Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-27

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-27

Sommaire

Écologie – Climat

  • Joe Biden actualise son programme sur le climat
  • La Virginie rejoint la Regional Greenhouse Gas Initiative
  • Révision des normes d’émissions des installations de combustions industrielles

Transport

  • Le Président Trump entérine sa réforme de l’évaluation environnementale des infrastructures
  • Une coalition pour atteindre 100% de poids lourds zéro-émission vendus en 2050
  • Le NTSB pointe des erreurs de pilotage dans le crash d’Atlas Air de février 2019

Énergie

  • L’objectif de Joe Biden de neutralité carbone du mix électrique en 2030 est-il réaliste ?
  • Californie : connexion au réseau d’un important système de stockage sur batterie
  • Le DOE publie un projet de feuille de route sur le stockage

Agenda

  • 22 juillet : événement en ligne « Green Stimulus and the energy transition » organisé par l’Atlantic Council (17h00 à Paris)

Écologie – Climat

Joe Biden actualise son programme sur le climat

Joe Biden a révisé le 14 juillet  son programme de campagne en matière de lutte contre les changements climatiques, promettant désormais d’investir 2 000 Mds US (contre 1 700 Mds USD jusqu’à présent), avec un plan d’infrastructure et sur les énergies vertes qui permettrait d’éliminer complètement les énergies fossiles de l’approvisionnement en électricité des Etats-Unis en  moins de 15 ans. Actuellement 63% de la production d’électricité est issue de source fossile (gaz, charbon, fioul) selon l’agence d’information sur l’énergie. Cet objectif reprend l’une des principales propositions de sa task force sur le climat publiée la semaine passée. Joe Biden créerait également un programme pour inciter les automobilistes à échanger leurs voitures à essence et diesel contre des véhicules électriques – s’inspirant d’une proposition de législation en 2019 du leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer (D-N.Y.) – et s’assurerait qu’au moins 40 % des dépenses du plan soient consacrées aux communautés minoritaires qui ont toujours été impactées de manière disproportionnée par les pollutions.  D’autres promesses sont axées sur la justice environnementale, notamment la création d’une nouvelle « Division de la justice environnementale et climatique » au sein du Département de la justice pour poursuivre les entreprises – et potentiellement leurs dirigeants- pour les pollutions qui affectent les minorités. Joe  Biden souhaite également améliorer l’efficacité énergétique de 4 millions de bâtiments commerciaux et de 2 millions d’habitations particulières au cours de son premier mandat de quatre ans, ainsi que la construction de 1,5 million de nouvelles habitations, dont un grand nombre de logements sociaux.

La Virginie rejoint la Regional Greenhouse Gas Initiative

La Virginie a officiellement rejoint la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI), devenant ainsi le premier État du Sud à participer au marché régional de plafonnement et d’échange de droits d’émission de carbone entre les États du Nord-Est des Etats-Unis. Dans le même temps, la Chambre des représentants de Pennsylvanie, contrôlée par les Républicains a adopté début juillet une proposition de loi qui pourrait entraver les tentatives de cet État de rejoindre ce marché. La RGGI a été fondée en 2009 pour inciter les producteurs d’électricité à réduire leurs émissions et à investir dans les technologies propres. Les États membres s’accordent sur un plafond pour les émissions de CO2, et les producteurs d’électricité respectent ce plafond ou achètent des quotas supplémentaires par le biais d’enchères. Les États participants sont le Connecticut, le Delaware, le Maine, le Maryland, le Massachusetts, le New Hampshire, New York, Rhode Island, le Vermont, le New Jersey et à présent la Virginie. L’année dernière, le gouverneur de Pennsylvanie, Tom Wolf (D), avait demandé au State Department of Environmental Protection de l’Etat d’élaborer une proposition de règle avant le 31 juillet pour que la Pennsylvanie rejoigne le RGGI. Depuis lors, il a dû faire face à une opposition croissante de la part de l’Assemblée générale contrôlée par les Républicains et des groupes charbonniers et de travailleurs (E&E news, 10 juillet).

Révision des normes d’émissions des installations de combustions industrielles

L’agence de protection de l’environnement (EPA) a dévoilé le 9 juillet une proposition d’évolution de sa  réglementation sur les rejets de substances toxiques dans l’air par les chaudières industrielles et commerciales.  La règlementation proposée vise à répondre à deux décisions de la cour d’appel du District de Columbia qui ont mis en évidence des lacunes importantes dans les normes adoptées sous l’administration Obama. Elle réviserait 34 des 90 limites d’émissions pour certains types de chaudières nouvelles et existantes, a déclaré l’agence dans un communiqué de presse. Les changements proposés réduiraient les émissions globales de particules d’environ 244 tonnes par an, tout en réduisant les rejets de polluants comme le formaldéhyde, le benzène et les matières organiques polycycliques, selon une autre fiche de l’EPA.

