Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-44

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-44

Sommaire

Écologie – Climat

  • Rapport annuel des Nations Unies sur la trajectoire carbone de la planète
  • Le sommet des Nations Unies sur le Climat, l’Accord de Paris et les USA
  • L’EPA modifie le calcul de l’analyse coût-bénéfice des règles de santé publique

Transport

  • Uber se sépare de ses entités véhicule autonome et taxi volant
  • Le Département des Transports s’organise pour l’acheminement des vaccins
  • Faible diminution des déplacements en voiture à Thanksgiving

Énergie

  • Introduction de l’Hydrogène dans la production électrique de grande ampleur
  • Normalisation et décarbonation
  • Exxon sous pression pour passer aux énergies propres

Agenda

Écologie – Climat

Rapport annuel des Nations Unies sur la trajectoire carbone de la planète

La Terre navigue sur une trajectoire climatique trouble selon les Nations Unies. Il y a cependant des signes d’un tournant vers une économie verte.  Cinq ans après un accord international historique sur le climat conclu à Paris, ce rapport observe des changements radicaux, notamment chez certains grands pollueurs du monde.

La Chine a promis de ramener ses émissions à zéro d’ici le milieu du siècle. Si cette promesse est tenue, le monde se rapprochera de l’objectif de l’accord de Paris.

Cependant, l’évaluation publiée par les Nations unies révèle que les émissions de gaz à effet de serre ont continué à augmenter entre 2010 et 2019, de 1,4 % par an en moyenne. Les émissions devraient diminuer de 7 % en 2020, en raison du ralentissement économique causé par la pandémie de coronavirus, selon le même rapport. Un impact que ses auteurs qualifient de « négligeable » sur la tendance générale.

Selon le rapport des Nations unies, les engagements annoncés par les pays jusqu’à présent ne suffisent pas.

Les Nations unies pressent les pays d’annoncer des objectifs climatiques plus ambitieux lors du sommet célébrant le 5ème anniversaire de l’Accord de Paris.

Tous les yeux sont tournés vers le plus grand émetteur de l’histoire, les États-Unis. Le président élu Joe Biden a déclaré qu’il avait l’intention de rejoindre l’Accord de Paris dès son entrée en fonction et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

La vigueur avec laquelle les États-Unis et la Chine peuvent décarboner leur économie est cruciale pour enrayer le changement climatique, façonner les marchés mondiaux des technologies propres et inciter d’autres grands émetteurs, comme l’Inde, l’Indonésie, la Russie et le Brésil, à faire leur part

Le World Resources Institute a décrit la relance économique post-pandémique comme « la plus grande opportunité de l’histoire » (The New York  Times).

Le sommet des Nations Unies sur le Climat, l’Accord de Paris et les USA

Samedi 12 décembre, à l’occasion du 5ème anniversaire de l’accord de Paris, un sommet des Nations unies sur le climat testera jusqu’où les dirigeants politiques sont prêts à aller dans la lutte contre le changement climatique.

Le président américain n’y participera pas, les Etats-Unis ayant officiellement quitté les Accords de Paris il y a quelques semaines.

Joe Biden, le président-élu a promis de revenir dans les accords de Paris dès son premier jour à la Maison Blanche. John Kerry, le futur conseiller spécial climat au sein du Nation Security Council, a déjà pris contact avec Alok Sharma, le secrétaire d’État britannique et président de la COP26. Le maire de Los Angeles, Eric Garcetti – un grand ami de Biden, qui a porté l’étendard du changement climatique pendant l’ère Trump, s’exprimera au sommet en tant que voix non officielle de la future administration. Les gouverneurs du Massachusetts et du Michigan seront également présents. Charlie Baker, qui dirige le Massachusetts, est l’un des rares dirigeants républicains des États-Unis à faire avancer les objectifs climatiques. Il a fixé cette année pour son État l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 (PoliticoPro).

L’EPA modifie le calcul de l’analyse coût-bénéfice des règles de santé publique

L’administration Trump a finalisé une règle qui pourrait rendre plus difficile l’adoption de mesures de protection de la santé publique, en modifiant la façon dont l’Environnemental Protection Agency (EPA) calcule les coûts et les bénéfices des nouvelles limites de la pollution atmosphérique.

Les nouvelles modalités de calcul, pour les futures règles du Clean Air Act, demandent à l’agence de peser tous les coûts économiques de la réduction d’un polluant atmosphérique, mais ne tiennent pas compte de certains avantages qui en découlent, comme les maladies et les décès évités par un éventuel règlement.

La proposition de l’EPA s’est heurtée à des critiques acerbes de la part des défenseurs de l’environnement, qui ont laissé entendre qu’elle ne résisterait pas aux contestations judiciaires.

Certains groupes conservateurs et industriels ont salué cette évolution réglementaire, affirmant que ce changement marquait un changement attendu depuis longtemps dans la façon dont l’EPA façonne sa réglementation (The Washington Post).

