Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-01

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2021-01

Sommaire                                                                                                                                                                                                            

Écologie – Climat

  • Catastrophes naturelles et risques financiers – Evaluation de Moody’s
  • Catastrophes naturelles et assurances – Doublement des coûts aux USA cette année
  • Changement climatique et secteur du ciment – Les cimentiers se réorganisent

Transport

  • Démission de la Secrétaire aux Transports Elaine Chao
  • Les compagnies aériennes appellent la Maison blanche à un programme de test généralisé et une levée du travel ban
  • Amazon Air annonce sa première acquisition d’avions

Énergie

  • Quelles perspectives pour l’énergie après les victoires démocrates en Georgie ?
  • Inquiétudes sur la place du nucléaire en matière de décarbonation
  • Directives pour le crédit d’impôt à la séquestration carbone

Agenda

Écologie – Climat

Catastrophes naturelles et risques financiers – Evaluation de Moody’s

D’après Moody’s, les risques financiers des catastrophes naturelles sur les entreprises ne cessent de croître et l’ampleur des pertes potentielles ne semble pas être perçue à sa juste valeur.

Selon leur évaluation, l’exposition combinée de 18 secteurs culmine à $7 200 Milliards dont « une forte exposition inhérente aux risques climatiques physiques », tels que les incendies et les tempêtes. Pour mettre ce chiffre en perspective, seuls 2 pays ont un PIB plus important : les États-Unis et la Chine.

Moody’s indique que les investisseurs risquent de perdre leur argent si le changement climatique frappe suffisamment fort les actifs physiques pour miner la capacité des entreprises à rembourser leurs dettes.

Les entreprises qui présentent les plus grands enjeux ont une forte concentration d’actifs physiques de valeur dans des régions considérées comme vulnérables. Il s’agit des secteurs du charbon, du pétrole, du gaz, des produits chimiques, des mines, du transport maritime et des compagnies d’électricité.

Les États-Unis sont en tête de liste des pays financièrement touchés par le changement climatique. En 2020, une grande partie des dommages a été causée les ouragans (E&E).

Catastrophes naturelles et assurances – Doublement des coûts aux USA cette année

Les ouragans, incendies et autres catastrophes aux États-Unis ont causé $95 Mds de dommages l’année dernière, soit près du double du montant de 2019. Ces nouveaux chiffres, communiqués par Munich Re, une compagnie qui fournit des assurances à d’autres compagnies d’assurance, sont le dernier signal en date du coût croissant du changement climatique. Ils reflètent une année marquée par un nombre record de tempêtes et par les plus grands incendies de forêt jamais enregistrés en Californie.

En tête de liste se trouve l’ouragan Laura, qui a causé $13 Mds de dommages en Louisiane. Les tempêtes ont causé $43 Mds de pertes, soit près de la moitié du total des catastrophes aux États-Unis l’année dernière.

La catégorie suivante de catastrophes la plus coûteuse est celle des tempêtes dites convectives, c’est-à-dire les orages, les tornades et les tempêtes de grêle. En 2020, ces évènements ont détruit d’énormes quantités de cultures de maïs et de soja, causant $40 Mds de pertes.

Les feux de forêt ont causé $16 Mds de pertes. Les incendies de l’année dernière se sont distingués par l’étendue des surfaces brûlées, mais aussi par le nombre de maisons détruites.

Ces chiffres apparaissent alors que les assurances cherchent à s’adapter aux effets du changement climatique. En Californie, les autorités ont entamé des modifications règlementaires pour empêcher les assureurs de se retirer des zones sujettes aux incendies.

Les propriétaires et les gouvernements des États-Unis doivent faire un meilleur travail pour rendre les bâtiments et les communautés plus résistants aux catastrophes naturelles, a déclaré Donald L. Griffin, vice-président de l’American Property Casualty Insurance Association, qui représente les compagnies d’assurance. Il a ajouté « Nous ne pouvons pas, en tant qu’assureur, continuer à simplement collecter de plus en plus d’argent, et reconstruire sans cesse de la même manière » puis de finir par « Nous devons mettre l’accent sur la prévention et la réduction des pertes » (The New York Times).

Changement climatique et secteur du ciment – Les cimentiers se réorganisent

Plusieurs cimentiers, comme Lafarge-Holcim, souhaitent réduire leur dépendance au ciment, une matière première dont les coûts environnementaux sont élevés. Heidelberg et CRH, d’autres acteurs majeurs du secteur, tirent déjà une grande part de leurs revenus d’autres produits.

Le secteur du ciment représente environ un dixième des émissions mondiales de carbone. Environ 80% des émissions dues au ciment proviennent de sa fabrication. Le processus de fabrication du « clinker » a peu changé depuis le  XIXe siècle.  Ce processus chimique produit une part important des émissions, le ciment est intrinsèquement intense en carbone.

