Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-07

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-07

Sommaire                            

Climat- Ecologie

  • Le coût social du carbone réévalué dans les prochains jours par la Maison Blanche
  • Le « 30 x 30 » passera par le domaine privé
  • Le « lands package » entre dans une phase de débat qui promet d’être explosive

Transport

  • La Maison blanche renonce à imposer des tests covid sur les vols domestiques
  • Le DOT défait une règle restreignant le financement de projets de transport collectifs
  • Lyft et Uber : deux stratégies divergentes pour tendre vers la profitabilité

Ville Durable

  • Le secteur du BTP a bénéficié de 13,7 Mds$ de prêts du 2nd plan de relance
  • DC rend obligatoire la réalisation de pistes cyclables en cas de travaux routiers
  • Premiers pas vers un standard américain BIM

Energie

  • Le Texas dans le froid et sans électricité
  • 15 Etats fédérés partagent leurs retours d’expérience sur la planification énergétique
  • Le GNL fait partie du futur proche

Agenda

  • 23 février 2021 : Audition sénatoriale de Madame Haaland – Confirmation Department of Interior
  • 24 février – audition au Sénat en vue du plan infrastructure: Building Back Better: Investing in Transportation while Addressing Climate Change, Improving Equity, and Fostering Economic Growth and Innovation.

Climat – ECOLOGIE

Le coût social du carbone réévalué dans les prochains jours par la Maison Blanche

Le président Biden s’est engagé à présenter une réévaluation du coût social du carbone. Cet engagement a été pris par décret, dès le premier jour de son mandat. Ce chiffre est important car il sous-tend les décisions fédérales sous l’angle carbone en intégrant financièrement des externalités négatives non perceptibles autrement.

Les nouvelles valeurs, qui concernent aussi le méthane et les oxydes d’azote, remplaceront les estimations développées par l’administration Trump qui, selon les critiques, étaient artificiellement basses. Très concrètement, les évaluations sous Trump étaient de l’ordre de 1 à 7 dollars pour la tonne de CO2. Si l’administration Biden ne faisait que reprendre le barème de l’administration Obama, en l’actualisant, alors la tonne de CO2 serait estimée à environ $ 53.

La révision imminente de ces chiffres n’est qu’une première étape. En effet, dans le même décret, M. Biden a chargé les équipes de la Maison Blanche de repenser de manière plus substantielle l’évaluation des coûts sociaux des émissions de polluants. Ces travaux ont un an pour aboutir. Il s’agit pour eux d’évaluer la qualité des modèles climatiques et économiques utilisés par le passé, la manière appropriée d’utiliser ces chiffres dans l’élaboration des politiques actuelles, et, plus largement, la façon dont une génération évalue le bien-être et la sécurité d’une autre génération.

Les lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz et Lord Nicholas Stern conseillent à l’équipe de M. Biden d’adopter une valeur de $100 pour le carbone lorsqu’elle publiera ses chiffres définitifs l’année prochaine (E&E).

Le « 30 x 30 » passera par le domaine privé

Les législateurs du Congrès et la Maison Blanche tentent de trouver le moyen d’atteindre l’objectif « 30×30 » – protéger 30% des terres et des eaux du pays d’ici 2030.

Les observateurs mettent l’accent sur une ressource encore inexploitée : les terres privées. L’idée n’est pas simplement d’acheter des propriétés privées ou d’établir des servitudes. Au contraire, certains voient une opportunité de repenser ce que signifie la conservation.

Actuellement, seulement 12% des terres du pays sont à l’état naturel, et 32% de ses océans.

La Farm Service Agency du ministère de l’agriculture supervise le plus grand programme de conservation des terres privées, le Conservation Reserve Program. Créé en 1985, ce programme vise à préserver la couche arable de l’érosion par la plantation d’herbes et d’arbres approuvés. Les propriétaires fonciers signent des contrats de 10 à 15 ans et reçoivent des loyers. L’implication des agriculteurs et des éleveurs dans ces programmes de conservation peut apaiser les craintes concernant les « appropriations de terres » par le gouvernement, que ce soit par l’achat de nouvelles terres fédérales ou par la réduction des activités sur les parcelles existantes.

Selon les analystes, il y a beaucoup de stratégies différentes qui peuvent être employées pour atteindre l’objectif des 30 %. Néanmoins, tous s’accordent sur le fait qu’il ne pourra pas être atteint uniquement par les agences fédérales sur les terres fédérales (E&E).

