Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-11

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-11

Sommaire                            

Climat- Ecologie                                                                                                       

  • Kerry demande à l’UE de reporter sa taxe carbone aux frontières
  • Haaland entre dans l’histoire en tant que Secrétaire à l’Intérieur
  • Un régulateur financier de plus pourvu d’une équipe liée au risque climatique

Transport

  • Une proposition de loi démocrate de 205 Mds$ pour développer les trains à grande vitesse
  • Le trafic aérien à son plus haut niveau depuis un an
  • 8 projets pour explorer de nouvelles méthodes de financement des infrastructures routières

Ville Durable

  • Le prix Pritzker récompense le travail des architectes français A.Lacaton et J-Ph.Vassal
  • Des élus locaux dénoncent les pratiques discriminatoires pour l’accès aux services numériques
  • Réforme des règlements d’urbanisme en vue pour le Connecticut

Energie

  • Selon la Secrétaire à l’Energie, les États-Unis devraient copier le renouvelable Allemand
  • Les think-tanks s’interrogent : comment l’énergie propre va-t-elle changer le monde ?
  • Le secteur amont du pétrole américain sous haute-surveillance

Agenda

22 mars: Audition “LIFT America: Revitalizing our Nation’s Infrastructure and Economy” House Committee on Energy and Commerce – 18h à Paris

24 mars: Audition “Driving the Road to Recovery: Rebuilding America’s Transportation Infrastructure”– Senate Committee on Commerce, Science, and Transportation – 17h à Paris

Climat – ECOLOGIE

Kerry demande à l’UE de reporter sa taxe carbone aux frontières

L’envoyé spécial pour le climat du Président Biden, John Kerry, a déclaré qu’il souhaitait que l’Europe repousse sa taxe carbone aux frontières. L’Union européenne est en train de formuler son mécanisme de taxe carbone, attendu pour le mois de juin. M. Kerry souhaite que l’UE attende que les dirigeants mondiaux se réunissent en Écosse en décembre pour proposer cette taxe.

Une taxe carbone aux frontières a « de sérieuses implications pour les économies, les relations et le commerce », a déclaré M. Kerry.

Lors de la venue de Kerry en Europe, les pays européens ont poussé Kerry et les États-Unis à mettre en place un mécanisme similaire de tarification du carbone, mais l’administration Biden ne s’est pas engagée en faveur d’une quelconque forme de taxe sur le carbone.  M. Kerry s’est efforcé d’établir les grandes lignes d’une politique internationale en matière de climat avec les dirigeants européens et le Royaume-Uni, en prévision d’une réunion des dirigeants mondiaux aux États-Unis en avril.

« Laissons ouverte la possibilité de faire de Glasgow le moment où nous parviendrons à un accord sur ce que nous allons tous faire et où il ne sera pas nécessaire de procéder à un ajustement frontalier », a-t-il déclaré aux dirigeants européens (E&E).

Haaland entre dans l’histoire en tant que Secrétaire à l’Intérieur

Le Sénat a confirmé la nomination de la représentante Deb Haaland au poste de Secrétaire à l’Intérieur, point culminant historique d’un processus de confirmation controversé qui s’est transformé en une bataille par procuration sur le programme énergétique du président Biden.

La démocrate du Nouveau-Mexique a été confirmée ce soir par 51 voix contre 40, ce qui lui permet de devenir la première Amérindienne à diriger une agence fédérale et la première personne autochtone à diriger un département dont les relations avec les nations tribales sont historiquement hostiles.

Les républicains du Sénat ont souligné que les antécédents de Mme Haaland en matière d’opposition aux pipelines, de défense du Green New Deal et son soutien à la législation maintenant à perpétuité les animaux sur les registres des espèces menacées constituaient des caractéristiques disqualifiantes. Les démocrates, quant à eux, ont accusé les républicains de traiter M. Haaland avec un manque de respect qu’ils n’appliqueraient pas, et n’ont pas appliqué, aux hommes blancs nommés à des postes ministériels.

Haaland a été élue au Congrès en 2018, devenant la première des deux femmes amérindiennes cette année-là à remporter un siège à la Chambre. Ancienne présidente du Parti démocrate du Nouveau-Mexique, Haaland a servi tout au long de 2019 et 2020 en tant que vice-présidente de la commission des ressources naturelles de la Chambre et présidente de la sous-commission des parcs nationaux, des forêts et des terres publiques.

