Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-38

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-38

Sommaire

Écologie – Climat

  • Débat Trump-Biden : un débat animé sur les questions « climat – énergie »
  • US Climate alliance confirme son engagement pour le climat aux Etats-Unis
  • L’EPA consulte sur son projet de stratégie nationale pour la filière recyclage

Transport

  • Nouvelles étapes pour Cruise, Zoox, Waymo pour des services robotaxis sans chauffeurs
  • L’industrie du voyage appelle l’administration Trump à établir des protocoles de tests pour éliminer les restrictions sur les voyages
  • Les CDC recommandent « fortement » le port du masque pour les services de transport partagés

Énergie

  • Les Etats-Unis intensifient la pression sur les acteurs du gazoduc Nord Stream 2
  • NextEra – La société de l’énergie est dans le vent, elle annonce des records en cascade
  • L’US EIA dévoile ses perspectives pour le secteur énergétique à horizon 2050

Agenda

Écologie – Climat

Débat Trump-Biden : un débat animé sur les questions « climat – énergie »

Jeudi 22 octobre, Donald Trump et Joe Biden se sont affrontés sur le terrain de l’énergie, de l’environnement et du climat.

Concernant l’énergie, les clivages sur les renouvelables les combustibles fossiles et l’efficacité énergétique ont mené à la rupture, dont la phrase choc de Joe Biden résonne dans de nombreux commentaires post débat : « I would transition from the oil industry, yes ». Les candidats ont tous deux convenus qu’il s’agissait là d’une déclaration importante. Le sujet de la fracturation hydraulique avait déjà segmenté le débat précédent. Hier, Donald Trump a affirmé que Joe Biden allait détruire l’industrie pétrolière. De son côté, le candidat démocrate indique ne plus vouloir subventionner les énergies fossiles et rediriger les fonds vers les énergies propres pour créer de l’emploi.

Concernant l’environnement, Joe Biden a affirmé que ce qui importe aux populations qui vivent à proximité des usines chimiques ou pétrolières n’est pas le montant du salaire qu’elles reçoivent mais la manière dont vous les protégez des pollutions. Cette affirmation fait suite à la réponse du Président à la question du modérateur sur les soucis de ces populations quant à leur environnement. Il avait répondu « elles gagnent plus d’argent que jamais ».

Enfin, concernant le climat, Trump a défendu sa décision du retrait des accords de Paris. Il le déclare trop coûteux et inutile dans un pays où l’air et l’eau sont purs et où les émissions sont aujourd’hui les plus basses des 30 dernières années. Biden a qualifié le réchauffement climatique de « menace existentielle pour l’humanité », et il propose de traiter cette menace avec son plan climat qui créera des emplois.

Aujourd’hui, l’écosystème politique scrute les réactions des Etats fédérés sensibles à ces sujets, certains sont identifiés comme clés dans le processus électoral (E&E).

US Climate alliance confirme son engagement pour le climat aux Etats-Unis

L’US Climate alliance, coalition bipartisane de 25 Etats fédérés engagés dans la lutte contre le changement climatique, créée en 2017, a annoncé sa volonté de poursuivre son programme d’actions, qu’elle qualifie d’ambitieux et d’historique, et ce, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle.

Lors de la Climate week, organisée fin septembre par les Nations Unies et la ville de New York, 11 Gouverneurs  ont porté la voix des 25 Etats fédérés associés à ce programme, dont les résultats et les engagements sont publiés dans un rapport annuel. Ces 25 Etats représentent 55 % de la population et plus de 60 % de l’économie américaine.

Cette année, le rapport « Leading the charge : working together to build an equitable, clean and prosperous future », dont la parution coïncide avec l’évènement, indique pour  la période 2005-2018 : 14 % de réduction d’émissions.

Le rapport souligne également les mesures prises en faveur des énergies propres, entre 2016 et 2019, qui ont déjà créé plus de 133 000 emplois.

