Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-19

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-19

 

Sommaire

Écologie – Climat

  • La Californie revoit à la baisse le financement de ses actions pour le climat
  • Covid 19 : une proposition de loi pour lutter contre les risques liés au commerce d’espèces sauvages
  • Le DHS invité à réviser les normes de cybersécurité des installations chimiques

Transport 

  • La TSA pourrait réaliser des contrôles de température dans une douzaine d’aéroports
  • Les constructeurs auto rouvrent leurs sites dans un contexte de demande morose
  • Statut des chauffeurs : la Californie poursuit Uber et Lyft

Énergie

  • La production renouvelable de plus en plus couplée à de grands systèmes de batteries
  • S’il était élu, Joe Biden remettrait en cause l’autorisation de l’oléoduc Keystone XL
  • Un important projet de production d’hydrogène vert en Californie

Agenda

  • 28 mai : Présentation du rapport  “European Energy Security and the Critical Role of Transatlantic Energy Cooperation: Final Report and Recommendations.” organisé par l’Atlantic Council (14h-15h15 à Paris)
  • 28 mai : This is Climate Tech, un événement en ligne organisé par Greenbiz sur le regain d’intérêt des investisseurs pour les startups engagées dans la lutte contre les changements climatiques (19h00 à Paris)

Écologie – Climat                                                           

La Californie revoit à la baisse le financement de ses actions pour le climat

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a publié le 14 mai un budget rectificatif qui propose des réductions de financement pour faire face à un déficit prévu de 54 milliards de dollars. La révision porte essentiellement sur le fonds général de l’État, que l’administration californienne a proposé de réduire de 12,7 milliards de dollars, pour faire face à la baisse des recettes et à l’augmentation des coûts liés à la pandémie. La plupart des programmes sur le climat de la Californie sont financés par les recettes du programme de plafonnement et d’échange de droits d’émission de carbone de l’État, qui sont notamment allouées aux incitations à la décarbonation des transports. Avant l’apparition du virus, la Californie prévoyait plus de 2 milliards de dollars de recettes lors des enchères du système de quotas d’émission au cours de l’exercice 2020-21. Mais les experts affirment à présent que ce montant risque de diminuer significativement. Les plus importants émetteurs de l’état tels que les raffineries de pétrole et les cimenteries n’auront pas besoin d’acheter autant de quotas carbone pour compenser leurs émissions, car elles fonctionnent à capacité réduite. Le financement du programme californien des véhicules électriques est supprimé dans ce projet rectificatif. Ce budget rectificatif remet aussi en cause le financement prévu de 250 millions USD du « Climate Catalyst Fund », qui devait accorder des prêts à faible taux d’intérêt aux entreprises déployant des technologies à faibles émissions.

Covid 19 : une proposition de loi pour lutter contre les risques liés au commerce d’espèces sauvages

Le sénateur démocrate du Delaware Chris Coons et le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham ont présenté le 19 mai une proposition de loi visant à lutter contre les risques liés au commerce des espèces sauvages. Le « Global Wildlife Health and Pandemic Prevention Act » ordonnerait aux agences américaines compétentes d’identifier les espèces susceptibles de propager des maladies et d’utiliser l’arme diplomatique pour bloquer les échanges de ces espèces. Le Président pourrait également sanctionner les pays qui n’agissent pas contre les risques liés au commerce d’espèces sauvages, selon une synthèse de la proposition. Ce projet a été déposé quelques heures après que l’ancien directeur du Fish and Wildlife Service sous l’administration Obama, Dan Ashe, ait averti que les États-Unis devaient faire face à leurs lacunes en matière de surveillance du commerce de ces espèces, notamment en adoptant des changements importants au Lacey Act – alors qu’ils se préparent à la « prochaine pandémie » déclenchée par les maladies transmises par la faune sauvage. Dan Ashe et d’autres experts des espèces sauvages participaient à un événement virtuel organisé par la commission des ressources naturelles de la Chambre des Représentants sur la propagation des zoonoses dans le cadre de la pandémie COVID-19.

Le DHS invité à réviser les normes de cybersécurité des installations chimiques

Le Department of Homeland Security (DHS) n’a pas mis à jour les normes de cybersécurité de son Chemical Facility Anti-Terrorism Standards (CFATS) program, pour protéger les installations chimiques « à haut risque » depuis plus de dix ans, laissant potentiellement les portes ouvertes aux pirates informatiques, selon un rapport du Government Accoutability Office (GAO) paru le 14 mai. Le CFATS est géré par la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency du DHS; il supervise la sécurité physique et numérique de plus de 3 300 installations chimiques. Le rapport du GAO a été publié après que les parlementaires aient temporairement prolongé de trois mois le financement du CFATS dans le cadre du plan de relance économique de 2 000 Mds USD de fin mars.

