Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-19

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-19

Sommaire

Écologie – Climat

  • L’EPA prévoit de limiter les émissions de gaz à effet de serre des avions
  • Un embargo de la Chine sur les terres rares en réponse aux sanctions des États-Unis ?
  • Les États-Unis contre un pacte mondial pour l’environnement contraignant

Transport      

  • L’immobilisation prolongée des 737 Max accentue la pression sur Boeing
  • La SEC enquête sur les informations transmises par Boeing à ses actionnaires
  • Des députés de NY s’inquiètent de l’intervention du chinois CRRC sur le métro

Énergie

  • Hausse des « coûts échoués » aux États-Unis suite à la fermeture de centrales à charbon
  • Des investisseurs asiatiques tournent le dos au charbon américain
  • Le plus grand projet commercial d’énergie marine au monde développé en Floride

Agenda

Écologie – Climat

L’EPA prévoit de limiter les émissions de gaz à effet de serre des avions

L’agence de protection de l’environnement (EPA) prévoit d’établir une norme – effective à l’automne – qui limiterait les émissions de gaz à effet de serre des avions. Cette règlementation imposerait aux constructeurs aéronautiques un seuil maximum d’émissions de gaz à effet de serre sur les nouveaux moteurs. Il s’agit de la mise en œuvre nationale de la norme sur les émissions de CO2 des avions adoptée par l’OACI en 2017. Les États-Unis n’ont jamais imposé auparavant une telle exigence. Cela s’explique notamment par le fait que les grands traités internationaux sur le climat, le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris notamment, n’ont pas traité des problématiques liées à l’aviation. Les pays étaient convenus en 1997 que l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI) se chargerait de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur aéronautique. L’industrie aéronautique représente 2,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (Scientific American, 29 mai).

Un embargo de la Chine sur les terres rares en réponse aux sanctions des États-Unis ?

La Chine n’a pas encore explicitement déclaré qu’elle restreindrait les ventes de terres rares aux États-Unis, mais les médias chinois ont laissé entendre qu’elle y songeait fortement. Le 29 mai, le Quotidien du Peuple, organe de presse officiel du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), publiait en gros titre « Les États-Unis, ne sous-estimez pas la capacité de la Chine à riposter ». La visite d’une usine de traitement de terres rares par le président chinois Xi Jinping le 20 mai avait déjà été interprétée comme une menace tacite juste après les menaces des États-Unis contre Huawei. Le levier de négociation est réel car la Chine assure plus de 90% de la production mondiale de terres rares, qui furent par ailleurs un moyen de pression lors de conflits diplomatiques passés. Le Département américain de la défense (DOD) a sollicité de nouveaux financements pour doper la production nationale et réduire la dépendance des États-Unis à la Chine, selon un rapport transmis récemment à la Maison Blanche et présenté au Congrès. Le DOD représente 1% de la demande nationale qui elle-même s’élève à 9% de la demande mondiale en terres rares (Reuters, 28 mai).

Les États-Unis contre un pacte mondial pour l’environnement contraignant

Des recommandations qui ne sont pas à la hauteur des attentes d’une majorité de délégations ont été adoptées lors de la troisième et dernière réunion dédiée au pacte mondial pour l’environnement, qui s’est tenue au siège de l’ONU Environnement à Nairobi du 20 au 22 mai. Il y a tout d’abord eu un recul sur l’ambition du projet, pour lequel seule une déclaration politique devrait être faite alors qu’un traité international, plus contraignant légalement, était attendu. De plus, cette déclaration devrait se faire en 2022, ce qui constitue un deuxième écart par rapport aux objectifs d’aboutir à l’horizon 2020-2021. Ce revers s’explique en partie par la méthode du « consensus », qui a permis à une minorité d’États dont les États-Unis, le Brésil et la Russie, de rejeter des propositions soutenues par une large majorité. (Global pact for the environnement).

Nombre record de tornades au mois de mai

Les États-Unis ont établi le 28 mai un nouveau record : 12 jours consécutifs avec au moins 8 tornades, selon le National Weather Service. Le service météorologique a recensé pas moins de 934 signalements de tornades depuis le début de l’année. Plus de 500 de ces signalements ont été effectués au cours des 30 derniers jours et concernent principalement le Midwest. Ce chiffre est probablement surévalué car certains témoins signalent la même tornade. Les États-Unis n’avaient plus connu une telle activité depuis 1980. Selon les experts, il n’est toutefois pas possible pour l’instant d’imputer ces événements au dérèglement climatique car ils sont statistiquement trop rares et qu’un nombre important de données est nécessaire pour pouvoir tirer des conclusions (US News & World Report, 29 mai).

