Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-39

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-39

Sommaire

Écologie – Climat

  • Les progressistes présentent leur première proposition de loi sur le Green New Deal
  • La Réserve fédérale de San Francisco se penche sur les risques climatiques
  • Une campagne publicitaire fait la promotion d’une taxe carbone

Transport

  • Boeing espère une reprise des vols du 737 Max en janvier 2020
  • Le NTSB met en cause le système de conduite autonome d’Uber
  • Le candidat Joe Biden propose un plan de 1300 Mds$ pour les infrastructures

Énergie

  • Une proposition de résolution au Sénat pour s’opposer à la rhétorique anti fracking
  • SunPower se concentre désormais sur l’installation de panneaux solaires
  • Injections records de gaz naturel dans les stockages sous-terrains

Agenda 

Écologie – Climat                                                           

Les progressistes présentent leur première proposition de loi sur le Green New Deal

Le sénateur Bernie Sanders (I-Vt.) et la réprésentante Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.) ont dévoilé le 14 novembre une proposition de loi visant à rénover les logements sociaux, marquant le premier effort législatif pour étoffer les détails du Green New Deal. Le « Green New Deal for Public Housing Act » rénoverait massivement un parc national de plus de 1,2 millions de logements, consacrant jusqu’à 180 milliards de dollars sur une décennie pour l’amélioration de l’efficacité énergétique, et l’installation d’énergies renouvelables.

La Réserve fédérale de San Francisco se penche sur les risques climatiques

Les changements climatiques pourraient troubler le système financier en rendant les prêts hypothécaires résidentiels sur 30 ans inaccessibles dans des régions entières de certaines parties des États-Unis. C’est ce à quoi l’avenir pourrait ressembler sans politique de lutte contre les changements climatiques, selon les dernières recherches de la Banque fédérale de San Francisco. La banque a échangé sur ces risques le 8 novembre dans le cadre d’une conférence sans précédent sur l’économie du changement climatique. Une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes pourrait entraîner la faillite des banques à mesure que les prix de l’immobilier s’ajustent rapidement, alimenter l’incertitude et nuire à la croissance économique. La gouverneure Lael Brainard a fait part lors de son intervention de discussions en cours en vue de la participation de la Fed au Réseau des banques centrales et superviseurs désireux de contribuer au développement de la gestion des risques liés au climat et à l’environnement dans le secteur financier.

Une campagne publicitaire fait la promotion d’une taxe carbone

Americans for Carbon Dividends (AFCD) lance une campagne publicitaire pour présenter au public et aux décideurs politiques à Washington, D.C., sa proposition de taxe carbone dite « carbon fee and dividend». La campagne sera diffusée en ligne sur Fox News, The Wall Street Journal, The Washington Post et les médias sociaux, ciblant les « leaders d’opinion et les influenceurs ». La campagne s’appuie également sur le site internet de AFCD, une organisation affiliée au Climate Leadership Council qui fait du lobbying depuis 2017 concernant cette proposition portée par James Baker et George Shultz, d’anciens hauts responsables républicains du Trésor. Cette initiative intervient sur fond de campagne pour les primaires présidentielles chez les démocrates, ainsi qu’à l’occasion d’un revirement rhétorique plus large sur le climat au sein du Parti républicain. Le monde des affaires a également intensifié ses efforts au cours des derniers mois, alors que la politique climatique fait l’objet d’une attention accrue de la part du public. La proposition prévoit de taxer les émissions de carbone à partir de 40 USD/t et de reverser les revenus générés aux citoyens. En contrepartie, seraient supprimés certaines règlementations sur les émissions de gaz à effet de serre, notamment celles applicables aux sources stationnaires.

Partenariat entre Exxon Mobil et FuelCell Energy sur la capture du carbone

Exxon Mobil Corp. a conclu un nouvel accord de partenariat d’un montant de 60 millions de dollars avec FuelCell Energy Inc. pour poursuivre le développement d’une technologie de capture du carbone pour réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de ses activités industrielles. Le partenariat entre Exxon et FuelCell Energy, vise à optimiser la technologie des piles à combustible pour le captage du carbone à grande échelle, selon un communiqué d’Exxon du 6 novembre. Exxon – la plus grande compagnie pétrolière du monde – a déclaré que le partenariat permettrait d’aller plus loin dans la recherche d’une solution ayant le  » potentiel d’atteindre des réductions significatives  » des émissions de dioxyde de carbone. FuelCell Energy est une entreprise basée dans le Connecticut et spécialisée dans les solutions à base de piles à combustible à carbonate qui produisent de l’électricité tout en capturant et en concentrant le dioxyde de carbone en vue de son stockage permanent.