Le « lands package » entre dans une phase de débat qui promet d’être explosive

Le calendrier du « lands package » (paquet des territoires) coïncide avec un mouvement des démocrates du Congrès pour aligner leur programme vert sur celui de la Maison Blanche.

Ce paquet aiderait le président Biden à atteindre l’objectif ambitieux de conservation de 30 % de toutes les terres et eaux américaines d’ici 2030. En plus de la désignation de nouvelles zones protégées, et de l’intégration de rivières dans le réseau national des rivières sauvages, le lands package retirerait également des zones à l’ouverture de concessions pétrolières, gazières et minières.

Le projet de loi contient une proposition qui vise à interdire définitivement les nouvelles concessions minières sur les terres fédérales autour du Grand Canyon. Ce sujet est polémique, et a toutes les chances de le rester.

En 2012, l’administration Obama avait retiré la possibilité d’exploitation minière pendant 20 ans sur de vastes territoires autour du Grand Canyon. Les projets miniers concernaient l’uranium, le prix du combustible nucléaire ayant augmenté à la fin des années 2000. Le président Trump avait créé un groupe de travail pour examiner la dépendance des États-Unis vis-à-vis des fournisseurs étrangers d’uranium. Ce groupe a recommandé d’élargir l’accès aux gisements d’uranium sur les terres fédérales, mais Trump n’a jamais levé le moratoire de la région du Grand Canyon.

Aujourd’hui, Dan Newhouse (R-Wash.), élu du Congrès, déclare : « En interdisant l’extraction sûre et efficace de l’uranium et d’autres minéraux essentiels en Arizona, [le gouvernement] s’assure que l’Amérique devient encore plus dépendante de régimes étrangers comme la Russie et le Kazakhstan ». Selon l’Administration américaine de l’information sur l’énergie, environ 33% de l’uranium acheté pour les réacteurs nucléaires américains provenaient de ces pays en 2019. L’Australie et le Canada représentaient 39% du total (E&E).

Les chiffres de la semaine : $16.48

C’est le prix actuel d’une tonne de CO2 sur le marché des quotas de CO2 formé entre la Californie et le Québec (Icap).

Transport

La Maison blanche renonce à imposer des tests covid sur les vols domestiques

Suite au mouvement de protestation de l’ensemble de l’industrie de l’aviation et l’opposition bipartisane de nombreux parlementaires, le président Biden a exclu le 12 février d’exiger des tests de dépistage du Covid sur les vols domestiques. La Maison Blanche indique dans un communiqué que « pour l’instant les CDC ne recommandent pas d’imposer des tests au point de départ pour les vols intérieurs ». (The Hill)

Le DOT défait une règle restreignant le financement de projets de transport collectifs

La Federal Transit Administration (FTA) a annulé le 16 février une règle établie en 2018 sous l’administration Trump qui tendait à considérer que les prêts fédéraux issus du programme Capital Investment Grant (CIG) obtenus pour le financement de projets de transports collectifs devaient être considérés comme faisant partie de la part fédérale au financement d’un projet. Les projets bénéficiant de ces subventions fédérales doivent afficher une certaine contrepartie financière apportée par les autorités locales. A l’avenir, les autorités locales pourront de nouveau considérer que les fonds issus de ces prêts fédéraux, qui doivent être remboursés par leurs bénéficiaires, contribuent à la contrepartie financière locale.

Ce renversement de position ouvre des perspectives positives pour de nombreux projets, et notamment pour le projet de nouveau tunnel ferroviaire sous l’Hudson river entre New York et le New Jersey faisant partie du projet Gateway Program de modernisation du corridor Nord-Est. (Mass Transit)

Lyft et Uber : deux stratégies divergentes pour tendre vers la profitabilité

Les deux compagnies leader du marché VTC aux Etats-Unis ont indiqué lors de la présentation de leurs derniers résultats trimestriels qu’elles pourraient être profitables d’ici la fin de l’année 2021 en fonction du recul de la pandémie. Elles affichent en revanche deux stratégies très différentes pour atteindre cet objectif.