La Secrétaire à l’Intérieur, Deb Haaland, a célébré son accession historique au poste de premier membre amérindien du gouvernement par une cérémonie symbolique de prestation de serment dirigée par la vice-présidente Kamala Harris (E&E).

Un régulateur financier de plus pourvu d’une équipe liée au risque climatique

Le régulateur qui supervise les marchés des produits financiers dérivés est en train de créer une « unité risque climatique » afin d’approfondir sa compréhension de la façon dont le changement climatique menace le secteur financier.

Cette décision fait de l’agence le troisième régulateur financier depuis l’entrée en fonction du président Biden à consacrer des ressources importantes à la lutte contre le réchauffement climatique. « Le changement climatique représente une menace majeure pour la stabilité financière des États-Unis et je pense que nous devons agir de manière urgente et énergique en utilisant nos pouvoirs étendus et flexibles pour faire face aux risques émergents », a déclaré Rostin Behnam, président par intérim de la CFTC.

En 2019, et à la demande de Behnam, la CFTC a formé un sous-comité axé sur le climat chargé d’examiner la question. Ce comité – qui comprenait plus de 30 représentants d’entreprises du secteur des énergies, de sociétés de Wall Street, de groupes environnementaux et plus encore – a publié un rapport historique en septembre, qui déclarait que les chocs économiques d’origine climatique « fréquents et dévastateurs » pourraient perturber la stabilité financière des États-Unis.

Le Département du Trésor, pour sa part, n’a pas encore mis en place d’initiative officielle axée sur le climat. Mais la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, partisane de longue date des taxes sur le carbone, a déclaré lors de son audition de confirmation qu’elle créerait un « pôle climatique » au sein du Département pour faire face à la hausse des températures, qu’elle a qualifiée de « menace existentielle » (E&E).

Les chiffres de la semaine : 5 milliards

Chaque année depuis 1990, les Etats-Unis émettent plus de 5 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.  Aujourd’hui,  les Etats-Unis sont le second émetteur du monde avec environ 15 % des émissions globales. Le rapport très détaillée l’US EIA, paru fin février,  fait le point sur presque 50 ans d’émissions de CO2 aux USA.

Transport

Une proposition de loi démocrate de 205 Mds$ pour développer les trains à grande vitesse

La proposition de loi American High-Speed Rail Act, introduite la semaine dernière par des représentants démocrates de la Chambre, à l’initiative notamment du représentant Seth Moulton (D-MA), vise à encourager le train à grande vitesse aux Etats-Unis avec un investissement de 205 Mds USD sur 5 ans, alors que les discussions ont débuté au Congrès pour mettre sur pied un grand paquet infrastructures.

La proposition offrirait 41 Mds USD par an sur cinq ans de subventions de la Federal Railroad Administration (FRA), et 38 Mds USD d’incitatifs pour des financements non-fédéraux. Les subventions seraient accordées en priorité aux régions qui ne sont pas desservies par les compagnies aériennes ou dont les dessertes sont subventionnées par le gouvernement.

Les partisans de ce projet de loi affirment qu’il permettrait de mieux relier les « méga-régions économiques », de créer une stratégie nationale de transport et de réduire la congestion routière. Ils indiquent également qu’il permettrait de créer au moins 2,6 millions d’emplois sur cinq ans.

Seth Moulton avait porté une proposition similaire en 2020. Elle était accompagnée d’un livre blanc défendant l’investissement dans la grande vitesse ferroviaire comme moteur de relance économique. Il défend en particulier la nécessité d’une approche différente pour choisir le choix dans les infrastructures de transport.

Le trafic aérien au plus haut niveau depuis un an

Le trafic aérien a atteint le vendredi 12 mars son point le plus haut depuis près d’un an, avec plus de 1.35 million de passagers comptabilisés par la Transportation Security Administration (TSA) le vendredi 12 mars, et plus de 1 million de passagers quotidiens sur 7 jours consécutifs entre le 11 et le 17 mars. Avec plus de 8.7 millions de passagers sur ces 7 jours, le nombre de passagers dépasse désormais, pour la première fois depuis le 15 mars 2020, le seuil de 50% de la fréquentation observée avant la pandémie. Les Américains reprennent lentement leurs habitudes de voyage dans un contexte de distribution accéléré des vaccins et de levée des restrictions dans certains États, notamment au Texas et dans le Mississippi. (The Hill)

