Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-14

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-14

Sommaire

Écologie – Climat

  • La ville de New York va sanctionner les immeubles qui émettent trop de CO2
  • Le président Trump s’exprime à l’occasion de la célébration de l’Earth Day
  • Les agriculteurs californiens rémunérés pour extraire le carbone de l’atmosphère

Transport

  • Boeing à nouveau mis en cause pour des problèmes de qualité de production sur le 787 Dreamliner
  • La FAA octroie la première licence de transporteur aérien à un opérateur de drones
  • Discussions sur le plan infrastructures

Énergie

  • Hausse du prix du baril avec la fin des dérogations sur le pétrole iranien
  • Occidental Petroleum lance une contre-offre sur Anadarko, convoitée par Chevron
  • GNL : la FERC approuve deux terminaux d’exportation en Louisiane et au Texas

Agenda

Écologie – Climat

La ville de New York va sanctionner les immeubles qui émettent trop de CO2

Le conseil municipal de la ville de New York a voté le 18 avril le Climate Mobilization Act, qui regroupe un ensemble de mesures pour combattre le dérèglement climatique. Parmi ces mesures figure l’Int. 1253, qui concerne les immeubles de plus de 2300 mètres carrés (25 000 pieds carrés). Ces derniers devront réduire leurs émissions de CO2 de 40% d’ici à 2030 et de 80% d’ici à 2050, par rapport aux niveaux d’émissions de CO2 de 2005. Quelques 50 000 bâtiments sur 1 million seraient concernés, soit environ les deux tiers de la surface bâtie de la ville, a déclaré l’Urban Green Council. Les propriétaires qui ne respecteront pas le plafond d’émissions fixé à partir de 2022 se verront sanctionnés d’une amende d’un montant de 268 dollars pour chaque tonne d’émissions dépassant les limites permises. Les immeubles les plus polluants devront quant à eux réduire leurs émissions dès 2024 (Reuters, 19 avril).

Le président Trump s’exprime à l’occasion de la célébration de l’Earth Day

À l’occasion de la célébration de l’Earth Day le 22 avril, le président Trump a rappelé que les États-Unis disposaient des plus beaux paysages sur Terre et qu’il était de leur devoir de les protéger. Il a également rappelé que la qualité de l’eau était d’une importance majeure pour son pays et qu’il fallait accélérer les dépenses dans les infrastructures hydrauliques, mais également améliorer la santé des écosystèmes forestiers et continuer la réforme des politiques de gestion des terres. Il n’a cependant pas fait mention des changements climatiques. Cela rompt avec les discours traditionnels de Barack Obama pour l’Earth Day. Il apparaît également que ses propos répondent à la marche pour la science qui s’est tenue à Washington le même jour. (The White House, 22 avril).

Les agriculteurs californiens rémunérés pour extraire le carbone de l’atmosphère

L’État de Californie rémunère les agriculteurs pour cultiver des plantes qui absorbent le carbone et aident à le transporter dans le sol où il peut être stocké à long terme. Même les acteurs parmi les plus conservateurs de l’État, qui ne pensent pas que le changement climatique soit une préoccupation majeure, emboîtent le pas. Le California Climate & Agriculture Network (CalCAN) financerait déjà – via son projet Healthy Soils – des agriculteurs depuis trois ans. Le budget pour 2018/2019 n’est pas finalisé, mais le CalCAN a déjà octroyé plusieurs millions de dollars aux agriculteurs pour un budget global souhaité de 25 millions de dollars. Le gouverneur Jerry Brown s’était fixé comme objectif avant de quitter ses fonctions que la Californie n’émette plus de carbone d’ici à 2045. Cela implique non seulement de réduire les émissions de carbone des voitures et bâtiments, mais aussi d’absorber le carbone déjà présent dans l’air. Les émissions de la Californie pourraient être absorbées à 20% par les bonnes pratiques en agriculture et les forêts. (KQED, 22 avril).

Les centrales nucléaires exposées au risque d’inondation

En 2011, lors du drame de Fukushima-Daiichi, survenu suite à un tremblement de terre et un tsunami, Gregory Jaczko, alors président de l’autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC) s’était demandé si un tel accident pourrait survenir sur une centrale américaine. La NRC a ainsi demandé aux exploitants d’une soixantaine de centrales nucléaires américaines d’évaluer les risques d’inondation actuels, tout en tenant compte du changement climatique. Ce processus a révélé que 90% des centrales étaient exposées à au moins un risque ayant un impact supérieur à leurs critères de conception. Aussi, M. Jaczko estime que la nouvelle direction de la NRC nommée par le Président Trump, devrait exiger des exploitants de centrales nucléaires qu’ils prennent des mesures préventives, afin de réduire davantage les risques d’inondation à mesure que le dérèglement climatique s’accentue (Bloomberg, 18 avril).

