Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-37

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-37

Sommaire

Écologie – Climat

  • Commerce international et Climat – Biden souhaite une approche intégrée
  • Joe Biden équilibre les lignes de force pour sa révolution par les énergies propres
  • Le Department of State (DoS) publie sa fiche d’information : « Chine et Environnement »

Transport

  • Projet à l’étude de corridors aériens covid-free entre Londres et New York
  • COVID-19 : une étude confirme la faible probabilité de transmission dans les avions
  • Conflit commercial Airbus-Boeing : l’OMC autorise près de 4 Mds$ de droits additionnels pour l’UE

Énergie

  • Retournement de situation quant aux émissions de méthane dans l’Oil & Gas
  • Des nuages au-dessus des panneaux solaires – Augmentation des tarifs douaniers en vue
  • L’hydraulique s’organise – Les industriels du secteur et les écologiques convergent

 Agenda

  • 22 octobre: Financing for a Sustainable Ocean Economy: High-Level Dialogue, 14h à Paris
  • 22 octobre : 2ème débat présidentiel avec le changement climatique parmi les thèmes de discussion
  • 27 octobre : Making the Connection: How Can Governments Attract Private Investment for the Green Energy Transition? (16h à Paris)

Écologie – Climat

Commerce international et Climat – Biden souhaite une approche intégrée

Joe Biden, souhaite, comme plusieurs démocrates aux Congrès, utiliser les accords du commerce international pour lutter contre le changement climatique.

Dans cette logique, les accords commerciaux consacreraient des pénalités financières afin de faire observer par les signataires des réductions effectives de leurs émissions carbones.  Cette stratégie, si elle était appliquée, marquerait une rupture franche avec l’administration du Président Trump, qui a mis en place des outils, directs ou indirects, qui permettent de booster les exportations de combustibles fossiles.

Pour ces démocrates, la réduction des émissions ne peut s’opérer que si l’ensemble de la planète s’y contraint et les Etats-Unis ont le poids nécessaire pour pousser le monde entier à changer, car il possède le plus gros marché de consommation.

Plusieurs solutions sont envisagées, et l’une d’elles fait son chemin aux congrès : l’ajustement carbone aux frontières. Ce mécanisme aurait pour but de réduire les disparités carbones, entre des pays exportateurs, notamment de leurs pollutions et de leurs émissions de CO2, et d’autres qui en seraient les importateurs par l’achat de biens ou de services à faible qualité environnementale.

Les Etats-Unis émettent environ 16 % du CO2 mondial depuis leur territoire. 400 millions de tonnes supplémentaires leur seraient imputables du fait de leurs importations, soit l’équivalent de 8% de ce qu’ils émettent déjà depuis leur territoire.

Par ailleurs, les émissions des entreprises américaines, depuis le sol national ou en dehors, se placeraient, à elles seules, au 12e  rang des émetteurs si elles étaient classées comme un pays. C’est plus d’émissions que n’importe quel pays d’Europe. (POLITICO).

Joe Biden équilibre les lignes de force pour sa révolution par les énergies propres

Le 15 octobre, devant 13 millions de téléspectateurs, Joe Biden a tenu un discours, politique et technique à la fois, pour défendre son programme énergie-climat. Joe Biden a déroulé la clé de son programme : la décarbonation par les énergies propres. Les objectifs chiffrés, dont il a parfois perdu le fil, annoncent une décarbonation de l’électricité d’ici 2035 et une économie « carbon neutral » en 2050.

L’idéalisme du Green New Deal a vécu, selon lui mais le réalisme de sa révolution par les énergies propres lui survivra. Biden considère qu’une transition ne peut se passer de l’utilisation des énergies fossiles. Dès lors, leur utilisation doit être raisonnée et raisonnable pour accompagner les objectifs fixés.

« Nous capterons les émissions des centrales électriques à combustibles fossiles afin d’atteindre les objectifs climatiques » et d’ajouter « Je le précise, je ne propose pas d’interdire la fracturation ».

Joe Biden a indiqué le rôle central des infrastructures dans le secteur de l’énergie.  « Ce que nous devons faire, c’est nous concentrer sur la transmission de l’énergie à travers le pays à partir de zones liées à l’énergie solaire et éolienne », a déclaré le candidat démocrate. Il perçoit ce sujet comme intégrateur par les échanges qu’il nourrira entre zones, régions et Etats (E&E).

Le Department of State (DoS)  publie sa fiche d’information : « Chine et Environnement »

Le Ministère des affaires étrangères (DoS) a publié sa vision de la trajectoire environnementale chinoise au travers d’une fiche d’information : « China’s Environmental abuses ».

Le document met en vis-à-vis les actions chinoises et américaines dans de nombreux domaines : les émissions de gaz à effet de serre, la couche d’ozone, la qualité de l’air, la pollution au mercure, le trafic des espèces sauvages, l’exploitation forestière illégale, la gestion des déchets, les débris marins, la pêche illégale, la gestion des ressources en eau.

