Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-21

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-21

Sommaire

Écologie – Climat

  • Le président Trump en visite dans l’Iowa pour promouvoir le bioéthanol
  • Tesla envisage son entrée dans l’industrie minière pour produire ses batteries plus vite
  • L’Oregon a publié un projet de plan d’action pour lutter contre l’acidification des océans

Transport     

  • L’immobilisation des Boeing 737 Max pèse sur les fournisseurs et les compagnies aériennes
  • Le projet de révision des normes d’émissions inquiète les constructeurs automobiles
  • Uber précise ses ambitions dans le transport aérien

Énergie

  • Deux accords entre les États-Unis et la Pologne sur le nucléaire civil et le GNL
  • Michael Bloomberg promet 500 M USD pour fermer les centrales à charbon
  • Lancement d’une nouvelle alliance mondiale sur l’efficacité énergétique

Agenda

  • 18 juin : Audition de la Sous-commission Sécurité du commerce du Sénat sur les drones et la technologie anti-drone.
  • 19 juin : Audition de la Sous-commission Aviation de la Chambre des Représentants sur : « Status of the Boeing 737 MAX: Stakeholder ».
  • 27 juin : New Energy Outlook 2019 au Center for Strategic and International Studies (CSIS)
  • 27 juin : Évènement Charting Progress: Creating New Marine Protected Areas in Antarctica and the High Seas au Wilson Center

Écologie – Climat                                                           

Le président Trump en visite dans l’Iowa pour promouvoir le bioéthanol

Le président Trump et l’administrateur de l’agence de protection de l’environnement (EPA) Andrew Wheeler se sont rendus le 13 juin à Council Bluffs, dans l’État de l’Iowa, pour faire la promotion du bioéthanol. L’administration Trump vient en effet de lever l’interdiction de vente en été de l’E15 – un carburant contenant 15% d’éthanol et 85% d’essence – qui avait été mise en place sous l’administration Obama au motif que l’E15 favorisait la pollution de l’air lors d’épisodes de hautes températures en été. L’Iowa est l’État qui produit le plus de maïs, céréale utilisée dans la production de bioéthanol. Aux États-Unis, 10% de la production de maïs est transformée en biocarburants. La décision de l’administration Trump sera ainsi largement favorable aux agriculteurs, qui souffrent actuellement des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. En revanche, cette décision déplaît aux raffineurs de pétrole. L’American Fuel and Petrochemical Manufacturers (AFPM) a notamment demandé à la Cour d’appel du District of Columbia de revoir la décision de l’EPA. La politique nationale sur les biocarburants contraint en effet les raffineurs à incorporer des biocarburants dans leur essence, ce qui représente des coûts importants. Par ailleurs, le Government Accountability Office (GAO) vient de publier un rapport remettant en question les objectifs de réductions d’émissions de gaz à effet de serre des biocarburants. En cause, l’éthanol à base de maïs, qui n’aurait pas un impact climatique aussi important que les biocarburants avancés (The Gazette, 10 juin).

Tesla envisage son entrée dans l’industrie minière pour produire ses batteries plus vite

Le 11 juin, lors de l’assemblée annuelle de ses actionnaires, Tesla a annoncé qu’elle pourrait faire son entrée dans l’industrie minière afin de produire ses batteries plus rapidement. En effet, le nickel, le cuivre ou le lithium, sont des éléments nécessaires pour produire des cellules de batteries lithium-ion, qui sont essentielles pour les véhicules électriques de Tesla. L’entreprise ne souhaite pas rencontrer des difficultés d’approvisionnement pour ne pas entraver sa capacité de production et le développement de ses technologies. Cela est en accord avec la politique de l’entreprise, qui contrôle toute la logistique associée à ses produits et mise sur une intégration verticale (The Telegraph, 12 juin).

L’Oregon a publié un projet de plan d’action pour lutter contre l’acidification des océans

Le 10 juin, l’État de l’Oregon a publié un projet de plan d’action pour lutter contre l’acidification et la désoxygénation des océans. Ce plan définit cinq actions qui doivent être mises en œuvre au cours des six prochaines années. Le plan prévoit tout d’abord une étude scientifique plus approfondie des océans et une analyse de la biologie marine et de sa réaction à l’acidification et à la désoxygénation croissante des océans. Il propose d’élaborer des stratégies visant à réduire les émissions de CO2 ou d’autres gaz à effet de serre, responsables de l’acidification et de la désoxygénation, et de maintenir un nombre minimum de plantes aquatiques dans les océans. Enfin, le plan propose un développement de la communication sur le sujet, et une mobilisation des agences de l’État pour mettre en place la politique de Kate Brown, gouverneur de l’Oregon, définissant les priorités en matière d’acidification et de désoxygénation des océans. Ceci serait coordonné par le Natural Resources Office de l’Oregon (Oregon Ocean Information, 10 juin).

