carbone des véhicules et sur les quotas de véhicules à zéro émission dans l’intérêt d’une « norme nationale unique », avait probablement outrepassé son autorité avec cette préemption. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre de la révision plus large des normes d’émissions des véhicules, baptisée règlementation SAFE (Safer Affordable Fuel-Efficient Vehicles).

Dans un décret présidentiel de janvier, le président Biden a demandé à l’EPA et à la NHTSA d’envisager des mesures pour rétablir la dérogation de la Californie d’ici la fin du mois d’avril. (E&E news)

Les CDC annoncent une reprise possible des croisières d’ici mi-juillet

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé aux croisiéristes la reprise possible des croisières de passagers aux États-Unis d’ici la mi juillet, en annonçant de nouvelles mesures pour accélérer les autorisations.

Les conditions de réautorisation des croisières, fixées par les CDC en octobre 2020 dans le cadre de l’ordre de navigation conditionnelle, et dont les premières modalités de mise en œuvre avaient été précisées début avril 2021, avaient été vivement critiquées par l’industrie et certains Etats dont l’économie dépend fortement de cette activité. L’Alaska s’était notamment joint la semaine dernière à l’action intentée le 8 avril par la Floride pour faire annuler la décision des CDC.

Les CDC indiquent désormais que « si un navire atteste que 98 % de son équipage et 95 % de ses passagers sont entièrement vaccinés », alors ces derniers peuvent reprendre les opérations de navigation commerciale, et s’affranchir des processus complexes définis par l’ordre de navigation conditionnelle, consistant notamment à démontrer l’efficacité des règles sanitaires à bord via des croisières simulées. Le CDC précisent également qu’ils mettront à jour les exigences en matière de tests et de quarantaine pour les passagers et l’équipage afin de les aligner sur ses dernières directives pour les personnes entièrement vaccinées. (WSJ)

Lyft se sépare de sa division véhicules automatisés

Woven Planet, filiale de Toyota basée à Tokyo, a annoncé le 27 avril avoir acquis pour 550 M$ la division Level 5 de Lyft dédiée au développement du projet de véhicule automatisé de la compagnie. Cette acquisition permettra à Woven Planet et Toyota de disposer d’une équipe internationale d’environ 1200 personnes après l’intégration d’environ 300 ingénieurs de chez Lyft. L’acquisition devrait être finalisée au troisième trimestre 2021.

Cette transaction marque la fin de quatre ans d’efforts chez Lyft pour tenter de développer de son propre véhicule automatisé. Elle représente également pour Lyft une opportunité pour devenir profitable d’ici la fin de l’année, grâce à l’économie de l’ordre de 100 M$ par an de coûts d’exploitation que représente cette cession. Lyft pourra désormais se concentrer sur son objectif premier qui est de devenir la plateforme de référence pour tous les services commerciaux de robotaxi. Lyft dispose déjà d’un partenariat avec Motional, la JV réunissant Hyundai et Aptiv, et avec Waymo. L’accord de vente avec Woven Planet prévoit également l’utilisation de la plateforme Lyft. (TechCrunch

Énergie

Discours de Biden au Congrès : une transition énergétique pour les « cols bleus »

Dans son premier discours devant le Congrès, le Président Biden a défendu cette semaine son projet de 2 200 milliards de dollars visant à réorganiser les secteurs de l’énergie et du transport.

Ce discours, intervenu la veille de son 100ème  jour de mandat, marque le début d’un chapitre ambitieux, puisque Biden a pour objectif de remodeler le secteur de l’énergie pour atteindre une électricité 100 % propre d’ici 2035.  « Transformer le péril en possibilité, la crise en opportunité, les revers en force », c’est le cri de ralliement pour ce plan de 2 200 milliards. « C’est un plan de construction de l’Amérique par les cols bleus », a-t-il déclaré. « [Ce plan] reconnaît une chose que j’ai toujours dite : Wall Street n’a pas construit ce pays. C’est la classe moyenne qui l’a construit. Et les syndicats ont construit la classe moyenne. »

M. Biden a indiqué que son plan sur les infrastructures prévoit la plus forte augmentation jamais enregistrée en matière de recherche et de développement hors défense. Il ajoute, en face de la menace chinoise explicitement mentionnée à plusieurs reprises : « Nous devons développer et dominer les produits et les technologies de l’avenir: batteries avancées, biotechnologie, puces informatiques et énergie propre. » (E&E)

Le Sénat rétablit les contrôles sur le méthane de l’ère Obama

Cette semaine, le Sénat a voté le rétablissement d’une réglementation de l’ère Obama qui visait à restreindre les émissions de méthane. Dans la filière de l’énergie, le méthane est principalement émis par les fuites sur les sites de forage pétrolier et gazier. De nombreuses grandes compagnies pétrolières et gazières se sont prononcées en faveur du rétablissement de cette réglemententaion. D’ailleurs, Exxon, Shell et BP avaient exhorté l’administration Trump à la maintenir en place. En effet, ces entreprises ont investi des millions de dollars pour promouvoir le gaz naturel comme un combustible plus propre que le charbon. Elles craignaient que les fuites de méthane sans restriction puissent saper ce message et finalement nuire à la demande.

