Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-39

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-39

Sommaire

Écologie – Climat

  • Les sujets environnementaux pourraient faire basculer quelques sièges au Sénat
  • 99 décisions controversées concernant l’environnement lors du mandat Trump
  • Il y a 50 ans, GM et Ford savaient que les émissions dérèglaient le climat

Transport

  • Amtrak, en situation défavorable, pourrait-elle être sauvée par une victoire de Biden ?
  • United Airlines lance le premier programme de tests pour tous sur des vols transatlantiques
  • Statut des chauffeurs en Californie : Uber et Lyft déboutés en appel, attendent le résultat du référendum du 3 novembre

Énergie

  • 4 batailles électorales importantes pour le paysage de l’industrie pétrolière aux USA
  • Autorisation d’un projet de 590 millions de barils en Alaska
  • Le charbon et de gaz ne devraient plus revenir à leur niveau d’avant-crise dans la production électrique

Agenda

  • 3 novembre : Election présidentielle américaine et élections au Congrès
  • 12 novembre : Carbon Dioxide Removal Solutions, web-conférence par le Center for Strategic & International Studies (CSIS)

Écologie – Climat

Les sujets environnementaux pourraient faire basculer quelques sièges au Sénat

L’environnement est en passe de devenir une question clé dans plusieurs scrutins pour le Sénat, qui pourrait même déterminer in fine le contrôle du Congrès. Sur les sièges qui devraient être les plus disputés, les républicains défendent environ douze sièges, contre deux pour les démocrates. Les préoccupations locales concernent des sujets environnementaux variés. Ces sujets ont souvent mis les républicains sur la défensive alors qu’ils se battent pour conserver leur majorité.

En Alaska, Al Gross, indépendant, pourrait renverser le républicain Dan Sullivan. Un scandale politique récent sur des projets de mines d’or et de cuivre pourrait propulser Gross vers la victoire. Une majorité d’Alaskiens s’opposent aux projets d’exploitation des métaux près de la baie de Bristol, riche en saumon. Dan Sullivan aurait soutenu en coulisse le projet.

En Caroline du Sud, l’arbitrage dans la course entre Lindsay Graham, sénateur républicain, et son concurrent démocrate, Jaime Harrison, pourrait avoir lieu autour des questions d’un moratoire à l’encontre du pétrole off-shore.

Dans le Maine, Susan Collins, la républicaine la plus favorable à l’environnement du Sénat, pourrait perdre son siège face à la démocrate Sara Gidean. Collins a résisté à son parti sur les questions environnementales en votant notamment contre le retrait des accords de Paris. Ces actes bipartisans tombent en disgrâce aux yeux des partis et de leurs fidèles électeurs.

Au Colorado, le sénateur Cory Gardner tente de s’accrocher à son siège dans un État où plus des deux tiers des électeurs disent vouloir voir des mesures contre le changement climatique. Il se positionne en environnementaliste pragmatique, même s’il a voté contre la législation sur la qualité de l’air et de l’eau. Les électeurs se  tournent vers John Hickenlooper, même si l’ancien géologue pétrolier – qui a bu du fluide de fracturation pour montrer qu’il était «bénin» – n’était pas le premier choix de nombreux écologistes pendant la primaire du parti démocrate (The Washington Post).

99 décisions controversées concernant l’environnement lors du  mandat Trump

En quatre ans de mandat, l’administration Trump a amendé les politiques climatiques et bien d’autres réglementations qui concernent l’air, l’eau, la faune et les produits chimiques.

Au total, une analyse du New York Times dénombre plus de 72 réglementations environnementales officiellement annulées, révoquées ou affaiblies au cours du mandat de Donald Trump. 27 autres réglementations sont encore en cours de réexamen à ce jour.

La plupart des décisions identifiées par le NY Times ont été effectuées par l’Agence de protection de l’environnement (US EPA). Dans le même temps, le Ministère de l’Intérieur s’est efforcé d’ouvrir davantage de terres fédérales à l’exploitation de gisements pétroliers ou gaziers tout en affaiblissant les exigences environnementales pour ces projets.