Néanmoins, l’industrie du ciment a réduit son empreinte carbone d’environ  30% par rapport à 1990. Elle devrait pouvoir réduire son intensité carbone de 20% supplémentaires au cours de la prochaine décennie. Pour aller plus loin, les groupes cimentiers devront sûrement miser sur le captage et le stockage du carbone. Aujourd’hui, cette technologie émergente a un coût prohibitif. Les analystes estiment que son déploiement ferait augmenter le prix du ciment de 61% en moyenne. Dans ce contexte, il n’apparait plus étonnant que les cimentiers diversifient leur portefeuille d’activités (Financial Times).

Le chiffre de la semaine : 1,5 milliards

C’est la somme, en dollars, que le Gouverneur de Californie, M. Gavin Newson, souhaite attribuer dans son prochain budget  afin d’accélérer le retrait  des véhicules thermiques du marché Californien (E&E).

Transport

Démission de la Secrétaire aux Transports Elaine Chao

La secrétaire aux transports, Elaine Chao a annoncé sa démission jeudi 7 janvier. Elle est le premier membre du cabinet du Président Trump à quitter ses fonctions suite aux événements survenus la veille au Capitole Américain, envahi de force par une foule de partisans du Président Trump. Dans un message adressé à ses collaborateurs du Département des Transports, elle indique qu’elle a été « profondément troublée, au point de ne pouvoir tout simplement pas passer outre ».

Elaine Chao est mariée au leader de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell (KY). Elle avait été nommée par le Président Trump en 2017, et avait auparavant dirigé le Département du travail pendant les huit années de la présidence G.W. Bush, et été Secrétaire adjointe aux transports sous le Président H.W. Bush.

Steven Bradbury, directeur juridique du DOT et Secrétaire adjoint par interim depuis septembre 2019, prendra la relève à partir du 11 janvier en tant que Secrétaire aux transports par interim jusqu’à ce que le président élu Joe Biden prenne ses fonctions le 20 janvier prochain.

Les compagnies aériennes appellent la Maison blanche à un programme de test généralisé et une levée du travel ban

Airlines for America (A4A), le groupe représentant les principales compagnies aériennes américaines, dans une lettre adressée au vice-président Mike Pence le lundi 4 janvier, demande à l’administration fédérale de mettre en œuvre une proposition des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) visant à adopter un programme généralisé de dépistage du COVID-19 pour les voyageurs entrant aux Etats-Unis. A4A demande également dans ce courrier la suppression concomitante des restrictions à l’entrée pour les voyageurs en provenance d’Europe, du Royaume-Uni, et du Brésil.

Depuis des mois, l’industrie demande au gouvernement de mettre en place des tests généralisés pour les passagers afin de remplacer les restrictions et les exigences de quarantaine existantes.

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a mis en place une exigence de test négatif avant le départ pour les passagers en provenance du Royaume-Uni, en réponse à la découverte d’une nouvelle souche très contagieuse de Covid-19. (The Hill)

Amazon Air annonce sa première acquisition d’avions

Amazon a annoncé le 5 janvier l’acquisition de 11 appareils B767-300 d’occasion pour étendre son réseau et ses opérations logistiques. Les appareils sont acquis auprès des compagnies Delta Air Lines et WestJest Airlines, et seront convertis en configuration cargo. L’entité Amazon Air, qui dispose d’une flotte de 71 appareils à fin 2020, auxquels doivent s’ajouter 11 appareils supplémentaires au cours de l’année 2021, détenait jusqu’à présent l’ensemble de ses appareils via des contrats de leasing. Les nouveaux appareils acquis seront exploités, comme l’ensemble de la flotte, par des compagnies aériennes sous-traitantes.

En devenant propriétaire d’une partie de sa flotte, Amazon confirme ses ambitions d’extension de ses opérations logistiques, en profitant de conditions économiques avantageuses dans le contexte de la crise sanitaire. Un rapport universitaire publié l’an dernier estimait que la flotte d’Amazon Air devrait probablement croitre jusqu’à 200 appareils dans les prochaines années, lui permettant de rivaliser avec des compagnies telles qu’UPS (269 appareils en nov. 2020). (Bloomberg)

Un accord de 2,5 Mds USD pour régler l’enquête criminelle sur le Boeing 737 Max

Boeing a accepté de payer plus de 2,5 Mds USD en amendes et compensations pour régler les accusations criminelles de fraude portées par le Département de la Justice (DOJ) américain pour avoir dissimulé des informations relatives à la conception défectueuse du 737 Max. L’accord du 7 janvier conclut 21 mois d’enquête du DOJ et prévoit un report des poursuites par le DOJ, et la coopération de Boeing avec le gouvernement, notamment en mettant à disposition des responsables actuels et anciens pour qu’ils puissent témoigner devant un grand jury fédéral ou dans le cadre de procès. (Reuters)

Le chiffre de la semaine : 9,45 L/100km ou 24,9 mpg

Il s’agit du niveau de consommation moyen des véhicules légers neufs vendus aux Etats-Unis en 2019 d’après le rapport annuel de l’Environmental Protection Agency (EPA), un chiffre en légère hausse par rapport à l’année précédente (-0,2 miles per gallon/ mpg). L’agence précise que cette hausse est principalement due au choix des consommateurs qui ont privilégié l’achat de véhicules plus lourds tels que les SUV et les pick-ups. (Automotive News)

Énergie

Quelles perspectives pour l’énergie après les victoires démocrates en Georgie ?