8 projets pour explorer de nouvelles méthodes de financement des infrastructures routières

La Federal Highway Administration (FHWA) a accordé 18,7 M USD de subventions pour huit projets, portés par 6 Etats et 2 coalitions, visant à explorer des solutions alternatives et innovantes de financement des systèmes de transport de surface basées sur la mise en place de redevances ou taxes d’usage des infrastructures routières. Le programme vise notamment à identifier des solutions de long terme pour pallier le tarissement des ressources financières pour les infrastructures de transport qui sont aujourd’hui essentiellement fondées sur les taxes d’accise sur les carburants. Depuis sa création en 2016, ce programme de subventions Surface Transportation System Funding Alternatives (STSFA) a fourni 73,7 millions de dollars à 37 projets.

Amazon débute les livraisons avec ses nouveaux vans électriques Rivian

Amazon a débuté cette semaine à San Francisco ses livraisons au moyen de nouvelles camionnettes électriques produites par la startup Rivian. Les véhicules disposent d’une autonomie allant jusqu’à 240 km. Amazon avait lancé ses véhicules dans les rues de Los Angeles début février dernier, et projette d’investir 16 villes américaines au cours de l’année 2021, et d’y déployer au total 10 000 de ces véhicules.

En septembre 2019, Amazon avait annoncé l’acquisition de 100 000 vans électriques Rivian dans le cadre de son engagement pour le climat (climate pledge). (TechCrunch)

Pete Buttigieg promeut le plan de soutien ARP

Le Secrétaire aux transports Pete Buttigieg a visité en début de semaine un centre de livraison UPS de vaccins contre le COVID-19 dans le Maryland dans le cadre de l’action de promotion par l’administration Biden du nouveau plan de soutien American Rescue Plan Act of 2021 (ARP) adopté le 11 mars dernier.

Dans un communiqué publié le 17 mars, le département des Transports (DOT) souligne les apports pour le secteur du transport du plan de soutien ARP qui inclut 43,2 milliards de dollars de ressources supplémentaires pour le DOT afin d’accélérer sa réponse à la pandémie. Le secrétaire Buttigieg indique que « le plan de sauvetage américain constitue un investissement historique dans [le] système de transport, contribuant à maintenir les travailleurs au travail et à acheminer les voyageurs là où ils doivent se rendre. Les avantages de ce plan se font déjà sentir : les travailleurs des compagnies aériennes ont déchiré leur notification de licenciement, Amtrak annonce l’extension de ses itinéraires et une aide essentielle parvient à ceux qui luttent contre cette pandémie. »

Le chiffre de la semaine : 115 Mds USD

Il s’agit du besoin d’investissement dans les infrastructures des aéroports américains au cours des cinq prochaines années pour améliorer l’expérience des passagers, accroître leur fonctionnalité, renforcer la sécurité, développer la concurrence et, en fin de compte, réduire les coûts pour les voyageurs, selon un rapport du Airports Council International North America (The Hill)

Ville Durable

Le prix Pritzker récompense le travail des architectes français A.Lacaton et J-Ph.Vassal

Les architectes français Anne Lacaton and Jean-Philippe Vassal ont été récompensés cette semaine du prix Pritzker 2021. Ce prix international, qui est décerné chaque année à un ou plusieurs architectes vivants pour une réalisation importante, a été créé par la famille Pritzker de Chicago par l’intermédiaire de la Fondation Hyatt en 1979. Il est souvent considéré comme « le Nobel de l’architecture » et « la plus haute distinction de la profession ».

Dans un article consacré aux lauréats français, NPR souligne qu’Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal ne pourraient pas être plus différents que la génération des « starchitectes » lauréats du prix Pritzker, connus pour leur style caractéristique, leurs gratte-ciel et leurs folies flamboyantes. Les deux architectes français appliquent plutôt le credo: « Ne jamais démolir, ne jamais enlever ou remplacer, toujours ajouter, transformer et réutiliser« . Les projets de Lacaton et de Vassal se sont concentrés sur le réaménagement de complexes de logements sociaux (Grand Parc à Bordeaux en 2017), tant sur le plan esthétique que fonctionnel, tout en respectant, plutôt qu’en déplaçant, les locataires qui y vivent.

