Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-29

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-29

Sommaire

Écologie – Climat

  • Campagne 2020 : rebondissements parmi les candidats à la primaire démocrate
  • L’industrie pétrolière s’oppose à des projets d’entreposage de combustibles nucléaires
  • Nouveau transfert d’autorisation d’une centrale nucléaire pour son démantèlement

Transport

  • Le Colorado adopte la règle des quotas de vente de véhicules à zéro-émission
  • La National League of Cities favorable à un usage accru des péages urbains
  • Les électeurs de Phoenix soutiennent massivement l’expansion de leur tramway

Énergie

  • Au Texas, les prix spot de l’électricité ont atteint 9 000 USD/MWh à la pointe en août
  • L’éolien continue à se développer et la diminution des coûts se poursuit

Agenda

Écologie – Climat                                                           

Campagne 2020 : rebondissements parmi les candidats à la primaire démocrate

La fin du mois d’août a été marquée par de nouveaux rebondissements dans le débat des primaires parmi les candidats démocrates à la présidentielle de 2020. Le 21 août, le gouverneur de l’État de Washington, Jay Inslee, a renoncé à sa candidature, faute d’un soutien suffisant dans les intentions de vote. Il avait été le premier candidat à construire une campagne entièrement autour de la lutte contre le réchauffement climatique. Quelques heures après, le sénateur Bernie Sanders (I-Vt.), promoteur d’un « Green New Deal » a publié un plan d’action ambitieux pour le climat qui prévoit des dépenses gouvernementales de 16 300 Mds USD sur 15 ans pour lutter contre le réchauffement climatique – un montant salué par les défenseurs du climat. La Sénatrice de New York Kirsten Gillibrand qui proposait d’investir 10 000 Mds USD pour lutter contre le changement climatique en s’attaquant à l’industrie des énergies fossiles s’est également retirée de la course le 28 août.

L’industrie pétrolière s’oppose à des projets d’entreposage de combustibles nucléaires

Des projets de construction de deux grandes installations d’entreposage centralisé intérimaires de combustibles nucléaires usés au cœur du plus important gisement pétrolier américain à l’ouest du Texas et au Nouveau Mexique dans le bassin Permien soulèvent une forte opposition de l’industrie pétrolière. Leurs entreprises prévoient en effet d’effectuer des opérations de fracturations hydrauliques à proximité et sous les sites d’entreposage envisagés. Deux sociétés américaines, Interim Storage Partners et Holtec International, ont déposé des demandes d’autorisation pour exploiter ces entreposages durant 40 ans. La NRC, autorité de sûreté nucléaire américaine, étudie actuellement ces demandes et devraient se prononcer sur les études environnementales préliminaires dès le mois de mars 2020. Jeffrey Isakson, PDG d’Interim Storage Partners, a déclaré que la demande de sa société tient compte de la possibilité d’une activité sismique causée par les forages. Le stockage permanent des combustibles usés est un enjeu majeur pour l’industrie nucléaire, le projet de Yucca Mountain au Nevada, choisi par le Congrès en 1987 étant bloqué depuis des années du fait de l’opposition du Nevada. (Wall Street Journal, 14 août 2019).

Nouveau transfert d’autorisation d’une centrale nucléaire pour son démantèlement

L’autorisation de la centrale nucléaire Pilgrim à Plymouth (Massachusetts) mise en service en 1972 et mise à l’arrêt définitif par son exploitant Entergy Corp. depuis mai 2019 a été transférée à une société privée en vue de son démantèlement. Les sénateurs Elizabeth Warren et Ed Markey et le représentant William Keating du Massachusetts – tous démocrates – avaient exhorté la NRC à reporter sa décision sur le transfert de licence. Le Sénateur Markey a déclaré que l’agence  » abandonne toute responsabilité en matière de protection de la santé et de la sécurité publiques  » en accélérant le transfert des autorisations (AP News, 23 août).

Détente entre Walmart et Tesla dans un litige sur des panneaux solaires défectueux

Walmart et Tesla cherchent à résoudre tous les problèmes liés à des installations solaires défectueuses de Tesla installées en toitures des magasins Walmart, ont déclaré les entreprises le 22 août, deux jours après que le détaillant a poursuivi le fabricant de voitures électriques pour « négligence généralisée » qui a entraîné des incendies répétés dans ses installations. Walmart a intenté le 20 août devant la Cour suprême de l’État de New York une poursuite contre Solarcity, filiale de Tesla Inc., alléguant que des panneaux solaires fournis par l’entreprise avaient causé des incendies dans au moins sept de ses magasins ayant détruit une grande quantité de marchandises et entraîné des réparations importantes. Ce litige survient au moment où Tesla relance ses activités dans le domaine des panneaux photovoltaïques en toitures. Elon Musk, PDG et co-fondateur de Tesla, a déclaré le 18 août sur Twitter que l’entreprise déploiera ses activités de technologie solaire en Europe l’année prochaine (Reuters, 23 août).

