Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-20

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-20

Sommaire

Écologie – Climat

  • Les candidats démocrates à la présidentielle de 2020 précisent leur plan pour le climat
  • L’EPA réévalue la dangerosité de certaines substances chimiques
  • Les données environnementales des centrales électriques publiées par l’EIA

Transport      

  • La FAA signale la présence de pièces défectueuses sur des Boeing 737
  • Le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis compromet la vente d’une centaine de gros-porteurs Boeing
  • La Cour Suprême arbitre en faveur d’Amtrak pour une régulation de la ponctualité des circulations

Énergie

  • Facebook investit dans un projet d’énergie solaire pour la première fois
  • Des coupures d’électricité autorisées par la Californie pour se prémunir d’incendies
  • Former aux métiers de l’éolien en mer afin de pallier au manque de main-d’œuvre

Agenda

  • 11 juin : Audition par la Sous-commission du Développement économique, des Bâtiments publics et de la Gestion de crise sur le thème de « L’efficacité et la résilience dans la conception et la réalisation des bâtiments fédéraux »
  • 27 juin : New Energy Outlook 2019 au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington D.C.

Écologie – Climat

Les candidats démocrates à la présidentielle de 2020 précisent leur plan pour le climat

L’ancien Vice-Président Joe Biden, actuellement favoris chez les démocrates, a publié le 4 juin son programme de mobilisation pour le climat. Il souhaite notamment investir 5 000 Mds USD sur 10 ans et s’inspirer du Green New Deal promu par la représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez. Joe Biden souhaite également relancer le projet de train rapide en Californie, le California High Speed Rail (The Washington Post, 4 juin). De son côté, la sénatrice Elizabeth Warren (D-Mass.) souhaite investir 2 000 Mds USD pour que les États-Unis utilisent des énergies entièrement décarbonées au plus vite. 400 M USD seraient ainsi octroyés à ce qu’elle nomme le Green Apollo Program pour financer la recherche dans ce secteur (The Wall Street Journal, 4 juin). Enfin, le gouverneur de l’État de Washington Jay Inslee a proposé le 4 juin au Democratic National Committee qu’un débat portant uniquement sur la lutte contre le dérèglement climatique soit tenu entre les différents candidats, ce que le parti lui a refusé. Bien qu’il ne récolte actuellement que 1% des intentions de vote, le programme de Jay Inslee est qualifié de « gold standard » par Alexandria Ocasio-Cortez. Il souhaite notamment augmenter le nombre de réfugiés qui s’établissent aux États-Unis pour raisons climatiques, doubler le montant investi par les États-Unis au Fonds vert pour le climat ou encore adhérer à la Powering Past Coal Alliance, pour se désengager du charbon d’ici à 2030 (CNN, 5 juin). Par ailleurs, le 30 mai, 14 candidats démocrates à la présidentielle de 2020 avaient déjà signé le No Fossil Fuel Money Pledge, qui constitue un engagement à ne pas accepter de dons de la part des industries du pétrole, du gaz naturel et du charbon. Joe Biden figurait alors – et figure toujours – parmi les grands absents de la liste de signataires. Greenpeace a dans le même temps dévoilé son classement des candidats à la présidentielle de 2020, s’appuyant sur leurs programmes de lutte contre le dérèglement climatique. Seuls Jay Inslee, gouverneur, Elizabeth Warren, Cory Booker (D-N.J.), Kirsten Gillibrand (D-N.Y.) et Tulsi Gabbard (D-H.I.) ont répondu à l’enquête de Greenpeace. Les autres candidats ont été évalués sur leurs prises de position publiques. Jay Inslee arrive en tête de ce classement avec la note A-. Le Sénateur Bernie Sanders (I- Vt) le suit avec un B+, alors qu’Elizabeth Warren obtient un B. Joe Biden figure dans les dernières positions du classement. Il n’avait pas encore dévoilé son programme.

L’EPA réévalue la dangerosité de certaines substances chimiques

L’agence de protection de l’environnement (EPA) prévoit de réévaluer de manière accélérée la dangerosité de certaines substances chimiques. Cependant, elle ne se donnerait que quelques mois pour le faire alors que c’est un processus chronophage, nécessitant de nombreux tests. Les experts craignent ainsi que des millions d’américains encourent des risques disproportionnés pour leur santé. L’EPA s’appuie actuellement sur des directives de 2005 sur les risques cancérogènes que présentent certaines substances chimiques mais ne propose pas de document de référence sur les autres risques potentiellement néfastes pour la santé humaine. Le Science Advisory Board (SAB) de l’EPA devait se réunir les 5 et 6 juin pour examiner ce point. (Science, 31 mai).

Les données environnementales des centrales électriques publiées par l’EIA

L’Energy Information Administration (EIA) vient de mettre en ligne l’Electricity Data Browser, un outil facilitant désormais l’accès au public aux informations environnementales des centrales de production d’électricité : cet outil permet de visualiser les résultats des enquêtes de l’EIA et notamment le volume d’eau utilisé pour refroidir les installations ou les quantités de CO2 émises. On peut y voir par exemple qu’en 2017, le West County Energy Center situé en Floride a produit 20,5 TWh d’électricité et a émis 7,7 millions de tonnes de CO2, 37 tonnes de dioxyde de soufre et 485 tonnes d’oxydes d’azote (EIA, 5 juin).

