Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-15

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-15

SOMMAIRE

Climat – Ecologie

  • Le président Biden fixe l’objectif de réduction des émissions des gaz à effet de serre pour 2030
  • Avec leur nouvel objectif climatique, où se situent les Etats-Unis?
  • Les promesses américaines valent-elles quelques choses?

Transport

  • Vers 100% de véhicules zero-émission en 2035 et 2045 ?
  • Tesla sous pression suite à l’accident mortel d’un véhicule sans conducteur
  • Un projet pilote de trains périurbains à batterie à NY avec Alstom

Energie

  • Granholm dessine un « clean energy standard» à l’épreuve du Congrès
  • Les États-Unis à mi-chemin d’une électricité décarbonée
  • Echec d’un projet d’interdiction de la fracturation hydraulique en Californie

Ville durable

  • Un projet de quartier de gare exemplaire à Sacramento
  • Les aides des plans de sauvetage stimulent les ambitions des villes
  • Les villes, meilleur espoir pour survivre au changement climatique

AGENDA

  • 27 avril: Hearing au Sénat sur l’innovation de l’automobile

Climat – Écologie

Le président Biden fixe l’objectif de réduction des émissions des gaz à effet de serre pour 2030

Fiche d’information de la Maison Blanche, extraits :

S’appuyant sur le leadership passé des États-Unis, y compris les efforts des États, des villes, des tribus et des territoires, le nouvel objectif vise à réduire de 50 à 52 % la pollution par les gaz à effet de serre aux États-Unis en 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

L’objectif vise à créer des emplois syndiqués bien rémunérés et à assurer le leadership des États-Unis en matière de technologies énergétiques propres.

Pour définir cet objectif, l’administration a analysé la manière dont chaque secteur de l’économie peut stimuler l’innovation, ouvrir de nouvelles perspectives, favoriser la compétitivité et réduire la pollution.

Cet objectif donne la priorité aux travailleurs américains. La réalisation de l’objectif d’émissions de 2030 permettra de créer des millions d’emplois syndiqués bien rémunérés pour la classe moyenne.

L’objectif est cohérent avec l’objectif du président de parvenir à la neutralité carbone au plus tard en 2050 et de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, comme l’exige la science.

L’Amérique doit agir – non seulement le gouvernement fédéral, mais aussi les villes et les États, les petites et grandes entreprises, les communautés de travail.  Pour le Président Biden, c’est ensemble qu’il faut saisir cette occasion de favoriser la prospérité, de créer des emplois et de bâtir l’économie de l’énergie propre de demain.

Avec leur nouvel objectif climatique, où se situent les Etats-Unis ?

Le président Biden a annoncé le 22 avril que les États-Unis visent une réduction de 50 % à 52 % de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2005 d’ici à 2030.

The New York Times indique que la comparaison des engagements nationaux en matière de réduction des émissions peut s’avérer délicate. Les États-Unis ont décidé de mesurer leurs réductions à partir de 2005. Les pays européens meusrent leurs réductions à partir de 1990. A court terme, les USA ont un des objectifs de réduction les plus agressifs parmi les nations industrialisées et riches.

D’ici 2030, et sur la base de leurs émissions respectives en 2005, on retrouve les objectifs de réduction suivant : -63 % UK, -52% USA, -51% UE, -45 % Canada, -44 % Japon. Le même exercice avec pour référence les émissions de 1990 donne : – 68% UK, -55% UE, -43% USA, -40% Japon, -27% Canada.

The New York Times considère également les émissions par personne. Le journal rapporte pour l’année 2019 : USA : 17.6 tCO2/hab, Chine 10.1, UE : 7.4 et Inde 2.5. A l’aide des études du Rhodium Group, le NY Times conclut que si chaque pays atteignait ses objectifs climatiques pour 2030, les émissions par habitant des USA diminueraient et convergeraient avec celles de la Chine. En revanche, les émissions par habitant de ces deux pays seraient encore deux fois supérieures à celles de l’Europe et quatre fois à celles de l’Inde.

Les promesses américaines valent-elles quelques choses ?