Le chiffre de la semaine : 9 Mds USD / an 

Il s’agit de la valeur des matières potentiellement recyclables dans les déchets des américains, a déclaré Andrew Wheeler, l’Administrateur de l’agence de protection de l’Environnement (EPA), lors du lancement le 14 novembre de l’exposition America Recycles Innovation Fair sur les technologies innovantes de recyclage.

Transport

Boeing espère une reprise des vols du 737 Max en janvier 2020

Boeing a annoncé le lundi 11 novembre espérer une reprise des services commerciaux en 737 Max à partir de janvier 2020. Boeing indique avoir finalisé l’évaluation sur simulateur de vol avec la Federal Aviation Administration, et être en train de travailler à la validation finale des nouvelles exigences de formation pour les pilotes. Quelques jours auparavant, les compagnies Southwest et American Airlines ont annoncé le report à mars 2020 de vols opérés avec le MAX. (The Hill & Reuters)

Le NTSB met en cause le système de conduite autonome d’Uber

Le National Transportation Safety Board (NTSB) a publié une série de nouveaux documents indiquant que l’accident mortel ayant impliqué un véhicule de test autonome de la société Uber et une piétonne en mars 2018 à Tempe, AZ, est survenu parce que le véhicule autonome Uber n’avait pas « la capacité de catégoriser un objet comme piéton à moins que cet objet ne se trouve près d’un passage piétons ». Comme le véhicule autonome ne pouvait pas reconnaître la victime comme un piéton – au lieu d’alterner entre les classifications « véhicule, vélo et autre » (la victime traversait la route en poussant un vélo au moment de l’accident, survenu à 22h) – le système n’a pu prédire correctement sa trajectoire, et n’a conclu à la nécessité de freiner que 1,3 seconde seulement avant le choc. Par ailleurs le NTSB pointe qu’Uber avait désactivé le système de freinage automatique d’urgence du véhicule, et transféré cette responsabilité au conducteur de sécurité, sans que le système n’intègre de dispositif d’alerte du conducteur dans ce type de situation. Le NTSB note également que le conducteur de sécurité était distrait au moment de l’accident et regardait une vidéo. Enfin le NTSB indique qu’au moment de l’accident, Uber ne disposait pas de plan formalisé de sécurité, ni de responsable ou de structure dédié à la sécurité des opérations. Uber indique que la compagnie a depuis procédé à « des améliorations critiques du programme afin de prioriser davantage la sécurité », notamment pour reconnaitre des piétons qui traversent en dehors des clous. (NBC)

Le candidat Joe Biden propose un plan de 1300 Mds$ pour les infrastructures

L’ancien Vice-Président américain, candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, Joe Biden, a présenté jeudi 14 novembre sa proposition pour un vaste plan d’investissement de 1.3 trillion de dollars sur 10 ans dans les infrastructures de transport, avec le double objectif de moderniser les infrastructures américaines, et d’avancer vers la neutralité carbone du secteur. Le plan vise à améliorer les défaillances des réseaux de transport existants, en engageant entre autres une « seconde révolution du rail » aux Etats-Unis, en investissant massivement dans les transports en commun, les réseaux cyclables et les infrastructures piétonnières. Le plan met également l’accent sur la multiplication des options de mobilité, en particulier dans les régions très pauvres et les communautés historiquement marginalisées. Les propositions en faveur d’infrastructures résilientes mettent fortement l’accent sur les investissements dans les technologies vertes, en particulier l’accélération de la transition vers les véhicules électriques avec 5 Mds$ qui seraient investis sur 5 ans dans les technologies de batteries et de stockage d’énergie. Joe Biden précise que ce plan serait financé par des hausses des impôts sur les plus riches et les sociétés, sur la révision de certains pans de baisse d’impôt mise en œuvre en 2017, par la fin des subventions aux énergies fossiles et par d’autres aménagements, sans hausse de la taxe fédérale sur les carburants. A l’opposé, la proposition de plan d’investissement de l’Administration Trump de février 2018 prévoyait d’investir 1.5 trillion de dollars en injectant seulement 200 Mds$ de financements fédéraux, et en levant 1300 Mds$ auprès du secteur privé et des acteurs subfédéraux. (Politico).

