Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-18

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-18

Sommaire

Écologie – Climat

  • L’EPA pourrait revoir à la baisse le nombre de décès liés à la pollution de l’air 
  • Le plus grand système de capture de carbone au monde va être construit en 2021
  • La Chambre n’accorde pas de fonds supplémentaires au projet Yucca Mountain

Transport      

  • Boeing révèle que le simulateur du 737 Max ne reproduisait pas toutes les situations
  • La FAA reste prudente quant à la date d’un retour dans les airs des Boeing 737 Max
  • Les négociations sur le plan infrastructures au point mort

Énergie

  • L’Arabie Saoudite achète du GNL américain
  • Des barrages vont être transformés pour produire de l’électricité
  • Les énergéticiens invités à la vigilance lors de l’utilisation de drones chinois

Agenda

Écologie – Climat

L’EPA pourrait revoir à la baisse le nombre de décès liés à la pollution de l’air 

L’agence de protection de l’environnement (EPA) prévoit de modifier sa méthode de calcul des risques de santé liés à la pollution de l’air. Selon certains acteurs, cela réduirait sensiblement le nombre de décès prévus. L’agence s’attendait initialement à ce que l’abrogation du Clean Power Plan et son remplacement par l’Affordable Clean Energy (ACE) Rule entraîne 1400 décès prématurés supplémentaires par an. Le nouveau modèle réduirait en fait considérablement ce nombre. William L. Wehrum, responsable de la direction de la qualité de l’air de l’EPA, a pourtant déclaré qu’aucun changement formel n’avait été apporté à la méthodologie de calcul des risques. Le plus grand risque pour la santé provient des particules fines de diamètre est inférieur à 2,5 microns, dont l’EPA a fixé le seuil de sécurité à 12 microgrammes par mètre cube. Les estimations des dommages causés par la pollution ont été revues à la baisse sous l’administration Trump et certains redoutent des allègements futurs sur la règlementation de la pollution de l’air si le nouveau modèle venait à être adopté (The New York Times, 20 mai).

Le plus grand système de capture de carbone au monde va être construit en 2021

L’entreprise américaine Oxy Low Carbon Ventures LLC et l’entreprise canadienne Carbon Engineering s’associent pour construire à partir de 2021 au Texas le plus grand système de capture et de séquestration du carbone atmosphérique au monde. Le système éliminerait 500 000 tonnes de CO2 par an. D’autres systèmes qui captureraient 1 million de tonnes par an pourraient suivre. Le Rhodium Group a publié un récent rapport qui conclut que l’élimination directe du carbone de l’air serait nécessaire pour limiter l’augmentation de la température mondiale à des « niveaux sûrs ». Pourtant, le CO2 dans l’air est 300 fois plus dilué qu’il ne l’est dans les émissions d’une centrale à charbon. Les entreprises n’ont pas divulgué les coûts de construction mais ont indiqué qu’elles bénéficieraient de crédits d’impôts fédéraux pour construire leur système de capture de carbone (World Oil, 22 mai).

La Chambre n’accorde pas de fonds supplémentaires au projet Yucca Mountain

La commission des finances de la Chambre des représentants a approuvé le 21 mai par 31 voix contre 21 une proposition de loi qui allouerait 46,4 Mds USD au développement de projets sur l’énergie et sur l’eau au titre de l’année fiscale 2020. Cette proposition ne comprend cependant pas de financement pour le projet Yucca Mountain de stockage géologique profond de combustibles nucléaires usés dans le Nevada. Les démocrates ont rejeté l’amendement déposé dans ce sens par les républicains, par 27 voix contre 25, en raison de l’opposition de l’État du Nevada pour la poursuite des travaux. Dans le même temps, Holtec International et North Star Group LLC annoncent être capables de démanteler une centrale nucléaire en 8 ans au lieu de 60 ans. Les rachats de centrales nucléaires mises à l’arrêt doivent encore être approuvés par la Nuclear Regulatory Commission (NRC) (The Nevada Independent, 22 mai).

Une proposition de loi pour protéger les espèces sauvages les plus menacées

Le représentant Raúl Grijalva (D-Ariz.), président du comité sur les ressources naturelles à la Chambre des représentants, a présenté le 22 mai une proposition de loi visant à protéger les espèces sauvages les plus menacées des États-Unis. Elle prévoit des ressources financières pour des projets concrets de protection des espèces et écosystèmes. Cette proposition fait suite à une étude sur la biodiversité de l’Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), qui a constaté qu’un million d’espèces étaient en danger d’extinction dans le monde. Lors de son audition du 22 mai au Congrès, Sir Robert Watson, président sortant de l’IPBES, a déclaré que l’activité anthropique détruisait la biodiversité à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Eduardo Brondizio et Yunne Shin, respectivement co-président de l’IPBES Global Assessment et coordinateur principal de l’étude, ont partagé ce point de vue (Biological Diversity, 22 mai).