Uber mise sur le développement de son activité de livraison, notamment de plats cuisinés ou de boissons, et suggère que l’activité de livraison pourrait à l’avenir occuper une part essentielle de la société, alors qu’elle se désengage depuis une année d’un certain nombre de ses activités de développement de technologies appliquées à la mobilité. A l’opposé, Lyft mise plus que jamais sur le déploiement de véhicules autonomes au sein de son réseau pour révolutionner son modèle économique. Lyft a récemment annoncé un partenariat avec Motional, la joint-venture entre Hyundai et Aptiv, pour lancer un programme pilote de robotaxis dans plusieurs villes d’ici 2023. (SmartCitiesDive)

INFRA – Priorité au climat, à la justice environnementale et à l’équité

Le Département des Transports (USDOT) a lancé le 17 février l’appel à projets (Notification of Funding Opportunity) pour des subventions discrétionnaires du programme INFRA (Infrastructure for Rebuilding America) au titre de l’enveloppe de l’année fiscale 2021 offrant un total de 889 M$. Le programme INFRA permet de contribuer au financement d’investissements dans les infrastructures de transport. Pour la première fois au titre de ce programme l’USDOT recherche des projets permettant de répondre aux problématiques du changement climatique et de la justice environnementale. Les critères d’évaluation des projets privilégieront ceux qui auront été planifiés dans le cadre d’une stratégie globale de lutte contre le changement climatique, qui soutiennent des stratégies de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de report modal, ou de réduction des distances parcourues. L’évaluation prendra également en compte un critère « d’équité raciale », et privilégiera les projets conçus pour profiter aux communautés les plus défavorisées ou desservant les zones de développement communautaire désignées par l’administration fédérale.

16 milliards de dollars pour les transports du Massachussetts

Le Gouverneur du Massachussetts a signé un projet de loi de plus de 16 milliards de dollars pour soutenir les efforts du Département des transports du Massachussetts et de l’autorité des transports publics de la région de Boston (MBTA) pour investir et moderniser les systèmes de transport du Massachussetts. Le texte prévoit de mobiliser plus de 5 Mds$ d’investissement pour la MBTA, plus de 5 Mds$ pour les projets routiers et autoroutiers, et 1,6 Mds$ pour les ouvrages d’art. La nouvelle loi consacre notamment 825 M$ au projet South Coast Rail prolongeant les services commuter rail au sud de Boston, et 350 M$ à l’extension de la ligne verte du métro vers le nord.

Le chiffre de la semaine : 1984

Avec 368 millions de voyageurs, le trafic aérien de l’année 2020 a atteint son plus bas niveau depuis l’année 1984. Le trafic annuel a diminué de 60.1% en 2020 par rapport à l’année précédente d’après l’US DOT. (Reuters)

Ville Durable

Le secteur du BTP a bénéficié de 13,7 Mds$ de prêts du 2nd plan de relance  

Les entreprises du secteur des BTP ont reçu au 7 février quelques 13,7 milliards de dollars de prêts au titre du programme du second Paycheck Protection Program (PPP) prévu au plan de relance du mois de décembre. Le PPP vise à aider les entreprises en prise à des difficultés financières du fait de la pandémie en leur permettant d’accéder à des prêts garantis et partiellement non remboursables s’ils maintiennent l’emploi de leurs salariés.

Avec 14% du total de l’enveloppe de prêts distribués, le secteur du BTP est le 2ème secteur le mieux servi derrière celui de l’hôtellerie/restauration qui a bénéficié de 18 Mds$ d’aides à ce jour (18%). Les entreprises du BTP ont bénéficié de plus de 112 000 prêts d’une valeur moyenne de 122 000 $. Environ 3/4 des entreprises servies avaient déjà bénéficié d’un prêt au titre du premier programme PPP prévu au premier plan de relance de mars 2020. (ConstructionDive)

DC rend obligatoire la réalisation de pistes cyclables en cas de travaux routiers

Les législateurs de la ville de Washington, DC, ont adopté fin 2020 à l’unanimité un projet de loi renforçant le programme « Vision Zero » et qui développe une nouvelle approche pour le développement de son réseau de pistes cyclables et d’aménagements piétonniers. Prenant exemple sur une mesure adoptée en 2019 par la ville de Cambridge, dans le Massachusetts, la loi impose que tout segment de route pré-identifié dans le Multimodal Long-Range Transportation Plan comme candidat à un aménagement cyclable (voie protégée, piste cyclable, …) faisant l’objet de travaux de reconstruction ou de réparations significatives soit reconstruit avec cette nouvelle caractéristique à compter de septembre 2021.