Les décisions listées par le New York Times concernent principalement les sujets suivants : la pollution de l’air (26), l’exploration et l’extraction des ressources pétrolières ou gazières (20), les infrastructures (13), la faune (13), la pollution de l’eau (9), les produits chimiques (8).

Beaucoup de ces réglementations font l’objet de contestations judiciaires, notamment de la part des États fédérés et des groupes environnementaux. Certaines décisions n’ont pas été suffisamment justifiées, ce qui les rend vulnérables aux litiges. D’ailleurs des décisions ont déjà été annulées par les tribunaux, et d’autres ont parfois été suspendues par l’administration elle-même (NY Times).

Il y a 50 ans, GM et Ford savaient que les émissions dérèglaient le climat

Une enquête de E&E News publiée le 26 octobre révèle que Ford et General Mortors avaient été informés par leurs propres scientifiques des effets des émissions des véhicules sur le changement climatique depuis les années 60-70.

Néanmoins, les deux constructeurs automobiles ont activement fait pression pendant des décennies pour contrer les tentatives de limitation des émissions des véhicules, et n’ont pas renoncé à produire des véhicules à forte consommation de carburant pendant cette période.

En 2015, InsideClimateNews et le Los Angeles Times avaient également mis en évidence qu’Exxon Mobil avait eu connaissance depuis des décennies du lien entre hydrocarbures et réchauffement climatique. Plusieurs actions judiciaires ont été intentées contre la compagnie sur ce fondement.

Le chiffre de la semaine : 20 000

C’est la superficie, en km2, des terres qui ont brulé  cette année sur l’espace comprenant la Californie, le Colorada, l’Idaho, le Montana, l’Oregon et l’Etat de Washington. Les incendies ont fait au moins 31 morts et ont détruit plus de 10 000 habitations. La surface brûlée représente l’équivalent de deux régions françaises réunies : l’Ile de France et la Corse (NY Times).

Transport

Amtrak, en situation défavorable, pourrait-elle être sauvée par une victoire de Biden ?

La compagnie ferroviaire nationale AMTRAK, en situation financière très délicate compte tenu de la chute drastique de ses recettes et de la fréquentation des trains, a déjà licencié plus de 2 000 travailleurs et réduit la densité de son offre de transport. Si l’entreprise ne reçoit pas les fonds d’urgence qu’elle réclame au Congrès d’ici le mois de décembre, en l’occurrence 2,8 Mds USD, 2 400 employés supplémentaires pourraient perdre prochainement leur emploi ont averti les dirigeants de l’entreprise. La société, qui a déjà retardé plusieurs de ses projets d’investissement, refuse actuellement de taper trop lourdement dans ses budgets d’investissement, dont l’essentiel est dédié à l’amélioration de la sécurité et de la performance du système ferroviaire, pour compenser ses déficits d’exploitation.

Une victoire du candidat démocrate Joe Biden, un défenseur de longue date de l’entreprise ferroviaire publique, que certains surnomment « Amtrak Joe », offrirait un appui de choix à l’entreprise pour régler à la fois ses problèmes de court et de long termes estiment différents défenseurs du secteur. Le plan démocrate promet en particulier d’enclencher « une seconde révolution ferroviaire ». (NYT)

United Airlines lance le premier programme de tests pour tous sur des vols entre US et UK

United Airlines a annoncé le 29 octobre le lancement d’un programme pilote de tests COVID-19 pour tous les passagers sur certains vols transatlantiques entre Newark et Londres. Entre le 16 novembre et le 11 décembre, la compagnie aérienne proposera des tests rapides (tests Abbott ID NOW) et gratuits, à tous les passagers de plus de 2 ans et aux membres d’équipage à bord de trois vols par semaine entre l’aéroport international de Newark Liberty et de Londres Heathrow. Toutes les personnes qui ne souhaiteraient pas se faire dépister seraient replacées sur un autre vol, garantissant ainsi que toutes les personnes à bord, à l’exception des enfants de moins de deux ans, auront reçu un test négatif avant le départ. United indique que la compagnie partagera les retours de ses clients avec les gouvernements des deux côtés de l’Atlantique afin de démontrer l’efficacité de ces programmes comme alternative aux quarantaines obligatoires ou aux restrictions de voyage. United Airlines, qui propose depuis mi-octobre des options de tests volontaires avant l’embarquement à ses passagers à l’aéroport de San Francisco pour voyager vers Hawaii, a constaté un impact positif sur la demande de voyages et une augmentation significative des taux de remplissage lorsque les options de test sont disponibles. Les passagers disposant d’un test négatif sont exemptés de 14 jours de quarantaine à l’arrivée à Hawaii.

