Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-12

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-12

Sommaire

Écologie – Climat

  • Les États fédérés agissent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux HFC
  • David Malpass confirmé à la tête de la Banque mondiale
  • Le « Green Real Deal », une vision républicaine du « Green New Deal »

Transport

  • Boeing réduit sa production de 737 Max
  • Différend Airbus-Boeing : l’USTR menace l’Europe de sanctions commerciales
  • Le PDG de Ford tempère les attentes sur les voitures autonomes

Énergie

  • Le solaire prend de l’ampleur aux États-Unis
  • Le président Trump signe deux décrets qui promeuvent la construction d’oléoducs
  • La fin des centrales à charbon entrevue par certains dirigeants du secteur de l’énergie

Agenda

  • 8- 14 avril : Assemblées de printemps de la Banque Mondiale et du FMI à Washington D.C.
  • 17 avril : Evénement « Implications of the Russia Sanctions Legislation on the Energy Sector » à l’Atlantic Council

Écologie – Climat

Les États fédérés agissent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux HFC

Les États redoublent d’efforts pour réglementer un groupe de puissants gaz à effet de serre utilisés dans les climatiseurs, les réfrigérateurs et des mousses isolantes. Les pressions exercées pour restreindre l’utilisation des hydrofluorocarbures, ou HFC, dans les capitales des États fédérés constituent l’un des exemples les plus significatifs de coordination inter étatique en matière de politique climatique, alors que l’administration Trump n’a pas encore soumis au Sénat pour ratification l’amendement de Kigali au protocole de Montréal, un traité international de 2017 limitant les HFC, et à la suite d’une décision en 2017 d’une cour fédérale qui a invalidé un règlement adopté par l’administration Obama pour éliminer progressivement les HFC à l’échelle nationale. La Californie a ainsi adopté en 2018 une loi pour limiter les HFC. Les législateurs de l’État de Washington semblent prêts à faire de même. Un projet de loi appelant à une réduction des HFC a été adopté par la Chambre des représentants et est actuellement à l’étude au Sénat de l’État. Les organismes de réglementation du Connecticut, du Maryland et de New York étudient la mise en place de règles similaires (E&E news, 4 avril).

David Malpass confirmé à la tête de la Banque mondiale

Le conseil d’administration de la Banque mondiale a confirmé vendredi 5 avril à l’unanimité David Malpass, le candidat du président Trump, comme prochain président de l’institution. M. Malpass dirigeait récemment le Bureau des affaires internationales du département du Trésor. Il a débuté son mandat de cinq ans le 9 avril et succède à Jim Yong Kim, qui a annoncé son retrait au mois de janvier dernier pour rejoindre une société d’investissement. Dans une entrevue accordée au New York Times le mois dernier, M. Malpass a laissé entendre qu’il était enclin à maintenir l’esprit des politiques actuelles de la Banque à l’égard de la Chine et de l’environnement (New York Times, 5 avril).

Le « Green Real Deal », une vision républicaine du « Green New Deal »

Matt Gaetz, un républicain qui a fait son entrée à la Chambre cette année, connu pour son projet de loi visant à abolir l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a dévoilé le 3 avril son plan pour un « Green Real Deal », qui vient s’opposer au « Green New Deal » proposé par la représentante démocrate progressiste Alexandria Ocasio-Cortez. Le plan présenté par Matt Gaetz prévoit de lutter contre les changements climatiques en réduisant le poids des réglementations, en soutenant l’innovation en matière d’énergie propre et en s’attaquant au vol présumé de propriété intellectuelle américaine par la Chine. La proposition du représentant Gaetz est l’une des nombreuses alternatives au « Green New Deal ». Elle est proche du plan en dix points proposé par le sénateur républicain Lamar Alexander du Tennessee, qui a présenté un « nouveau projet Manhattan pour une énergie propre », visant à d’accélérer la recherche et le développement de nouvelles technologies (CNBC, 3 avril).

Un podcast sur la politique climat aux États-Unis

Political Climate, un podcast qui suit la politique climat aux États-Unis, a de nouveaux partenaires et des ambitions plus larges. Il est maintenant soutenu par l’Institut Schwarzenegger de l’Université de Californie du Sud et la Fondation Leonardo DiCaprio. Le premier épisode de la nouvelle saison a été diffusé le 8 avril. Political Climate était auparavant un projet de Greentech Media. Le changement climatique est devenu un sujet politique important dans la campagne pour les élections de 2020.

De nouvelles propositions de loi pour lutter contre l’acidification des océans

La Commission pour la science, l’espace et les technologies de la Chambre a approuvé le 9 avril quatre propositions de loi visant à lutter contre l’acidification des océans. L’un de ces textes permettrait notamment aux organismes fédéraux d’attribuer des prix aux scientifiques qui proposent les meilleures idées.