Une proposition de loi pour ratifier l’amendement de Kigali sur les HFC

Le sénateur John Kennedy (R-La.) souhaite relancer une proposition de loi qui avait été déposée sous l’administration Obama et dont le but était d’éliminer progressivement les hydrofluorocarbures (HFC). Il souhaite par ce texte ratifier l’adoption de l’amendement de Kigali au protocole de Montréal, négocié dans la capitale rwandaise en 2016 qui vise à réduire la consommation et la production de HFC. La proposition de loi du sénateur Kennedy octroierait à l’EPA l’autorité pour réglementer l’élimination progressive des HFC. Le sénateur Kennedy et 12 autres sénateurs républicains avaient déjà écrit une lettre au président Trump en juin 2018 pour l’exhorter à soumettre la ratification de l’amendement au Sénat. La Maison Blanche a déclaré qu’elle ne le ferait pas, mais qu’elle continuerait de se préoccuper de la question des HFC. (E&E news, 12 juin).

Le chiffre de la semaine : 12 Mds USD

Il s’agit du montant de l’arriéré pour la maintenance et l’entretien des parcs nationaux aux États-Unis. C’est ce que le vice-président des États-Unis Mike Pence a rappelé le 12 juin, lors d’une visite au parc de Yellowstone (AP news, 13 juin).

Transport

L’immobilisation des Boeing 737 Max pèse sur les fournisseurs et les compagnies aériennes

Le Wall Street Journal détaillait le 13 juin dernier les problèmes en chaîne qui découlent de la crise actuelle traversée par Boeing suite au double crash mortel survenu à bord de deux 737 MAX. Il est relaté que les tensions commerciales, la diminution des bénéfices des compagnies aériennes obligées d’annuler des vols, et l’incertitude concernant le retour dans les airs des appareils mis en cause, menacent l’écosystème aéronautique du constructeur. Plusieurs de ses fournisseurs ont annoncé en marge du salon du Bourget, qui débute lundi 17 juin, être contraints de freiner le rythme de production des pièces prévues pour les livraisons futures en observant leurs stocks s’accroitre depuis près de 4 mois. Les compagnies aériennes aussi sont fortement impactées par ces mesures conservatoires concernant les 737 MAX, le temps de l’enquête et de la certification des correctifs. Ainsi l’International Air Transport Association (IATA) a réduit ses projections de recettes des compagnies pour l’exercice 2019 de 21%.

Les compagnies Southwest et American Airlines ont toutes deux rallongé la période d’annulation des vols à bord de leurs 737 MAX jusqu’à début septembre.

Le projet de révision des normes d’émissions inquiète les constructeurs automobiles

Le New York Times rapporte que 17 des principaux constructeurs automobiles mondiaux, dont General Motors et Toyota, s’inquiètent, via une lettre adressée au Président Trump le 6 juin, d’une future règlementation fédérale qui pourrait être officialisée avant la fin juin et qui devrait affaiblir les normes édictées sous l’administration Obama, sur les émissions de polluants issus des gaz d’échappements. L’efficacité énergétique requise pour les voitures particulières et petits utilitaires passerait de 54,5 à 37 miles par gallon en 2025 (respectivement 4,3 et 6,4 litres aux 100 km). Les constructeurs soutiennent qu’elle pourrait engendrer une instabilité « intenable » dans le secteur automobile et des pertes de profits. Ces craintes proviennent du fait que la Californie et 13 autres Etats appliquent des règles plus strictes en la matière et envisagent de poursuivre l’administration Trump en justice afin de faire annuler cette règle sur leur territoire, ce qui créera alors des incertitudes et des cas particuliers complexes à gérer à l’échelle du pays pour les constructeurs. Le risque est de scinder le marché automobile américain en deux. Le gouverneur de Californie a d’ores et déjà déclaré refuser tout assouplissement ou dérégulation.

Uber précise ses ambitions dans le transport aérien

Uber a réalisé une double annonce la semaine dernière concernant le développement de ses activités sur le marché aérien.

The Hill rapporte le 6 juin que la société de chauffeurs privés va proposer des vols en hélicoptère à New York entre un héliport situé à Staten Island et l’aéroport John F. Kennedy. Ceci à partir du 9 juillet, pour une durée de trajet maximale de 30 minutes selon Uber : entre 10 et 20 minutes pour se rendre à l’héliport par la route et 8 minutes dans les airs ; contre 1 heure si l’on prend la voiture uniquement, et 50 à 75 minutes en train. Le coût de cette course est estimé à $200 par personne.

De plus, The Hill a relayé l’annonce réalisée par la société le 12 juin de tester les livraisons Uber Eats via des drones. Il est prévu que ces derniers acheminent la commande entre le restaurant et un chauffeur Uber se trouvant dans un point de dépôt, lui permettant ainsi de s’occuper de plusieurs livraisons à domicile dont les commandes diffèrent, en un seul trajet.

Le Canada envisage le prédédouanement des marchandises vers les Etats-Unis

Le ministre canadien de la Sécurité Publique Ralph Goodale, a déclaré lundi que le Canada réfléchissait à la réalisation d’opérations de prédédouanement des marchandises expédiées par voies ferroviaires ou postales vers les Etats-Unis. POLITICO Pro rapporte lundi 10 juin, que les deux pays discutent actuellement d’au moins deux projets potentiels de ce type. Les infrastructures nécessaires à ces contrôles anticipés de la douane américaine du côté canadien existent déjà depuis des décennies pour les voyageurs partant des grands aéroports, afin de réduire le temps d’attente à l’arrivée. M. Goodale souligne l’importance de ces allègements douaniers dans le cadre des échanges commerciaux avec les américains ainsi que des intérêts concurrentiels entre entreprises qui en découlent. Il espère donc voir les USA en faire de même sur leur sol.