Désaccords sur les quarantaines pour les corridors aériens Covid-Free

Les représentants du Département des Transports (DOT) et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sont en désaccord sur la question de l’obligation de quarantaine à l’arrivée pour des passagers qui auraient subi un test avant le vol, dans le cadre des discussions engagées par l’administration fédérale pour la mise en place de vols Covid-free notamment entre New York et Londres. Les CDC font valoir que même si les passagers internationaux sont testés dans le cadre d’un programme de corridor aérien covid-free, ils devraient quand même être mis en quarantaine pendant une semaine, et subir à nouveau un test. L’industrie et les compagnies aériennes préfèreraient à la place des stratégies de test avant le départ et de recherche de cas contacts, et considèrent que les mesures de quarantaine à l’arrivée dissuadent trop fortement les voyageurs internationaux. (WSJ)

Une nouvelle étude confirme le faible risque de transmission du coronavirus en avion

Une nouvelle étude de l’école de santé publique de Harvard publiée le 27 octobre vient confirmer l’argumentaire des compagnies aériennes qui affirment que le transport aérien demeure un mode de transport sûr pendant la pandémie. Le rapport indique qu’avec « l’approche d’atténuation des risques en plusieurs couches » comprenant la distanciation sociale, les masques et la filtration de l’air, le risque de transmission du coronavirus à bord des avions reste faible, et que le risque demeure moindre que dans d’autres lieux clos tels que les supermarchés ou les restaurants en intérieur.

Statut des chauffeurs : Déboutés en appel, Uber et Lyft attendent l’issue du référendum du 3/11

La cour d’appel du premier district de San Francisco a débouté le 22 octobre Uber and Lyft en confirmant la décision de la cour supérieure de Californie rendue début août, confirmant que les deux plateformes sont soumises au régime de la loi californienne AB5 entrée en vigueur en janvier 2020 et qui impose de reclasser les chauffeurs, actuellement considérés comme des indépendants, en employés. La décision sera exécutoire d’ici fin janvier prochain. Les deux sociétés ont indiqué qu’elles étudiaient l’hypothèse d’un recours devant la cour suprême de Californie. (SF Chronicle).

Cette décision intervient à quelques jours des élections du 3 novembre qui appelleront les électeurs californiens à se prononcer sur un référendum initié par plateformes Uber, Lyft et Doordash, dénommé Proposition 22, pour exempter ou non ces plateformes de la loi AB5 et accorder certains droits et avantages sociaux aux chauffeurs. La décision de la cour d’appel serait renversée si le oui l’emportait le 3 novembre, ce que les derniers sondages semblent indiquer, avec 46% pour la mesure, 42% contre et 12% d’indécis. (SF Chronicle)

Le chiffre de la semaine : 31 000

Il s’agit du nombre d’emplois que le constructeur aéronautique Boeing aura supprimé d’ici la fin 2021 en réponse à la crise résultant de la pandémie, soit une contraction des emplois au total de 19%, passant de 161 000 début 2020 à 130 000 d’ici fin 2021. Boeing avait précédemment annoncé qu’il réduirait de 10% ses effectifs. (Seattle Times)

Énergie

4 batailles électorales importantes pour le paysage de l’industrie pétrolière aux USA

Alors que Donald Trump et Joe Biden expliquent comment leurs politiques changeraient l’avenir de l’industrie pétrolière, d’autres élections peuvent redessiner le paysage énergétique du pays. Voici 4 combats électoraux qui pourraient influencer plus immédiatement le secteur des hydrocarbures.

