Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-27

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-27

 

Sommaire

Écologie – Climat

  • Le Pentagone sommé de trouver ses aimants en terres rares aux États-Unis
  • La ville de Berkeley interdit les installations au gaz naturel dans les nouveaux bâtiments
  • Les fuites de méthane au sein des grandes villes américaines plus élevées que prévues

Transport      

  • Boeing subit les pires pertes trimestrielles de son histoire
  • Dickson confirmé à la tête de la FAA et Elwell comme administrateur adjoint
  • La Californie et 4 constructeurs auto contre l’affaiblissement des normes d’émission

Énergie

  • Bill de Blasio veut nationaliser ConEd après deux coupures de courant à New York
  • Un 5ème terminal méthanier de liquéfaction de GNL approuvé par la FERC en 2019
  • Des panneaux solaires installés sur des milliers de toits à New York City

Agenda

Écologie – Climat                                                           

Le Pentagone sommé de trouver ses aimants en terres rares aux États-Unis

Le 22 juillet, le Président Trump a demandé au Pentagone de trouver d’autres moyens de se procurer des aimants en terres rares utilisés dans des technologies de défense. En effet, les stocks d’aimants du Department of Defense majoritairement en provenance de Chine ne seraient pas assez importants. Donald Trump a déclaré que les États-Unis n’avaient pas la capacité suffisante pour fabriquer ces aimants alors qu’ils dominaient autrefois la production mondiale de terres rares et d’aimants samarium-cobalt – un type d’aimants permanents en terres rares. Aussi, le Pentagone a demandé aux entreprises minières de proposer d’ici fin juillet des projets de développement pour les mines de terres rares américaines et leur raffinage. La Chine fournit actuellement près de deux tiers des aimants en terres rares produits au niveau mondial (Reuters, 22 juillet).

La ville de Berkeley interdit les installations au gaz naturel dans les nouveaux bâtiments

La ville de Berkeley en Californie est la première ville américaine à interdire les installations fonctionnant au gaz naturel dans les nouveaux bâtiments. La Pacific Gas and Electric Company (PG&E), deuxième plus important énergéticien des États-Unis, a soutenu cette initiative. Si Berkeley est la première ville à agir, d’autres villes – Los Angeles et San Fransico notamment – ont l’intention de remplacer les chaudières à gaz et cuisinières par des appareils électriques dans la plupart des bâtiments neufs. Par ailleurs, l’Energy Master Plan de l’État du New Jersey a pour ambition de mettre fin à l’utilisation du gaz naturel dans les bâtiments d’ici 2030. L’État du Maine a également adopté de nouvelles lois visant à réduire la consommation de gaz naturel dans les nouveaux bâtiments. Néanmoins, l’électrification des bâtiments aux États-Unis reste actuellement très partielle, et ce bien qu’elle contribuerait à réduire les coûts pour le consommateur et la pollution atmosphérique. Selon l’Environmental Protection Agency (EPA), la décarbonation complète de la production en électricité des États-Unis ne réduirait que de 28% les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il faudrait aussi réduire les émissions de GES des autres secteurs. Le secteur du bâtiment compte pour 12% des émissions de GES (Forbes, 22 juillet).

Les fuites de méthane au sein des grandes villes américaines plus élevées que prévues

Une étude publiée le 15 juillet et réalisée par des scientifiques de l’Université du Michigan suggère que les cinq plus grandes zones urbaines des États-Unis – qui représentent près de 12% de la population totale – émettent environ 890 000 tonnes de méthane chaque année. Au moins 750 000 tonnes de méthane proviendraient de fuites dans les habitations, entreprises et infrastructures de transport et de distribution du gaz naturel. Ces émissions sont bien supérieures aux 370 000 tonnes qu’avait prédit l’Environmental Protection Agency (EPA) en 2016 pour ces zones urbaines. L’un des auteurs de la recherche a déclaré que l’estimation de l’EPA tenait compte des fuites provenant des infrastructures de transport mais pas de celles provenant des réseaux de distribution, des habitations ou entreprises. Stefen Wofsy, chimiste de l’atmosphère à Harvard, a déclaré que cette recherche confirmait des résultats précédemment obtenus à l’échelle de plus petites régions comme Washington D.C. ou Boston (Science, 19 juillet).