Le DoS perçoit la trajectoire chinoise comme menaçante pour l’économie et la santé, au niveau mondial. Il  insiste en particulier sur les effets néfastes du projet One Belt One Road Initiative (Nouvelle route de la soie), et plus spécifiquement sur ses effets sur le milieu marin.

Le chiffre de la semaine : 100 millions

Il s’agit du nombre de tonnes de CO2 qui seraient stockées dans le projet de séquestration carbone « Northern Lights », soutenu par la société américaine Microsoft. Le projet est situé en Norvège. Cette quantité équivaut à l’empreinte carbone annuelle d’un pays comme la Belgique (E&E).

Transport

Projet à l’étude de corridors aériens covid-free entre Londres et New York

Le Wall Street Journal (WSJ) fait état le 11 octobre des réflexions au sein de l’administration fédérale américaine pour la mise en place de corridors aériens spécifiques entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, entre New York et Londres, pour lesquels l’ensemble des passagers feraient un test du dépistage du COVID-19 avant le départ et à l’arrivée, avec pour objectif de restaurer la confiance des passagers et lever les mesures de quarantaines actuellement en vigueur ou en réduire la durée. L’article fait également mention de discussions avec l’Allemagne. Ces réflexions sont fortement soutenues par Airlines for America (A4A), l’association regroupant les principales compagnies aériennes américaines. Le Royaume-Uni impose actuellement une quatorzaine obligatoire aux passagers en provenance des Etats-Unis, et l’administration américaine a mis en place depuis le mois de mars 2020 une interdiction d’entrée sur le territoire américain pour toute personne ayant séjourné au cours des 14 derniers jours dans l’espace Schengen ou au Royaume-Uni, à l’exception des ressortissants américains et résidents permanents, qui doivent néanmoins respecter dans la plupart des cas une quatorzaine à leur arrivée aux Etats-Unis.

COVID-19 : une étude confirme la faible probabilité de transmission dans les avions

Une nouvelle étude menée par le Département de la défense américain (DoD) confirme le très faible risque de transmission du SARS-Cov-2 par aérosol entre passagers à bord des avions. En collaboration avec United Airlines, le DoD a effectué 300 tests distincts sur une période de six mois à bord de Boeing 777 et 767. Les tests utilisaient un mannequin équipé d’un générateur d’aérosol permettant d’imiter la respiration humaine et la toux d’un passager infectieux. L’étude montre que le risque de transmission est de 0,003 % lorsque les passagers portent un masque, et qu’il faudrait que les passagers volent pendant 54 heures continues pour être exposés à un risque de dose infectieuse. L’étude ne simule toutefois pas les effets liés au déplacement d’un passager contaminé au sein de la cabine.

Conflit commercial Airbus-Boeing : l’OMC autorise près de 4 Mds$ de droits additionnels pour l’UE

Alors que l’OMC a formellement accordé le 13 octobre à l’Union Européenne le droit d’appliquer près de 4 Mds USD de droits additionnels sur des importations américaines dans le cadre du règlement du différend commercial opposant les deux constructeurs aéronautiques depuis une quinzaine d’années, les autorités américaines plaident que l’UE n’est pas en droit d’appliquer ces droits additionnels, et menace l’UE de représailles plus sévères en cas de mise en place de ces mesures. Le représentant américain au commerce extérieur (USTR) considère que la décision de l’OMC n’autorise pas l’UE à mettre en œuvre de tels droits additionnels compte tenu de l’annulation plus tôt cette année des aides d’Etats illégales au profit de Boeing (annulation des réductions fiscales accordées par l’Etat de Washington) alors que ces dernières constituent la seule base sur laquelle l’arbitre de OMC fonde sa décision au profit de l’UE.

Les médias rapportent que l’USTR aurait proposé de régler le litige et de lever les droits sur les importations européennes (7,5 Mds USD autorisés par l’OMC en octobre 2019), qui affectent actuellement les importants de gros avions avec 15% de droits additionnels et 25% sur différents autres biens européens dont des produits agricoles, si Airbus remboursait les aides illégales reçues des gouvernements européens. Ce scénario est rejeté en cette fin de semaine par le Commissaire européen au commerce Valdis Dombrovskis.

Le NY Times se prononce sur le référendum californien sur le statut des chauffeurs

Dans un article d’opinion du 12 octobre, le comité éditorial du New York Times appelle les électeurs californiens à rejeter la « proposition 22 » soumise au réferendum en Californie par les plateformes Uber et Lyft en novembre prochain. La mesure vise à exempter les plateformes proposant des services VTC et de livraison de la loi californienne AB5 entrée en vigueur début 2020, qui impose de reclasser les travailleurs de la « gig economy » en salariés. Le comité éditorial dénonce une mesure qui priverait les travailleurs de ces industries de la plénitude des avantages et rémunérations normalement dus à tout salarié, malgré les droits supplémentaires que créerait la proposition 22. Le comité conclut qu’en rejetant la proposition, les électeurs offriraient la chance aux travailleurs de la « gig économy » d’accéder aux protections que tous les travailleurs méritent.

