Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-06

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-06

Sommaire

Écologie – Climat

  • Le Green New Deal relance le débat sur le changement climatique
  • Hausse des émissions de gaz à effet de serre avec la production d’hydrocarbures
  • Les démocrates de la Chambre manifestent leur soutien à l’Accord de Paris

 Transport                                                                                                                                

  • Le gouverneur de Californie annonce l’abandon du projet de ligne à grande vitesse entre San Francisco et Los Angeles
  • Les acteurs de l’aviation civile soutiennent une proposition de loi qui permettrait de financer la FAA pendant un shutdown
  • Amazon renonce à implanter son nouveau siège à New York

Énergie

  • Vers un quota de 25% sur l’uranium américain ?
  • L’administration Trump revient sur les normes d’efficacité énergétique des ampoules
  • New York étudie le remplacement de ces centrales thermiques par des batteries

Agenda

9-20 février : California Maritime Leadership Symposium, première conférence californienne dédiée au système de transport multimodal orienté sur la mer, Sacramento, CA

11 au 15 mars : conférence internationale sur l’énergie CERAWeek organisée par IHS Markit à Houston

Écologie – Climat

Le Green New Deal relance le débat sur le changement climatique

Cinq sénateurs qui ont déclaré leur candidature à la présidentielle de 2020 ont coparrainé la résolution relative à un « Green New Deal » promue le 7 février par la représentante Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.) et le sénateur Ed Markey (D-Mass.) ainsi que le sénateur Bernie Sanders (I-Vt.), qui envisage de se lancer dans la campagne. En revanche, le comité national républicain rejette la proposition qu’il qualifie d’ »énorme gâchis pour les contribuables et de rêve socialiste ». Le projet de résolution fixe un objectif de décarbonation total du mix électrique américain d’ici dix ans, ainsi qu’une série d’autres évolutions, pour répondre conjointement aux urgences sociales et écologiques. D’autres acteurs se sont montrés sceptiques quant à ses chances de succès ou ont émis des réserves quant à leur soutien. La Présidente de la Chambre Nancy Pelosi (D-Calif.) a qualifié la proposition de « rêve vert », et l’ancien maire de New York Michael Bloomberg (D) a souligné qu’un « New Green Deal » devrait offrir des solutions réalistes et non des « promesses en l’air ». Enfin, Howard Schultz, CEO de Starbucks qui pourrait également se présenter à la présidentielle a estimé que la proposition est inapplicable lors d’un forum de CNN à Houston. (The Hill, 10 février).

Hausse des émissions de gaz à effet de serre avec la production d’hydrocarbures

La croissance massive de la production pétrolière et gazière américaine va entraîner une hausse des émissions de gaz à effet de serre, aux États-Unis et à l’étranger, selon une nouvelle analyse du think tank Resources for the Future (RFF), parue le 5 février. Selon les auteurs, aux États-Unis, « bien que le gaz naturel à bas coût continuera de permettre de réduire les émissions de CO2 en remplaçant le charbon, ces réductions sont plus que compensées par de nombreux facteurs, notamment le ralentissement du déploiement des énergies renouvelables et le retrait anticipé des centrales nucléaires ». A cela s’ajoute un effet de rebond : le gaz naturel moins cher fait baisser les coûts de l’électricité et des utilisations finales, ce qui fait augmenter la consommation et les émissions qui y sont associées. Au plan international, l’effet est difficile à prévoir, en partie du fait des questions soulevées par la stratégie de l’OPEP, ainsi que de la disponibilité de véhicules électriques et d’autres technologies qui pourraient remplacer le pétrole. Toutefois, selon RFF, la production pétrolière américaine fait clairement baisser les prix mondiaux, ce qui encourage une plus grande utilisation des combustibles fossiles.

Les démocrates de la Chambre manifestent leur soutien à l’Accord de Paris

Plusieurs dizaines de parlementaires démocrates et un républicain ont présenté vendredi 6 février un projet de texte visant à démontrer le soutien du Congrès à l’accord de Paris sur le climat. Cette courte résolution non contraignante déclare que le Congrès  » réaffirme son attachement  » à l’accord de 2015 que toutes les autres nations du monde ont signé, et que les États-Unis  » ne devraient pas se retirer « . La mesure n’obligerait cependant pas les États-Unis à revenir dans l’accord (The Hill, 8 février).