Le chiffre de la semaine : 900 M$

Il s’agit du montant de subventions distribué le 12 novembre par l’US DOT via le programme de subventions discrétionnaires BUILD (Better Utilizing Investments to Leverage Developement) à 55 projets dans 35 Etats fédérés. La Secrétaire aux Transports, Elaine Chao, indique que 50% des projets récompensés se situent en milieu rural, reflétant les efforts de l’administration Trump pour rééquilibrer le sous-investissement historique qu’a connu l’Amérique rurale. Comme le souligne CityLab, ces financements bénéficient très majoritairement à des projets d’infrastructures routières (68% avec plus de 600 M$), contre 15% pour le maritime, 10% pour les transports collectifs urbains, 5% pour le rail et 2% pour le transport aérien.

Énergie

Une proposition de résolution au Sénat pour s’opposer à la rhétorique anti fracking

Les sénateurs Pat Toomey (R-Pa.) et le président du Comité de l’environnement et des travaux publics John Barrasso (R-Wyo.) ont présenté une proposition de résolution à la fin de la semaine dernière pour répondre aux récentes critiques des candidats démocrates à la présidentielle de 2020 sur la fracturation hydraulique. Cette résolution – une déclaration de soutien non contraignante – réaffirmerait le cadre fédéral actuel de supervision des activités de fracturation, qui délègue aux États fédérés la responsabilité de réaliser une grande partie des contrôles sur les terrains privés et des États où l’activité a lieu. Elle vise également à s’opposer aux promesses des candidats démocrates qui menacent d’interdire le fracking sur les terrains publics représentant près d’un quart de la production de pétrole et 15 % du gaz naturel. Pour sa part, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré le 13 novembre lors d’une audition devant le Joint Economic Committee du Congrès que l’interdiction du fracking proposée par certains candidats démocrates nuirait probablement à l’économie américaine.

SunPower se concentre désormais sur l’installation de panneaux solaires

SunPower Corp, l’un des plus importants fabricants américains de panneaux solaires, abandonne ses activités de fabrication pour se concentrer sur l’installation de systèmes photovoltaïques en toiture. L’entreprise transfère ses activités de production de panneaux photovoltaïques vers une nouvelle société, Maxeon Solar, qui sera basée à Singapour avec des usines en France, en Malaisie, au Mexique et aux Philippines, selon un communiqué publié le 11 novembre. Dans le cadre de l’opération, un fournisseur chinois de plaquettes de silicium effectuera une prise de participation de 298 millions de dollars, valorisant Maxeon à 1,03 milliard de dollars. SunPower explique cette stratégie comme une évolution naturelle de l’activité solaire en pleine maturité. Autrefois, les fabricants de panneaux photovoltaïques devaient aider à créer leur propre marché en installant l’équipement qu’ils fabriquaient. Aujourd’hui, le marché est suffisamment important pour que les entreprises se spécialisent dans l’un ou l’autre domaine. First Solar Inc, le plus important fabricant de panneaux photovoltaïque américain, s’est pour sa part retiré en septembre du secteur de la construction de fermes solaires pour se concentrer sur la fabrication.

Injections records de gaz naturel dans les stockages sous-terrains

La quantité de gaz naturel injectée dans les stockages souterrains en 2019 est passée d’une valeur relativement faible de 338,5 TWh (1 155 milliards de pieds cubes (Bcf)) au début d’avril à 1091,4 TWh (3 724 Bcf) à la fin du mois d’octobre en raison d’une activité d’injection record pendant la saison d’injection de gaz naturel (1er avril – 31 octobre). Au 31 octobre, les stocks étaient supérieurs de près de 11 TWh (37 Bcf) à la précédente moyenne quinquennale à la fin octobre, selon les valeurs interpolées du rapport hebdomadaire sur le stockage du gaz naturel de l’Energy Information Administration (EIA, 8 novembre).

Le chiffre de la semaine : 70

Il s’agit du nombre de villes américaines ayant déjà totalement décarboné leur mix électrique, sur environ 200 villes et comtés qui se sont engagés vers la neutralité carbone, selon un rapport du Luskin Center for Innovation at UCLA (Los Angeles) paru ce mois-ci. Selon le rapport, environ un Américain sur trois, soit environ 111 millions de personnes, vit dans une ville ou un État qui s’est engagé à produire de l’électricité totalement décarbonée ou qui a déjà atteint cet objectif.

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