Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-10

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2020-10

Sommaire

Écologie – Climat

  • La Commission spéciale sur la crise climatique retarde son rapport
  • Le COVID-19 : une illustration accélérée des risques climatiques sur l’économie
  • Fermeture partielle des parcs nationaux pendant la crise sanitaire

Transport

  • Les compagnies aériennes US réclament un plan d’aide de plus de 50 Md USD
  • Boeing espère au moins 60 Md USD pour l’industrie aéronautique
  • Premières fermetures d’usines pour les constructeurs automobiles aux Etats-Unis

Énergie

  • Covid-19 : la baisse de la demande ramène les cours du pétrole à leurs plus bas niveaux
  • Le Président Trump ordonne le remplissage des réserves stratégiques de pétrole
  • L’industrie solaire s’inquiète des conséquences de la pandémie

Agenda

Une majorité d’événements sont reportés à une date ultérieure en raison de la pandémie COVID-19.

Écologie – Climat                                                           

La Commission spéciale sur la crise climatique retarde son rapport

La commission spéciale sur la crise climatique de la Chambre va reporter indéfiniment la publication de son rapport attendu de longue date, alors que les commissions du Congrès modifient leurs calendriers et annulent leurs réunions en raison de la pandémie de coronavirus. La commission spéciale devait dévoiler son « plan d’action du Congrès  » [ndlr sur le climat] avant le 31 mars, point culminant de ses travaux de l’année dernière. La présidente Kathy Castor (D-Fla.) a indiqué dans une déclaration que sa commission avait déjà « rencontré plus de 1 000 parties prenantes » et examiné des centaines de réponses à ses demandes d’information du public. « Cependant, comme le Congrès se concentre sur l’importante mission de protéger les Américains de la menace posée par la pandémie COVID-19, nous avons décidé aujourd’hui de reporter la publication de notre plan d’action climatique », a-t-elle déclaré le 16 mars.

Le COVID-19 : une illustration accélérée des risques climatiques sur l’économie

Les effets du coronavirus et des changements climatiques se manifestent avec une chronologie très différente, mais des experts financiers affirment que la pandémie donne un aperçu des conséquences du réchauffement de la planète qui mettra en péril la stabilité financière mondiale. Le virus qui a fait le tour du monde en un peu plus de trois mois, a déjà secoué l’économie mondiale. La bourse américaine s’est effondrée au rythme des fermetures d’écoles et des appels généralisés des autorités au confinement (« social distancing »). Bob Litterman, ancien responsable de la gestion des risques chez Goldman Sachs, a déclaré lors d’une audition le 11 mars au Sénat consacrée aux risques financiers liés à l’inaction climatique qu’il voyait des similitudes entre les effets du coronavirus et les changements climatiques. Le changement climatique devrait également menacer la productivité des travailleurs, perturber les chaînes d’approvisionnement, endommager les infrastructures, et aura bien d’autres conséquences qui pourraient entraîner un effondrement des économies du monde entier dès 2030, comme le rappelle un récent rapport du McKinsey Global Institute (E&E news, 16 mars).

L’EPA identifie une liste de désinfectants « efficaces » pour lutter contre le COVID-19

L’agence de protection de l’environnement (EPA) a ajouté 200 produits supplémentaires à sa liste de désinfectants qualifiés d’ « efficaces » pour lutter contre le coronavirus, dont 40 nouveaux produits  approuvés dans le cadre du processus accéléré de l’agence. « Pendant cette pandémie, il est important que les consommateurs puissent trouver facilement les informations qu’ils recherchent lorsqu’ils choisissent et utilisent un désinfectant de surface », a déclaré Andrew Wheeler, administrateur de l’EPA, dans un communiqué du 13 mars. L’EPA a mis en place une plateforme d’information dédiée au COVID-19.

Fermeture partielle des parcs nationaux pendant la crise sanitaire

Les directeurs de plus de 100 parcs nationaux ont fermé des centres d’accueil et d’autres installations après avoir obtenu l’autorisation de Washington. Les responsables du National Parc Service (NPS) à Washington ont publié le 17 mars de nouvelles directives qui permettront aux directeurs de parcs de procéder aux fermetures en tenant compte de considérations locales. Dans le même temps, un important groupe de défense des parcs nationaux a exhorté le NPS à fermer immédiatement toutes les installations de ses 419 sites afin de protéger le public et les employés du NPS.  « Nous sommes pleinement conscients que demander la fermeture des parcs nationaux à l’échelle nationale est inhabituel », a déclaré la Coalition to Protect America’s National Parks, une association regroupant plus de 1 700 employés et bénévoles actuels et anciens du NPS. « Nous reconnaissons également l’énorme perturbation qu’une telle action causera aux partenaires du NPS, aux concessionnaires et au public. Mais nous vivons une période inédite qui exige des mesures sans précédent ».

