Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-06

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-06

Sommaire                            

Climat- Ecologie

  • Gina McCarthy exprime les perspectives d’action climatique à venir
  • Big Data – comment mieux collecter et partager les données sur l’environnement
  • Les transplantations de corail, sources d’espoir pour certains récifs de la Floride

Transport

  • Nouveau plan de soutien – la Chambre propose plus de 55 Mds$ sur les transports
  • De fortes oppositions au projet de tests Covid sur les vols domestiques
  • La Californie met à jour son programme de LGV

Ville Durable

  • Amazon dévoile les plans de son HQ2, un projet fait de bâtiments durables entourés de nature
  • Le projet urbain Hudson Yards à New York enlisé par le covid
  • Des voitures électriques au Super Bowl

Energie

  • Au Texas, le secteur de l’Oil&Gas s’investit dans l’élimination progressive du torchage
  • L’hydrogène turquoise : entre l’hydrogène gris et l’hydrogène vert
  • The Wall Street Journal s’intéresse au futur de l’énergie et fait le point sur le nucléaire

Agenda

18 février :The great real estate reset: Rethinking how and what we build, de la Brookings

Climat – Ecologie

Gina McCarthy exprime les perspectives d’action climatique à venir

Gina McCarthy, conseillère de la Maison Blanche pour le climat, déclare dans un entretien avec E&E News que le Président Biden va promulguer davantage de décrets pour lutter contre le changement climatique, après avoir déjà lancé sa présidence avec une salve de décrets présidentiels sur ce sujet.

Parallèlement, Mme McCarthy a déclaré qu’elle travaillait en étroite concertation avec les membres du Congrès, l’industrie et les responsables des agences fédérales. Ses premières semaines à la Maison Blanche ont été marquées par des réunions dans le Bureau ovale, ainsi que par des contacts avec les membres du Congrès sur le climat afin d’établir les priorités. Elle a ajouté que la Maison Blanche étudie également un projet de loi sur les infrastructures qui prend actuellement forme au Congrès comme moyen de lutter contre le changement climatique.

Mme McCarthy a également laisse entendre la possibilité d’utiliser une taxe sur le carbone pour aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. D’ailleurs, cela fait écho à d’autres déclarations de hauts responsables de l’administration Biden. John Kerry, l’envoyé international de M. Biden pour le climat, et la secrétaire au Trésor Janet Yellen ont déclaré qu’ils étaient favorables à une taxe sur le carbone ou à une tarification du carbone. Dans ce contexte Mme McCarthy a déclaré: « Nous allons donc travailler avec Janet Yellen et John Kerry, deux personnes formidables qui en savent beaucoup plus sur l’économie que moi ; travailler ensemble dans le cadre d’une approche globale pour que chaque outil soit étudié et utilisé au mieux ».

Concernant l’équilibre entre les pouvoirs du Congrès et ceux de la Maison Blanche, et bien que des mesures soient également prévues par le Congrès, elle a déclaré : « nous allons utiliser le pouvoir réglementaire du président ».

En ce qui concerne l’utilisation des pouvoirs conférés à M. Biden, elle a déclaré qu’un des premiers domaines d’intérêt serait la réduction des émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre. Le méthane, qui est émis par le secteur du pétrole et du gaz, est environ 34 fois plus puissant que le dioxyde de carbone sur une période de 100 ans. Pendant son mandat dans l’administration Obama, Mme McCarthy, à la tête de l’EPA, avait imposé des réductions des émissions de méthane d’environ 40 % aux nouvelles installations d’extraction de pétrole ou de gaz.

Big Data – comment mieux collecter et partager les données sur l’environnement

« Aujourd’hui, la science s’arrête souvent si vous n’avez pas les données de vos observations », explique Shah Selbe, ancien spécialiste de l’aéronautique et co-fondateur de FieldKit, une association à but non lucratif de Los Angeles qui construit des outils open-source pour recueillir des données sur la conservation. « Si nous pouvons créer des outils peu coûteux qui facilitent la surveillance, nous pouvons commencer à obtenir plus de données ».

L’ère du Big Data a transformé notre civilisation. Les défenseurs de l’environnement n’ont cependant pas eu accès à des outils ou données approfondies en raison des difficultés et du coût de la collecte de données dans la nature. Pour les aider, des start-ups développent des technologies open-source conçues pour surveiller l’environnement, depuis les équipements qui enregistrent les bruits de la forêt jusqu’aux appareils qui collectent des données sur les conditions météorologiques.