La citation du jury du Pritzker indique qu’Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal « ont montré que l’architecture peut avoir un grand impact sur nos communautés et contribuer à la prise de conscience que nous ne sommes pas seuls ». Le jury note également qu’« à travers la conception de logements privés et sociaux, d’institutions culturelles et universitaires, d’espaces publics et de développements urbains, Lacaton et Vassal réexaminent la durabilité dans le respect des structures préexistantes, concevant des projets en faisant d’abord l’inventaire de ce qui existe déjà. En donnant la priorité à l’enrichissement de la vie humaine à travers le prisme de la générosité et de la liberté d’utilisation, ils sont en mesure d’offrir à l’individu des avantages sociaux, écologiques et économiques, contribuant ainsi à l’évolution d’une ville. »

Des élus locaux dénoncent des pratiques discriminatoires pour l’accès au numérique

Une coalition nationale de responsables municipaux et de groupes de défense des droits demande à la Commission fédérale des communications (Federal Communication Commission – FCC) d’enquêter sur la pratique du « digital redlining » (exclusion numérique discriminatoire à l’égard de certains quartiers) qui selon eux entraine une fracture numérique dans les villes qui touche principalement les communautés de couleur. Le Redlining désigne aux Etats-Unis des pratiques discriminatoires à partir des années 1930 des autorités fédérales par lesquelles les banques et les compagnies d’assurance refusaient ou limitaient l’accès aux prêts et aux assurances pour des populations issues des zones géographiques spécifiques réputées à risque, en particulier dans les quartiers défavorisés et majoritairement afro-américains.

Dans une lettre adressée le 15 mars à la présidente par intérim de la FCC, Jessica Rosenworcel, un groupe de 98 élus locaux issus de 28 États fédérés et du district de Columbia indique que trop de résidents de communautés issues des minorités n’ont pas un accès fiable à internet à haut débit. Les signataires demandent à la FCC de créer une commission chargée d’étudier ce qu’ils considèrent être une pratique discriminatoire à l’égard de certaines communautés pour l’accès aux services numériques, et demandent à la FCC de proposer des solutions pour répondre à ce problème. (SmartCitiesDive)

Réforme des règlements d’urbanisme en vue pour le Connecticut

Une proposition de loi en cours d’examen par l’assemblée législative de l’État du Connecticut vise à réformer à l’échelle de l’État les règlementations de l’urbanisation à des échelles locales, qui conduirait l’Etat à s’écarter des pratiques traditionnelles promouvant le modèle exclusif de la maison individuelle et de la périurbanisation. S’il était approuvé, le projet permettrait à l’Etat de suivre l’exemple de l’Oregon et du Massachusetts, en préemptant les règlements d’urbanisme locaux pour répondre à l’augmentation du coût du logement et aux effets d’exclusion du zonage traditionnel.

Entre autres choses le projet de loi prévoit d’accélérer la construction de petits collectifs (deux à quatre unités) à proximité des transports collectifs par le biais d’un système de permis « de plein droit » qui éliminerait la nécessité d’enquêtes publiques et raccourcirait le processus d’approbation. Le texte propose également de légaliser les unités de logement adjacentes (Accesory Dwelling Units ADU) et d’éliminer les exigences en matière d’enquête publique pour ces additions de logements, d’exiger un seuil de logements abordables à proximité des transports en commun, ou de réduire les exigences minimales en matière d’offre de stationnement. Desegregate CT, une coalition défendant la proposition de loi, considère que cette réforme bénéficierait à tous les résidents de l’Etat et permettrait un développement plus équitable et durable du territoire, en plus d’accroitre l’offre et la diversité des logements. (Planetizen)

Le chiffre de la semaine : 8,4% vs 6,9%

Selon une enquête de CityLab, les cartes de la discrimination historique en matière de logement montrent que les quartiers qui ont souffert du redlining dans les années 1930 présentent un risque d’inondation bien plus élevé aujourd’hui, dû notamment à des sous-investissements historiques. En moyenne 8,4 % des logements situés dans des quartiers historiquement défavorisés (dont redlining) sont exposés à un risque d’inondation élevé, contre 6,9 % des logements situés dans des quartiers historiquement favorisés.