Le chiffre de la semaine : 12 Mds$

Il s’agit du montant des actifs sous gestion durable, en hausse de 38% par rapport à 2016 aux États-Unis, deuxième région la plus importante après l’Europe qui gère la plus importante concentration d’actifs durables au monde (environnementaux, sociaux et de gouvernance), selon le rapport 2018 de la Global Sustainable Investment Alliance (GSIA).

Transport

Boeing réduit sa production de 737 Max

Dans un contexte de crise, Boeing a finalement pris la décision de limiter la production des 737 Max à 42 avions par mois, contre 52 précédemment. Le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, qui a admis la défaillance de ses appareils, indique que l’entreprise travaille à une mise à jour des systèmes du 737 Max, afin d’en améliorer la sécurité et prévenir tout autre accident. Boeing précise que ce ralentissement de la production n’affectera pas ses emplois. Les équipementiers aéronautiques travaillant pour Boeing pourraient en revanche être affectés par cette décision, précise Business Insider. La FAA a annoncé ce début de semaine que Boeing aurait besoin de quelques semaines supplémentaires pour proposer une mise à jour du système MCAS (Manoeuvring Characteristics Augmentation System), mis en cause dans les accidents de la Lion Air et d’Ethiopian Airlines. (The Hill, 6 avril 2019)

Différend Airbus-Boeing : l’USTR menace l’Europe de sanctions commerciales

Dans le cadre du contentieux Airbus-Boeing, qui dure depuis 14  ans, le représentant américain au commerce (US Trade Representative, USTR) a réitéré le 8 avril 2019 sa menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires sur 11 Mds USD de produits européens si l’Union européenne et quatre de ses États membres (France, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni) ne mettent pas un terme aux subventions versées au bénéfice d’Airbus. Le montant des sanctions annoncées correspond à l’estimation par l’USTR du dommage annuel porté à l’industrie aéronautique américaine. Cette revendication fait suite au rapport adopté par l’Organe de Règlement des Différends de l’OMC le 28 mai 2018 dans l’affaire Airbus, concluant à l’existence d’un préjudice subi par l’industrie aéronautique américaine du fait des subventions européennes. L’UE et les Etats-Unis s’accusent mutuellement de subventionner illégalement leurs principaux constructeurs: Airbus et Boeing. L’USTR a publié une liste de produits européens qui pourraient être visés par des droits additionnels. Celle-ci inclut notamment des biens du secteur aéronautique. Le Président Trump a relayé l’annonce de l’USTR par tweet. Ces différentes menaces de sanctions pourraient s’avérer en définitive néfastes pour les deux zones économiques rapporte The New York Times, Airbus et Boeing possédant tous deux des partenaires économiques des deux côtés de l’Atlantique, chacun affichant cependant publiquement sa volonté de trouver un accord équitable.

Le GAO recommande à la TSA de revoir ses procédures d’évaluation de la vulnérabilité aux points de contrôle

Dans un rapport rendu public récemment, le Government Accountability Office (GAO, avril 2019) souligne certaines insuffisances de la Transportation Security Administration (TSA) en matière d’évaluation et d’amélioration de la vulnérabilité à ses points de contrôle. Le GAO recommande notamment à la TSA d’organiser des tests basés sur des analyses de risque et des menaces les plus probables.

Fortes files d’attentes à la frontière avec le Mexique

Reuters rapporte le 3 avril que près d’un millier d’agents des douanes (Customs and Border Protection, CBP) attachés à des contrôles commerciaux à la frontière américano-mexicaine ont été transférés vers des opérations de contrôles migratoires. Ce transfert de personnels entraîne des retards de plusieurs heures à la frontière, notamment pour les transporteurs routiers et des travailleurs mexicains travaillant aux Etats-Unis. Le Président Trump a par ailleurs menacé à plusieurs reprises de fermer totalement la frontière si le Congrès n’agissait sur l’immigration. Cette situation a causé l’incompréhension et les craintes de nombreux acteurs économiques qui réclament une restauration des moyens de contrôle de CBP à la frontière.

Le PDG de Ford tempère les attentes sur les premiers véhicules autonomes

Jim Hackett, le PDG de Ford, a indiqué lors d’un événement organisé par le Detroit Economic Club que les premiers modèles autonomes de Ford seraient présentés courant 2021. Il a toutefois tenu à modérer les attentes dans ce domaine, qui selon lui sont trop élevées compte tenu des technologies disponibles pour l’heure. Les premiers modèles ne pourront évoluer dans un premier temps qu’au sein de périmètres prédéfinis par des géo-barrières (geo-fence). Il évoque également le fait que l’introduction des voitures autonomes, dans les villes pour commencer, va nécessiter de profondes mutations des espaces urbains. La course fait actuellement rage entre les différents constructeurs automobiles, et les acteurs du secteur de la tech pour développer la technologie la plus fiable. (Bloomberg, 9 avril 2019)

Le chiffre de la semaine : 1.36 Mds$

La Federal Transit Administration a annoncé l’attribution de 1.36 milliard de dollars de subventions à destination de 16 projets d’infrastructures de transports collectifs. Une part de ce financement soutiendra le développement des bus à haut niveau de service. (FTA, 9 avril 2019)