L’idée derrière cette loi est simple : en rendant obligatoire la mise en place d’infrastructures cyclables chaque fois que des travaux routiers sont entrepris, on élimine une grande partie des résistances politiques et sociales habituelles aux pistes cyclables, ce qui accélère la diffusion d’infrastructures plus sûres, quartier par quartier, dans toute la ville. Washington, D.C., comme beaucoup de villes américaines qui se sont engagées dans en faveur de la sécurité routière sous la bannière de la plate-forme mondiale « Vision Zéro » ont eu du mal à faire avancer leur objectif d’éliminer complètement la mortalité des piétons et des cyclistes en ville.

Si l’avancée est significative, de nombreux détails devront encore être précisés pour rendre opérationnelle et efficace cette nouvelle législation, notamment en définissant ce que sont des travaux « routiers significatifs ».

La ville de DC projette de réaliser environ 30 km d’aménagements cyclable d’ici la fin 2022 (programme « 20 by 22 bikeways »). Elle en a construit environ 150 km depuis 2001. (CityLab)

Premiers pas vers un standard américain BIM

L’industrie du bâtiment et de la construction a fait le premier pas ce mois-ci vers une norme BIM (Building Information Management) aux États-Unis lors d’une table ronde sur la transformation digitale de l’industrie organisée par l’Institut national des sciences du bâtiment (National Institute of Building Sciences – NIBS), et ayant réuni une quarantaine de cadres d’agences fédérales et de dirigeants représentant des acteurs majeurs du secteur privé tels d’Autodesk, Amazon Web Services, ESRI, Bentley, ou WSP.

Le NIBS a déjà créé un standard national américain sur le BIM. Toutefois son développement, qui reposait principalement sur des efforts volontaires de l’industrie, est resté très modeste par manque de coordination. Pour y remédier, l’institut a annoncé le lancement d’un programme national BIM dont l’objectif sera de développer des normes nationales sur les processus numériques devant permettre de « de rationaliser les opérations, d’améliorer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement, de fournir des processus prévisibles, d’améliorer les résultats des projets, de stimuler l’efficience et d’encourager l’innovation. »

Le NIBS regarde avec intérêt l’expérience de la Grande Bretagne qui depuis 2016 a mis en place une obligation d’utiliser le « BIM niveau 2 » (maquette numérique collaborative) pour les projets de bâtiments publics, imposant notamment aux équipes de maîtrise d’œuvre d’utiliser des fichiers d’échange de données standardisés de la maquette numérique. Cette disposition a permis de réduire les coûts de 33 % grâce à une diminution du coût initial de construction et des coûts sur toute la durée de vie des actifs construits, et d’accélérer la livraison de 50 % d’après le Centre for Digital Built Britain de l’Université de Cambridge.

Le chiffre de la semaine : 70 millions et- 20%

Selon une analyse du Rocky Mountain Institute, le secteur des transports doit réduire ses émissions de carbone de 45 % d’ici 2030 pour s’aligner sur les objectifs de l’accord de Paris, ce qui supposerait de déployer 70 millions de véhicules électriques (VE) et de réduire de 20 % les km circulés par habitant d’ici 2030, voire davantage avec moins de VE déployés. (CityLab)

Énergie

Le Texas dans le froid et sans électricité

Dimanche 14 février, un vent glacial a balayait le Texas. La production d’électricité éolienne a chuté de 32 % entre 21 heures dimanche et 3 heures lundi, celle à partir du charbon a chuté de 13% et celle  à partir du gaz a chuté de 25 %.

Vers 7 heures, la demande d’énergie sur le réseau électrique texan a atteint 71 gigawatts (GW). Le Texas n’a pu produire que 51 GW, laissant des millions de personnes sans électricité et dans le froid. Pour stabiliser le réseau, l’opérateur a en effet été contraint de couper l’électricité aux clients.

Le Texas dépend beaucoup du gaz dans son mix électrique. Or, le gaz répond aussi aux besoins de chauffage et ces deux demandes entrent en compétition, simultanée et féroce, lors d’une vague de froid. Du côté de l’offre, de nombreux puits de gaz produisent également des condensats et des distillats, qui peuvent geler pendant les périodes de froid et neutraliser la production.

Dans sa dernière évaluation de la fiabilité hivernale, la North American Electric Reliability Corp. a prévu que la demande hivernale atteindrait un pic d’environ 67 GW en cas de phénomène météorologique extrême. Les données de l’Administration américaine de l’information sur l’énergie (US EIA) montrent que le pic a atteint 75 GW, mardi matin.