Énergie

Selon la Secrétaire à l’Energie, les États-Unis devraient copier le renouvelable Allemand

Madame Granholm, Secrétaire à l’Energie des US, a prononcé son premier discours international lors du Dialogue sur la transition énergétique, à Berlin. Jennifer Granholm a promis que, dans le cadre de leur retour dans l’accord de Paris, les États-Unis se sont remis à chercher une coopération mondiale sur le Climat.  Mme Granholm a déclaré à cette occasion que les USA devraient chercher à reproduire le succès de l’Allemagne, qui produit près de la moitié de son électricité grâce aux énergies renouvelables. Mme Granholm a déclaré que « C’est le genre de résultats que nous devons reproduire ici aux États-Unis ». Elle a précisé que le président Biden « a placé les priorités climatiques au centre de son programme de politique intérieure et étrangère » et a déclaré que les États-Unis soutiennent l’innovation dans les énergies propres, travaillent avec leurs alliés et « mettent [leurs] ressources sur la table avec les vôtres ». « Ensemble, nous pouvons montrer aux communautés dépendantes du charbon, du pétrole et du gaz dans nos pays la voie vers des économies durables et neutres en carbone – une voie qui protège aussi leur croissance économique », a-t-elle conclut (E&E).

Les think-tanks s’interrogent : comment l’énergie propre va-t-elle changer le monde ?

La Rand Corporation analyse les conflits depuis les années 1950, notamment pour le compte du Department of Defense. Aujourd’hui, le groupe de réflexion applique ses méthodes à une question qui commence à émerger : comment l’énergie propre va-t-elle changer le monde ? La Rand fait partie du nombre croissant d’organismes qui ont commencé à étudier les implications géopolitiques concrètes d’un monde dominé par les énergies propres. Depuis trois siècles, l’accès aux combustibles fossiles a façonné les grandes puissances. La modification d’un facteur aussi fondamental dans la hiérarchie mondiale pourrait avoir de multiples conséquences. Par exemple, l’implosion de l’industrie américaine des combustibles fossiles, combinée à la domination de la Chine dans les énergies renouvelables, pourrait définir le combat des grandes superpuissances du XXIe siècle.  La Rand a divisé le monde en trois catégories. La première est constituée de pays qui ont déjà effectué la transition. La deuxième est constituée des pays pétroliers dépendants principalement des exportations de pétrole ; ils ont le plus à perdre. La troisième cohorte est constituée de l’ensemble des pays intermédiaires qui sont à la fois producteurs et consommateurs de combustibles fossiles. La tentation pour ces cas hybrides sera de décarboner leurs propres économies, tout en maximisant les revenus des exportations des combustibles fossiles.

Meghan O’Sullivan, directrice à Harvard de la section géopolitique de l’énergie, a fait valoir que les pétroles et gaz de schiste donnent aux États-Unis une grande liberté en matière de politique étrangère. Les analystes convergent : il est difficile d’imaginer une transition énergétique rapide et en douceur dans l’environnement concurrentiel et nationaliste actuel. Si les sources d’énergie renouvelables sont accessibles à tous, la bataille se jouera sur la question de savoir qui profitera des dispositifs nécessaires pour exploiter ses énergies. Les panneaux solaires, les éoliennes et les batteries seront tellement demandés que les pays se bousculent déjà pour s’assurer d’obtenir leur part du gâteau. Beaucoup seront laissés pour compte (E&E).

Le secteur amont du pétrole américain sous haute-surveillance

L’administration américaine procède à une refonte des politiques et réglementations relatives aux hydrocarbures, ce qui devrait se traduire par une surveillance environnementale plus stricte et le retrait de certaines zones des futurs programmes. Les agences fédérales examinent actuellement les mesures prises entre le 20 janvier 2017 et le 20 janvier 2021 sous l’ancien président Donald Trump. L’objectif de cet examen est d’évaluer la cohérence des réglementations établies par l’administration précédente avec les nouveaux objectifs politiques et de les suspendre, réviser ou annuler en cas de conflit. L’administration Biden est également en train de rédiger une nouvelle réglementation visant à établir des normes de performance et des directives d’émission pour les émissions de méthane. Ces actions vont entraîner une certaine volatilité dans le secteur des hydrocarbures aux États-Unis à court et moyen terme. De leur côté, les démocrates du Congrès tenteront d’imposer des restrictions plus durables par le biais d’une action législative (IHS Markit).

Le chiffre de la semaine : 21

Les procureurs généraux républicains de 21 États poursuivent le président Biden devant la cour fédérale pour avoir supprimé le permis de passage de la frontière pour l’oléoduc Keystone XL au début de son mandat (E&E).

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