Le chiffre de la semaine : 5,3 %

Les entreprises sur la « A-List » du CDP ont enregistré un rendement annuel moyen supérieur de 5,3 % à celui de ses concurrents au cours des sept dernières années. Le CDP est une association qui incite à la divulgation des informations sur les impacts environnementaux. En notant les entreprises de D- à A, le CDP évalue la transparence des entreprises sur ces aspects (E&E).

Transport

Uber se sépare de ses entités véhicule autonome et taxi volant

Uber a annoncé cette semaine la vente de ses entités Uber Advanced Technology Group (ATG), consacrée aux projets de véhicules autonomes, et Uber Elevate, consacrée au projet de taxis volants.

Uber ATG a été vendu à la startup Aurora Innovation Inc. L’acquisition, dont les détails financiers n’ont pas été dévoilés, serait évaluée à 4 Mds USD d’après Reuters, soit une dévaluation certaine pour ATG dont la valorisation avait atteint 7,25 Mds USD l’an dernier. Uber a annoncé en parallèle un investissement de 400 M USD dans Aurora, portant sa valorisation à 10 Mds USD et récupère un siège à son conseil d’administration. Aurora, qui travaille au développement d’un système de conducteur autonome applicable à différents types de véhicules et services, collaborera avec Uber pour des applications à ses services. Uber Elevate a pour sa part été acquis par la startup Joby Aviation, basée à Santa Cruz, en Californie et spécialisée dans le développement d’avions électriques à décollage vertical (eVTOL). Uber a également accepté d’investir 75 M USD dans la société, portant son investissement total à 125 M USD. Depuis sa création en 2009, Joby a levé plus de 720 M USD de fonds, dont la majeure partie provient de Toyota.

Ces ventes consécutives s’inscrivent dans la stratégie annoncée de l’entreprise de se focaliser sur ses plateformes phares de service VTC et de livraison de nourriture, dans l’objectif d’atteindre le plus rapidement possible la profitabilité, espérée pour fin 2021. (Tech Crunch)

DOT s’organise pour l’acheminement des vaccins

Le Département des Transports américain (DOT) indique par communiqué le 1er décembre que toutes les mesures réglementaires nécessaires ont été prises pour assurer le transport rapide et en toute sécurité du vaccin par voie terrestre et aérienne. Au cours des dernières semaines, les agences du ministère des transports et les responsables de l’opération « Warp Speed » ont assuré la coordination avec les entreprises du secteur privé qui transporteront les vaccins des sites de production aux centres de distribution et aux centres de vaccination. Le DOT a notamment assoupli, par des mesures réglementaires d’urgence, certaines règles pour les équipages de vol, ou ajustés les normes de sécurité pour certains risques liés à l’expédition du vaccin, tels que  glace sèche ou les batteries lithium, afin de soutenir les opérations aériennes sans interruption et de répondre à la demande accrue de fret aérien. Le DOT a également étendu les mesures d’urgence assouplissant les règlementations sur les temps de conduite pour les transporteurs routiers pour soutenir le transport d’urgence de vaccins et d’équipements médicaux. Les plans actuels prévoient la livraison de doses pour environ 40 millions d’Américains en décembre et janvier. Les autorités avaient organisé en novembre un exercice de simulation des expéditions de vaccins afin de s’assurer que toutes les autorisations réglementaires étaient en place pour permettre le début des livraisons immédiatement après que les autorisations seraient délivrées. (The Hill)

Faible diminution des déplacements en voiture à Thanksgiving

Les déplacements en véhicule durant la période de Thanksgiving n’ont diminué que de 5 % par rapport aux niveaux de 2019 selon les données publiées par la société StreetLight Data et analysées par l’Associated Press malgré les avertissements des autorités sanitaires et publiques qui déconseillaient les rassemblements familiaux en pleine pandémie. Alors que les déplacements en véhicule étaient jusqu’à 20 % inférieurs à ceux de l’année précédente au début du mois de novembre, les données montrent qu’ils se sont multipliés dans tout le pays pour Thanksgiving.

Les grandes autorités de transport public tirent la sirène d’alarme sur leur situation financière

Les responsables des plus grands réseaux de transport public aux États-Unis, dont ceux de New York, Denver, La Nouvelle Orléans, Philadelphie, San Francisco, ou Salt Lake City entre autres, se mobilisent depuis plusieurs jours pour insister sur le fait que des réductions importantes des services et des effectifs sont à prévoir si un deuxième stimulus économique fédéral n’arrive pas rapidement. Ils pointent également que les propositions d’aide pour les transports collectifs actuellement examinées par le Congrès, qui attribueraient 15 Mds USD au secteur, pourraient ne pas suffire à empêcher des changements drastiques qu’il serait ensuite difficile d’inverser. L’American Public Transportation Association (APTA) plaide pour 32 Mds USD d’aide fédérale, en complément des 15 Mds USD déjà reçus dans le cadre du CARES Act adopté en mars dernier. (CityLab, Mass Transit)

Le chiffre de la semaine : 501 513

Il s’agit du nombre de passagers contrôlés dans les aéroports américains le 8 décembre, un chiffre en très nette baisse après le record du week-end de Thanksgiving où 1 176 091 passagers avaient été contrôlés le 29 novembre. Les aéroports américains n’avaient plus vu aussi peu de passagers sur une journée depuis le 4 juillet. Cela correspond à 26% du nombre de passagers contrôlés le même jour de la semaine en 2019. (TSA).