Michigan – Rupture d’un barrage à la suite de fortes précipitations

Des précipitations majeures ont provoqué le 19 mai la rupture d’un barrage et un lâché d’eau incontrôlé d’un autre ouvrage dans le centre du Michigan, forçant l’évacuation de 10 000 habitants en pleine pandémie, l’arrêt d’urgence des installations d’un site Dow Chemical et déclenchant une alerte au niveau d’un réacteur nucléaire dans la région (New York Times 19 mai, E&E news 20 mai).

Le chiffre de la semaine : 10 Mds USD

Il s’agit du montant de l’ambitieux « plan d’action » proposé le 18 mai par le Center for Biological Diversity et le Natural Resources Defence Council afin de renforcer la prise en compte des liens potentiels entre le commerce international des espèces sauvages et les pandémies telles que le COVID-19.

Transport

La TSA pourrait réaliser des contrôles de température dans une douzaine d’aéroports

La Transportation Security Administration (TSA) se prépare à instaurer des contrôles de température sur les passagers dans une douzaine d’aéroports, rapporte le Wall Street Journal le 15 mai, en réponse notamment aux demandes insistantes des compagnies aériennes américaines qui espèrent redonner confiance à leurs clients. La proposition serait en cours de révision à la Maison blanche pour une mise en œuvre très prochaine. Plusieurs parlementaires s’interrogent toutefois sur la pertinence de ces mesures, la TSA n’ayant pas formellement compétence pour pratiquer de tels tests, et des porteurs asymptomatiques ou sans fièvre échapperaient à ces contrôles, alors que des passagers fiévreux mais non contaminés au COVID-19 pourraient être empêchés de voyager. Certains redoutent également que ces mesures n’exposent davantage les agents de la TSA.

Les constructeurs auto rouvrent leurs sites dans un contexte de demande morose

La pandémie de coronavirus a obligé les constructeurs automobiles à fermer pratiquement toutes les usines automobiles d’Amérique du Nord en mars dernier, faisant chuter la production à un niveau jamais atteint depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis le 18 mai, les constructeurs automobiles américains General Motors, FCA, et Ford les ont rouvertes par étapes et ont repris progressivement la production. Il faudra probablement des mois, voire des années, pour que les entreprises retrouvent les niveaux de production d’avant la crise. Jusqu’à présent, l’industrie automobile s’est abstenue de demander l’aide de l’administration Trump ou du Congrès, mais le déclin de la production et des ventes automobiles, en chute de plus de 50% en avril, a poussé la semaine dernière une cinquantaine de parlementaires issus d’Etats producteurs automobile à souligner la nécessité d’un soutien fédéral dans le prochain stimulus économique. (Politico)

Uber réduit de plus de 25% ses effectifs

Malgré les levées progressives des restrictions, et compte tenu de l’incertitude quant au retour rapide de la demande, Uber a annoncé le 18 mai le départ prochain de 3000 collaborateurs supplémentaires, s’ajoutant aux 3700 départs déjà annoncés le mois dernier, portant à plus de 25% la réduction des effectifs de l’entreprise. 45 bureaux seront également fermés, et les ambitions de l’entreprise seront revues à la baisse sur certaines activités non centrales, dont le véhicule autonome et le fret. Uber a enregistré en avril une chute de 80% des revenus issus de l’activité VTC (Uber Ride) par rapport à la même période en 2019. (WSJ)

Statut des chauffeurs VTC: la Californie poursuit Uber et Lyft

L’Etat de Californie, ainsi que les villes de Los Angeles, San Francisco et San Diego ont engagé début mai des poursuites judiciaires contre Uber et Lyft pour ne pas avoir reclassé en salariés les chauffeurs travaillant pour leur plateforme malgré l’entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2020 de la loi californienne AB5 sur « la gig économie ». L’Attorney General de Californie précise que l’Etat cherchera le recouvrement de centaines de millions de dollars de cotisations sociales éludées, ainsi que le paiement des compensations dues aux chauffeurs. Uber, Lyft et plusieurs autres plateformes ont mobilisé plus de 110 M$ pour soutenir un référendum (ballot initiative) en novembre prochain qui les exempteraient de cette loi. (NPR)

Malgré la chute des trafics routiers, la qualité de l’air s’est peu améliorée

Malgré la baisse spectaculaire du trafic routier ces dernières semaines, une étude de NPR révèle que l’amélioration de pollution de l’air n’est pas aussi importante qu’attendue, et pointe la prédominance d’autres sources d’émissions de polluants atmosphériques. Dans la grande majorité des cas, la pollution à l’ozone n’a diminué que de 15% ou moins, malgré une diminution du trafic automobile de plus de 40 %. Dans des villes telles que Los Angeles, les émissions de poids lourds auraient contribué à la persistance d’une mauvaise qualité de l’air pendant le confinement. Des villes industrielles telles que Houston n’ont enregistré que 11% d’amélioration des quantités d’ozone, et dans la vallée de l’Ohio et à Pittsburgh, une région fortement dépendante du charbon, la pollution à l’ozone n’a diminué que de 3 à 8% dans les grandes villes.