Après quatre années d’isolationnisme climatique sous Trump, les États-Unis veulent reprendre le leadership climatique. Mais, sur ce sujet, la crédibilité du Président Biden est mise en doute.

En effet, c’est la deuxième fois en une génération que les États-Unis réintègrent les négociations sur le climat après avoir abandonné un accord mondial. Le Ministère chinois des Affaires Etrangères a déclaré que les États-Unis avaient « choisi d’aller et de venir à leur guise dans l’Accord de Paris ».

Les Etats-Unis déclarent être crédibles, évoquant la réduction observée de leurs émissions.

Joe Biden s’est aussi engagé à rétablir le financement du Fonds vert, qui aide les pays les plus pauvres à faire face au changement climatique. Cependant, sur ce point, il doit encore obtenir l’approbation du Congrès. Plus divisé que jamais sur le climat, le Congrès semble être un vrai frein à la crédibilité américaine. Des républicains de la Chambre des représentants ont d’ailleurs présenté un projet de loi pour une renégociation complète de l’accord de Paris et dénoncé les plans de réengagement de M. Biden. (The New York Times)

Transport

Vers 100% de véhicules zero-émission en 2035 et 2045 ?

Dans une lettre envoyée le 21 avril, 12 gouverneurs américains (11 Démocrates et 1 Républicain) demandent au Président Biden de mettre en place un cadre réglementaire approprié pour soutenir le développement du marché des véhicules zéro émissions  aux Etats-Unis et éliminer progressivement la vente de véhicules légers thermiques d’ici 2035, et celles des véhicules lourds d’ici 2045.

Ces demandes se heurteront probablement à une forte opposition républicaine. De nombreux sénateurs républicains se sont déjà prononcés contre les dispositions en faveur du véhicule électrique portées dans la proposition de plan infrastructure de l’administration. (The Hill)

L’Etat de Washington s’apprête pour sa part à devenir le premier Etat fédéré à passer une loi interdisant la vente de véhicules à combustion à partir de 2030. La Californie et le Massachussets se sont également fixés l’objectif d’interdire la vente des véhicules légers thermiques à partir de 2035. (The Verge)

Tesla sous pression suite à l’accident mortel d’un véhicule sans conducteur

Le National Transportation Safety Board (NTSB), l’agence fédérale chargée d’enquêter sur les accidents de transport, a lancé une investigation pour examiner les conditions ayant conduit à l’accident ayant fait deux morts survenu près de Houston le 17 avril, et qui, selon la police locale, semble s’être produit alors que personne ne se trouvait sur le siège du conducteur. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence réglementant la sécurité des véhicules, a également lancé une enquête sur l’accident.

Le CEO de Tesla Elon Musk indiquait sur Twitter que les données indiquent « à ce stade » que le système d’assistance à la conducteur Autopilot, qui permet, dans certaines conditions, de circuler avec beaucoup d’automatisation sur autoroute, n’était pas activé lors de l’accident.

Ce nouvel accident vient relancer la polémique autour des systèmes d’aide à la conduite de Tesla, Autopilot et Full Self Driving (FSD), une fonction plus avancée proposée en version beta à certains clients de la marque, dont les noms sont pour le moins trompeurs. Tesla précise en effet que les conducteurs doivent faire preuve d’une attention totale lorsqu’ils utilisent ces systèmes. (The Verge)

Un projet pilote de trains périurbains à batterie à NY avec Alstom

La Metropiltan Transportation Authority de New York a annoncé le 19 avril le lancement d’un programme pilote visant à tester des trains électriques équipés de batteries sur une branche non électrifiée de Long Island Railroad (LIRR). LIRR est le service de trains périurbains desservant Long Island près de New York, dont plusieurs branches sont non électrifiées. L’opération est conduite en partenariat avec Alstom, qui sera chargé d’équiper une motrice électrique deux rames de batteries. Le Président de MTA LIRR souligne que cette nouvelle technologie permettrait d’offrir un service avec des trains électriques tout en s’épargnant l’électrification de l’ensemble du réseau, dont le coût se chiffrerait en milliards. S’il était mis en oeubre le projet permettrait également d’améliorer la qualité du service en supprimant une rupture de charge pour les passagers obligés actuellement de changer de train lorsqu’ils voyagent sur une branche non électrifiée. (Transportation Today)