Les Gouverneurs ont annoncé leurs objectifs respectifs inscrits dans les lignes directrices adoptées par les membres de l’alliance. Ainsi, 16 membres s’orientent vers une production électrique soit totalement décarbonée (« carbon zero ») soit neutre en carbon (« net-zero ») ; 11 d’entre eux forment déjà un marché carbone intégré ; 16 Etats travaillent à l’adoption de mesures législatives pour l’arrêt de l’utilisation des HFC ; et 20 Etats organisent des plans d’adaptation au changement climatique.

Les membres de l’alliance sont déterminés à poursuivre les actions en faveur du climat avec ou sans un leadership fédéral. Ces 25 Etats fédérés indiquent que la reconstruction de leur économie s’opérera en priorisant le climat, l’égalité entre les citoyens, la santé et la résilience (US Climate Alliance).

L’EPA lance la consultation sur son projet de stratégie nationale pour la  filière recyclage

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a mis à la consultation du public son projet de stratégie nationale pour la filière recyclage.

Ce projet identifie les objectifs stratégiques et les actions requises pour créer une filière plus forte, plus résiliente et plus efficace économiquement pour les déchets municipaux.

Le  Cadre national de travail pour faire progresser le recyclage doit permettre à la filière de faire face à ses nombreux  défis, notamment : les confusions qui peuvent conduire à placer des matières recyclables en dehors des filières adaptées, les infrastructures de recyclage obsolètes ou inadaptées au volume des flux entrants, ou encore le marché économique réduit pour les produits recyclés.

La stratégie repose sur trois objectifs : produire des matériaux recyclés de haute-qualité, augmenter l’efficacité de la filière, améliorer les débouchés pour les matières et produits recyclés. L’EPA souhaite intégrer les retours de cette consultation, qui prend fin le 4 décembre, pour l’adoption de la stratégie avant le printemps 2021 (EPA).

Le chiffre de la semaine : 27 millions

Il s’agit de la somme, en dollars, que le Département de l’Energie (DOE) distribue à 12 projets pour l’innovation dans la filière du recyclage des matières plastiques : plastique biodégradable, déconstruction de haute qualité sont notamment au programme (DOE).

Transport

Nouvelles étapes pour Cruise, Zoox, Waymo pour des services robotaxis sans chauffeurs

Les deux start-ups américaines, Cruise (dont les principaux actionnaires sont General Motors, Honda et SoftBank) et Zoox (qui a récemment été acquise par Amazon) ont récemment été autorisées par les autorités californiennes à tester leurs véhicules autonomes sur certaines routes publiques californiennes sans présence d’un conducteur de sécurité derrière le volant. Ces opérations auront lieu à Foster City pour Zoox et à San Francisco pour Cruise. Zoox et Cruise sont respectivement les quatrième et cinquième sociétés à recevoir une autorisation de l’État pour tester des véhicules sans conducteur de sécurité, après Waymo, Nuro, et le chinois AutoX. 60 sociétés disposent en revanche d’une autorisation permettant de tester des véhicules autonomes avec un conducteur de sécurité en Californie. Cruise précise qu’il envisage de lancer ces opérations avant la fin de l’année, mais ne définit pas ses objectifs pour le déploiement d’un service de taxi autonome. Cruise avait pour projet de lancer un tel service en 2019, mais n’avait pu atteindre cet objectif.

Waymo, filiale d’Alphabet (Google), a pour sa part annoncé le 8 octobre l’ouverture progressive au public de son service de taxi autonome baptisé Waymo One dans la région de Phoenix, AZ, où le service était testé depuis fin 2018 par des utilisateurs présélectionnés (early riders). L’option sans conducteur sera limitée dans un premier temps aux utilisateurs déjà initiés au service Waymo One, puis sera progressivement étendue aux nouveaux utilisateurs dans les semaines à venir. « Prochainement, 100% de nos courses seront complètement sans chauffeur » annoncent-ils. Selon Waymo, 5 à 10 % de ses courses en 2020 ont été effectuées sans conducteur de sécurité, avec un petit groupe d’utilisateurs ayant accepté de signer des accords de confidentialité pour y participer.  (Business Insider, The Verge)