Certains risques majeurs des terminaux méthaniers ne seront pas pris en compte

L’administration Trump publiera un projet de révision de la règlementation régissant la sécurité des terminaux méthaniers de gaz naturel liquéfié (GNL) en septembre. Selon l’industrie gazière, cette révision ne tiendra cependant pas compte des risques « catastrophiques » comme les explosions. En effet, la Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration (PHMSA) qui est en charge de ce projet se concentre sur la rationalisation des règlements américains et leur harmonisation avec ceux d’autres pays. Cela pourrait entraîner des répercussions à long terme sur la sécurité, car les terminaux méthaniers actuellement à l’étude aux États-Unis seront exploités pendant des décennies (E&E news, 22 juillet).

Le chiffre de la semaine : 500 Mds USD

Il s’agit du montant des aides aux populations en cas de catastrophes liées aux changements climatiques, depuis 2005 selon un rapport du Government Accountability Office (GAO). Ces coûts ne cessent d’augmenter (Scientific American, 18 juillet).

Transport

Boeing subit les pires pertes trimestrielles de son histoire

Boeing a annoncé le 24 juillet les pires pertes trimestrielles de son histoire avec 3,38 milliards USD sur le deuxième trimestre de 2019 rapporte The Hill. Ces résultats s’expliquent par l’immobilisation de la totalité de la flotte de 737 MAX dans le monde à la suite des deux crashs ayant causé la mort de 346 personnes. A ce contexte difficile pour le constructeur aéronautique s’ajoutent la suppression de centaines de vols par les compagnies aériennes impactées par cette affaire, et plusieurs poursuites judiciaires de familles des victimes. Le constructeur n’a toujours pas reçu l’approbation des autorités de certification américaines et mondiales afin de réautoriser les 737 MAX dans les airs.

Dickson confirmé à la tête de la FAA et Elwell comme administrateur adjoint

The Hill rapporte le 24 juillet dernier la nomination par le Sénat de l’ancien dirigeant de Delta Airlines Steve Dickson, en tant qu’administrateur de la Federal Aviation Administration (FAA). La FAA est actuellement dirigée par intérim par Dan Elwell depuis janvier 2018, suite au départ en retraite de Michael Huerta. Par ailleurs, la Chambre et le Sénat ont tous deux, par la voix législative, autorisé M. Elwell à demeurer à la FAA au titre d’administrateur adjoint une fois M. Dickson confirmé, pour poursuivre la supervision de l’affaire des 737 MAX. La loi ne permettait pas auparavant que d’anciens officiers militaires occupent tout deux ces postes.

La Californie et 4 constructeurs automobiles contre l’affaiblissement des normes d’émission des véhicules

L’Etat de Californie et quatre des plus grands constructeurs automobiles mondiaux (Honda, BMW, Volkswagen et Ford) ont conclu un accord le 25 juillet afin de poursuivre l’initiative de l’Administration Obama d’accroître l’efficacité énergétique des automobiles et de réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules. Cet engagement va à l’encontre de l’initiative (The Safer Affordable Fuel Efficient (SAFE) Vehicles Rule) lancée par l’Administration Trump et consistant à réviser les standards d’émission et d’efficacité énergétique des véhicules légers et petits utilitaires (Cf Faits Marquants EDDET #2019-21). Ces quatre constructeurs, qui représentent à eux seuls 30% du marché automobile américain, auront à répondre à des exigences un peu plus souples que celles édictées initialement sous l’administration Obama, et seront tenus d’atteindre des consommations moyennées sur les véhicules vendus de 51 miles par gallon (MPG) d’ici 2026 (4.6 L/100km), au lieu de 54,5 MPG d’ici 2025 (4.3 L/100km). L’Administration fédérale souhaiterait quant à elle plafonner au niveau fédéral ces normes à environ 37 MPG (6.4 L/100km). La Californie, soutenue par 13 autres Etats fédérés, s’attend à ce que plusieurs autres constructeurs se joignent à cet accord. (New York Times)

Ford va déployer en nombre une nouvelle génération de trottinettes électriques Spin

Depuis son rachat par Ford en novembre 2018, la société de trottinettes électriques en libre-service Spin a étoffé son offre, en passant de 9 à 47 villes dans lesquelles il est possible d’utiliser ses services. Cette expansion n’est pas finie selon The Verge, Spin a prévu de déployer 15 000 trottinettes dans 8 nouvelles villes américaines à partir d’août, et a par la même occasion présenté son dernier modèle, doté d’une technologie antivol et de diverses caractéristiques censées décourager le vandalisme et accroître le confort de l’usager. Si Spin est d’importance bien plus modeste sur ce marché que ses concurrents Bird ou Lime, le fait qu’un constructeur tel que Ford en soit l’investisseur lui assurerait une certaine pérennité. Bird aurait perdu 100 millions USD sur les 3 derniers mois d’après la presse, et chercherait des financements à hauteur de 2,5 milliards USD.

