Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-26

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-26

Sommaire

Écologie – Climat

  • Gel de la hausse des pénalités en cas de non-respect des normes d’efficacité énergétique des véhicules
  • L’EPA assouplit l’utilisation d’un pesticide dangereux pour les abeilles
  • L’EPA veut limiter les droits des tiers sur les autorisations environnementales

Transport                                                                                                                               

  • Tesla annonce automatiser la totalité de sa flotte de véhicules avant la fin de l’année
  • Uber et Lyft incitent leurs chauffeurs à manifester contre l’évolution de leur statut
  • Le Département des Transports octroie 477 M USD de subventions aux aéroports

Énergie

  • Les États-Unis veulent augmenter la durée de vie des réacteurs nucléaires
  • Forte baisse prévue de l’électricité produite à partir de centrales thermiques à charbon
  • Potentiel significatif de développement des sources d’énergies renouvelables flottantes

Agenda

Écologie – Climat                                                           

Gel de la hausse des pénalités en cas de non-respect des normes d’efficacité énergétique des véhicules

L’administration Trump a signalé la publication prochaine d’une réglementation finale suspendant un règlement de l’administration Obama de 2016 qui a plus que doublé les pénalités imposées aux constructeurs automobiles qui ne respectent pas les exigences en matière d’efficacité énergétique. Le 12 juillet, l’administration Trump a annoncé qu’elle gelait cette hausse. Les constructeurs automobiles avaient protesté contre l’augmentation de ces pénalités via l’Alliance of Automobile Manufa-cturers (AAM) – comprenant notamment General Motors, Volkswagen, Toyota ou Fiat Chrysler – soulignant qu’elles pourraient augmenter les coûts de mise en conformité de l’industrie de 1 Mds USD par an. La porte-parole de l’AAM a déclaré que l’administration précédente n’avait pas tenu compte du préjudice économique important qui résulterait de cette hausse (Reuters, 12 juillet).

L’EPA assouplit l’utilisation d’un pesticide dangereux pour les abeilles

Le 12 juillet, l’Environmental Protection Agency (EPA) a déclaré que le sulfoxaflor, pesticide partiellement interdit en 2015 en raison du danger qu’il représente pour les abeilles, pourrait être utilisé à plus grande échelle. Il sera désormais utilisé pour des cultures comme le coton ou le sorgho, mais également pour le maïs, la luzerne, le soja et les agrumes. Alexandra Dunn, assistant administrator for the Office of Chemical Safety and Pollution Prevention de l’EPA, a déclaré que cette mesure serait favorable à tous les producteurs américains. L’EPA a ajouté que le sulfoxaflor était un produit très efficace et qu’il n’existait que peu d’alternatives pour lutter contre certains parasites. Le Center for Biological Diversity (CBD) a déclaré qu’en 2018 et malgré son interdiction, l’EPA avait autorisé une utilisation d’urgence du sulfoxaflor sur plus de 6,5 millions d’hectares. Par ailleurs, 12 des 18 États pour lesquels des utilisations d’urgence ont été approuvées ont obtenu des autorisations durant quatre années consécutives (The Washington Post, 12 juillet).

L’EPA veut limiter les droits des tiers sur les autorisations environnementales

L’Environmental Protection Agency (EPA) s’apprête à limiter les recours par des tiers portant sur les autorisations de sites industriels. Les personnes vivant aux abords des installations ne pourraient ainsi plus faire appel en cas de normes de rejets dans l’environnement jugées trop peu contraignantes. En revanche, les exploitants des installations détenteurs de ces autorisations pourront continuer à faire appel devant l’Environmental Appeals Board de l’EPA, un organisme d’appel indépendant au sein de l’agence, afin de revoir à la hausse leurs autorisations d’émissions de polluants. La proposition de règlement de l’EPA octroierait non seulement à l’industrie un pouvoir significatif pour influencer l’EPA et l’inciter à accroître les normes de rejet polluant des industriels, mais affecterait surtout davantage les communautés pauvres et minoritaires plus susceptibles de vivre aux abords de ces sites et de faire face à un taux de pollution élevé (The New York Times, 12 juillet).

La NRC souhaite réduire les inspections de sûreté des centrales nucléaires

Les Committee on Energy and Commerce et Committee on Appropriations reprochent à la Nuclear Regulatory Commission (NRC) de vouloir notamment réduire les inspections de sûreté des centrales nucléaires en augmentant l’autocontrôle par leurs exploitants. Les représentants Frank Pallone (D-N.J.) et Nita Lowey (D-N.Y.), présidents respectifs des deux comités de la Chambre, ont écrit une lettre à l’attention de Kristine Svinicki – présidente de la NRC. Ils suggèrent que toute proposition adoptée par la NRC devrait faire l’objet de commentaires et de suggestions préalables des citoyens, et ce bien que la NRC soit une agence indépendante (The New York Times, 17 juillet).