Le chiffre de la semaine : 100 Mds USD

Il s’agit du montant des économies qui seraient réalisées entre 2030 et 2045 par les automobilistes californiens utilisant des véhicules zéro émissions  dans une perspective de 80% de décarbonation du secteur des transports en 2050, selon une étude de l’UCDavis (Californie). Le coût de transition ne serait plus que de 7 Mds USD entre 2020 et 2030, contre 25 Mds USD dans une estimation précédente de 2016 et 14 Mds USD dans une estimation en 2019.

Transport

Le Président Trump entérine sa réforme de l’évaluation environnementale des  infrastructures

Le Président Trump a présenté le 15 juillet à Atlanta la version finalisée de la nouvelle règlementation révisant le processus d’autorisation des projets d’infrastructures fédérales (autoroutes, centrales électriques, gazoducs,…) au titre de la loi nationale de protection environnementale datant de 1970 et actée sous l’ère du Président Nixon (NEPA – National Environmental Protection Act). Cette réforme avait été initiée par l’administration Trump début 2018. Elle permet de raccourcir les délais de réalisation des études environnementales et de consultation du public en définissant des échéances fermes à chaque étape du processus de l’évaluation environnementale, permettant notamment d’en limiter la durée à un ou deux ans. Elle réduit également la nécessité de prendre en compte les effets du changement climatique, ainsi que les impacts indirects ou cumulatifs des projets sur l’environnement. Elle spécifie également que les agences fédérales sont tenues d’évaluer seulement les impacts « raisonnablement prévisibles » d’un projet. Cette réforme constitue une victoire importante pour le Président Trump ainsi que pour les acteurs industriels et de la construction qui considéraient depuis des années que la loi NEPA offraient trop de latitudes aux activistes environnementaux pour s’opposer à tout projet d’infrastructure. (NYT)

Une coalition pour atteindre 100% de poids lourds zéro-émission vendus en 2050

Une coalition réunissant quinze Etats et le District de Columbia a signé un protocole d’accord entérinant une collaboration visant à promouvoir le développement et la vente de véhicules lourds zéro-émission (ZEV) (poids lourds et bus), avec l’objectif d’atteindre 100% des ventes en 2050, et un objectif intermédiaire de 30% en 2030. Les partenaires se sont fixé un délai de 6 mois pour mettre sur pied leur plan  d’action. 37 entreprises, dont DHL, PepsiCo et Unilever, se sont déclarées solidaires de l’initiative. Celle-ci s’inscrit dans les traces de la règlementation récemment adoptée en Californie et imposant des quotas de ventes de poids lourds sur le marché californien. (SmartCities Dive)

Le NTSB pointe des erreurs de pilotage dans le crash d’Atlas Air de février 2019

Lors de la présentation des conclusions de l’enquête ayant fait suite au crash le 19 février 2019 d’un avion de fret B767 de la compagnie Atlas Air – opérant pour le compte d’Amazon Air et de USPS – près de Houston, TX, le National Transportation Safety Board (NTSB) a pointé en premier chef les erreurs de pilotage du co-pilote alors aux commandes, ainsi que des lacunes dans les compétences des pilotes, et la supervision insuffisante du commandant de bord lors de l’accident, qui n’a pas su corriger l’erreur de son copilote. Le copilote avait involontairement remis les gaz (activation du mode go-around) en phase de descente à 6000 pieds, puis piqué suite à une désorientation spatiale croyant que l’avion décrochait, entrainant la descente rapide de l’appareil et son crash. Le NTSB souligne également que cette situation aurait pu être évitée si une base de données sur les dossiers des pilotes avait été mise en place par la Federal Aviation Administration (FAA) comme l’en avait mandaté le Congrès 10 ans plus tôt. Le copilote avait selon le NTSB de longs antécédents de problèmes de formation chez plusieurs employeurs, et aurait dissimulé ses lacunes professionnelles auprès d’Atlas Air. Le NTSB qualifie également d’inapproprié le processus de vérification des antécédents des pilotes par la compagnie Atlas Air. La FAA indique que la règlementation instaurant une nouvelle base de données permettant de fournir aux employeurs potentiels un accès rapide aux informations sur les performances des pilotes et leurs dossiers professionnels sera publiée en janvier prochain. (Reuters)

Prolongation de l’interdiction des croisières

Les autorités sanitaires américaines (Centers for Disease Control and Prevention – CDC) ont étendu le 16 juillet la décision d’interdiction de navigation pour les navires de croisière dans les eaux territoriales américaines jusqu’au 1er octobre prochain. Entre le 1er mars et le 10 juillet, les CDC notent que 80% des navires de croisière présents dans les eaux américaines ont été affectés par le COVID-19. (LA Times)

Le chiffre de la semaine : 25 000

Il s’agit du nombre de salariés de la compagnie American Airlines ayant reçu notification cette semaine par leur employeur de leur potentiel licenciement ou mise en congé sans solde à l’automne, ce chiffre incluant près de 10 000  personnels  de bord et 2 500 pilotes. La semaine dernière la compagnie United Airlines avait envoyé le même avertissement à 36 000 de ses salariés. Les compagnies aériennes ayant bénéficié des aides fédérales prévues au plan de relance  étaient tenues de préserver leurs emplois jusqu’au 30 septembre 2020. (The Hill)