L’industrie du voyage appelle l’administration Trump à établir des protocoles de tests pour éliminer les restrictions sur les voyages

Une coalition d’une vingtaine d’organisations représentant l’industrie du voyage américaine, dont Airlines for America, l’US Travel Association et la US Chamber of Commerce, ont saisi par courrier le 22 octobre les Secrétaires américain à la Santé et aux Services Sociaux (HHS), au Transport (DOT) et à a Sécurité Intérieure (DHS) pour demander à l’administration d’adopter rapidement des mesures pratiques en matière de tests COVID-19 pour les voyages afin de pouvoir supprimer les quarantaines obligatoires et les restrictions de voyage en place. Ils demandent également l’établissement de critères et des seuils communs pour déterminer les risques épidémiologiques à une échelle régionale. La coalition pointe qu’actuellement 18 Etats ont mis en place des mesures de quarantaine, et que ce patchwork règlementaire est « déroutant et décourage les voyages ». Le courrier souligne il existe un large consensus parmi les acteurs du secteur de l’aviation et du voyage sur le fait que des protocoles de tests COVID-19 appropriés avant le départ peuvent servir d’alternative aux exigences actuelles, tout en augmentant la confiance des passagers envers le système de transport aérien. La coalition appelle le gouvernement fédéral à travailler avec les gouvernements des Etats fédérés et les partenaires internationaux pour aligner les protocoles. (The Hill)

Prolongation de la fermeture des frontières terrestres avec le Mexique et le Canada

Les autorités américaines ont annoncé lundi 19 octobre une septième prolongation d’un mois jusqu’au 21 novembre de la fermeture des frontières terrestres avec le Mexique et le Canada pour les déplacements non-essentiels des particuliers. Si l’annonce sur twitter du Secrétaire par intérim à la sécurité intérieure Chad Wolf laisse entrevoir la volonté côté américain d’un possible assouplissement de ces restrictions (« nous travaillons en étroite collaboration avec le Mexique et le Canada pour identifier des critères sûrs pour assouplir les restrictions à l’avenir et soutenir nos communautés frontalières »), les déclarations du côté canadien sont nettement moins optimistes. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau indiquait le 15 octobre lors d’une entrevue à la radio que la frontière canadienne avec les Etats-Unis resterait fermée jusqu’à ce que l’épidémie soit sous contrôle du côté américain. (Reuters)

Les CDC recommandent « fortement » le port du masque pour les services de transport partagés

Les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont publié lundi 19 octobre une mise à jour de leurs orientations « recommandant fortement » à tous les passagers et employés des services de transport partagés tels que les avions, trains, métros, bus, taxis et VTC de porter des masques pour prévenir la propagation de COVID-19, et recommandent également le port du masque dans les gares et terminaux. Les directives du CDC indiquent que l’embarquement devrait être refusé à toute personne ne portant pas de masque et préconisent de l’imposer à l’embarquement, au débarquement et pendant toute la durée du voyage. L’administration fédérale s’oppose depuis le début de la crise à toute législation ou règlementation fédérale excessive en la matière, préférant laisser la main aux Etats fédérés et aux autorités locales pour définir les exigences les plus appropriées en matière de port du masque. En pratique, la plupart des autorités de transport public, des aéroports et des compagnies aériennes ont mis en place des obligations de port de masque ou encouragent fortement les usagers à porter un masque. Le principal défi réside dans le respect de l’application de ces règles. (Reuters, MassTransit)

Le chiffre de la semaine : 1 031 505

Il s’agit du nombre de passagers aériens contrôlés dans les aéroports américains par les agents de la Transportation Security Administration (TSA) le dimanche 18 octobre 2020, soit environ 40% du nombre constaté en 2019 au cours de la même période (2 606 266). Pour la première fois depuis mi-mars le nombre de passagers contrôlés est passé au-dessus de la barre du million de passagers.(TSA)

Énergie

Les Etats-Unis intensifient la pression sur les acteurs du gazoduc Nord Stream 2

Le 20 octobre, le Department of Energy (DoE) a élargi la portée des sanctions contre le gazoduc Nord Stream 2 et a averti les entreprises impliquées dans ce projet qu’elles risquaient des sanctions si elles ne cessaient pas leurs activités dans les 30 jours.