Chevron s’engage à appliquer l’Accord de Paris sans réduire sa production

Chevron Corp. s’est engagée le 7 février à réduire ses émissions de gaz à effet de serre conformément à l’Accord de Paris, pour prévenir une fronde de ses actionnaires à son assemblée générale annuelle. La compagnie pétrolière américaine s’est engagée à réduire ses émissions de de 25 à 30 % d’ici 2023, à la demande d’actionnaires activistes tels que As You Sow et Arjuna Capital. La cible s’applique à l’ensemble des activités mondiales de la société, y compris les actifs dans lesquels elle détient des participations mais n’est pas l’opérateur principal. Néanmoins, les objectifs de réduction ne s’appliqueront pas aux émissions créées par les consommateurs utilisant les produits Chevron, une demande forte des organisations environnementales et des investisseurs activistes. Il s’agit cependant d’une évolution importante pour Chevron qui fait suite à un changement similaire annoncé par son rival BP PLC au début du mois. Cette réduction ne devrait pas s’accompagner d’une baisse de la production. « Notre stratégie est de faire partie des producteurs les plus efficaces », a déclaré l’entreprise (Bloomberg, 7 février).

Le chiffre de la semaine : 2 900 Mds $

Il s’agit du coût pour remplacer en dix ans 83% des capacités de production électrique non renouvelable par des unités solaires, éoliennes ou de la biomasse, afin d’atteindre l’objectif du Green New Deal, soit près d’une année de recette fiscale, selon Kevin Book (ClearView Energy), cité le 13 février par le WSJ.

Transport

Le gouverneur de Californie annonce l’abandon du projet de ligne à grande vitesse entre SF et LA

Le nouveau gouverneur de l’Etat de Californie, Gavin Newsom, a annoncé le 12 février, à l’occasion de son premier discours sur l’état de l’Etat l’abandon du projet de liaison à grande vitesse entre Los Angeles et San Francisco, et précisé que « l’actuel projet tel que planifié couterait trop cher, et prendrait trop de temps. » Le projet complet prévoyait de relier San Francisco (4.6 millions d’habitants pour l’aire métropolitaine) à Los Angeles (13.2 millions d’habitants) à l’issue d’une première phase devant être achevée en 2033 pour un coût estimé à environ 77 Md USD après plusieurs réévaluations à la hausse. La phase 2 du projet prévoyait des extensions au sud vers San Diego, et au nord vers Sacramento à des échéances indéterminées. Le Gouverneur Newsom a toutefois maintenu l’engagement de réaliser la partie du projet desservant les villes de Merced (254 000 habitants), Fresno (971 000 habitants) et Bakersfield (890 000 habitants) de la Central Valley, moins densément peuplée, et traditionnellement tournée vers l’agriculture. Les travaux entre Fresno et Bakersfield ont débuté en janvier 2015, et doivent être achevés à l’horizon 2022. Le gouverneur Newsom a également annoncé la nomination d’un nouveau président à la tête de la California High Speed Rail Authority. (CityLab)

Les acteurs de l’aviation civile soutiennent une proposition de loi qui permettrait de financer la FAA pendant un shutdown

Une coalition d’acteurs économiques de l’aviation civile américaine a interpellé mardi 12 février les parlementaires de la Chambre pour défendre une proposition de loi visant à financer la Federal Aviation Administration (FAA) en cas de shutdown de l’administration fédérale en puisant les ressources nécessaires au sein du Airport and Airways Trust Fund (AATF), un fonds, affichant un excédent de 6 Md USD, visant à financer les opérations d’investissement et de maintenance des plateformes aéroportuaires, et alimenté par les redevances aéroportuaires. (The Hill)

La FAA publie un paquet de nouvelles réglementations pour les opérations de drones

Annoncé lors de la conférence annuelle du TRB par la Secrétaire aux Transports, le nouveau règlement autorisant les vols de drones de nuit et au-dessus des personnes, sous certaines conditions et sans nécessité d’obtenir une dérogation (waiver), a été publié le 13 février par la Federal Aviation Administration (FAA). L’agence a également publié une proposition de nouvelle règlementation sur la sûreté et la sécurité des drones, et une règle finale provisoire imposant aux propriétaires de drones d’afficher leur numéro d’enregistrement à l’extérieur de leur appareil.