Le chiffre de la semaine : 40 Mds USD

Il s’agit du montant qui pourrait être alloué à un fonds d’urgence pour les victimes de feux de forêts dévastateurs en Californie. Plus de 16 000 incendies se sont déclarés dans l’État au cours des deux dernières années, ayant entraîné au total le décès de 139 personnes et la destruction de plus d’un million d’hectares de forêts. La création de ce fonds est examiné par la Commission on Catastrophic Wildfire Cost and Recovery de Californie (E&E news, 6 juin).

Transport

La FAA signale la présence de pièces défectueuses sur des Boeing 737

La Federal Aviation Administration (FAA), prévenue par Boeing, a indiqué le 2 juin 2019 via un communiqué avoir informé les compagnies aériennes qu’à la suite d’une enquête conjointe avec le constructeur, un risque critique pour la sécurité de certains 737 NG et 737 MAX avait été diagnostiqué. C’est un sous-traitant de Boeing qui a notifié au constructeur aéronautique la fourniture de pièces défectueuses sur ces appareils. Les pièces en question sont des glissières de becs de bords d’attaque que Boeing n’a pas contrôlées. La FAA estime que 133 NG et 179 MAX seraient sujets à inspection et correction (dont 32 NG et 33 MAX se situant sur le sol américain). Ces pièces servent à augmenter la portance de l’aile lors du décollage et de l’atterrissage lorsque l’avion se trouve alors à une faible vitesse afin d’éviter tout risque de décrochage. L’agence a émis une consigne de navigabilité (Airworthiness Directive) donnant 10 jours aux compagnies aériennes pour traiter le problème. En attendant ces réparations, les avions impactés sont immobilisés au sol.

Le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis compromet la vente d’une centaine de gros-porteurs Boeing

Bloomberg rapporte le 5 juin 2019 que Boeing, plus grand exportateur américain en Chine, pourrait subir intensément les conséquences des tensions commerciales entre Pékin et Washington. Boeing est actuellement en pourparlers avancés avec plusieurs compagnies aériennes chinoises concernant la vente d’une centaine de 787 Dreamliners et de 777X. Cependant ces négociations sont loin d’être conclues, avec en toile de fond les tensions commerciales sino-américaines. Du point de vue américain, un accord de ce type contribuerait à rééquilibrer la balance commerciale entre les deux pays. La Chine devrait devenir dans les prochaines années le plus grand marché aéronautique mondial. Elle n’est cependant pas encore en capacité de produire des gros-porteurs, et est donc tributaire d’Airbus et Boeing.

Le projet de loi de finances pour les Transports et le Logement pré approuvé

The Hill rapporte que la proposition de projet de loi de finances concernant les Transports et le Logement a été approuvée par la commission des affectations budgétaires de la Chambre des Représentants le mardi 4 juin 2019, et doit désormais être adoptée par la Chambre. Elle financerait l’US Department of Transportation (US DOT) à hauteur de 86,6 Mds$ et le Department of Housing and Urban Development pour environ 50 Mds$, pour l’année fiscale 2020. Cela représenterait une augmentation globale de 6 Mds$ par rapport au budget en cours d’exécution, et de 17,3 Mds$ que ce que demandait l’Administration fédérale au Congrès. Elle prévoit de plus 75,8 Mds$ de dépenses discrétionnaires, et ne contient pas de mesures permettant de contrer la décision de l’US DOT de retirer près d’1 Md$ de subventions fédérales au projet de train à grande vitesse en Californie.

La Cour Suprême arbitre en faveur d’Amtrak pour une régulation de la ponctualité des circulations

L’Association of American Railroads (AAR), qui regroupe les principales compagnies ferroviaires d’Amérique du Nord, s’est vue déboutée par la Cour Suprême américaine dans son contentieux – vieux de 2011 – avec Amtrak, le transporteur ferroviaire parapublic de voyageurs, et la Federal Railroad Administration (FRA) selon le site Railway Age. L’AAR interrogeait la capacité légale d’Amtrak de définir, en coopération avec la FRA, ses propres obligations et celles des autres opérateurs ferroviaires et gestionnaires de réseaux en termes de performances et de ponctualité. Aux Etats-Unis, l’immense majorité du réseau est détenu par des compagnies privées de transport ferroviaire de fret, Amtrak payant des droits de passage (sillons) pour circuler sur ces réseaux. L’AAR se félicite cependant que cette décision confirme la nécessité de réviser les exigences de performance précédemment définies par Amtrak, en lien avec la FRA.