Sur la base de l’open-source, les chercheurs-clients peuvent adapter les outils sans se soucier de rompre un accord d’utilisation ou une garantie. La plupart des acteurs mettent sur le marché des appareils d’utilisation simple et à la mise en service très rapide.

Les défenseurs de l’environnement espèrent que les nouveaux outils open-source permettront de mieux comprendre les espèces menacées et les effets du changement climatique (The Wall Street Journal).

Les transplantations de corail, sources d’espoir pour certains récifs de la Floride

Les coraux transplantés depuis des nurseries vers un endroit au large de la Floride ont survécu. Ils ont même grandi à un rythme impressionnant, ce qui donne aux scientifiques l’espoir de voir la restauration des récifs coralliens dans l’océan Atlantique. Le corail Elkhorn a eu un taux de survie de 100 % et s’est développé deux fois plus vite que le corail sauvage selon une étude de l’U.S. Geological Survey. Grâce à des combinaisons génétiques, ces nouvelles espèces peuvent s’adapter aux océans plus chauds et plus acides, a déclaré Ilsa Kuffner, biologiste marine de l’USGS et co-auteur de l’étude. Le corail Elkhorn est crucial pour l’habitat marin dans l’Atlantique occidental, car c’est la seule espèce qui construit une zone de crête récifale qui brise les vagues à fort impact. Leur construction dissipe l’énergie des vagues et protège les côtes. Mme Kuffner est optimiste quant aux implications de l’utilisation d’implants de coraux issus de nurserie pour restaurer des récifs à grande échelle (E&E).

Les chiffres de la semaine : 14-6

Cette semaine, la Commission de l’environnement du Sénat a approuvé la nomination de Michael Regan par un vote de 14-6. Tous les démocrates de la commission ont voté en faveur du candidat, tout comme quatre républicains C’est un pas de plus vers la confirmation de son rôle comme prochain administrateur de l’EPA (E&E).

Transport

Nouveau plan de soutien – la Chambre propose plus de 55 Mds$ sur les transports

Les différentes Commissions de la Chambre des représentants en charge d’élaborer le contenu du nouveau paquet de relance suite à l’adoption la semaine dernière d’une résolution budgétaire autorisant un plan de 1 900 milliards de dollars au maximum, ont adopté des mesures au final plus ambitieuses pour le secteur des transports que celles initialement contenues dans la proposition du Président Biden avec plus de 55 milliards de dollars.

Le projet propose 30 Mds USD pour les transports publics urbains, en addition des enveloppes déjà reçues en 2020à savoir 14 Mds USD en décembre et 25 Mds USD en mars 2020 (CARES Act). Les modalités d’allocation des aides seraient en revanche modifiées afin de ne pas reproduire les erreurs du CARES Act, qui avait accordé aux petits réseaux de transport des subventions disproportionnées par rapport à leurs besoins, tout en laissant les plus grands réseaux en situation de grande précarité. En outre, 50 millions de dollars sont réservés aux dépenses liées à l’amélioration de l’accessibilité pour les personnes âgées et à mobilité réduite. AMTRAK recevrait pour sa part 1.5 Mds USD supplémentaires, s’ajoutant à deux fois 1 Md USD reçus lors des deux précédents plans, dont 55% de l’enveloppe serait ciblée sur le corridor Nord-Est.

Dans le secteur de l’aviation, les aéroports, qui avaient antérieurement bénéficiés de 10 Mds USD en mars et de 2 Mds USD en décembre, recevraient 8 Mds USD supplémentaires. Le projet prévoit également une nouvelle aide de 3 Mds USD pour soutenir les emplois dans le secteur aéronautique, en ciblant les constructeurs aéronautiques ayant subi de fortes pertes de chiffre d’affaire et ayant été contraints à mettre en congés sans solde une partie de leurs salariés. Enfin, les compagnies aériennes et leurs sous-traitants bénéficieraient également d’une extension de 15 Mds USD du programme de maintien des salaires (Payroll Support Program).