Une fois que les règles Obama sur le méthane seront rétablies, M. Biden prévoit d’aller plus loin : alors que la réglementation Obama exige des entreprises qu’elles surveillent et contrôlent les fuites de méthane des nouveaux puits de forage, M. Biden a demandé à l’Environmental Protection Agency de préparer de nouvelles règles dans les mois à venir qui exigeraient également des contrôles sur les fuites de méthane les sites pétrolier et gazier existants. Cette perspective suscite l’inquiétude des petites compagnies pétrolières indépendantes, qui craignent que les nouvelles règles nécessitent des technologies de contrôle des fuites de méthane que seules les grandes compagnies peuvent s’offrir. (The New York Times)

Biden soutient l’expansion et la modernisation du réseau électrique

Le 27 avril, la Maison Blanche annonce l’engagement de l’administration afin d’accélérer l’expansion et la modernisation du réseau électrique américain. En particulier, le Department of Energy annonce de nouveaux outils financiers, et le Department of Transport publie de nouvelles directives qui permettront d’utiliser les droits de passage existants dans le but de faciliter l’implantation des lignes de transmission.

La secrétaire d’État à l’énergie, Jennifer Granholm, annonce deux outils de financement qui peuvent faciliter la construction des lignes de transmission à haute tension afin d’améliorer la fiabilité du réseau électrique et d’augmenter l’accès aux ressources énergétiques du territoire américain. Le fonds de $3,25 Mds Western Area Power Administration peut être utilisé pour débloquer l’accès aux énergies renouvelables dans l’Ouest. Le bureau des programmes de prêts du DoE peut aussi offrir des garanties de prêts à hauteur de $5 Mds pour soutenir des projets de transmission innovants. Cela comprend notamment les systèmes de courant continu à haute tension et la connexion à l’éolien offshore.

Chiffre de la semaine : 59

L’ère nucléaire dans la région de New York prend fin vendredi 30 avril. Le dernier réacteur d’Indian point s’arrêtera après 59 ans d’exploitation. Pendant ces très nombreuses années, la centrale nucléaire a fourni environ un quart de l’énergie utilisée par la ville de New York. Cet arrêt signifie la fin de la production d’électricité sur le site. Mais, le processus de collecte et de stockage des déchets radioactifs qui suivra durera des années. Holtec International, la société qui a accepté de racheter la centrale, sera responsable des déchets. (The New York Times)

Ville Durable

COVID – les Américains de plus en plus nombreux à quitter les villes, mais…

Après de nombreuses spéculations sur la fin de l’attractivité des villes et métropoles trop denses et condamnées à se vider de leurs résidents notamment grâce à l’essor du travail à distance, une image plus précise se dessine sur la façon dont les citadins se sont déplacés en réaction à la pandémie. Une étude détaillée de CityLab laisse apparaitre une situation plus nuancée, écartant le scénario d’un exode urbain massif, mais validant plutôt celui du « rebrassage urbain » au profit des banlieues et des villes moyennes.

Dans l’ensemble des États-Unis, le nombre de personnes effectuant des déménagements qu’elles définissent comme permanents n’a augmenté que de 3 % entre mars 2020 et février 2021, et malgré cette augmentation, les taux de migration nationaux demeurent à des niveaux historiquement bas. La plupart des personnes qui ont déménagé depuis un an sont restées près de leur lieu d’origine, bien que les régions de la Sun Belt, qui étaient populaires avant la pandémie, aient attiré davantage de nouveaux résidents.

Dans les régions métropolitaines les plus denses et les plus chères, les migrations ont en revanche été plus significatives, et marquées dans certains cas par des augmentations du pourcentage de déménagements supérieures à 10 %. La tendance était toutefois antérieure à la pandémie notent les urbanistes. Les comtés centraux denses des grandes zones métropolitaines américaines ont connu une diminution nette des flux vers la ville, tandis que les banlieues et certaines villes périphériques plus petites ont enregistré des gains nets. En d’autres termes, les résidents se sont déplacés vers les banlieues de leur zone métropolitaine, mais également plus loin, vers des villes satellites. L’urbaniste Richard Florida estime que la pandémie a comprimé en quelques mois des mouvements qui de toute façon se seraient produits au cours des années suivantes.

En revanche la région de la baie de San Francisco et de la ville de New York se sont distinguées par des changements plus spectaculaires. De différentes manières, ces deux régions ont connu beaucoup plus de mouvements que les années précédentes, alors même que la croissance de ces régions avait déjà commencé à s’inverser avant la pandémie, autorisant certains spécialistes à parler ici de vrais phénomènes d’exode urbain. A l’opposé du reste du pays, les personnes ayant quitté la région de la baie de San Francisco l’ont quittée pour des régions plus éloignées de Californie, et surtout moins couteuses. Par rapport à la région de la baie, les personnes qui ont déménagé dans la région de New York ont eu davantage tendance à rester proche de la métropole new-yorkaise. L’étude indique également que la propension à déménager a plus augmenté chez les jeunes citadins très instruits.

Des superordinateurs pour réduire la congestion urbaine ?

Le Département de l’Energie se prépare à utiliser l’énorme puissance de calcul de ses laboratoires nationaux pour s’attaquer au problème de la congestion routière, en développant des jumeaux numériques de métropoles pour simuler des scénarios d’optimisation des flux routiers. Cette initiative, si elle fonctionnait, pourrait permettre de réduire jusqu’à 20 % la consommation de carburant et diminuer d’autant les émissions. (E&E News)

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