Le chiffre de la semaine : 287 Mds USD

Selon Politico PRO, le projet de loi de dépenses du Sénat pour les Infrastructures de transports, qui doit être rendu public la semaine prochaine, autoriserait 287 milliards USD sur cinq ans, soit une augmentation de 28% par rapport à ce qui est actuellement en vigueur. La Commission Environnement et Travaux Publics estime que c’est le projet de loi pour les routes le plus important de l’histoire.

Énergie

Bill de Blasio veut nationaliser ConEd après deux coupures de courant à New York

Bill de Blasio, maire de New York, a annoncé vouloir nationaliser Consolidated Edison (ConEd) après deux récentes coupures de courant majeures ayant affecté la ville de New York. En effet, le 13 juillet, 72 000 personnes étaient privées d’électricité dans l’ouest de Manhattan en raison d’une défaillance d’une ligne à haute tension. De plus, près de 53 000 personnes se sont retrouvées sans électricité le 21 juillet sur décision unilatérale de ConEd pour « préserver des équipements vitaux ». Cette coupure arbitraire a valu de vives critiques à ConEd. Bill de Blasio a notamment déclaré qu’il était temps de trouver d’autres alternatives si l’entreprise ne pouvait alimenter la ville en électricité. Il a ajouté que pour l’approvisionnement en eau, les services de police ou les pompiers, la ville ne dépendait pas de sociétés privées, et a suggéré que cela en soit de même pour l’alimentation en électricité (Bloomberg, 21 juillet).

Des panneaux solaires installés sur des milliers de toits à New York City

Alors que le prix de l’électricité à New York City est parmi les plus chers aux États-Unis, la ville a décidé de lutter contre le dérèglement climatique en installant des panneaux solaires photovoltaïques sur les milliers d’hectares de toits dont elle dispose. Cette année, la plus grande installation de panneaux solaires en toiture des États-Unis a été réalisée dans le quartier de Stuyvesant Town. Ce record devrait être prochainement battu dans l’arrondissement du Bronx. En juin, l’État de New York a annoncé qu’il souhaitait atteindre le seuil de 70% d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030 (The New York Times, 10 juillet).

Un 5ème terminal méthanier de liquéfaction de GNL approuvé par la FERC en 2019

Le 16 juillet, la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a donné son accord à Kinder Morgan, l’un des plus importants gestionnaires d’infrastructures d’énergie aux États-Unis, pour son projet de terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le Mississippi. C’est le cinquième terminal méthanier approuvé cette année par la FERC, qui rattrape un arriéré de traitement de demandes d’autorisation pour de nouveaux projets de terminaux de GNL. Ce projet ajouterait une capacité de liquéfaction et d’exportation de GNL de 11,5 millions de tonnes par an. Richard Glick, commissaire démocrate de la FERC, a voté contre l’approbation du projet, dénonçant le refus de la commission d’examiner les conséquences de cette approbation sur le dérèglement climatique (Houston Chronicle, 17 juillet).

Vers des droits de douane additionnels sur l’éolien ?

La Wind Tower Trade Coalition a demandé via une pétition au Department of Commerce et à l’International Trade Commission d’imposer des droits de douane additionnels sur les produits de l’industrie éolienne importés du Canada, de l’Indonésie, de la Corée du Sud et du Vietnam. Les fabricants ont déclaré que les produits provenant de ces quatre pays étaient vendus à des prix inférieurs à ceux fixés dans le 1930 Tariff Act. Cela impacterait selon eux leurs ventes. ClearView Energy Partners, fournisseur d’équipements respectueux de l’envi-ronnement, a déclaré que les fabricants américains obtiendraient très certainement les droits de douane additionnels demandés car 8 des 9 fabricants sont situés dans des États ayant votés pour Donald Trump en 2016. Cependant, les coûts des projets éoliens pourraient augmenter de 5% à 10% si ces droits de douane étaient appliqués. L’industrie solaire s’était retrouvée en 2018 dans la même situation. Néanmoins, l’application des droits de douane additionnels sur le solaire n’avait pas permis à certaines entreprises américaines d’éviter la faillite (E&E news, 17 juillet).

Le chiffre de la semaine : 3 millions

Il s’agit du nombre d’habitations aux États-Unis qui pourraient être alimentées en électricité produite à partir de biogaz, selon un rapport réalisé conjointement par le Département de l’Agriculture, l’Agence de protection de l’environnement et le Département de l’énergie (Yale Environment, 25 juillet).

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