De fortes oppositions au projet de tests Covid sur les vols domestiques

L’industrie de l’aviation américaine dans son ensemble se mobilise contre une éventuelle obligation de test Covid pour les passagers de vols domestiques alors que l’administration fédérale confirme que cette hypothèse est actuellement sérieusement considérée. Une large coalition d’acteurs de l’aviation, allant des compagnies aériennes aux syndicats et aux constructeurs aéronautiques, appelle les Centers for Desease Control and Prevention (CDC) à reconsidérer leur position, plaidant notamment qu’une obligation de test généralisée ne serait ni réalisable ni efficace, induirait des coûts de mise en conformité pour une industrie déjà en difficulté, et qu’elle entrainerait un besoin d’augmenter de 42 % les capacités de test quotidiennes à l’échelle nationale. Selon la coalition, « les conséquences négatives (d’un tel mandat) […] excèderaient largement les avantages potentiels qui découleraient de cette tentative de vouloir rendre plus sûr une activité dont il a déjà été prouvé qu’elle était sûre ». En moyenne 750 000 passagers ont été contrôlés quotidiennement par les agents de la TSA la semaine dernière. Fin janvier, les États-Unis ont réalisé environ 2 millions de tests par jour. Ce nombre se situe dernièrement plutôt aux alentours de 1,6 million de tests.

Les positions des différents acteurs sont assez contrastées. Du côté des CDC, l’argument en faveur du dépistage obligatoire est assez simple, même si la mise en œuvre de la mesure ne l’est pas, d’autant que l’organisme exhorte les Américains à ne pas voyager si possible. Le secrétaire aux transports Pete Buttigieg, dont l’agence n’a qu’un rôle consultatif sur le sujet, fait une distinction entre les exigences de test mises en place fin janvier pour les voyageurs internationaux et les vols domestiques, et reconnait la validité des arguments de l’industrie. Au Congrès enfin, les parlementaires des deux partis s’opposent assez largement à cette idée.

La Californie met à jour son programme de LGV

La California High Speed Rail Authority (CASHR) a publié et mis à la consultation le 12 février la version actualisée du programme d’opération 2020 (revised draft 2020 business plan) de son projet de ligne à grande vitesse. L’approbation du plan est attendue pour avril 2021. Le plan présente la voie à suivre pour mettre en service le plus rapidement possible un premier segment du projet dans la Central Valley entre Merced et Bakersfield sur 171 miles (273 km). La CASHR souligne que la pandémie aura engendré un certain retard sur l’avancement des 119 miles (190 km) de travaux de plateformes censés être livrés d’ici fin 2022 et qui ne devraient pas l’être avant 2023. Le business plan projette un début des essais de circulation en 2026-2027 et une mise en service de ce premier segment avant la fin de la décennie. La CAHSR précise également que des discussions ont été engagées avec l’administration Biden pour réinstaller près de 1 milliard de dollars de subventions qui avaient été annulés par l’administration Trump en 2019. Le Secrétaire aux transports Pete Buttigieg a réaffirmé la volonté de la nouvelle administration d’être un leader mondial en matière de train à grande vitesse. (Mass Transit)

Le chiffre de la semaine : 250$ et jusqu’à 1500$

Il s’agit du montant de la contravention que pourront délivrer les agents de la Transportation Security Administration pour les usagers qui ne respecteront pas l’ordre de port du masque dans les transports publics, qui est effectif depuis le 1er février. La majoration interviendra en cas d’infractions répétées. (TSA)

Ville Durable

Amazon dévoile les plans de son HQ2, un projet fait de bâtiments durables entourés de nature

Amazon a présenté le 2 février dernier les plans de conception de la 2ème phase de son projet de développement de second siège (HQ2) à Arlington en Virginie. Situé de l’autre côté de la rivière Potomac, en vue directe sur Washington, DC, le programme développe plus de 250 000 m² de surfaces de bureaux, 10 000 m² de commerces et restaurants en front de rue, et 8 000 m² de parcs et jardins conférant à l’ensemble un cadre de vie et de travail baigné d’espaces naturels. Développé par le cabinet d’architecture NBBJ, qui avait également créé le siège Amazon de Seattle, et ses célèbres « sphères », le nouveau campus vise à créer « un environnement unique et durable où les employés (d’Amazon) peuvent travailler et inventer pour (ses) clients », d’après John Schoettler, le vice-président de l’immobilier et des installations mondiales chez Amazon, et « créerait des espaces ouverts et actifs qui visent à rapprocher les usagers de la nature pour nourrir l’innovation et la créativité ». Au sein du campus, trois bâtiments de 22 étages abriteraient des bureaux baignés de lumière, avec des espaces de collaboration et d’interaction dont les éléments clés de conception seraient la nature. Les bâtiments seront certifiés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) Platinum, la plus haute certification pour les bâtiments durables proposée par le U.S. Green Building Council. Les bâtiments utiliseront un système de chauffage et de rafraichissement centralisé entièrement électrique et alimenté à 100 % en énergie renouvelable en provenance d’une ferme solaire du sud de la Virginie. Amazon vise la neutralité carbone d’ici 2040.