Cette semaine, les victoires démocrates pour l’attribution des deux derniers sièges au Sénat leur permettent de s’assurer le contrôle du Congrès.

Ces victoires ouvrent de nouvelles marges de manœuvre aux démocrates pour influer les dépenses et l’élaboration de lois et avec le contrôle simultané du Sénat et de la Chambre des Représentants, des dépenses plus importantes pourront être envisagées pour accélérer la révolution par les énergies propres souhaité par Joe Biden.

Aussi, Joe Biden a déclaré qu’il considérait le projet de loi de dépenses (1400 Mds) et la dernière relance (900 Mds), votées fin décembre, comme un « acompte » et qu’il souhaitait davantage de dépenses dans ses premiers jours de mandat pour propulser l’économie hors de la crise sanitaire.

Néanmoins, obtenir les 60 voix nécessaires pour adopter une telle législation signifie qu’il faudra trouver un terrain d’entente avec les Républicains et des incitations à la séquestration carbone, qui plait aux États républicains, seront probablement incluses.

Par ailleurs, le seuil de 60 voix est également nécessaire pour toute législation d’envergure et il sera donc difficile à atteindre sur des sujets comme une taxe carbone ou une loi sur les énergies propres, qui permettraient d’atteindre l’objectif d’une électricité décarbonée d’ici 2035, souhaité par Joe Biden (Financial Times).

Inquiétudes sur la place du nucléaire en matière de décarbonation

Les arrêts chroniques du réacteur électronucléaire de Grand Gulf, le plus puissant des Etats-Unis, soulèvent des questions sur place du nucléaire dans la décarbonation de la production d’électricité.

Malgré une mise à niveau en 2012 pour atteindre 1400 MWe, et une autorisation de fonctionner pour 20 ans supplémentaires à partir de 2016, le réacteur de Grand Gulf a fonctionné à puissance réduite ou nulle environ 74 % du temps en 2020. Les raisons invoquées sont le rechargement en combustible, la maintenance et les arrêts imprévus de la centrale âgée de 35 ans.

Cette situation oblige le réseau à compter sur d’autres sources de production, ce qui peut coûter cher et augmenter les émissions de gaz à effet de serre par le recours à des combustibles fossiles.

Il y a 94 réacteurs électronucléaires en exploitation aux USA. Sur ce parc, 50 réacteurs sont au moins aussi âgés que Grand Gulf.

L’expérience de Grand Gulf suggère que les autorités et les exploitants de centrales pourraient devoir envisager de nouvelles approches et une surveillance plus étroite des réacteurs vieillissants, à l’avenir incertain lorsque les coûts de maintenance s’élèvent. 11 réacteurs américains ont fermé ces dernières années en raison de préoccupations économiques (E&E).

Directives pour le crédit d’impôt à la séquestration carbone

Le département du Trésor a publié cette semaine les directives détaillées pour le déploiement du crédit d’impôt à la filière de la séquestration du carbone.

Le Secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré que ces directives « moderniseraient le secteur énergétique, tout en garantissant que les producteurs américains d’énergie puissent maintenir leurs avantages concurrentiels dans la compétition internationale ».

En matière de sécurisation des quantités stockées, le département du Trésor a tranché en faveur de normes de  l’Organisation internationale de normalisation (Norme ISO). Les lobbys verts aux Etats-Unis étaient favorables à des outils nationaux, notamment à des déclarations d’émissions auprès de l’US EPA, qui favoriseraient les contrôles par une tierce partie.

L’organisation professionnelle Carbon Capture Coalition a déclaré que ces directives  « aideront à débloquer des milliards de dollars de capitaux privés » pour les projets commerciaux de capture du carbone déjà en cours de développement. Cette coalition professionnelle, qui regroupe plus de 80 organisations de la technologie de stockage du CO2, a déclaré qu’elle était favorable à « l’exigence de divulgation publique », par les bénéficiaires du crédit d’impôt, des documents pertinents qui s’appuieraient sur la norme ISO (E&E).

Le chiffre de la semaine : 570 millions

C’est la quantité de carbone, en tonnes de CO2e, émise par l’utilisation des produits vendus par Exxon Mobil en 2019 selon son propre rapport annuel, soit 1,5 fois les émissions de CO2 de la France selon l’US EIA.

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