Énergie

Introduction de l’Hydrogène dans la production électrique de grande ampleur

Une nouvelle génération de centrales électriques au gaz se dessine dans l’Ohio. La future centrale de Long Ridge (660 $ Mns) commencera avec un mix de carburant comprenant 5 % d’hydrogène, avec pour objectif 100 % hydrogène d’ici 2030. Le projet Long Ridge a choisi une turbine General Electric, qui peut brûler 20 % d’hydrogène, et jusqu’à 100 % avec des modifications. Aujourd’hui, les grands fabricants de turbines – Mitsubishi, Siemens et GE – effectuent des tests pour pouvoir mélanger des niveaux très élevés d’hydrogène.

De nombreux experts s’accordent à dire que le réseau électrique américain peut atteindre 70 à 90 % d’énergie sans carbone grâce aux énergies renouvelables. Ils soulignent aussi la nécessité de disposer de sources pilotables – stockage sur batterie, centrales nucléaires, hydrogène – pour les moments où l’électricité d’origine éolienne ou solaire disponible ne peut répondre au besoin instantané.

Pour la première fois cette année, le rapport annuel de la banque Lazard sur les coûts de l’énergie comprend une étude sur l’hydrogène comme carburant alternatif pour la production électrique au moyen d’un cycle combiné. Ce rapport estime rentable la production avec un mix comprenant 20 % d’hydrogène à 88$ par MWhe pour l’hydrogène « bleu » et à 127$ pour l’hydrogène « vert ». En comparaison, les coûts d’une centrale à gaz à cycle combiné standard se situent aujourd’hui entre 44 et 79 $.

Les experts techniques invitent à l’équilibre du mix-énergétique en rappelant que même si l’hydrogène est considéré comme bon outil de décarbonation, il n’est pas le seul lorsqu’il s’agit du secteur de l’énergie (E&E).

Normalisation et décarbonation

Le sujet d’une norme de produits propres est ouvert chez les industriels américains. La voie normative leur apparait intéressante pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions de carbone.

Rhodium Group a émis récemment l’idée d’une « norme nationale de produits propres » pour réduire les émissions provenant de la fabrication de produits tels que l’aluminium, le ciment, le verre et l’acier. La société propose une limite maximale d’émissions par unité de

matériau, laissant la liberté « d’employer n’importe quelle solution technologique » pour respecter cette limite. Cette société défend la position que ces limites devraient s’appliquer à « tous les produits vendus aux États-Unis, pas uniquement à ceux qui y sont fabriqués ».

Le rapport de Rhodium propose que les décideurs politiques se limitent à un ensemble de produits à forte intensité d’émissions. Les analystes soutiennent que les industries des matériaux de base, comme le ciment ou l’acier, sont bien habituées aux normes. Certains experts ajoutent qu’une telle norme permettrait d’innover, de façon flexible, aidant les États-Unis à rester un leader technologique.

Le Center for Climate and Energy Solutions a déclaré qu’en l’absence d’une tarification du carbone, les normes de performance sont la « seconde meilleure » solution pour réduire les émissions (E&E).

Exxon sous pression pour passer aux énergies propres

Engine n°1 pousse Exxon Mobil à remanier son conseil d’administration, à fixer des objectifs de réduction des émissions et à investir dans les énergies propres.

Engine No. 1 est un fond d’investissement, militant,  de petite taille. Sa participation de 40$ Mns dans Exxon ne représente qu’une infime partie de sa capitalisation (173$ Mds). Néanmoins, la campagne est soutenue par le California State Teachers’ Retirement System, qui possède 300 Mns de dollars d’actions Exxon, et pourrait bénéficier du soutien de grands investisseurs, comme BlackRock qui s’est déjà opposé aux choix des compagnies pétrolières américaines.

Exxon a misé sur l’augmentation de sa production de pétrole et de gaz. Son PDG a déclaré qu’il ne participerait pas à un « concours de beauté » avec ceux qui ont annoncé des plans de réduction de leurs émissions.

L’action d’Engine n°1 pourrait être le signe avant-coureur d’une pression accrue des actionnaires lorsque Exxon et d’autres compagnies pétrolières tiendront leurs assemblées annuelles ce printemps (E&E).

Le chiffre de la semaine : 49 $

C’est le prix moyen envisagé pour un baril de Brent en 2021 par  l’U.S. Energy Information Administration.

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0