La pièce centrale du nouveau projet, baptisée « The Helix », serait un bâtiment fait de verre et de vert en forme d’hélice ascendante, intégrant des promenades extérieures aménagées et plantées. Amazon précise que les « montées de la colline » seraient ouvertes au public quelques week-ends par mois.

Pour préserver les possibilités de marche à pied et la mobilité non automobile, l’accès aux bâtiments pour les véhicules serait souterrain, et des pistes cyclables protégées permettraient un accès sûr et confortable à l’ensemble des immeubles de bureaux, avec des entrées réservées aux vélos au niveau de la rue et 950 places vélo. Un nouvel accès au métro est également intégré au projet.

En complément, Amazon a récemment annoncé la création d’un fonds d’investissement dans le logement de 2 milliards de dollars ciblé sur les ménages modestes des communautés d’Arlington, de la région de Seattle, et de Nashville, et visant à soutenir la production de 20 000 logements abordables.

Amazon espère obtenir l’approbation du comté d’Arlington cette année et débuter la construction début 2022 pour une ouverture prévue en 2025. Amazon prévoit la création de 25 000 emplois dans la région, et 2.5 milliards de dollars d’investissement à Arlington dans les 10 prochaines années. (ASCE Source)

Le projet urbain Hudson Yards à New York enlisé par le covid

L’emblématique projet urbain Hudson Yards situé dans la partie ouest de Manhattan Midtown est le plus grand projet de développement mixte privé de l’histoire américaine avec un coût évalué à 25 milliards de dollars. Les premiers éléments centraux du programme, qui prévoyait d’accueillir 125 000 employés, résidents, visiteurs par jour ont été inaugurés début 2020 avant le début de la pandémie et ses conséquences économiques. Aujourd’hui, avec des bureaux pratiquement vides, des centres commerciaux, restaurants, et attractions touristiques (notamment l’iconique « Vaisseau ») fermés ou dont les activités sont strictement limitées, le projet est quasiment à l’arrêt, et les phases ultérieures du programme reportées sine die.

Le succès – ou l’échec – du projet Hudson Yards dans son adaptation à un monde post-COVID sera selon le NYT un révélateur pour l’industrie immobilière de New York, et plus largement pour la santé économique de la ville, car il incarne à lui seul ses principaux moteurs économiques : le commerce de détail haut de gamme, les logements de luxe et les espaces de bureaux de première classe. De nombreux observateurs considèrent toutefois que Hudson Yards, qui est géré et détenu par the Related Companies, l’un des plus importants promoteurs immobiliers au monde, est « too big to fail ».

Des voitures électriques au Super Bowl

La diffusion d’une publicité General Motors de 90 secondes pendant le Super Bowl, suivi par plus de 95 millions de téléspectateurs le 7 février dernier est le dernier signe que les véhicules électriques sont en train de s’imposer aux Etats-Unis.

La publicité met en scène Will Ferrell qui convainc deux collègues comédiens de conduire des véhicules électriques GM en Norvège pour prouver que les Etats-Unis sont les leaders du véhicule électrique. Même si les deux modèles mis en avant dans la publicité, le SUV Cadillac Lyric et le pick up Hummer EV, ne sont pas encore commercialisés, le message de GM est clair : « soon, everyone can drive an EV ». (The Atlantic)

Le chiffre de la semaine : 18,3%

Selon une étude publiée début février dans la revue Nature Communications, évaluant les inventaires d’émissions de 48 aires métropolitaines, les villes américaines sous-estiment leurs émissions de GES en moyenne de 18,3 %, et dans certains cas de plus de 100%. Ces différences s’expliquent par la non standardisation des méthodes d’estimation, et l’omission de certaines sources d’émission dans les inventaires.  (E&E)

Énergie

Au Texas, le secteur de l’Oil&Gas s’investit dans l’élimination progressive du torchage

La Texas Methane & Flaring Coalition, une association professionnelle de l’Oil&Gas Texan, a déclaré cette semaine qu’elle soutenait l’élimination du torchage systématique dans les champs pétrolifères d’ici 2030.

Cette déclaration intervient sous la pression des législateurs texans et de l’administration Biden. Cette dernière a signalé qu’elle pourrait imposer des réglementations pour réduire les émissions de méthane provenant de la production de pétrole et de gaz. Plusieurs projets de loi sont aussi en examen au Parlement du Texas. Ces projets visent à réprimer le torchage dans l’Etat américain qui est le plus gros producteur d’or noir.