Énergie

Le solaire prend de l’ampleur aux États-Unis

Le nombre de villes disposant de parcs solaires qui, tous ensemble, peuvent fournir plus de 50 MW, est passé de 8 en 2013 à 23 en 2018, selon le rapport Shining Cities 2019 : The Top U.S. Cities for Solar Energy, rédigé par l’Environment America Research & Policy Center. Sur la même période, 45 des 57 villes que l’organisation a suivies durant les six éditions de leur rapport ont plus que doublé la puissance fournie par leur parc solaire. On dénote une nette augmentation, mais les chercheurs déplorent un gain qui reste relativement faible par rapport au gain théorique possible. Selon le National Renewable Energy Laboratory (NREL), 128 villes passées au crible pourraient produire plus de 1000 gigawatts grâce au solaire, ce qui représente 39% de l’énergie produite par les États-Unis. En revanche, ces études font abstraction des coûts nécessaires pour mettre en place ces installations. Colin Smith, senior solar analyst chez Wood Mackenzie Power & Renewables souligne que le fait de recouvrir une ville au maximum de ses capacités en termes de panneaux solaires coûte bien plus cher que d’en déplacer une partie en périphérie des villes et de faire transiter l’énergie produite à l’intérieur de ces villes. (GTM, 9 avril).

Les États-Unis vendent leur GPL en Inde et s’implantent un peu plus en Asie

Deux mois après la signature de leur premier contrat à long-terme pour vendre du pétrole auprès de l’Inde, les États-Unis investissent à nouveau l’Asie. Au moins trois autres tankers partiront des États-Unis pour l’Inde. Ce sont les premières expéditions répertoriées de gaz de pétrole liquéfié (GPL) sans escale pour cet itinéraire. Ils répondent à la demande grandissante de l’Inde qui doit faire face à la baisse de la production de pétrole des pays du Moyen-Orient – suite à l’accord établi entre les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) afin de réduire la production de pétrole – conjugué aux bonus que fournit la Chine à ces pays pour continuer à être livrée. L’Inde ne peut se permettre de s’acquitter de telles sommes et se voit contrainte de diversifier ses sources d’approvisionnement. L’émergence de ce nouveau marché profite aux États-Unis qui exportent ainsi leur GPL en Asie du sud. Ils concurrencent en ce sens les pays du Moyen-Orient qui réalisent près de 95% des importations de GPL en Asie du Sud. (Houston Chronicle, 8 avril).

Le président Trump signe deux décrets qui promeuvent la construction d’oléoducs

Le président américain était ce mercredi 10 avril à Crosby, près de Houston, au Texas. Il y a signé deux décrets en faveur de l’industrie pétrolière et gazière, qui se plaint de retards dans le développement des oléoducs et gazoducs. Le premier décret exécutif vise notamment à lever les obstacles réglementaires à l’autorisation et au financement des nouvelles infrastructures énergétiques. Le second décret octroie au Président la capacité de valider ou non la construction d’infrastructures énergétiques internationales. Ces décrets font suite au blocage d’un terminal de charbon par l’État de Washington, ou encore à l’arrêt d’un gazoduc par les autorités de l’État de New York. (The White House, 10 avril).

La fin des centrales à charbon entrevue par certains dirigeants du secteur de l’énergie

Durant la conférence CERAWeek, des journalistes d’E&E news ont rencontré les dirigeants de CMS Energy Corp., Vistra Energy Corp. et NRG Energy, de grandes entreprises américaines spécialisées dans la production et la distribution d’énergie. Tous sont conscients que le secteur de l’énergie, et en particulier celui de l’électricité, a un avenir plus « vert » devant lui, et que les jours des énergies fossiles et notamment des centrales à charbon sont comptés. Patti Poppe, PDG de CMS Energy Corp., rapporte notamment qu’ils n’attendent pas que la Maison Blanche ou le Congrès mettent en œuvre des politiques pour agir. Ils ont de leur côté prévu de réduire de 90% d’ici à 2040 leurs émissions de CO2 par rapport à 2005. Ils vont également réduire de 1000 MW (mégawatts) la production de leurs centrales à charbon et espèrent les arrêter complètement d’ici à 2040. Vistra Energy Corp. a déjà retiré 4000 MW de production d’énergie par des centrales à charbon au Texas l’an dernier et s’apprête à retirer 2000 MW de l’Illinois. Enfin, NRG Energy prévoit de réduire de 50% et de 90% respectivement d’ici à 2030 et 2050 leurs émissions de CO2 par rapport à 2014. Ils sont tous en train de revoir leur mix énergétique (E&E news, 3 avril).

Le chiffre de la semaine : ~11 millions

Il s’agit du nombre moyen de barils de pétrole produits par jour aux États-Unis en 2018, un record. En 2017, la production annuelle moyenne était de 9,35 millions de barils par jour. Le précédent record établi en 1970 était de 9,64 millions de barils par jour (EIA, 26 mars).

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0