Dans ses scenarii de réponse à un événement climatique hivernal extrême, l’opérateur du réseau prévoyait une neutralisation de 14 GW de sa puissance par pannes. Lors de cet épisode, jusqu’à 43 GW étaient hors service.

Par conception, de nombreuses centrales électriques ne sont pas enfermées dans un bâtiment afin d’éviter l’accumulation excessive de chaleur pendant les périodes chaudes.  De fait, les chaudières et les turbines étant exposées aux intempéries, cela peut les rendre vulnérables aux épisodes de grands froids.

Cette conception est importante dans le contexte du débat politique sur les raisons de la défaillance du réseau texan cette semaine, car les Républicains ont saisi le givrage des éoliennes comme responsable de la mise en danger du réseau. Les Démocrates ont réagi en notant que le gaz et le charbon représentent aujourd’hui la majorité des pannes de centrales au Texas.

Les malheurs du Texas mettent en évidence certains défis auxquels sont confrontés la plupart des Etats des États-Unis. En effet, la production d’électricité à partir de sources renouvelables répond proportionnellement moins à la demande pendant les mois d’hiver, notamment en raison de l’augmentation de la demande. L’été est un défi relativement plus facile à relever car la production solaire correspond généralement aux pics de demande induits par la chaleur.

La résolution de cette énigme est exacerbée par le fait que le pays cherche à faire deux transitions énergétiques simultanément. La première est le passage à une production électrique propre. L’autre consiste à électrifier les usages (bâtiments et voitures) qui dépendaient auparavant du pétrole et du gaz. L’extension de la planification énergétique à des domaines tels que les normes d’efficacité des bâtiments sera essentielle pour aider à réduire la demande et soulager la pression sur le réseau (E&E).

15 Etats fédérés partagent leurs retours d’expérience sur la planification énergétique

Les régulateurs et planificateurs de l’énergie de 15 États ont publié un plan pour aider le reste des Etats du pays à trouver un équilibre entre le déploiement rapide des énergies éolienne et solaire et les défis de plus en plus complexes de la stabilité du réseau.

Ce plan est le fruit des travaux entre acteurs ayant des intérêts qui peuvent s’avérer contradictoires : les planificateurs, agressifs dans leurs objectifs pour atteindre une électricité presque sans carbone pour leur Etat, et les régulateurs, chargés de réduire au minimum les factures d’électricité des consommateurs.

« C’est un exemple puissant d’objectif collectif », a déclaré Andrew McAllister, membre de la Commission de l’énergie de Californie et vice-président du rapport. « Ce collectif embrasse le problème du changement climatique et cherche des solutions », a-t-il ajouté. Il déclare également « Ce travail est réalisé par les 15 États, mais c’est à tous les États et territoires d’en bénéficier » et de terminer « l’inaction a des conséquences ».

M. Biden, qui promet d’être président des États rouges et des Etats bleus, aura besoin du soutien de tous les États, quelle que soit leur couleur, mais aussi de celui des villes, des services publics et des organisations régionales de réseau, pour atteindre les objectifs de politique climatique à long terme (E&E).

Le GNL fait partie du futur proche

Les exportations annuelles de gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis devraient dépasser les exportations par gazoduc en 2022. L’Energy Information Administration (US EIA) prévoit que les exportations américaines de gaz naturel liquéfié dépasseront les exportations de gaz naturel par gazoduc dès le quatrième trimestre de 2021 et sur une base annuelle en 2022. Les exportations de GNL n’ont dépassé les exportations de gaz naturel par gazoduc qu’une seule fois depuis 1998, en avril 2020.

Les exportations américaines de GNL ont établi des records mensuels consécutifs en novembre et décembre 2020 et janvier 2021. Depuis novembre 2020, les six installations américaines d’exportation de GNL fonctionnent presque à capacité nominale. En décembre, l’installation de GNL de Corpus Christi au Texas a mis en service sa troisième et dernière unité de liquéfaction six mois avant la date prévue. L’augmentation des exportations américaines de GNL entre novembre-janvier est due à la hausse des prix internationaux du gaz, en particulier en Asie, et à la diminution de l’offre mondiale de GNL en raison d’arrêts imprévus dans plusieurs installations d’exportation de GNL dans le monde.