Le chiffre de la semaine : $35 000

Cela représente le coût d’une nuit au sein de la Station Spatiale Internationale (ISS) pour un touriste. Le Washington Post relaye que la NASA a annoncé le 7 juin dernier vouloir ouvrir ces voyages à des particuliers, et ce potentiellement dès 2020. Pour ce faire, l’Agence souhaite s’associer avec des entreprises privées du secteur.

Énergie

Deux accords entre les États-Unis et la Pologne sur le nucléaire civil et le GNL

Le 12 juin, les États-Unis et la Pologne ont signé deux accords énergétiques : un accord de coopération nucléaire civile et un accord pour accroître les importations polonaises de gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Rick Perry, Secrétaire à l’énergie des États-Unis, et Piotr Naimski, son équivalent polonais, ont signé un mémorandum d’entente sur la technologie nucléaire civile. La Pologne est membre de la Communauté européenne de l’énergie atomique et a conclu un accord de non-prolifération avec les États-Unis. Par ailleurs, Michael Sabel, co-président de Venture Global LNG, et Piotr Woźniak, président du conseil d’administration de l’entreprise gazière polonaise détenue par l’État, ont signé un accord pour que la Pologne importe 1,5 millions de tonnes de GNL américain par an sur 20 ans, dont 3,5 millions de tonnes de Venture Global LNG. Cet accord représenterait un montant de 8 Mds USD selon le président Trump. En outre, Rick Perry devait accompagner le président polonais Andrzej Duda pour une visite du terminal méthanier Sabine Pass le 14 juin (The Wall Street Journal, 12 juin).

Michael Bloomberg promet 500 M USD pour fermer les centrales à charbon

L’ancien maire de New York Michael Bloomberg a déclaré qu’il donnerait 500 M USD à la campagne Beyond Carbon, dont l’objectif est de fermer progressivement toutes les centrales à charbon des États-Unis. L’un de ses porte-paroles a déclaré que la majeure partie de l’argent serait versée au cours des trois prochaines années. Cette aide servira notamment à financer le lobbying des groupes environnementaux dont le but est de fermer les centrales à charbon. Il donne la priorité à l’énergie éolienne, l’énergie solaire, et aux autres énergies renouvelables. Une partie servira également à soutenir les personnalités politiques locales dont les programmes mettent en avant les énergies renouvelables. Il souhaite également ralentir la croissance du gaz naturel, qui n’était pour lui qu’une transition vers des énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien (The New York Times, 6 juin).

Lancement d’une nouvelle alliance mondiale sur l’efficacité énergétique

Le 12 juin, une alliance mondiale dont l’objectif serait d’améliorer l’efficacité énergétique, l’Energy Efficiency Global Alliance (EEGA), a été formée à Washington D.C. afin de lutter contre le dérèglement climatique par l’Alliance to Save Energy (ASE). Elle est composée d’organisations gouvernementales et d’entreprises, et animée par 23 entités, dont notamment la California Energy Commission, le Rocky Mountain Institute, le Ceres ou le World Resources Institute. Jason Harke, président de l’ASE, a déclaré, en s’appuyant sur une étude de l’agence internationale de l’énergie (IEA), que de bonnes politiques en matière d’efficacité énergétique permettraient d’atteindre 40% des objectifs de réduction des émissions de CO2 de l’Accord de Paris. Le rôle de l’alliance sera ainsi d’appuyer les politiques d’efficacité énergétique auprès des gouvernements et entreprises (ASE, 12 juin).

Les représentants démocrates souhaitent étendre les aides aux énergies « vertes »

Des représentants démocrates de la Chambre prévoient des mesures fiscales pour prolonger les incitations sur les énergies renouvelables, en relançant les crédits d’impôts associés. Les démocrates du Ways and Means Committee se sont réunis le 11 juin pour relancer rétroactivement des crédits accordés jusque fin 2018 et prolonger des crédits d’impôts accordés jusque fin 2019 afin de les étendre jusque fin 2020. Ces parlementaires souhaitent également proroger les crédits d’impôts sur l’énergie éolienne et solaire, qui devaient expirer progressivement entre 2019 et 2022 (Bloomberg, 12 juin).

Le chiffre de la semaine : 70 Mds USD

Il s’agit du montant que les États du Connecticut, de New York, du New Jersey et du Massachussetts souhaitent investir dans l’éolien offshore. Le Sénat de l’État du Connecticut a récemment adopté une proposition de loi qui oblige les énergéticiens à acheter au moins 2 gigawatts d’énergie éolienne offshore. L’État du Connecticut, qui avait prévu d’en acheter 300 mégawatts, a ainsi considérablement augmenté son investissement (Bloomberg, 5 juin).

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