Prolongation de la fermeture des frontières avec le Canada et le Mexique

Les Etats-Unis ont annoncé la prolongation pour 30 jours supplémentaires la fermeture de leur frontière avec le Canada et le Mexique aux voyages non-essentiels, reportant une éventuelle réouverture au 22 juin prochain. (Reuters)

Le chiffre de la semaine : 14%

Il s’agit de l’augmentation du taux de mortalité routière (nombre de personnes tuées sur la route par 100 million de miles parcourus) en mars 2020 d’après le National Safety Council, comparé à la même période de 2019. A travers les Etats-Unis, les forces de l’ordre ont rapporté une augmentation des vitesses excessives sur des routes moins circulées en période de confinement, pouvant expliquer cette hausse de la mortalité routière.

Énergie

La production renouvelable de plus en plus couplée à de grands systèmes de batteries

Le couplage des sites industriels de production électrique éolienne ou solaire dits « utility scale » avec de grands stockages d’énergie, en particulier les batteries, est de plus en plus courant, car le coût de ces technologies de stockage continue à diminuer. Le dernier inventaire du 18 mai de l’Agence américaine de l’information sur l’énergie (EIA) montre que le nombre de grands sites de production d’énergie solaire et éolienne co-localisés avec des batteries est passé de 19 sites jumelés en 2016 à 53 sites en 2019. Cette tendance devrait se poursuivre : selon les installations prévues signalées à l’EIA, 56 autres grandes installations couplant énergie renouvelable et stockage par batteries seront mises en service d’ici à la fin de 2023.

S’il était élu, Joe Biden remettrait en cause l’autorisation de l’oléoduc Keystone XL

L’organisation de campagne présidentielle de Joe Biden a déclaré le 18 mai que s’il était élu président, le candidat démocrate présumé annulerait le permis autorisant le projet controversé d’oléoduc Keystone XL, dont le Président Trump en 2017, avait fait de la construction une promesse centrale de sa campagne présidentielle. La construction de la canalisation, qui transporterait 830 000 barils de brut par jour de l’Alberta (Canada) au Midwest américain, a été retardée pendant plus de dix ans par l’opposition des propriétaires terriens, des groupes environnementaux et des tribus. Le mois dernier, un tribunal fédéral américain avait contesté une étude d’impact environnementale de l’U.S. Army Corps of Engineers et suspendu les travaux de construction (USA Today, 18 mai).

Un important projet de production d’hydrogène vert en Californie

Solena Group Inc., basé à Washington DC a conclu un accord pour construire en Californie ce qui sera selon elle « la plus grande installation de production d’hydrogène vert au monde ». Le directeur général de Solena, Robert Do, affirme que l’usine californienne représentant un investissement de 55 millions de dollars, pourra produire 11 000 kilogrammes de gaz synthétique par jour, soit l’équivalent du carburant d’environ 2 200 voitures à pile à combustible. En comparaison, le projet japonais Fukushima Hydrogen Energy Research Field, que le gouvernement du pays a décrit comme la plus grande installation de production d’hydrogène renouvelable au monde lorsqu’il a commencé sa production en mars, ne produirait que 100 kilogrammes d’hydrogène par heure. Le site de Lancaster situé à environ 70 miles au nord de Los Angeles, devrait être mis en service au cours du premier trimestre 2023. Il produirait un gaz synthétique riche en hydrogène par un procédé de gazéification utilisant une technologie de plasma à haute température développée par la NASA, alimentée en déchets de papier. Solena dispose déjà d’un démonstrateur en Pennsylvanie qui utilise la même technologie que celle prévue en Californie, exploitée depuis plusieurs années par Westinghouse et Hitachi. Solena estime pouvoir produire à terme cet hydrogène vert au même prix que l’hydrogène d’origine fossile (Business Wire 20 mai).

Le chiffre de la semaine : 114 000

Il s’agit du nombre de pertes d’emplois anticipé d’ici le mois de juin dans le secteur de l’énergie solaire du fait de la pandémie, soit 38% de ses effectifs, selon un rapport du 18 mai de la Solar Energy Industries Association (SEIA). Cette réduction ramènerait la main-d’œuvre de ce secteur à la taille qu’elle avait il y a six ans, lorsque l’énergie solaire occupait une place beaucoup plus réduite dans le paysage énergétique des Etats-Unis.

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