Le chiffre de la semaine : 10 000 USD                    

Il s’agit du montant maximum de la récompense offerte par le Bureau of Land Management (BLM) du Departement de l’Intérieur à tout(e) informateur(-rice) permettant d’identifier et d’arrêter les personnes ayant abattu illégalement une quarantaine d’ânes sauvages du désert de Mojave en Californie. « Les chevaux et les ânes sauvages font partie intégrante de l’Ouest américain et de notre patrimoine national » a indiqué le BLM.

Transport

Le Colorado adopte la règle des quotas de vente de véhicules à zéro-émission

Le Colorado est devenu le 11ème État fédéré à adopter la règle des quotas de vente de véhicules à zéro-émission, initiée par la Californie en 2012 (Zero-emission vehicle regulation), après un vote favorable le 23 août de la Colorado Air Quality Control Commission. Cette nouvelle réglementation exige qu’au moins 5 % des véhicules vendus dans le Colorado par un constructeur automobile soient des véhicules zéro-émission en 2023 et plus de 6 % d’ici 2025. À l’instar des règles californiennes sur les véhicules à zéro émission, les constructeurs automobiles bénéficient d’une certaine souplesse en recevant des crédits pour les voitures électriques qu’ils vendent avant l’entrée en vigueur du nouveau mandat. Les entreprises peuvent également acheter des crédits auprès d’autres constructeurs automobiles qui surpassent leurs objectifs en matière d’émissions. Le Colorado affiche déjà l’un des taux de ventes de véhicules électriques les plus élevés aux Etats-Unis, avec 2,6 % des ventes en 2018, soit deux fois la moyenne nationale. (CNBC)

La décision du Colorado fait contraste avec le projet souhaité par la Maison-Blanche de démantèlement des normes d’efficacité énergétique des véhicules adoptés sous l’administration Obama et de révocation de la capacité de l’Etat de Californie à fixer ses propres standards d’émission. Selon un article du New York Times du 20 août, la publication définitive de la nouvelle règle fédérale (SAFE vehicles Rule), initialement attendue pour cet été, pourrait être retardée compte tenu notamment de l’accord d’engagement volontaire conclu fin juillet par la Californie avec quatre constructeurs automobiles pour poursuivre la réduction des émissions de leurs véhicules de 2021 à 2026.

La National League of Cities favorable à un usage accru des péages urbains

Un nouveau rapport de la National League of Cities, l’association représentant les intérêts de près de 20 000 villes américaines, intitulé « Making Space: Congestion Charging in Cities » encourage les collectivités locales à considérer les systèmes de tarification de la congestion comme solutions potentiellement avantageuses pour réduire la congestion urbaine et améliorer la qualité de vie des résidents, tout en permettant de lever de nouvelles ressources financières pour financer les infrastructures. L’American Society of Civil Engineers, dans son rapport annuel d’évaluation de l’état des infrastructures, attribue la note D+ aux infrastructures américaines, et considère que 5 000 Md USD seraient nécessaire pour les remettre en bon état d’usage et les moderniser. (AASHTO Journal)

Les électeurs de Phoenix soutiennent massivement l’expansion de leur tramway

Les électeurs de Phoenix en Arizona ont rejeté à 62% une proposition soumise à référendum qui visait à arrêter le projet d’extension de tramway de la ville. La proposition consistait à annuler l’expansion programmée du réseau de tramway ainsi que toutes extensions futures, et proposait pour alternative d’investir dans l’amélioration des infrastructures routières. Le New York Times du 28 août raconte comment au cours de la dernière décennie, alors que de nombreuses villes américaines ont cherché à développer des services de transport sur rail pour réduire la congestion et la pollution urbaines, les gouvernements locaux se sont heurtés à des oppositions très organisées pour contrer toutes les tentatives d’investissement dans les transports collectifs, à l’instar des échecs qu’ont essuyé les autorités locales à Nashville, TN, Durham, NC ou Atlanta, GA.

L’USDOT limite la longueur des rapports d’évaluation environnementale des projets

Le Département des Transports vient de publier une proposition de nouvelle directive invitant les services placés sous son autorité à limiter la longueur des rapports d’évaluation des impacts environnementaux des projets de transport à 150 pages, à moins qu’ils ne soient « d’une portée ou d’une complexité inhabituelle », et recommande que ces rapports d’évaluation ne dépassent pas 75 pages. L’administration fédérale considère que des évaluations trop détaillées, s’attardant sur des éléments superflus ou inutiles (« extraneous detail and needless data »), entraînent une augmentation du temps et des coûts nécessaires pour mener à bien le processus d’examen environnemental, et rendent de plus en plus difficile l’identification des informations pertinentes pour le public et les décideurs. Une deuxième directive précise les modalités de mise en œuvre du pilotage par une seule agence fédérale du processus d’examen et d’autorisation environnemental. Ces mesures doivent permettre d’accélérer et rationaliser la délivrance des autorisations de projet, un élément majeur de la politique de la Maison-Blanche en matière d’infrastructures (AASHTO Journal)