Le compte à rebours est lancé pour la première centrale à fusion des États-Unis

Un calendrier pour la conception et la construction de la première centrale à fusion des Etats-Unis est établi. Cette centrale produirait de l’électricité sans émission de carbone d’ici 20 ans.

Après plus de trois mois de réunions entre des groupes industriels, le  Congrès, les experts du Department of Energy, l’Académie nationale des sciences et de l’ingénierie, un plan met les États-Unis sur la voie de pouvoir vendre la technologie à d’autres pays d’ici le milieu du siècle, au plus tard.

« Nous voulons être les leaders dans la fusion », a expliqué Richard Hawryluk, président du panel et directeur associé pour la fusion à l’université de Princeton.

Le calendrier permettra aux États-Unis d’intégrer la technologie du réacteur thermonucléaire expérimental international, qui est en cours de construction en France.  Un réacteur de conception russe appelé tokamak est considéré comme la conception la plus probable pour le réacteur américain. Le résultat serait une centrale électrique fiable et sûre de 50 mégawatts, qui coûterait entre 5 et 6 milliards de dollars et qui pourrait fournir de l’énergie à la demande.

Andrew Holland, le directeur exécutif de l’Association de l’industrie de la fusion, a déclaré que ses 23 membres ont participé aux discussions et sont satisfaits des résultats. L’association indique : « Oui, nous pouvons construire une usine pilote de fusion entre 2035 et 2040 » (E&E).

Les réacteurs avancées et les réacteurs modulaires américains, aux USA et ailleurs

L’industrie du nucléaire aux USA a publié un rapport appelant à plus d’investissements fédéraux et privés pour que la prochaine génération de réacteurs nucléaires puisse contribuer à atteindre les objectifs ambitieux de l’administration Biden en matière d’énergie propre.

« C’est un moment critique pour les réacteurs avancés », selon ce rapport. « Le temps est un facteur essentiel en raison de la nécessité pour les États-Unis de jouer un rôle de premier plan dans l’atténuation du changement climatique ainsi que dans les normes et les marchés mondiaux de la filière industrielle nucléaire commerciale ».

L’administration Trump avait fait de l’énergie nucléaire avancée un principe central de ses politiques énergétiques, en lançant le programme de démonstration de réacteurs avancés soutenu par le Congrès pour aider les entreprises à lancer leurs projets.

Le rapport recommande que M. Biden s’engage à offrir des possibilités de partenariats public-privé. Il appelle également à déployer des concepts de réacteurs avancés à l’étranger.

M. Biden s’est récemment prononcé en faveur des réacteurs avancés comme outil de lutte contre le changement climatique. Sa plateforme de campagne sur les énergies propres a vanté les réacteurs avancés comme étant « plus petits, plus sûrs et plus efficaces pour la moitié du coût de construction des réacteurs actuels » (E&E).

La Net Zero Business Alliance voit le jour : la neutralité comme source d’inspiration

Des géants du secteur pétrolier et bien d’autres entreprises ont annoncé une coalition pour atteindre des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d’ici 2050.

La Net Zero Business Alliance a déclaré dans un communiqué qu’elle ferait pression en faveur d’une augmentation des investissements dans toutes les formes d’innovation en matière d’énergie à faible teneur en carbone, d’une accélération de la commercialisation des technologies et de la conception d’approches « rigoureuses et fiables » pour éliminer le carbone de l’atmosphère.

Cette déclaration intervient alors que l’administration Biden s’engage dans un mouvement transitionnel qui vise la neutralité carbone d’ici 2050.

Les dirigeants des entreprises ont souligné l’importance des partenariats public-privé associés à l’innovation technique et technologique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La Net Zero Business indique déjà : « Nous faisons toutes ces choses sans mécanisme de contrainte ».

Voyant les engagements climatiques et énergétiques se multiplier dans tous les territoires, l’alliance indique : « Nous pourrions avoir des mécanismes de forçage qui pourraient réglementer ou taxer notre façon de nous conformer », tout en soulignant « Mais nous pensons que les grandes choses aux Etats-Unis ne sont pas faites par sens de la conformité ou par la contrainte mais bien par l’inspiration » (E&E).

Le chiffre de la semaine : 100 millions

Pour soutenir le programme d’innovation climatique de l’administration Biden, le ministère américain de l’énergie (DOE) a annoncé un financement de 100 millions de dollars pour la recherche et le développement de technologies énergétiques propres disruptives par le biais de son agence recherche (ARPA-E).

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