Le chiffre de la semaine : 5,4 Mds USD

Il s’agit des pertes enregistrées par la compagnie Delta Air Lines au 3ème trimestre 2020, soit à peu près autant qu’au 2ème trimestre. Le chiffre d’affaire de Delta est en repli de 76% par rapport à la même période en 2019. United Airlines enregistre des pertes de 1,8 Mds USD. American communiquera ses résultats la semaine prochaine. (The Hill, CNBC)

Énergie

Retournement de situation quant aux émissions de méthane dans l’Oil & Gas

Le juge Scott Skavdahl, siégeant dans le Wyoming, a annulé, le 8 octobre 2020, la réglementation fédérale, référencée FR 830008, qui avait pour but de réduire les émissions de méthane provenant de la mise à l’air, du torchage ou des fuites lors de l’exploitation des installations de production de gaz naturel et de pétrole situées sur les terres fédérales ou indiennes.

Le juge considère que l’autorité administrative a agi en dehors de son champ de compétence légale. Il considère cette réglementation, ainsi que son processus d’élaboration, comme un détournement de pouvoir qui revient, de droit, au Congrès. Il indique que ce processus est symptomatique de la situation de blocage au Congrès qui avait cours à l’époque. Il qualifie d’ailleurs cette réglementation fédérale d’arbitraire et de  capricieuse.

The Western Energy Alliance et The Independent Petroleum Association of America, deux syndicats professionnels du secteur de l’Oil & Gas, se réjouissent de la décision de la cour fédérale de justice.

Les défenseurs de cette réglementation prennent acte du fait que, du fait de cette décision de justice, la pollution ne sera pas réduite et qu’elle baissera les revenus des communautés tribales (une partie de cette réglementation prévoyait des redevances, ndlr) (E&E).

Des nuages au-dessus des panneaux solaires – Augmentation des tarifs douaniers en vue

Le Président Trump a appelé à l’augmentation des tarifs douaniers à l’importation de panneaux solaires, ainsi qu’à la suppression de l’exemption de ces mêmes tarifs dont bénéficiaient les panneaux bifaces. Le Président souhaite que les tarifs existants passent, pour tous les panneaux, de 15% à 18%.

Ces mesures sont accueillies de manière ambivalente par le secteur des énergies alternatives, car, d’un côté, elles sont favorables aux fabricants nationaux, d’un autre, elles pourraient être un frein à la filière solaire dans son ensemble. Le solaire deviendrait moins compétitif que d’autres énergies.

Par ailleurs, les laboratoires fédéraux indique que les panneaux bifaciaux peuvent produire 10% d’énergie de plus que les unilatéraux. Certaines de leurs études estiment que la part des bifaciaux dans le marché américains des panneaux pourrait passer de 3%  à plus de 40% d’ici 2025.

Cependant aucun fabricant américain ne produisait des modules bifaciaux en février dernier. La levée de l’exemption sur le segment des panneaux bifaces protégerait les fabricants américains sur ce segment en pleine croissance.

La politique commerciale du pays est au cœur des  débats de la campagne pour l’élection présidentielle.

Selon le président de l’association américaines des industries de l’énergie solaire, le candidat démocrate, Joe Biden, s’il est élu, pourrait devoir rapidement annuler les tarifs douaniers qui augmentent le coût de l’énergie solaire, mais aussi ceux qui portent sur d’autres énergies alternatives. (E&E).

L’hydraulique s’organise – Les industriels du secteur et les écologiques convergent

Les promoteurs hydroélectriques, les défenseurs de l’environnement et d’anciens responsables du secteur de l’énergie ont annoncé, le 13 octobre dernier, une collaboration pour accroitre le rôle des énergies hydrauliques dans la lutte contre le changement climatique.

Cette collaboration représente une  trêve entre l’industrie hydroélectrique et les groupes verts qui s’opposent régulièrement sur ce type de projet.

Cet effort a nécessairement attiré l’attention du département de l’Énergie. Une telle coalition pourrait obtenir des crédits d’impôt et des subventions fédérales.

Le rapprochement entre l’industrie hydroélectrique et les écologistes intervient alors que plusieurs États, en particulier dans le Nord-Est, se tournent vers cette ressource pour atteindre leurs objectifs climatiques.

Une étude réalisée en 2016 par le département de l’Énergie estimait que la capacité hydroélectrique pouvait passer de 101 GW cette année-là à près de 150 GW d’ici 2050 (E&E).

Le chiffre de la semaine : 160 millions

Il s’agit du montant, en dollars, attribué par le DoE, le 13 octobre dernier, à la filière des réacteurs nucléaires avancés.  Cette somme doit permettre la construction de deux pilotes. Le DoE juge la filière aussi prometteuse que nécessaire, ce qui explique ces investissements ambitieux (E&E).

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