Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-42

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-42

Sommaire

Écologie – Climat

  • Amazon – Jeff Bezos met en œuvre la première tranche de son fonds pour la Terre
  • Joe Biden – Lutte des appareils dans la lutte contre le changement climatique
  • Ouragans – Rétrospective de la saison 2020

Transport

  • Boeing – La FAA réautorise le 737 MAX
  • Uber pourrait céder son activité véhicule autonome à Aurora Innovation
  • La NHTSA lance une consultation sur la régulation des véhicules autonomes

Énergie

  • FERC – Un projet de tarification du carbone anime le débat
  • Sénat – Reconfiguration de la Commission des énergies et ressources naturelles
  • La feuille de route de l’American Wind Energy Association

Agenda

Écologie – Climat

Amazon – Jeff Bezos met en œuvre la première tranche de son fonds pour la Terre

Jeff Bezos, P-DG d’Amazon, a annoncé le 16 novembre qu’il distribuait 791 millions de dollars à 16 organisations environnementales, la première tranche de son fonds pour la Terre de 10 milliards de dollars.

The Environmental Defense Fund (EDF), Nature Conservancy, Natural Resources Defense Council (NRDC), World Resources Institute (WRI) et World Wildlife Fund (WWF) recevront tous des subventions considérables à hauteur de 100 millions de dollars.

Le NRDC a déclaré qu’une bonne partie de l’argent serait utilisée pour son travail sur la politique climatique nationale et régionale.

Le WRI prévoit de l’utiliser pour des programmes de surveillance des émissions de carbone et pour stimuler l’électrification des bus scolaires américains. Nature Conservancy utilisera l’argent pour protéger Emerald Edge, une immense forêt tropicale côtière qui s’étend sur les États-Unis et le Canada et qui constitue un important puits de carbone. WWF a déclaré qu’il utiliserait sa subvention pour des solutions climatiques basées sur la nature.

Certains des bénéficiaires ont été en désaccord avec Amazon dans le passé. M. Bezos et sa société ont fait face à de nombreuses critiques de la part de groupes verts progressistes. Par ailleurs, le comité d’action politique d’Amazon a beaucoup donné aux républicains du Sénat, dont beaucoup s’opposent aux efforts visant à légiférer sur le changement climatique.

Amazon Employees for Climate Justice, un groupe d’employés d’Amazon, qui a poussé la société à faire plus en matière de climat, a déclaré : « Nous applaudissons la philanthropie de Jeff Bezos, mais une main ne peut donner ce que l’autre reprend » (E&E).

Joe Biden – Lutte des appareils dans la lutte contre le changement climatique

Le président élu Joe Biden devra faire preuve de créativité s’il veut que sa politique climatique évite l’examen minutieux d’un système judiciaire fédéral débordant de plus de 200 juges nommés par le président Donald Trump.

La nouvelle administration devrait s’engager à démêler quatre années de réglementation peu favorables au climat. Dans ce contexte, les experts juridiques affirment qu’une grande partie de l’action de M. Biden en faveur du climat pourrait s’enliser dans des batailles judiciaires, surtout si l’administration s’appuie fortement sur les agences fédérales pour défaire les règles de l’ère Trump et les remplacer par de nouvelles réglementations.

A moins que les élections en Géorgie n’aident les démocrates à obtenir une majorité au Sénat, M. Biden n’aura probablement pas la possibilité de négocier une législation climatique ambitieuse.

Son administration devra concentrer ses efforts sur une réglementation méticuleuse et une action climatique progressive. Au cours de ses premiers jours à la Maison Blanche, M. Biden pourrait choisir de se concentrer sur les décrets présidentiels, plutôt que sur des règlementations émises par les agences fédérales. Contrairement à l’élaboration de règlementations fédérales – qui impliquent de longues périodes de préavis, des dossiers détaillés et différentes consultations – les décrets peuvent être signés et promulgués directement depuis le Bureau ovale.

Par ailleurs, les plans de relance pourraient être des vecteurs de l’action climatique. Les investissements approuvés par le Congrès dans les transports propres, les bâtiments et l’amélioration de l’efficacité énergétique pourraient permettre de faire bouger les choses. Les plans de relance envoient des messages au secteur privé sur les priorités du gouvernement fédéral, même en l’absence de réglementation (E&E).

Ouragans – Rétrospective de la saison 2020

Il y a eu 30 tempêtes nommées cette année, et 13 d’entre elles étaient des ouragans. C’est la saison atlantique la plus active jamais enregistrée.

En septembre, lorsque la tempête tropicale Wilfred s’est formée dans l’est de l’océan Atlantique, la liste des noms de tempêtes préparés était épuisée, poussant les météorologues à utiliser l’alphabet grec de 24 lettres pour nommer les tempêtes suivantes.

La côte des États-Unis a été frappée à 7 reprises cette année ; la Floride à 2 reprises, laissant des dizaines de milliers de personnes sans électricité ; la Louisiane a connu 5 tempêtes.