Le chiffre de la semaine : 60 Mds USD

Il s’agit du coût social qui résulte des actions des lobbys climato-sceptiques américains pour endiguer les politiques de lutte contre le dérèglement climatique, selon une étude publiée dans Nature Climate Change (Carbon Brief, 27 mai).

Transport

L’immobilisation prolongée des 737 Max accentue la pression sur Boeing

L’immobilisation prolongée des appareils 737 Max de Boeing, suite aux accidents mortels survenus en octobre 2018 et mars 2019, représente un risque à long terme pour le constructeur d’après le Wall Street Journal. Son CEO, Dennis Muilenburg craint par exemple, suivant la date de réautorisation de vol, que les compagnies aériennes ne souhaitent retarder ou avancer leurs livraisons, en fonction des prochaines périodes estivales, période forte pour l’aviation. Toutes ces suppositions laissent Boeing dans l’incertitude, plus encore avec l’attente de la validation des points d’amélioration et des correctifs logiciels par la Federal Aviation Administration (FAA) et les autorités aéronautiques du monde entier. Si l’immobilisation se prolongeait, Boeing pourrait devoir faire face à des demandes de dédommagement des compagnies aériennes du monde entier, qui subissent un impact financier significatif selon Alexandre de Juniac, directeur général de l’International Air Transport Association (IATA).

La SEC enquête sur les informations transmises par Boeing à ses actionnaires

Bloomberg nous apprend le 24 mai que la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés financiers américain, a lancé une enquête sur Boeing afin de savoir si le constructeur a suffisamment partagé d’informations relatives à l’affaire des 737 Max avec ses actionnaires. Cette annonce reflète le climat actuel autour de l’entreprise, qui est scrutée à tous les niveaux de son organisation par les régulateurs, les législateurs et les autorités fédérales, au sujet de sa transparence notamment. La SEC examinera les résultats financiers intermédiaires de Boeing ainsi que ses prévisions destinées aux actionnaires, afin de s’assurer que ces dernières sont fidèles aux impacts engendrés par la crise que subit la firme. La vente des 737 Max représente la principale source de revenus de l’avionneur.

Les élus de NY s’inquiètent de l’intervention du chinois CRRC sur le métro

The Hill rapporte qu’un groupe de 15 législateurs de l’Etat de New York et de Représentants de la Chambre ont réclamé des explications et des garanties à la ville de New York ainsi qu’à la Metropolitan Transit Authority (MTA) concernant des questions de « sécurité et de sûreté » du métro new-yorkais qui émergent suite à la décision de la MTA d’accorder au constructeur chinois CRRC (China Railway Rolling Stock Corporation), leader mondial du matériel roulant ferroviaire, la conception d’un projet de prototype de nouvelle rame pour le métro de New York, suite à un concours d’innovation lancé par la MTA en 2017. Ils soulignent qu’ils ont de sérieuses préoccupations concernant l’implication d’une entreprise contrôlée par l’Etat chinois et rappellent que les systèmes Wi-Fi et les systèmes de signalisation ferroviaire sont vulnérables aux cyberattaques. Ces élus reconnaissent cependant qu’aucune entreprise américaine n’est capable de fournir ce type de matériel ferroviaire. A noter que CRRC s’est également positionnée sur des appels d’offre de renouvellement de matériel roulant à Washington DC (500 M USD), et ont remporté ces dernières années des marchés à Los Angeles, Boston, Philadelphie et Chicago.

La FRA retire une règle imposant deux membres d’équipage dans les trains

La Federal Railroad Administration (FRA) a annoncé le 23 mai la suppression d’une règle qu’elle avait éditée en 2016, après un accident survenu entre deux trains dans le Dakota du Nord en 2013. Cette dernière visait à rendre obligatoire la présence d’au moins deux membres d’équipage dans un train. La suppression fait suite à une enquête de l’administration ferroviaire, qui n’a trouvé aucune donnée statistique concluante permettant de prouver qu’il y ait un avantage à la redondance de membres d’équipage pour la sécurité. Pioneer Press relate que cette décision a été vivement critiquée par les syndicats, et louée par les compagnies ferroviaires, lesquelles se plaignaient du coût trop important engendré par cette réglementation.

La TSA change son système de valorisation de la performance de ses agents

La Transportation Security Administration (TSA) a annoncé le 29 mars des changements pour 2020 concernant le système d’évaluation de la performance de ses agents. Le but est d’améliorer la précision des évaluations périodiques des salariés afin de récompenser ceux qui assument une charge de travail plus importante et font preuve d’un dévouement supérieur aux attendus des missions de l’agence. Il s’agit entre autres d’identifier et récompenser les agents de la TSA dont les performances sont les plus remarquables via le Model Officer program, avec une amélioration de leur salaire à la clé.