L’élection d’un des 3 commissaires à la commission de régulation de la production pétrolière, où Chrysta Castañeda, démocrate, affronte le candidat républicain, Jim Wright. Si la démocrate l’emporte cela pourrait conduire à des changements de politique de la commission, et notamment le rythme de la production et la rigueur de la réglementation.

Au Texas, la vague de participation pourrait se répercuter sur l’Assemblée de l’Etat. Les sondages montrent que Trump a une courte avance sur Biden, mais Biden est populaire dans les zones qui se mobilisent d’avantage aujourd’hui. Une victoire démocrate à la Chambre des représentants leur permettrait de négocier la politique énergétique et de modifier la législation qu’ils considèrent, parfois, comme trop favorable à l’industrie pétrolière.

En Pennsylvanie, le pouvoir est divisé entre le gouverneur démocrate Tom Wolf et le pouvoir législatif républicain. Biden est en tête dans les sondages. Cela pourrait donner aux démocrates une chance d’obtenir soit la Chambre, soit le Sénat. Wolf pourrait bénéficier de plus de soutien législatif dans ses efforts pour contrôler les émissions de l’industrie du gaz et pour adopter une taxe de départ sur la production de gaz. La Pennsylvanie est le seul grand État producteur de gaz sans taxe sur la production.

Le Nouveau-Mexique, 3ème État fédéré producteur de pétrole, tire la moitié de sa production de pétrole des terres fédérales. La plus grande partie de la croissance de sa production est liée à la fracturation hydraulique. La promesse de Biden d’arrêter la délivrance de permis de fracking sur les terres fédérales pourrait avoir un effet très important sur le Nouveau-Mexique (E&E).

Autorisation d’un projet de 590 millions de barils en Alaska

Le Bureau of Land Management, administrateur des terrains publics aux USA, a approuvé le projet Willow, un projet pétrolier de 4 Mds de dollars dans la North Petroleum Reserve in Alaska (NPR-A).

Le projet  Willow pourrait produire 590 millions de barils au cours de sa durée de vie, estimée à 30 ans. Il représenterait 1000 emplois pendant la construction et 400 postes permanents répartis sur cinq plates-formes, chacune pouvant compter jusqu’à 50 puits.

Le plan de gestion actuel de la NPR-A est au milieu d’une refonte, engagée par l’administration Trump, qui pourrait ouvrir la majeure partie de la réserve aux intérêts pétroliers. La réserve se trouve à l’ouest de l’Arctic National Wildlife Refuge, où l’administration Trump envisage une vente aux enchères de baux pétroliers et gaziers

Cependant, la plupart des grandes banques américaines ont annoncé qu’elles ne financeraient pas les projets pétroliers dans l’Arctique, où le changement climatique entraîne un réchauffement deux fois plus rapide que celui du reste du monde, selon le Arctic Report Card de la National Oceanic and Atmsopheric Administration (NOAA) (E&E News).

Le charbon et le gaz ne devraient plus revenir à leur niveau d’avant-crise dans la production électrique

Les consommations de charbon et de gaz dans les centrales électriques ont été fortement impactées par la pandémie et la baisse d’activité. Elles ne devraient plus revenir à leur niveau d’avant COVID-19, selon un rapport publié par Bloomberg.

La baisse de la consommation du charbon est le facteur le plus important de la baisse des émissions du secteur de l’électricité, estimée à 8,6% cette année. Alors que le charbon a déjà atteint son apogée aux États-Unis, il ne l’atteindra pas avant 2027 en Chine et 2030 en Inde.

Les investissements à grande échelle et le déploiement de nouvelle technologie pourraient réduire davantage les émissions. Il s’agit en particulier du captage et du stockage du carbone, de l’hydrogène vert, des réacteurs nucléaires modulaires (E&E News).

Le chiffre de la semaine : 80

C’est le montant, en millions de dollars, accordé par le Département de l’Energie au Coal FIRST project, pour le développement de nouvelles centrales à charbon, propres et productrices d’hydrogène (DOE).

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