Le chiffre de la semaine : 5.76 °C

Il s’agit de l’augmentation de la température moyenne de Las Vegas entre 1970 et 2018. Pour comprendre comment l’Amérique s’est réchauffée depuis 1970, Climate Central a examiné les tendances de température de 242 villes dans 49 États. Las Vegas se classe première. Seulement 6 des 242 villes examinées se sont refroidies ou n’ont connu aucun changement (Climate Central, 17 avril).

Transport

Boeing à nouveau mis en cause pour des problèmes de qualité de production sur le 787 Dreamliner

Le New York Times révèle le 20 avril que des employés chargés de la production du 787 Dreamliner sur le site de Charleston en Caroline du Nord se sont plaints de la qualité de la production et du trop faible respect des procédures de sécurité. Des centaines de mails et documents internes soulignent que plusieurs salariés ont dénoncé, plus ou moins récemment, une tendance à privilégier le rendement à la qualité. Les alertes remontées par les équipes de la production font état de la présence récurrente de débris métalliques, parfois tranchants, dans les avions au moment de la livraison, notamment près de câbles électriques dans le cockpit. La FAA avait émis une directive en 2017 afin que Boeing règle ce problème de débris métalliques. Ces reproches font écho à l’affaire du 737 Max, et questionnent sur le processus complet de fabrication des avions Boeing.

La FAA délivre la première licence de transporteur aérien par drones

Wing Aviation, filiale d’Alphabet, la maison-mère de Google, est le premier opérateur à recevoir une licence de transporteur aérien délivrée par la Federal Aviation Administration (FAA) l’autorisant à réaliser des opérations de livraison par drones. Cette décision doit permettre à la technologie d’être testée sur le sol américain. Une première phase de tests se déroulera dans la ville de Blacksburg en Virginie, avec l’objectif à terme d’étendre le service à tout l’Etat. Une phase de réflexion va prochainement s’engager pour déterminer le type de services pouvant être proposés, tels que des livraisons de nourriture ou de médicaments en libre-service. Par cette autorisation, Google, déjà forte de son expérience de livraisons par drones en Australie, devance Amazon qui formule des demandes similaires depuis plusieurs mois. Uber et UPS partagent eux aussi ces ambitions. (The Washington Post, 23 avril 2019)

Discussions sur le Plan infrastructures

Le projet de loi à venir sur les infrastructures s’annonce être l’un des seuls sur lesquels un compromis bipartisan semble possible rapporte The Hill. Le Président Trump et Nancy Pelosi, speaker de la Chambre des Représentants devraient se rencontrer à la Maison Blanche le 30 avril prochain afin d’évoquer les modalités de financement du plan, dont l’enveloppe globale pourrait dépasser les 1000 Mds USD, et les orientations majeures du futur projet de loi devant être proposé par le Congrès.

Musk annonce 1 million de taxis Tesla autonomes sur les routes dès l’an prochain

Tesla, par la voix de son CEO Elon Musk, a annoncé cette semaine sa volonté de lancer un nouveau service qui offrirait 1 million de taxis autonomes dès l’an prochain. Elon Musk admet cependant que l’autorisation de ces véhicules ne pourra pas être délivrée partout. La volonté affichée est de combiner et adapter les modèles AirBnB et Uber au marché des voitures sans chauffeur. Le principe serait de dessiner un « réseau Tesla » où tout propriétaire de voiture autonome pourrait s’y insérer afin de la louer à un usager du réseau pour un certain temps, Tesla récupérerait alors 15% à 20% des recettes par trajet. Les carences localisées en véhicules autonomes, seraient compensées par Tesla. Certains observateurs estiment toutefois que cette annonce a pour objectif de stimuler les investisseurs, et serait donc à tempérer en termes de délais. (The Hill, 23 avril 2019)

La NHTSA investigue sur le fonctionnement des airbags de 12 millions de véhicules

A la suite de dysfonctionnements lors de tests, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a ouvert une enquête sur les unités de contrôle d’airbags de 12,3 millions de véhicules des constructeurs Kia Motors, Chrysler, Mitsubishi, Hyundai, Honda et Toyota. Depuis 2015, le fabriquant des airbags en question est TRW Automative. La NHTSA craint que ces derniers ne rompent en cas d’accident, ce qui entrainerait leur non-déploiement. L’évaluation préliminaire qui a engendré l’ouverture de l’enquête, a trouvé un lien entre ces dysfonctionnements et une surcharge électrique sur le dispositif de commandes des airbags. L’entreprise en charge de leur fabrication a d’ores et déjà notifié aux constructeurs et à la NHTSA qu’elle avait suivi les observations initiales de la phase d’évaluation. (The Hill, 24 avril 2019)