Le chiffre de la semaine : 9 000 Mds USD

Il s’agit du montant que le gouverneur de l’État de Washington et candidat démocrate à la présidentielle de 2020 Jay Inslee souhaite investir pour combattre le dérèglement climatique. Cela créerait plus de 8 millions d’emplois. La représentante Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.), qui promeut le Green New Deal, soutient l’Evergreen Economy Plan de Jay Inslee (The Seattle Times, 16 mai).

Transport

Boeing révèle que le simulateur du 737 Max ne reproduisait pas toutes les situations

Le New York Times a rapporté le 17 mai que les simulateurs de vol des Boeing 737 Max ne pouvaient pas reproduire avec précision les conditions de pilotage engendrées par un mauvais fonctionnement du Maneuvring Characteristic Augmentation System (MCAS). Ces derniers ne simulaient pas les difficultés auxquelles les pilotes doivent faire face pour reprendre le contrôle d’un 737 Max avec le MCAS activé. Cette nouvelle vient alimenter la polémique au sujet de la formation des pilotes sur les 737 Max. Boeing a indiqué avoir apporté un correctif au logiciel des simulateurs. Ces améliorations comprennent les cas de désactivation du système de contrôle de vol et de prise de contrôle manuelle de l’avion. La formation des pilotes aux mises à jour des systèmes de contrôle de vol sera l’un des sujets de discussion entre les différentes autorités régulatrices préalablement à la réautorisation des 737 Max.

La FAA reste prudente quant à la date d’un retour dans les airs des Boeing 737 Max

La Federal Aviation Administration (FAA) a rencontré le 23 mai au Texas les régulateurs aériens d’une trentaine de pays pour faire le point sur les propositions de modifications de Boeing sur le 737 Max, et sur le processus engagé par la FAA pour permettre de réautoriser ces appareils à voler. Il s’agissait également de restaurer la confiance entre la FAA et ses partenaires internationaux. Dan Elwell, l’administrateur par intérim de la FAA, a précisé qu’aucun calendrier n’avait été établi pour un retour dans les airs des 737 Max, rapporte The Hill. Il ressort toutefois d’une autre réunion s’étant tenue à Montréal le 23 mai entre la FAA, Boeing et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qu’un retour des 737 Max dans les airs serait possible d’ici fin juin aux Etats-Unis rapporte Reuters. Le Washington Post note que le Canada et l’Europe ont annoncé le 22 mai qu’ils procéderaient à leurs propres analyses des modifications apportées par Boeing avant de réautoriser les 737 Max à voler, et que la formation des pilotes demeurait une question centrale pour la suite de ces évaluations.

Demandes d’indemnisations auprès de Boeing

Plusieurs compagnies aériennes chinoises, dont Air China et China Southern Airlines ont déposé des réclamations officielles auprès de Boeing afin d’être indemnisées pour les pertes financières occasionnées par l’arrêt des livraisons et l’immobilisation au sol des 737, selon Bloomberg.

Infrastructures : négociations au point mort

La réunion à la Maison Blanche mercredi 22 mai sur les négociations pour un plan infrastructures à 2 000 milliards USD a tourné court entre le Président Trump et les leaders Démocrates au Congrès, Mme. Pelosi (Speaker à la Chambre) et M. Schumer (leader de la minorité au Sénat). Le Président a précisé qu’aucun compromis ne pourrait être conclu à ce sujet tant que l’accord USMCA ne serait pas voté au Congrès, et que les Démocrates poursuivraient leurs enquêtes contre son Administration. Selon E&E News, il semble ainsi plus probable que le Congrès choisisse d’adopter un projet de loi moins ambitieux, portant sur une reconduction de la loi de financement pluriannuelle des transports (Fixing America’s Surface Transportation Act of 2015) qui expire en fin 2020.

Boring Co. remporte un marché à Las Vegas

La société d’Elon Musk, la Boring Co. a obtenu un contrat de 48.7 M USD pour construire un nouveau système souterrain de transport collectif automatique et électrique pour le Las Vegas Convention Center. Ce système devrait permettre de transporter jusqu’à 4 400 passagers/heure, sur une longueur d’environ 1,6 km. La compagnie n’a toutefois aucune réalisation à son actif, hormis un tunnel d’essai réalisé en Californie. Selon Elon Musk ce type de système est bien plus économe qu’un métro classique du fait de diamètres de tunnels plus petits à creuser et donc plus rapides à construire. (Mass Transit)

L’U.S. Postal Service essaie des camions autonomes pour transporter le courrier

Reuters rapporte le 21 mai que l’U.S. Postal Service (USPS) lance un test de transport de courriers à l’aide de camions sans chauffeurs. Pour ce faire, l’agence postale s’est associée avec la start-up TuSimple basée à San Diego, CA pour assurer des livraisons de courriers entre Phoenix, AZ et Dallas, TX. L’objectif est de tester si cette technologie peut réduire les délais et coûts de livraison. Un conducteur de sécurité et un technicien seront présents dans le véhicule tout au long des essais. Ce programme pilote se composera de 5 allers-retours sur deux semaines, pour plus de 45 heures de conduite et 3 380 km parcourus. Les camions circuleront sur des axes routiers structurants à travers l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas, mais éviteront les centrevilles.