Le chiffre de la semaine : 21 Mds USD

Il s’agit du montant que l’État de Californie va accorder aux énergéticiens pour financer les coûts associés aux incendies de forêts (GTM, 11 juillet).

Transport

Tesla annonce automatiser la totalité de sa flotte de véhicules avant la fin de l’année

Toujours dans l’optique d’être le numéro un dans le secteur des véhicules autonomes, Tesla a récemment annoncé qu’il allait fournir une mise à jour logicielle donnant une autonomie maximale à toute sa flotte de véhicules aux Etats-Unis avant la fin de l’année. Les voitures Tesla pourront alors aussi bien rouler en ville que sur l’autoroute sans l’action d’un chauffeur. Le fait que le marché et la technologie des véhicules autonomes ne soient pas régulés pousse les constructeurs à aller de l’avant dans l’innovation. Le Washington Post relaye que les acteurs de cette industrie s’inquiètent du projet sans aucun contrôle réglementaire de Tesla. Ils reprochent au constructeur de ne pas prendre assez de précaution et de temps pour éprouver la technologie avant son déploiement, en faisant le choix par exemple de ne pas intégrer de lidar, permettant une modélisation 3D de l’environnement extérieur au véhicule, et craignent qu’à la suite d’un accident, cette technologie ne soit décrédibilisée. Elon Musk, le CEO de Tesla, estime à plus d’un million la flotte de véhicules autonomes Tesla sur les routes du pays d’ici un an.

Uber et Lyft incitent leurs chauffeurs à manifester contre l’évolution de leur statut

LAssembly Bill 5 (AB5), un projet de loi déposé récemment devant le Congrès de l’Etat de Californie propose de faire évoluer le statut des chauffeurs des sociétés du type Uber et Lyft, d’auto-entrepreneur à celui d’employé. Le Los Angeles Times rapporte qu’un rassemblement était prévu en faveur de l’AB5 le 9 juillet dernier devant le Capitole de la Californie. Afin d’assurer une forte mobilisation, des groupes de chauffeurs et des syndicats avaient mis à disposition des moyens d’acheminement. En réponse, certains groupes de pressions, comme I’m Independant Coalition, ont offert entre 25 et 100 USD aux conducteurs qui allaient manifester contre ce projet de loi afin de couvrir les divers frais engendrés. Lyft leur a octroyé 25 USD pour les mêmes motifs, et Uber, 15 USD en coupon-repas. Par ailleurs, les deux plateformes ont profité de la portée de leurs applications pour faire signer à leurs conducteurs des pétitions contre l’AB5 à destination des législateurs. Certains observateurs s’inquiètent de ces pratiques et des potentielles sanctions en cas d’adoption du projet de loi, suivant l’engagement des chauffeurs.

Le Département des Transports octroie 477 M USD de subventions aux aéroports

La Secrétaire aux Transports Elaine Chao a annoncé le 9 juillet 477 millions USD de subventions de l’US Department of Transportation (DOT) à destination des infrastructures aéroportuaires de 264 sites, compris dans 44 Etats différents. Cette dotation s’inscrit dans la poursuite de l’Airport Improvement Program (AIP) de la Federal Aviation Administration (FAA) qui doit allouer au total 3,18 milliards USD à leur amélioration sur 5 ans. L’objectif de ces financements est d’accroitre la sécurité, la capacité des aéroports et les possibilités d’intervention dans les situations d’urgence. Les activités générées par l’aviation civile américaine représentent 1 600 milliards USD et près de 11 millions d’emplois aux Etats-Unis selon la FAA. Ces investissements favoriseraient la croissance et le développement économique dans la région de chacun de ces aéroports.

La croissance des véhicules électriques pourrait impacter 80% des stations essences

E&E News relaye le 12 juillet les conclusions d’un rapport du Boston Consulting Group concernant la montée en puissance des véhicules électriques aux Etats-Unis. Les nouvelles formes de mobilité, telles que le covoiturage, des voitures de plus en plus efficaces énergétiquement et surtout l’essor des véhicules électriques (voire autonomes), pourraient à horizon 2035 causer la fermeture de près de 80% des stations essences actuelles. De plus, le bureau d’étude prévoit qu’un tiers des ventes de voitures neuves seraient des véhicules hybrides ou électriques d’ici 2030 aux Etats-Unis.