Le chiffre de la semaine : $1 milliard

D’après le rapport financier trimestriel de Boeing, son chiffre d’affaire a chuté d’1 milliard de dollars depuis l’immobilisation au sol des 737 Max. Ces pertes ne devraient pas s’endiguer à court terme, les améliorations nécessaires devant être testées puis validées par la FAA et d’autres autorités internationales avant un retour à la normale pour les 737 Max. (Boeing, 24 avril 2019)

Énergie

Hausse du prix du baril avec la fin des dérogations sur le pétrole iranien

Le président Trump avait annoncé il y a un an des sanctions sévères interdisant à tous les pays d’importer du pétrole iranien. Il avait ensuite en novembre dernier, accordé à 8 pays dont la Chine et l’Inde une dérogation de 180 jours pour continuer à acheter du pétrole iranien. La date limite pour le renouvellement des dérogations est fixée au 2 mai. Le secrétaire d’État des États-Unis Mike Pompeo a annoncé qu’il n’y aurait pas de prolongation de ces dérogations, une mesure qui pourrait mettre un frein à l’approvisionnement mondial en pétrole brut. Les prix du pétrole ont alors atteint lundi leur plus haut niveau depuis la fin octobre. Le West Texas Intermediate a augmenté de 2,3% à 65,50$ et le Brent Crude a augmenté de 2,3% à 73,64$. La Maison Blanche a déclaré que les États-Unis, l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis prévoyaient d’accroître leur production de pétrole brut pour compenser l’insuffisance de l’approvisionnement des marchés pétroliers mondiaux. (The Wall Street Journal, 22 avril).

Occidental Petroleum lance une contre-offre sur Anadarko, convoitée par Chevron

Occidental Petroleum a proposé 57 milliards de dollars – valeur d’entreprise – pour racheter la compagnie Anadarko. Chevron avait pour sa part proposé 50 milliards de dollars le 12 avril. À la différence de Chevron qui proposait 25% en cash et 75% en titres, Occidental Petroleum propose 50% en cash et 50% en titres. Occidental Petroleum propose également un prix de l’action (76$) qui est de 11$ supérieur à celui proposé par Chevron (65$). Toutefois, le conseil d’administration d’Anadarko a soutenu la proposition de Chevron, qu’il trouve plus sécurisante. C’est une plus grande entreprise, valorisée 227 milliards de dollars en bourse, contre 45 milliards de dollars pour Occidental Petroleum. Ces derniers déplorent qu’Anadarko n’ait pas accepté de discuter avec eux, bien qu’ils aient proposé une offre supérieure la veille de l’annonce de l’offre proposée par Chevron. Ils déplorent aussi qu’ils aient accepté de payer une indemnité de 1 milliard de dollars à Chevron en cas de rupture des négociations (The Wall Street Journal, 24 avril).

GNL : le FERC approuve deux terminaux d’exportation en Louisiane et au Texas

La Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a approuvé le 18 avril la construction de deux terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) : Driftwood de Tellurian Inc en Louisiane et Port Arthur de Sempra Energy au Texas. Cela permettra de répondre à la forte augmentation de la demande de GNL dans le monde, qui atteint un record – pour la cinquième année consécutive – de croissance de 9,8% en 2018, avec des pays comme la Chine et l’Inde à la recherche d’alternatives plus propres à la combustion du charbon pour répondre à leurs besoins énergétiques croissants. Driftwood est conçu pour produire 27,6 millions de tonnes de GNL par année (MTPA) et Port Arthur 13,5 MTPA. Tellurian Inc a déjà annoncé une décision d’investissement finale de 30 milliards de dollars. Sempra Energy ne prendra sa décision qu’au premier trimestre 2020 (Reuters, 18 avril).

La PNM affirme qu’en 2040 sa production d’électricité n’émettra plus de carbone

La Public Service Company of New Mexico (PNM) affirme que toute sa production d’électricité sera exempte de carbone d’ici 2040, soit 5 ans plus tôt que ne l’exige l’Energy Transition Act de cet État. En effet, ce dernier exige que les énergéticiens du Nouveau-Mexique tirent 50% de leur électricité de ressources renouvelables d’ici 2030 et 80% d’ici 2040, puis qu’ils passent à une production entièrement décarbonée en 2045. Son CEO Pat Vincent-Collawn, annonce qu’en raccourcissant le délai de cinq années, cela réduira de 32 millions de tonnes de carbone les émissions de CO2 (Albuquerque Journal, 22 avril).

Le chiffre de la semaine : 68 milliards de $

Il s’agit du montant qui sera investi d’ici à 2030 dans la construction de projets éoliens en mer, selon le rapport de la Special Initiative on Offshore Wind (SIOW) de l’Université de Delaware (GTM, 22 avril).

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