Chiffre de la semaine : 568 Mds$

Les Républicains du Sénat ont publié le 22 avril une proposition d’investissement dans les infrastructures de 568 milliards de dollars en guise de contre-proposition au plan de 2,3 billions de dollars du président Biden. Celle-ci propose un périmètre d’intervention beaucoup plus restreint et centré sur les transports, avec 299 Mds$ sur les routes (52%), 61 Mds$ sur les transports collectifs, 20 Mds$ sur le rail, 44 Mds$ sur les aéroports, 7 Mds$ sur les ports, 13 Mds$ sur le sécurité.

Énergie

Ce que l’objectif climatique de Biden à Horizon 2030 signifie pour l’énergie

M. Biden a annoncé un objectif visant à réduire de 50 à 52 % les polluants climatiques par rapport aux niveaux de 2005. Les détails sont rares sur la manière dont le nouvel objectif d’émissions pour 2030 affectera le secteur de l’énergie. Des responsables de la Maison Blanche ont déclaré que les objectifs de réduction des émissions dans les différents secteurs ne seraient pas précisés avant la fin de l’année.

Ils ont toutefois déclaré que le plan était cohérent avec leurs efforts visant à éliminer les émissions de carbone dans le secteur de l’électricité d’ici 2035, indiquant que « les solutions énergétiques sans carbone des centrales électriques modernisées avec le captage du carbone et du nucléaire sont activables ».

Les responsables ont déclaré qu’il existe « de multiples voies » pour atteindre l’objectif de 2030.

Plusieurs analystes notent que ce nouvel objectif ambitieux de la Maison Blanche pourrait avoir des implications quant à l’avenir du pétrole et du gaz sur les terres fédérales. Le moratoire actuel sur ces énergies dans ce périmètre a suscité la controverse, l’industrie et ses alliés politiques étant certains que l’administration Biden tentera de mettre fin au programme pétrolier et gazier.

L’American Petroleum Institute a déclaré cette semaine qu’il soutenait les efforts de l’administration Biden pour réduire les émissions mondiales, mais a fait valoir que les objectifs en matière d’émissions n’offraient aucune autre voie pour maintenir une énergie abordable. Ce lobby du pétrole et du gaz s’est aussi récemment prononcé en faveur d’un prix du carbone comme outil de lutte contre le changement climatique. (E&E News)

La Chine et l’Inde compliquent les ambitions climatiques de Biden

La Chine et l’Inde, dont l’appétit énergétique est énorme et ne cesse de croître, sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans les efforts climatiques, alors que le monde cherche à définir des objectifs plus ambitieux en la matière.

Les deux pays se ressemblent à bien des égards. Ils ont une population massive de plus de 1,3 milliard d’habitants et sont tous deux de gros consommateurs de charbon, le pire combustible fossile en termes d’émissions de carbone.

Les dirigeants des deux pays, qui ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas être perçus comme agissant sur ordre des États-Unis, ont fait valoir, lors du sommet virtuel de deux jours sur le climat organisé par la Maison Blanche, que lerus nations devaient assumer des responsabilités différentes de celles des pays développés dans la lutte contre le changement climatique.

Mais il existe des différences significatives dans leurs approches. Alors que l’Inde se définit comme un pays en développement et comme potentiel bénéficiaire de fonds et de technologies, la Chine se positionne comme un leader climatique, un fournisseur de soutiens financiers et technologiques. (The Wall Street Journal)

Les Majors du pétrole cherchent à séquestrer le carbone et à en capturer les profits

Les compagnies pétrolières extraient depuis longtemps le carbone du sous-sol : le pétrole et gaz. Aujourd’hui, les entreprises du secteur de l’énergie veulent transformer cette compétence en un service à vendre aux industries très polluantes et difficiles à décarboner, comme la sidérurgie ou la cimenterie. Le principe : séquestrer le carbone dans le sous-sol plutôt que de le relâcher dans l’atmosphère.