Le chiffre de la semaine : 2,8 millions

Le 24 mai, les aéroports américains ont fait face à la fréquentation la plus élevée de leur histoire. Ainsi la TSA a annoncé près de 2,8 millions de passagers contrôlés, et reconnu que cette augmentation générale pourrait représenter un défi futur pour l’agence avec le redéploiement d’effectifs à la frontière sud pour faire face aux flux migratoires.

Énergie

Hausse des « coûts échoués » aux États-Unis suite à la fermeture de centrales à charbon

Aux États-Unis, les énergéticiens ferment progressivement de vieilles centrales à charbon et les remplacent par des installations plus propres et moins coûteuses. Cela contribue à la hausse des « coûts échoués », car ces centrales ont été financées mais ne sont pas encore totalement amorties. Leurs coûts doivent continuer à être couverts, avec parfois même la nécessité de réaliser un profit pour les actionnaires. Ce fut par exemple le cas lorsque la centrale à charbon de Pleasant Prairie (1,2 GW) mise en service à partir de 1980 a été fermée l’an passé dans l’État du Wisconsin. Bien que cette centrale soit désormais à l’arrêt, les consommateurs contribuent toujours à son financement. La Wisconsin Public Service Commission évalue les « coûts échoués » correspondants à plus d’1 MD USD, étalés sur une période pouvant être supérieure à 20 ans. Selon We Energies, qui exploitait la centrale, ces coûts seraient plus élevés si elle était toujours en activité. Elle évalue en effet les coûts d’exploitation et d’entretien et l’investissement en capital à 2,5 Mds USD (E&E news, 29 mai).

Des investisseurs asiatiques tournent le dos au charbon américain

Selon l’Energy Information Administration (EIA), les États-Unis ont enregistré des exportations de charbon record en 2018, avec 116 millions de tonnes de charbon exportées correspondant d’après l’U.S. Census Bureau, à plus de 12 Mds USD de vente de charbon américain. L’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Chine en sont les principaux clients. Mais cinq grandes institutions financières asiatiques – dont la dernière en date est la plus grande banque du Japon – le Mitsubishi UFJ Financial Group – ont annoncé au cours des mois d’avril et de mai ne plus vouloir prendre part à des projets énergétiques impliquant des centrales à charbon. Cela affecte directement la production de charbon américaine. Cette tendance des banques d’Asie de l’Est à se détacher de cette énergie fossile ne fait qu’aggraver la situation dans laquelle se trouve le charbon aux États-Unis, qui est déjà progressivement remplacé par le gaz naturel et les énergies renouvelables (Asia Times, 14 mai).

Le plus grand projet commercial d’énergie marine au monde développé en Floride

OceanBased Pepertual Energy LLC s’associe avec le Southeast National Marine Renewable Energy Center (SNMREC) pour développer le plus grand projet commercial d’énergie marine au monde au large de la Floride. Ils espèrent à terme installer une capacité de plusieurs centaines de mégawatts (MW) avec une première phase de 20 MW d’ici cinq ans. Le projet sera développé dans le courant océanique du Gulf Stream, qui pourrait permettre de produire jusqu’à 45 TWh d’électricité par an selon le Departement of Energy (DOE) des États-Unis (Renewables Now, 29 mai).

20% de l’électricité des États-Unis pourrait être issue de l’énergie géothermique

Une note du think thank ClearPath suggère que 20% de l’électricité des États-Unis pourrait être issue de l’énergie géothermique, ce qui placerait le pays au niveau de l’Islande, dont le quart de l’électricité provient de la géothermie. Pour cela, le Congrès devrait accorder des crédits d’impôts plus conséquents au secteur de la géothermie. Jusqu’à 30% de crédits d’impôts peuvent être obtenus pour l’énergie solaire ou l’éolien, alors que ce chiffre n’est actuellement que de 10% pour la géothermie. Par ailleurs, de nouvelles techniques sont nécessaires. Il faudrait forer plus profondément et emprunter les techniques de forage – forage directionnel horizontal – et de fracturation hydraulique développés par les industries pétrolières et gazières. Le Department of Energy (DOE) des États-Unis estime que l’énergie géothermique pourrait fournir 100 gigawatts d’électricité, ce qui permettrait d’alimenter plus de 100 millions de foyers (Grist, 28 mai).

Le chiffre de la semaine : 1 000 MW

Il s’agit de la capacité de stockage en énergie du projet Advanced Clean Energy Storage de l’entreprise Mitsubishi Hitachi Power Systems (MHPS) dans l’État de l’Utah qui combine le stockage d’air comprimé dans des cavités salines, avec du stockage d’hydrogène renouvelable, des batteries à flux (redox) de grande capacité et des piles à combustible à oxydes solides (GTM, 30 mai).

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