Cette saison soulève de nombreuses questions sur l’impact du changement climatique. Les scientifiques affirment que les températures chaudes à la surface de l’Atlantique ont contribué à augmenter son activité. Les scientifiques ont aussi découvert que la hausse des températures de l’océan peut ralentir l’affaiblissement des tempêtes après leur passage sur terre, alors destructrices plus longtemps (The New York Times).

Le chiffre de la semaine : 30 ans

Les gaz à effet de serre générés par l’économie américaine vont chuter de 9,2 % cette année, pour atteindre leur niveau le plus bas depuis 30 ans (The Washington Post).

Transport

Boeing – La FAA réautorise le 737 MAX

Comme attendu, la Federal Aviation Administration (FAA) a autorisé le 18 novembre le retour en service commercial du Boeing 737 MAX, mettant fin à un processus qui aura duré 20 mois suite aux deux accidents ayant entrainé la mort de 346 personnes.

Boeing va ainsi pouvoir livrer les 400 appareils produits et stockés depuis leur immobilisation, et aider les compagnies aériennes à mettre à niveau les 387 B737 MAX déjà présents dans leurs flottes respectives. Pour l’heure, seule la compagnie American Airlines a annoncé un retour de vols commerciaux avec le MAX à la fin du mois de décembre. Southwest Airlines, qui dispose de 34 appareils dans sa flotte, n’envisage pas de vols commerciaux avec le MAX avant le 2ème trimestre 2021.

Dans le même temps, au Congrès, la commission sénatoriale du commerce présentait cette semaine un projet de loi bipartisan (S. 3969) qui réformerait le système de certification et de délégation d’autorité de certification, mis en cause suite aux accidents, et obligerait le régulateur américain à approuver et à conseiller les inspecteurs de sécurité travaillant pour les constructeurs aéronautiques. Les promoteurs de ce texte devront rapidement dissiper les inquiétudes des législateurs qui pourraient entraver l’adoption du texte avant la fin du 116e Congrès en janvier. Le projet de loi devra également être « réconcilié » avec le projet de loi (H.R. 8408) adopté par la Chambre des représentants qui prévoit des restrictions plus strictes pour les inspecteurs de sécurité.

Uber pourrait céder son activité véhicule autonome à Aurora Innovation

Uber se préparerait à vendre sa division véhicules autonomes, dénommée Uber Advanced Technologies (ATG), à Aurora Innovation, une startup fondée en 2017 par trois anciens de l’industrie du véhicule autonome venant de chez Google, Tesla et Uber. L’opération n’a pas été confirmée à ce stade par les deux protagonistes, ni son montant divulgué. ATG avait été évaluée à 7,25 milliards de dollars en 2019 après l’investissement de 1 milliard de dollars par Toyota, DENSO, SoftBank et d’autres.

La cession de Uber ATG ferait suite à une série de transactions conclues ces derniers mois qui ont significativement réduit les champs d’action de Uber aux domaines des services VTC et de la livraison. Il y a deux ans seulement, Uber était encore pleinement engagé sur tous les fronts de la mobilité avec une « approche globale », et le pari de pouvoir générer des revenus dans de nombreux secteurs du transport, dont le covoiturage, la micromobilité, la logistique, la livraison de colis et de nourriture, et les taxis autonomes. Cette stratégie a évolué depuis l’entrée en bourse de l’entreprise, et s’est encore accélérée avec la pandémie de COVID-19. Au cours des 11 derniers mois, Uber a abandonné son entité consacrée à la micromobilité partagée Jump, et a investi dans son concurrent Lime ; elle a vendu pour 500 millions de dollars de participation dans sa branche logistique Uber Freight en pleine expansion mais toujours non rentable, et cédé ses activités sur le marché européen à son concurrent allemand Sennder ; et Uber s’est porté acquéreur cet été de la plateforme de livraison de nourriture Postmates. (TechCrunch, 13 novembre)

La NHTSA lance une consultation sur la régulation des véhicules autonomes

La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a ouvert le 19 novembre une consultation du public pour 60 jours en vue d’élaborer un nouveau cadre fédéral pour le développement de technologies de véhicules autonomes (Automated Driving Systems – ADS) et leur sécurité. La NHTSA espère à l’issue du processus aboutir à la définition d’un cadre qui permettra de « définir, évaluer et contrôler » la sécurité et les performances des véhicules autonomes tout en « permettant des conceptions innovantes ». Tout en rappelant dans la notice qu’il serait prématuré de créer dès maintenant des standards fédéraux de sécurité contraignants pour les véhicules autonomes, car les déploiements à grande échelle de véhicules autonomes sont encore loin, la NHTSA considère qu’il est désormais approprié de « commencer à examiner comment [l’agence] pourrait utiliser sa compétence de régulateur pour mettre l’accent sur la sécurité alors que les technologies ADS continuent de se développer ». La NHTSA présente une série d’options réglementaires qu’une future administration pourrait décider de retenir, allant des approches volontaires non contraignantes, telles que celles promues par les différentes politiques véhicule autonome de l’administration fédérale depuis 2016, à des approches proposant une réglementation plus formelle, comme des règles exigeant la divulgation d’informations ou l’adoption de nouveaux standards.