« Le Département d’Etat et le Département du Trésor sont prêts à utiliser la gamme complète des possibilités de sanctions pour arrêter la construction de ce gazoduc », a déclaré le Département d’Etat.

Les nouvelles directives du DoE élargissent l’interprétation de la loi du Congrès Protecting Europe’s Energy Security Act (PEESA). Ainsi, en plus des navires qui participent à la pose des sections de canalisations, les installations ou autres navires concourant à l’avancée du chantier ainsi que les entités participant au financement des travaux, pourront être confrontées à des sanctions potentielles.

Néanmoins, ces directives indiquent que les États-Unis n’imposeront pas de sanctions aux entités intervenant actuellement « si ces personnes engagent immédiatement, et de bonne foi, la cessation de leurs activités, sans excéder 30 jours à compter de cet avertissement. »

L’action portée par le DoE intervient après que le ministre allemand des Affaires étrangères a donné un nouvel élan au projet Nord Stream 2, déclarant dans une interview du 17 octobre qu’il « supposait » que le projet serait achevé. Un peu plus de 150 km de canalisations restent à poser pour achever le gazoduc Nord Stream 2.

Ce gazoduc doublerait la capacité du corridor gazier depuis la Russie vers l’Allemagne, via la mer Baltique. Son achèvement réduirait la nécessité pour la Russie d’utiliser l’Ukraine comme pays de transit pour l’approvisionnement en gaz de l’Europe (S&P Global).

NextEra – La société de l’énergie est dans le vent, elle annonce des records en cascade

NextEra, énergéticien majeur de l’Amérique du Nord (nucléaire, gaz naturel, éolien et solaire dans 27 Etats des Usa et 4 Provinces canadiennes)  annonce plusieurs records pour sa filiale dédiée aux énergies renouvelables.

Son carnet de commande compte 15 000 MW dans le solaire, l’éolien et les projets de stockage d’énergie, soit 20 ans d’activités au moins, avec des projets novateurs et d’envergure mondiale. Par exemple, 1000 MW de solaire et stockage dans l’Indiana, ou encore, une usine d’hydrogène renouvelable, 20 MW d’électrolyse, en Californie. Dans l’hydrogène, 50 projets sont identifiés pour les secteurs du transport et de l’industrie.

La société indique offrir aux compagnies électriques, en tant que promoteur de projet, un panel de solutions techniques qui leur permet le saut technologique vers les objectifs : « net-zero » ou « carbon-free » (E&E).

L’US EIA dévoile ses perspectives pour le secteur énergétique à horizon 2050

L’administration indépendante en charge de la statistique dans le secteur de l’énergie aux Etats-Unis (US EIA) a présenté le 14 octobre ses perspectives à horizon 2050.

Après une brève rétrospective sur  les US (exportateur net de pétrole depuis 2011, exportateur net de gaz depuis 2017 et exportateur net d’énergie depuis 2019), l’US EIA a rappelé l’effet de transition sur les marchés induit par la pandémie.

La présentation de l’US EIA livre ensuite les perspectives à l’horizon 2050. Dans une tendance globale à la croissance de la demande, en particulier  pour l’électricité dont l’Inde et la Chine seront des acteurs clés, les énergies renouvelables, seront, de très loin, les premières pourvoyeuses d’électrons. L’US EIA identifie 3 points saillants auxquels elle consacre à chacun un focus : l’influence de l’Asie sur le prix du gaz et le coût des énergies renouvelables ; l’Inde et son influence régionale sur le marché de l’électricité ; le développement de l’électricité hors réseau en Afrique (US EIA).

Le chiffre de la semaine : 30

Il s’agit de la durée, en nombre d’années, du partenariat dans la filière électro-nucléaire entre les USA et la Pologne. Le communiqué du DoE indique que les deux Etats jugent cette coopération comme stratégique.

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