Le chiffre de la semaine : 120 Md$

Il s’agit de la valorisation boursière estimée du nouveau géant de l’aéronautique et de la défense Raytheon Technologies Corp, qui résultera de la fusion annoncée le 10 juin 2019 entre United Technologies Corp. (UTC) et Raytheon Co. UTC est actuellement le plus grand équipementier aéronautique et possède les marques Collins Aeropace, (issu de l’acquisition de Rockwell Collins en 2018), et Pratt&Whitney. Raytheon Co. est une entreprise de défense qui produit notamment les missiles Patriot et Tomahawk. Le groupe fusionné devrait atteindre environ 74 Mds$ de chiffre d’affaire en 2019. UTC avait annoncé fin 2018 son intention de séparer ses trois activités Aérospace, Carrier (systèmes de climatisation) et Otis (ascenseurs) pour se concentrer sur l’aéronautique. (Reuters)

Énergie

Facebook investit pour la première fois dans un projet d’énergie solaire

Facebook a annoncé le 30 mai avoir finalisé un accord pour financer un projet d’énergie solaire de 379 mégawatts de capacité développé par Longroad Energy Partners dans l’ouest du Texas. C’est la première fois que le réseau social – qui a annoncé viser les 100% d’énergies renouvelables d’ici 2020 – investit dans un projet d’énergie solaire. First Solar a annoncé le même jour avoir trouvé un accord avec Facebook pour alimenter son data center de l’Utah à partir de sa centrale solaire Cove Point 2. Peter Freed, Energy Strategy Manager de Facebook, espère que ce ne sont que les prémices de la transition de Facebook vers des énergies plus respectueuses de l’environnement. L’entreprise a déclaré qu’elle avait réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 44% depuis 2017, et qu’elle envisageait de les réduire de 75% d’ici 2020 (GTM, 30 mai).

Des coupures d’électricité autorisées par la Californie pour se prémunir d’incendies

Le régulateur californien de l’énergie a décidé le 30 mai qu’il serait désormais possible pour les énergéticiens de couper préventivement l’électricité de plusieurs centaines de milliers de consommateurs afin de prévenir des incendies catastrophiques. Un tel incendie provoqué par des lignes électriques a entraîné le décès de 85 personnes et entièrement détruit la ville de Paradise en novembre 2018. Les énergéticiens sont dans ces situations responsables de plusieurs Mds USD de dommages. Aussi, ils ont demandé au régulateur de pouvoir couper l’électricité préventivement lorsque le risque d’incendie est extrêmement élevé, comme c’est le cas actuellement, lors de vents violents ou lorsque le niveau d’humidité est faible et que la végétation est asséchée, pouvant ainsi rapidement s’enflammer. La California Public Utilities Commission a donné son accord, bien qu’elle ait insisté pour que les énergéticiens sensibilisent davantage les personnes vulnérables aux risques liés à ces coupures et intensifient leurs efforts de prévention. En effet, cette autorisation suscite une vive polémique dans la mesure où certaines personnes utilisent par exemple des dispositifs d’assistance respiratoire électriques. Elles seraient en danger en cas de coupure d’électricité (The New York Times, 30 mai).

Former aux métiers de l’éolien en mer afin de pallier le manque de main-d’œuvre

Le représentant Donald Norcross (D-N.J.) s’est joint aux représentants Bill Keating (D-Mass.), Joseph Kennedy III (D-Mass.), Alan Lowenthal (D-CA) et Donald McEachin (D-VA) pour relancer le Offshore Wind Jobs and Opportunity Act afin de pallier au manque de main-d’œuvre dont souffre le secteur de l’éolien en mer. Cette proposition de loi prévoit un fonds de 25 M USD qui serait destiné à la formation de nouveaux opérateurs pour ce secteur. Un responsable de projets éolien en mer pour Siemens Gamesa a déclaré que son entreprise ne dispose pas d’assez de personnels pour répondre aux besoins de l’industrie ; Siemens Gamesa a proposé aux États des formations qui pourraient être dispensées à l’université, afin de former des étudiants aux métiers de l’éolien en mer. Des aides seraient octroyées en priorité aux régions économiquement défavorisées, avec un pourcentage plus élevé d’étudiants à faibles revenus ou issus de minorités (Windpower Engineering & Development, 5 juin).

Total reprend les activités de Toshiba dans le GNL aux États-Unis

Total a annoncé le 1er juin la reprise des droits de liquéfaction s’étalant sur une durée de 20 ans de gaz naturel (GNL) de Toshiba pour le terminal méthanier de Freeport LNG au Texas. Toshiba avait en effet signé un contrat avec Freeport LNG qui stipulait un paiement pour des droits de liquéfaction de GNL, et ce indépendamment du fait d’avoir un acheteur ou non pour son GNL. L’entreprise japonaise avait précédemment déclaré que ses activités dans le GNL aux États-Unis pouvaient lui causer des pertes pouvant atteindre 9 Mds USD et cherchait à les céder (Reuters, 31 mai).

Le chiffre de la semaine : 4,8 Mds USD

Il s’agit du montant que représenterait le marché du stockage d’énergie par batterie d’ici à 2024, selon Wood Mackenzie. Ce secteur est en pleine expansion, avec une croissance de 232% entre le premier trimestre 2018 et le premier trimestre 2019 (E&E news, 4 juin).

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