La FAA achève une série de démonstrations sur les systèmes de gestion de trafic des drones

La Federal Aviation Administration (FAA) a terminé la deuxième phase de son programme pilote de gestion du trafic aérien de drones (Unmanned Aircraft System Traffic Management Pilot Program) au cours de laquelle des démonstrations virtuelles ont été conduites en partenariat avec la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Les résultats de ce programme pilote fourniront une preuve de concept pour les capacités des systèmes de gestion de trafic aérien de drones (UTM) et serviront de base à la définition de politiques, au développement de normes et la mise en œuvre d’un système UTM. La FAA considère que ces démonstrations ont permis de mettre en évidence de nouvelles capacités pour les systèmes UTM qui permettront de rendre possible et sûre l’exploitation de drones au-delà de la ligne de visibilité (beyond visual line of sight – BVLOS).

Le chiffre de la semaine : 9300 / -40 à 50%

Le pire scénario présenté par la MTA, l’autorité métropolitaine des transports de New York, pour son projet de budget 2021 prévoit plus de 9 300 licenciements et des réductions de services de 40 à 50 %. (Mass Transit)

Énergie

FERC – Un projet de tarification du carbone anime le débat

Une proposition de la Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC) visant à permettre aux Etats fédérés de mettre en place une taxe carbone sur les marchés régionaux de l’électricité s’est attirée les foudres des écologistes.

Certains défenseurs de l’environnement craignent qu’un prix du carbone puisse être utilisé pour écarter les politiques étatiques qu’ils considèrent comme nécessaires pour réduire les émissions. « La FERC risque d’outrepasser son autorité » écrit Mark Drajem du Natural Resources Defense Council.

La proposition a suscité une réaction positive de la part des acteurs de l’industrie. L’Electric Power Supply Association, qui faisait partie de la coalition qui a demandé une conférence sur la tarification du carbone, a félicité la Commission pour ses efforts et a cité une étude récente qui démontre l’efficacité de la tarification carbone pour réduire les émissions.

Une partie du désaccord porte sur le rôle de la tarification du carbone comme seul mécanisme de réduction des émissions par rapport aux mandats et aux incitations existants des États.

« Nous espérons que la FERC respectera l’autorité de longue date des États sur cette question, et adoptera une approche au cas par cas pour examiner les programmes de tarification du carbone des États », a déclaré Xavier Becerra (D), Procureur général de Californie (E&E).

Sénat – Reconfiguration de la Commission des énergies et ressources naturelles

Le sénateur John Barrasso a annoncé son intention de prendre la place de leader républicain au sein de la commission de l’énergie et des ressources naturelles. Cette configuration placerait les deux principaux États producteurs de charbon à la tête de cette puissante commission. M. Barrasso aurait pour homologue le démocrate Joe Manchin. La Virginie occidentale, où réside M. Manchin, est le deuxième producteur de charbon après le Wyoming, où réside Barrasso.

Cette situation constituerait un obstacle important à toute législation visant à déployer les projets de Joe Biden en matière de changement climatique. En effet, ces deux sénateurs ont toujours défendu le charbon.

Néanmoins, si les républicains conservent le contrôle du Sénat après les résultats à venir en Géorgie, les observateurs prévoient une continuité dans le soutien fédéral au développement des nouvelles technologies qui réduiraient les émissions de carbone.

« Tout l’espace de l’innovation énergétique est bipartite », a déclaré Rich Powell, directeur exécutif de ClearPath, un think-tank proche des conservateurs et travaillant sur les énergies propres.

M. Barrasso est un fervent défenseur de l’énergie nucléaire et de la technologie de séquestration du carbone. Mais ni Barrasso ni Manchin ne sont susceptibles de plaider pour des mesures qui nuisent à l’industrie du charbon ou aux autres énergies fossiles. Ils sont susceptibles de collaborer à l’expansion de la production nationale des terres rares (POLITICO).

La feuille de route de l’American Wind Energy Association

L’American Wind Energy Association (AWEA) a publié une feuille de route décrivant les mesures que pourraient prendre la nouvelle administration Biden, le Congrès et les agences fédérales pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Son plan s’articule autour de quatre thèmes : établir des objectifs clairs en matière d’énergie propre, accroître l’interconnexion entre États fédérés, accélérer les processus fédéraux d’autorisation pour les énergies renouvelables et supprimer les obstacles liés au coût des énergies renouvelables.

La feuille de route de l’AWEA fait suite à d’autres feuilles de route sorties ces derniers jours par les acteurs des énergies, comme la feuille de route de l’Association des industries de l’énergie solaire.

Joe Biden a manifesté son soutien à des propositions de l’AWEA, notamment celle d’une norme nationale pour l’électricité sans carbone. M. Biden s’est engagé à créer une agence, l’ARPA-C, qui contribuerait à réduire le coût du stockage sur batteries, de l’hydrogène vert et d’autres technologies (E&E).

Le chiffre de la semaine : 25%

C’est la part des installations américaines de production électrique capables de démarrer, et d’atteindre leur pleine puissance, en moins d’une heure (US EIA).

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