Le déploiement de cette technique serait une nouvelle source de revenus pour une industrie qui doit s’adapter aux souhaits des gouvernements et entreprises de réduire leurs empreintes carbone. Exxon estime le marché à 2000 milliards de dollars d’ici 2040.

Cependant, de nombreux scientifiques questionnent les bénéfices environnementaux et le coût de ces projets. De plus, la plupart des projets dépend aujourd’hui du financement public. Enfin, l’acceptation par l’opinion publique freine le déploiement des projets : l’inquiétude quant à de possibles fuites sur les sites de stockage est forte. (The Wall Street Journal)

Chiffre de la semaine : 11,1 millions

C’est le nombre de tonnes de charbon qu’ont produit les Etats-Unis la semaine se terminant le 17 avril, selon le bulletin d’information de l’US EIA  paru le 22 avril, jour du Sommet pour le Climat. Cette quantité est supérieure de 26,5 % à celle produite la  même semaine l’année dernière.

Ville Durable

Un projet de quartier de gare exemplaire à Sacramento

La ville de Sacramento a récemment donné le feu vert pour la transformation du quartier historique de la gare avec l’ambition d’en faire un modèle de développement durable et un hub privélégiant la mobilité des personnes sur la mobilité automobile.

Le projet prévoit également des logements abordables, des bureaux, des restaurants, en plus d’incorporer des places piétonnes, un jardin communautaire, des pistes cyclables, ou une usine de retraitement des eaux usées. Le plan d’aménagement bénéficie également de la certification Living Community Challenge établie par l’International Living Future Institute, et qui garantit les objectifs de performance du projet selons 7 axes (ou « pétales ») d’analyse : place/nature, eau, énergie, santé/bonheur, matériaux, équité, et beauté).

Ce projet centré sur les usagers de l’espace public pourrait servir d’exemple à d’autres villes américaines souhaitant promouvoir le concept de la « ville du quart d’heure » ou tout simplement revigorer leur cœur urbain. Le projet est un excellent exemple de la manière dont les villes doivent donner la priorité aux lieux de vie et cesser de se focaliser sur la circulation automobile estime le cabinet d’urbanisme Perkins&Will ayant développé le projet pour la ville de Sacramento. (SmartCitiesDive)

Les aides des plans de sauvetage stimulent les ambitions des villes

Le Washington Post raconte le 20 avril comment à travers toute l’Amérique les villes qui, il y a quelques mois seulement étaient totalement désemparées face à la chute drastique de leurs ressources du fait de la pandémie, se retrouvent aujourd’hui à disposer d’un afflux considérable de crédits fédéraux provenant des différents plans de relance américains, et en particulier du plan de sauvetage de 1 900 milliards de dollars signé par le Président Biden le mois dernier. L’aide aux États et aux collectivités locales représente 350 milliards de dollars sur l’ensemble du plan, dont 130 milliards de dollars sont affectés aux collectivités locales selon des règles d’allocation fonction de la population et des besoins.

Cet afflux d’argent, avec relativement peu de restrictions sur son utilisation, ne ressemble à aucun autre que les villes ont connu depuis des décennies estiment les spécialistes du développement urbain de la Brookings, qui considèrent que « c’est le moment de renforcer les villes et de chercher à les réinventer, là où c’est possible ». L’article présente les expériences de plusieurs villes américaines comme preuve du potentiel de transformation suscité par ces aides, et qui investissent dans la construction de logements abordables, la résilience de leurs infrastructures, le renforcement des services de transport, l’équité, les entreprises appartenant aux minorités,…

Les villes, meilleur espoir pour survivre au changement climatique ?

Dans un article publié le 21 avril, Blomberg CityLab affirme que les villes représentent notre meilleur pari pour répondre à la crise du changement climatique, et s’y adapter. Les villes génèrent aujourd’hui trois quarts des émissions de gaz à effet de serre, mais sont également particulièrement vulnérables au changement climatique, d’où leur intérêt direct à agir rapidement. Elles peuvent rapidement être remodelées par les besoins humains estiment les auteurs, et finalement prospérer sur une planète qui serait plus chaude. L’article présente un panel de solutions à disposition pour réussir cette adaptation consistant à reconfigurer, amplifier, rationaliser, protéger.

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