Le chiffre de la semaine : 2 700 Mds USD

Il s’agit du montant des investissements réalisés par 35 des plus importantes banques depuis 2016 dans des activités ayant un impact négatif sur le climat, selon un rapport d’une coalition de groupes environnementaux. Ce rapport estime que les banques américaines sont les principaux financeurs du « chaos » climatique.

Transport

Les compagnies aériennes US réclament un plan d’aide de plus de 50 Md USD

Airlines for America (A4A), l’organisation représentant les compagnies aériennes américaines, réclame un plan d’aide de plus de 50 Md USD auprès du Congrès et de l’Administration fédérale américaine sous forme de subventions, de prêts, et de baisses d’impôts, soit trois fois le montant obtenu après la crise du 11 septembre, pour laquelle le Congrès avait adopté un plan d’aide de 15 Md USD. En détail, A4A réclame immédiatement 25 Md USD de subventions directes pour les compagnies de transport de passagers pour compenser les pertes de liquidités, et 4 Md USD pour les compagnies de fret ; puis 29 Md USD à moyen-long terme sous forme de baisses d’impôts et prêts. Le Président Trump s’est déclaré totalement solidaire des compagnies aériennes, sans pour autant s’engager sur de telles mesures. L’administration dément toutefois l’idée d’un sauvetage financier des compagnies aériennes, que des parlementaires pourraient refuser d’approuver, mais évoque plutôt des renflouements de liquidités. Au 18 mars, l’administration propose de son côté un plan de 50 Md USD pour les compagnies composé uniquement de garanties de prêts par le Trésor américain. Plusieurs parlementaires, en majorité des démocrates, réclament que des contreparties soient imposées aux compagnies qui bénéficieraient de ces aides. Enfin, les aéroports réclament également une aide fédérale à hauteur de 10 Md USD (The Hill)

Premières fermetures d’usines pour les constructeurs automobiles aux Etats-Unis

Les trois constructeurs automobiles Ford, General Motors et Fiat Chrysler ont annoncé la fermeture temporaire de leurs sites de production dès cette semaine, après discussion avec leurs syndicats, afin de réduire les risques de propagation du virus parmi leurs employés, et ce jusqu’à fin mars dans un premier temps. Honda et Nissan ont également annoncé la suspension de leurs productions aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, tout comme Tesla dont le site de production californien se situe dans une région soumise à confinement.  (CNN)

Tous les secteurs du transport espèrent pouvoir bénéficier d’un plan d’aide fédéral

La compagnie ferroviaire nationale Amtrak réclame une aide fédérale de 1 Md USD. Les données de fréquentation des trains montrent des fréquentations en baisse de plus de 60%, et une diminution des réservations pour les jours à venir de 80%. Les agences de transport collectif évaluent pour leur part le besoin à 13 Md USD pour faire face à la chute de fréquentation des réseaux liée au télétravail, aux mesures de distanciation sociale, et à la récession économique à venir. La Metropolitan Transportation Authority (MTA) de New York espère de son côté une aide fédérale de 4 Md USD. L’industrie du transport intercité par bus fait également valoir de 60 à 95% de perte de clientèle, et le risque de licenciement de 75% de ses employés. Les taxis affichent les mêmes difficultés. Enfin l’industrie de la croisière s’est également rapprochée de l’administration fédérale, et espère pouvoir bénéficier du plan d’aide à l’économie en cours d’élaboration. (Politico)

Assouplissement des règles de temps de conduite des PL

La Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA) a publié le 13 mars une déclaration d’urgence nationale autorisant un assouplissement des règles de temps de conduite pour les chauffeurs routiers fournissant une assistance directe aux efforts de lutte contre l’épidémie, complétée le 18 mars d’une décision d’extension de son champ d’application. Les dérogations s’appliquent pour le transport d’équipements médicaux, de matériaux bruts pour l’industrie, l’approvisionnement de supermarchés, le transport de carburants, et le transport de personnes mobilisées pour l’aide d’urgence. Plusieurs Etats ont également pris des mesures complémentaires, telles que des dérogations aux restrictions de charges des poids lourds. (TruckingInfo)