Le chiffre de la semaine : 2 Mds$

Selon un récent rapport, les investissements dans les start-ups spécialisées dans les technologies de camionnage ont atteint plus de 2 Mds USD sur les 5 premiers mois de 2019. Transport Topics souligne qu’il n’y a jamais eu autant d’engouement pour l’avenir de ce secteur en faveur de la recherche et de l’innovation.

Énergie

L’Arabie Saoudite achète du GNL américain

La Saudi Arabian Oil Company, entreprise saoudienne connue sous le nom d’Aramco, a conclu un accord pour acheter du gaz naturel liquéfié (GNL) à Sempra Energy, une entreprise américaine. Leurs filiales Aramco Services Company et Sempra LNG ont signé un « heads of agreement » qui prévoit la conclusion d’un accord définitif de vente et d’achat de 5 millions de tonnes de GNL par an, sur une durée de 20 ans, depuis le terminal d’exportation de GNL de Port Arthur (Texas). Cet accord ouvre également la voie à une participation à hauteur de 25% d’Aramco dans la phase 1 du projet de Port Arthur. Ceci montre à quel point la révolution des hydrocarbures non conventionnels aux États-Unis est en train de bouleverser le marché mondial de l’énergie, alors que l’Arabie Saoudite a toujours été jusqu’à présent un important fournisseur de pétrole aux États-Unis. L’Arabie Saoudite n’a pour le moment pas annoncé si ce gaz serait destiné à sa propre consommation ou s’il serait exporté (The Wall Street Journal, 22 mai).

Des barrages vont être transformés pour produire de l’électricité

Selon l’Agence d’information sur l’énergie (EIA), 32 barrages aux États-Unis seront prochainement transformés pour produire de l’énergie hydro-électrique. Cela correspondra à une puissance installée de 330 mégawatts. Sur les 90 000 barrages présents aux États-Unis, seulement 3% d’entre eux produisent de l’énergie hydroélectrique. La gestion de l’eau est ainsi la seule fonction d’une grande majorité de ces barrages, dits « nonpowered dams (NPD) ». Bien que de nombreux NPD ne disposent pas des attributs hydrologiques nécessaires pour produire de l’énergie hydroélectrique, un rapport du Département de l’Energie de 2012 estime que les NPD ont une capacité potentielle de 12 000 mégawatts. Cela porterait ainsi à 92 000 mégawatts les capacités de production des barrages aux États-Unis. Dans ce contexte, le Congrès a notamment adopté en 2018 l’America’s Water Infrastructure Act qui soutient le développement de ces nouveaux projets hydro-électriques (EIA, 21 mai).

Les énergéticiens invités à la vigilance lors de l’utilisation de drones chinois

Le Department of Homeland Security (DHS) a mis en garde les entreprises du secteur de l’énergie contre les menaces que représentent les drones produits en Chine («  Chinese Manufactured Unmanned Aircraft Systems »). Pour le DHS, des entreprises basées en Chine pourraient être « persuadées ou forcées » par Pékin d’accéder aux données sensibles collectées sur les sites américains. Cette mise en garde survient alors que les entreprises du secteur de l’énergie des États-Unis se tournent de plus en plus vers des drones pour inspecter leurs infrastructures situées sur des terrains difficiles d’accès. Le DHS conseille notamment de désactiver les connexions internet des appareils et d’effacer les données contenues sur les cartes mémoire après chaque vol (CNN, 20 mai).

Le géant de la livraison UPS achète du biométhane pour alimenter ses camions

Le géant de la livraison UPS a annoncé le 22 mai qu’il achèterait au cours des sept prochaines années du biométhane à l’entreprise américaine Clean Energy pour alimenter ses camions. Il s’agit du plus important contrat de biométhane signé aux États-Unis. Cela démontre que le biogaz américain passe d’un marché de niche à un marché plus accessible pour les exploitants de parcs de véhicules. UPS dispose d’un parc total de 119 000 véhicules, dont 9 100 véhicules à faibles émissions de CO2, et 6 100 véhicules fonctionnant au gaz naturel. Avec ce contrat, l’entreprise démontre une nouvelle fois son intention d’investir dans des énergies plus propres. (GreenBiz, 22 mai).

Le chiffre de la semaine : 44%

Il s’agit de la part des américains favorables à l’achat d’un véhicule électrique dans les 5 prochaines années si leur véhicule venait à être remplacé, selon un sondage effectué par Climate Nexus auprès d’électeurs américains. (Axios, 23 mai).

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