Le chiffre de la semaine : 3,80 USD

C’est le montant maximum du péage urbain suggéré par Uber pour pouvoir circuler dans le centre-ville de Seattle, selon une étude réalisée par Uber prévoyant des recettes de 100 millions USD par an pour la ville et des gains de temps moyens de 6 minutes par trajets, selon le Seattle Times. Uber propose ainsi que tous les conducteurs circulant dans le centre de Seattle s’acquittent du futur péage urbain si celui-ci venait à voir le jour, et pas seulement les conducteurs des plateformes Uber et Lyft, comme proposé initialement par la Maire de Seattle.

Énergie

Les États-Unis veulent augmenter la durée de vie des réacteurs nucléaires

Les États-Unis envisagent de prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires existants. C’est ce que Dan Brouillette, secrétaire adjoint à l’énergie des États-Unis, a déclaré lors d’une conférence organisée par l’agence internationale de l’énergie (IEA). Le nucléaire et l’hydrogène sont pour lui essentiels pour réduire les émissions de CO2 et renforcer la sécurité énergétique des États-Unis. Le Department of Energy (DoE) des États-Unis est convenu avec l’IEA que la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants était peut-être le moyen le plus compétitif de produire de l’électricité avec de faibles émissions de CO2. Le DoE envisage ainsi une durée de vie de 80 ans pour les réacteurs nucléaires. La plupart des réacteurs nucléaires existants ont déjà vu leur durée de fonctionnement autorisée à passer de 40 à 60 ans. Cette nouvelle extension permettrait selon le DOE de relancer l’industrie nucléaire. Selon les données de la World Nuclear Association, les États-Unis disposent de près de 100 réacteurs nucléaires. De plus, 20% de l’électricité consommée en 2018 était produite à partir d’énergie nucléaire (Reuters, 11 juillet).

Forte baisse prévue de l’électricité produite à partir de centrales thermiques à charbon

Selon un rapport de Moody’s Investors Service, la part de l’électricité produite aux États-Unis à partir de centrales thermiques à charbon ne sera plus que de 11% en 2030. Moody’s prédit que la part d’électricité produite à partir de centrales thermiques à charbon devrait rester stable au cours des 12 à 18 prochains mois, puis devrait baisser significativement. Pour l’Energy Information Administration (EIA), cette part était de 27,4% en 2018. À mesure que le gaz naturel est privilégié au charbon – pour des raisons de coûts et de pollution – et que le coût des énergies renouvelables diminue, les promoteurs américains de centrales thermiques à charbon devraient davantage se tourner vers l’exportation de cette technologie. En revanche, cette solution ne semble pas viable à long terme ; certaines régions telles que l’Asie devraient elles aussi connaître un déplacement de la demande vers des énergies produites à partir de gaz naturel et des énergies renouvelables (Utility Dive, 11 juillet).

Potentiel significatif de développement des sources d’énergies renouvelables flottantes

De plus en plus de sources d’énergies renouvelables flottantes sont développées aux États-Unis. C’est ainsi que le plus grand projet solaire flottant de Californie a débuté cet été ; un concept similaire a été adopté près de Miami en Floride, et la Public Utilities Commission du Maine a approuvé le Maine Aqua Ventus – un projet pilote de deux éoliennes flottantes de 12 MW de capacité totale. Le National Renewable Energy Laboratory (NREL) avait notamment réalisé une étude en décembre 2018 estimant que si divers plans d’eau artificiels et bassins de refroidissement publics accueillaient des panneaux solaires photovoltaïques, ces derniers pourraient produire 10% de l’électricité des États-Unis. Selon le NREL, dans les eaux profondes de l’océan où les éoliennes traditionnelles ne peuvent être implantées, les systèmes éoliens flottants amarrés au fond marin à l’aide de cordons flexibles pourraient produire plus du double de la consommation d’électricité actuelle des États-Unis (E&E news, 11 juillet).

Les projets de la NASA bénéfiques au stockage d’énergies renouvelables et aux carburants alternatifs

Les projets de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) de retourner sur la lune pourraient bénéficier au stockage d’énergies renouvelables et à l’utilisation de carburants alternatifs. Les recherches de la NASA portent notamment sur les piles à combustible qui utilisent de l’hydrogène et de l’oxygène pour produire de l’électricité. Les piles à combustibles terrestres peuvent utiliser l’air comme source d’oxygène mais les piles à combustibles spatiales ne peuvent utiliser que de l’hydrogène pur et de l’oxygène pur. Ainsi, les projets spatiaux de la NASA contribuent au développement des technologies de stockage d’énergies renouvelables et à celles des véhicules à hydrogène (Energy News Network, 15 juillet).

Le chiffre de la semaine : plus de 50 GW

Il s’agit de la capacité potentielle de stockage sur 4 heures de batteries pour répondre à la pointe, selon le National Renewable Energy Laboratory (Utility Dive, 10 juillet).

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