La Texas Oil&Gas Association, qui compte parmi ses membres de grandes compagnies pétrolières, a annoncé qu’elle aiderait à la diffusion des meilleures techniques disponibles pour éviter le torchage systématique.

Cette pratique, consistant à brûler le gaz naturel coproduit avec le pétrole, s’est répandue au Texas pendant le boom du fracking. Les entreprises ont ouvert de vastes et nombreux champs de production de pétrole, mais n’y ont pas adossé les pipelines et les usines de traitement pour le gaz coproduit.

Les engagements du secteur couvriraient le brûlage sur les sites d’extraction et dans des conditions normales. Elle n’aborde pas la question du torchage qui se produit en cas de dysfonctionnement des installations, des pipelines, des pompes ou d’autres équipements.

Par ailleurs, l’Etat du Colorado a récemment adopté une réglementation interdisant le torchage systématique, et les régulateurs du Nouveau-Mexique doivent délibérer cette semaine sur des règles exigeant que l’industrie capture 98% de méthane qu’elle émet (E&E News).

L’hydrogène turquoise : entre l’hydrogène gris et l’hydrogène vert

C-Zero Inc, une start-up soutenue initialement par le Department of Energy (DoE), promeut une nouvelle façon de réduire les émissions dues à la production d’hydrogène, et sans renoncer au gaz naturel. Elle a réussi à mobiliser les fonds de Breakthrough Energy Ventures, société de Bill Gates, ainsi que ceux d’une branche de la société pétrolière Eni et de Mitsubishi Heavy Industries.

Toutes ces entreprises soutiennent la tentative de C-Zero d’augmenter la production de son hydrogène « turquoise » – un type d’hydrogène qui émettrait 75% moins d’émissions de CO2 que la variété « grise » traditionnelle.  L’hydrogène turquoise est extrait du gaz naturel par un processus à haute température, appelé pyrolyse, procédé différent du traditionnel reformage à la vapeur.

« Nous espérons être le pont entre les sociétés et infrastructures de gaz naturel existantes et un avenir à faible teneur en carbone », a déclaré Zach Jones, le PDG de la start-up. Mais « le plus grand défi que nous avons est politique ». Il termine ainsi : « Il y a cette idée que nous ne pouvons rien envisager qui puisse toucher aux combustibles fossiles, ou si vous y touchez, vous êtes soit mauvais soit diabolique. Notre point de vue est le suivant: si vous enlevez les aspects négatifs liés au CO2 des énergies fossiles, alors elles ne sont plus si différentes des batteries et de leur cobalt ou lithium ». (E&E News)

The Wall Street Journal s’intéresse au futur de l’énergie et fait le point sur le nucléaire

L’industrie nucléaire tente de rebondir après avoir reculé pendant des décennies. Les réacteurs nucléaires plus petits pourraient être une des clés du succès.

En combinant de nouvelles technologies, une ingénierie optimisée et des vents favorables sur les marchés, les fabricants de réacteurs développent des systèmes qui produisent moins d’énergie mais qui sont beaucoup plus petits et beaucoup moins coûteux que les réacteurs nucléaires existants. Ces petits réacteurs modulaires (SMR : Small Modular Reactor) peuvent être logés dans des structures de confinement compactes, fonctionner en sécurité, avec moins de blindage et de surveillance.

Des dizaines de modèles sont actuellement en cours de développement, et quelques-uns font l’objet d’un examen réglementaire préliminaire aux États-Unis et au Canada, suite à des investissements de plusieurs milliards de dollars par des entités privées et gouvernementales.

Les partisans de cette nouvelle technologie affirment que l’électricité sera produite de façon compétitive, sans aucune émission de gaz à effet de serre  tout en étant bien plus fiable que l’énergie éolienne ou solaire.

« Il ne s’agit pas seulement de faire des choses plus petites », déclare Jay Wileman, directeur général de GE Hitachi Nuclear Energy, une alliance de General Electric et de Hitachi qui commercialise des SMR, « Il s’agit de rendre les choses plus simples » (The Wall Street Journal).

Le chiffre de la semaine : 14

Dans une lettre datée du 9 février dernier, 14 États fédérés menacent de poursuivre le Président Biden pour son annulation du permis du pipeline Keystone XL. Ils lui demandent rétablir le permis qu’il a lui-même annulé le premier jour de son mandat (E&E News).

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