Le chiffre de la semaine : $0.00

Waymo a annoncé le 28 août qu’il allait gratuitement mettre à la disposition de chercheurs les données issues d’essais de circulation réalisés avec ses véhicules, pour favoriser la recherche et l’innovation dans le domaine du véhicule autonome. Argo AI et Aptiv ont également pris cet engagement. (Cnet)

Énergie

Au Texas, les prix spot de l’électricité ont atteint 9 000 USD/MWh à la pointe en août

Le fonctionnement du réseau électrique au Texas constitue une véritable énigme : comment un État disposant de la plus faible marge de sécurité en matière d’électricité et de la plus grande capacité éolienne installée du pays est-il parvenu à éviter toute défaillance de son réseau cet été pendant les récentes vagues de chaleur ? La question s’est posée à la mi-août alors que les températures ont dépassé les 38°C et que l’utilisation des climatiseurs a poussé le réseau aux limites de son fonctionnement. Alors que les prix au comptant (spot) de l’électricité atteignaient un plafond de 9 000 $ par mégawattheure prévu par la régulation (contre 30$/MWh en moyenne annuelle), la gestion du réseau a appelé les réserves restantes et le niveau atteint par les prix spot ont conduit à réduire la demande. L’Electric Reliability Council of Texas (ERCOT), le principal exploitant du réseau de l’État, avait prévu en mai que sa marge de réserve estivale ne serait que de 8,6 % cet été. Contrairement à d’autres marchés de l’électricité aux États-Unis, ERCOT n’a pas adopté de marché de capacité distinct pour inciter les producteurs d’électricité à maintenir une partie de leur production disponible afin de faire face à des pénuries imprévues. Au contraire, le marché de gros fonctionne comme prévu, encourageant les producteurs à se rendre disponibles lorsque les réserves d’exploitation sont faibles et les prix élevés. Il rémunère les producteurs en permettant aux prix spot d’augmenter considérablement en cas de pénurie. Les entreprises énergo-intensives (Industries pétrochimiques et raffineries) réduisent alors leur consommation et peuvent également injecter leur propre production d’électricité sur le réseau pour bénéficier d’une rémunération attractive. Toutefois, l’absence de marché de capacité au Texas est critiquée par certains acteurs qui estiment que le mécanisme actuel n’incite pas à investir dans de nouvelles capacités de production d’électricité. (Reuters, 14 août – Houston Chronicle 20 août))

L’éolien continue à se développer et la diminution des coûts se poursuit

Le département de l’Énergie des États-Unis (DOE) a publié le 23 août sont rapport annuel sur le marché de l’éolien qui documente les données et les tendances en matière d’installations, de technologies, de coûts, de prix de vente de l’électricité produite, et de rendements jusqu’à la fin de 2018 pour les éoliennes terrestres, offshores, et le petit éolien (« distributed wind »). Le secteur éolien terrestre a connu une nouvelle excellente année avec 7 588 mégawatts (MW) installés en 2018, parallèlement à la poursuite de la baisse des coûts. La capacité installée du petit éolien s’élève maintenant à 1 127 MW à partir de plus de 83 000 éoliennes dans les 50 États américains. De plus, l’industrie américaine de l’énergie éolienne offshore met en avant 25 824 MW de capacités à divers stades de développement. L’emploi dans l’industrie éolienne a atteint un record sans précédent, soutenant 114 000 emplois. Au total, 41 États exploitent des projets éoliens. Le Texas arrive en tête avec près de 25 GW de capacité éolienne, tandis que la Californie, l’Iowa, le Kansas et l’Oklahoma ont plus de 5 GW de capacité. L’énergie éolienne fournit 6,5 % de l’électricité des Etats-Unis, plus de 10 % de la production totale dans 14 États et plus de 30 % en Iowa, au Kansas et dans l’Oklahoma. Le prix de vente de l’énergie éolienne dans le cadre de contrats à long terme n’a jamais été aussi bas : les prix des contrats d’achat sont inférieurs à 2 cents le kilowattheure, en raison d’une combinaison de facteurs liés à l’augmentation des capacités installées, à la baisse des prix des éoliennes et des coûts d’exploitation, aux faibles taux d’intérêt et aux crédits d’impôt perçus au titre de la production.

Le chiffre de la semaine : 30 Mds USD

Il s’agit du montant atteint par le désinvestissementdes sociétés étrangères au cours des trois dernières années dans le secteur pétrolier au Canada – centré sur les sables bitumineux de l’Alberta – après la récente vente par Kinder Morgan Inc., de ses participations restantes dans le pays (Bloomberg, 21 Août).

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