Un groupe bipartisan de parlementaires de la Chambre de représentants et plusieurs organisations syndicales du secteur aérien poussent pour que le Congrès adopte une mesure d’extension des aides aux compagnies aériennes, et étende l’interdiction des licenciements jusqu’à mars 2021.  Airlines for America (A4A) soutient également l’initiative. (Reuters)

Énergie

L’objectif de Joe Biden de neutralité carbone du mix électrique en 2030 est-il réaliste ?

Les réactions à la promesse de Joe Biden ont suscité diverses opinions sur l’objectif de neutralité carbone du secteur de l’électricité en 2035.  Pour certains acteurs, cet objectif est très ambitieux, mais il serait possible de l’atteindre. D’autres acteurs rappellent que parmi les producteurs ayant pris des engagements, une majorité d’entre eux se fixent un horizon plus lointain entre 2045 et 2050. Tel est notamment le cas des entreprises dites investor owned utilities qui fournissent de l’électricité à 220 millions d’Américains adhérentes à l’Edison Electric Institute qui se sont engagées à réduire leur émissions de 80% en 2050 par rapport à 2005. Une autre difficulté sera de coordonner cette promesse avec les politiques énergétiques des Etats. Ainsi, la Californie qui est parmi les Etats les plus avancés en matière de déploiement d’énergies renouvelables  s’est fixé en 2018 l’objectif d’atteindre la  neutralité carbone de son mix électrique en 2045 (E&E news, 15 juillet).

Vers des pertes d’emplois permanentes dans le secteur des énergies vertes ?

Les promoteurs des énergies renouvelables avertissent que de nombreuses pertes d’emplois dans leur secteur pourraient devenir permanentes, malgré un rapport publié le 10 juillet qui donne des indications sur une reprise de l’emploi entre fin mai et mi-juin. Quelque 106 300 emplois ont ainsi été rétablis entre mai et juin, écrit le BW Research Partnership dans un rapport commandé par les organisations E2, E4TheFuture et l’American Council on Renewable Energy. Toutefois, plus de 514 000 employés du secteur restent encore sans emploi après avoir été licenciés au cours de la pandémie COVID-19, malgré la réouverture de l’économie (E&E news 13 juillet).

Californie : connexion au réseau d’un important système de stockage sur batterie

Un important système de stockage sur batterie vient d’être connecté au réseau électrique de la Californie, donnant à l’État plus de souplesse pour accumuler l’excédent d’énergie solaire produite pendant les périodes les plus ensoleillées de la journée et la consommer ultérieurement. Le California Independent System Operator (CAISO), qui gère un réseau alimentant  80 % de la Californie et une petite partie du Nevada, a ajouté 62,5 mégawatts à sa capacité de stockage en juin, lorsque la phase initiale du projet Gateway Energy Storage de LS Power Group est entrée en service à San Diego.  Si tous les projets prévus seront achevés dans les délais, la capacité de stockage de l’opérateur du réseau sera multipliée par six d’ici la fin 2020, contre 136 mégawatts au début de l’année, a déclaré CAISO dans un communiqué. La capacité actuelle installée est de 216 mégawatts. Le stockage jouera un rôle clé dans les objectifs de l’Etat pour intégrer les énergies renouvelables, a déclaré Steve Berberich, président de la CAISO. Il prévoit que jusqu’à 15 gigawatts de stockage seront nécessaires pour permettre à l’État d’atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2045 (Bloomberg, 13 juillet).

Le DOE publie un projet de feuille de route sur le stockage

Le Département de l’énergie (DOE) a publié le 14 juillet un projet de feuille de route pour la recherche et le développement dans le cadre de son grand défi sur le stockage de l’énergie. Ce projet marque une étape importante dans les efforts du DOE pour réduire le coût du déploiement du stockage de l’énergie. Le projet de feuille de route du DOE met en avant cinq éléments : le développement technologique, la fabrication et la chaîne d’approvisionnement, la transition technologique, l’évaluation, et le développement de la main-d’œuvre. Trois questions fondamentales se posent pour chacune de ces voies, a déclaré le DOE : comment innover aux États-Unis, comment fabriquer la technologie ici, et comment la déployer à la fois dans le pays et à l’étranger. Une consultation publique est organisée jusqu’au 21 août.

Le chiffre de la semaine : 1,81 USD/MMBtu

Il s’agit du prix mensuel moyen du gaz naturel sur le marché spot du Henry Hub au cours du premier semestre 2020. A 1,63 $/MMBtu en juin, le prix mensuel corrigé de l’inflation (réel) a été le plus bas depuis au moins 1989, selon l’agence d’information sur l’énergie (EIA, 13 juillet).

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