Boeing espère au moins 60 Md USD d’aide pour l’industrie aéronautique

Alors que Boeing fait déjà face à la pire année de son histoire suite à l’affaire du 737 MAX, les difficultés liées à la crise du Covid-19 que rencontrent les compagnies aériennes, qui ont suspendu leurs achats de nouveaux avions, et refusent les livraisons d’appareils déjà commandés, engendrent une pression supplémentaire sur le constructeur aéronautique. L’action Boeing a notamment chuté de 70% depuis un mois. Boeing indiquait le 17 mars qu’il était favorable à un plan d’aide massif du gouvernement d’au moins 60 Md USD d’aides publiques ou privées, incluant des garanties de prêt. Les dysfonctionnements de la chaîne d’approvisionnement et les mesures de distanciation sociale pourraient obliger Boeing à fermer ses sites de production. Boeing est le plus important employeur industriel du pays, avec plus de 100 000 salariés aux Etats-Unis, et des millions d’emplois indirects.  (NYT)

Le chiffre de la semaine : 4 319

Il s’agit du nombre de vols de compagnies aériennes américaines depuis et vers des aéroports US annulés au cours de la journée du 19 mars (vols domestiques et internationaux), à comparer à une moyenne inférieure à 100 annulations en période normale, sur un total d’environ 25 000 opérations quotidiennes. (site A4A)

Énergie

Covid-19 : la baisse de la demande ramène les cours du  pétrole à leurs plus bas niveaux

Le 18 mars les cours du West Texas Intermediate (WTI), le brut de référence américain, affichaient leur plus bas niveau depuis 18 ans, alors que l’Arabie Saoudite a augmenté sa production dans le cadre d’une guerre des prix avec la Russie, exacerbant les pertes d’un marché déjà ébranlé par les effets de la pandémie de coronavirus. Le cours du WTI avait chuté de 24% à 20,74 dollars à la mi-journée (Forbes, 18 mars).

Le Président Trump ordonne le remplissage des réserves stratégiques de pétrole

Les Etats-Unis pourraient commencer à acheter du pétrole brut produit aux Etats-Unis pour la Réserve stratégique fédérale de pétrole dès les semaines à venir et la remplir sous plusieurs mois, a déclaré le 16 mars une source du Département de l’énergie. Le président Donald Trump a indiqué le 13 mars lors de sa déclaration d’Urgence sur le Coronavirus qu’il avait ordonné au Département de l’énergie de remplir la réserve. Cette mesure vise à aider les producteurs d’énergie nationaux qui souffrent de la chute des prix du pétrole provoquée par la propagation du coronavirus et la guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie. Selon le Département de l’énergie, la réserve stratégique avait une capacité de remplissage de 77 millions de barils de brut supplémentaires. Il n’est pas certain qu’un tel achat soit financé par le gouvernement (Reuters, 16 mars).

Pression des sénateurs républicains sur les Saoudiens sur les marchés pétroliers

Treize sénateurs républicains des États producteurs de pétrole et de gaz ont appelé le 16 mars l’Arabie Saoudite à apaiser les marchés mondiaux du pétrole, alors que le brut a atteignait de nouveaux records à la baisse dans un contexte de réduction de la demande due au nouveau coronavirus. Les sénateurs ont exhorté les Saoudiens « à affirmer un leadership constructif dans la stabilisation de l’économie mondiale en calmant l’anxiété économique dans le secteur du pétrole et du gaz à un moment où les pays du monde entier font face à la pandémie ».

L’industrie solaire s’inquiète des conséquences de la pandémie

La Solar Energie Industry Association a publié le 12 mars un communiqué déclarant « qu’il est évident que la pandémie COVID-19 fait des ravages dans notre industrie ». « Nous recevons des rapports de nos membres sur les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, les retards dans les projets, les difficultés de vente et bien d’autres choses encore. Il est clair que les entreprises ressentiront les effets de ces perturbations du marché », a écrit la SEIA. L’inquiétude, poursuit la lettre, est que ces retards pourraient conduire à ce que les projets ne respectent pas les délais permettant de bénéficier du crédit d’impôt pour l’investissement dans le solaire, qui est fondamental pour le financement de la plupart des grandes installations solaires.

Le DOE invite ses agents à travailler depuis leur domicile

Dans une note aux employés, le Secrétaire du Département de l’Energie (DOE)  Dan Brouillette a déclaré que le DOE resterait « ouvert et opérationnel » mais que la « santé et la sécurité » des agents du DOE pendant la pandémie de COVID-19 sont ses principales priorités. Il a invité un maximum d’employés à Washington et dans les laboratoires nationaux à travailler depuis leur domicile. Une plateforme d’information dédiée à la pandémie a été mise en place par le DOE.

Le chiffre de la semaine : 20 USD / baril

Il s’agit du prix du baril de pétrole brut de référence (Brent) envisagé au second trimestre par Jeff Currie, responsable de la recherche sur les commodités de Goldman Sachs (Bloomberg, 17 mars).

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