Amazon renonce à implanter son nouveau siège à New York

Dans un communiqué diffusé le 14 février, Amazon indique renoncer à implanter son nouveau siège dans le Queens à New York face à la protestation de nombreux élus de la ville et de l’Etat, et d’une partie des résidents du quartier de Long Island City, qui redoutaient l’impact de cette implantation, et de l’arrivée de 25 000 emplois très bien rémunérés, sur le prix de l’immobilier et la saturation des services de transport. En contrepartie de cette installation, Amazon devait bénéficier d’un paquet d’incitations fiscales s’élevant à environ 3 Md$ de la part de l’Etat de NY et de la ville. A ce stade, Amazon indique ne pas envisager une nouvelle recherche de site pour l’implantation de son siège, préférant se concentrer sur les deux autres sites retenus en Virginie dans la région de Washington, DC (25 000 emplois prévus) et à Nashville dans le Tennessee (5 000 emplois). (HuffPost)

Virgin Trains USA ajourne son entrée en bourse

L’opérateur ferroviaire Virgin Trains USA, qui opère le service Brightline mis en service début janvier 2018 en Floride entre Miami et West Palm Beach, a annoncé le report de sa cotation boursière, annoncée le mois dernier, et devant être lancée cette semaine. Cette entrée en bourse aurait pu permettre de lever de l’ordre de 500 M$, montant devant contribuer au financement des projets d’expansion du service ferroviaire vers Orlando, dont le début des travaux sur l’infrastructure est annoncé pour mars 2019. Virgin Trains USA nourrit également des plans pour lancer un service ferroviaire entre le sud de la Californie et Las Vegas. La compagnie a précisé qu’elle examinait d’autres options de financement. (Bloomberg)

Le chiffre de la semaine : 530 M$

Il s’agit de la levée de fonds réalisée début février par la start-up Aurora, fondée fin 2016 et spécialisée dans le développement de camions autonomes, à laquelle le géant Amazon a pris part Cette levée de fonds porte la valorisation de cette start-up à 2.5 Md USD (CNN). Cette semaine, la start-up. TuSimple, développant également des camions autonomes, a également annoncé avoir levé 95 M$, dans un tour mené par le chinois Sina Corp (maison mère de Weibo), portant sa valorisation à 1 Md USD. (WSJ). Enfin le mois dernier, le constructeur allemand Daimler annonçait également son intention d’investir 500 M$ dans le développement de camions autonomes. La compétition entre acteurs de la Silicon Valley et constructeur traditionnels semble ainsi s’accélérer autour du camion autonome, d’autant que plusieurs experts affirment que l’industrie du transport de fret pourrait être la première à bénéficier de ces nouvelles technologies, la circulation de véhicules autonomes sur réseaux autoroutiers posant moins de difficultés techniques que le milieu urbain.

Énergie

Vers un quota de 25% sur l’uranium américain ?

Le Département américain du Commerce (DoC) envisage d’imposer un quota de 25 % pour l’utilisation aux États-Unis d’uranium extrait par l’industrie minière américaine, en vertu de l’article 232 du Trade Expansion Act, après une période de consultation publique initiée en 2018. Il devrait faire part de ses recommandations d’ici le 14 avril, puis le Président Trump disposera de 90 jours pour prendre une décision. Les sociétés minières américaines demandent au Président de protéger leur industrie en restreignant les importations étrangères, comme il l’a fait pour l’acier et l’aluminium, pour des considérations liées à la sécurité nationale ; toutefois l’industrie nucléaire estiment qu’une telle mesure qui renchérirait significativement le coût des combustibles, pénaliserait les centrales nucléaires déjà en danger de fermeture du fait de leur concurrence avec le gaz naturel et les énergies renouvelables à bas coût. Mais selon les défenseurs du quota, l’augmentation annuelle des coûts serait compensée par une augmentation de moins de 1 % de la facture moyenne d’électricité. « C’est un faible prix à payer pour la sécurité nationale et énergétique » estiment-ils. Les six exploitations actives d’extraction d’uranium emploient moins de 500 personnes aux États-Unis (E&E news, 11 février).

L’administration Trump revient sur les normes d’efficacité énergétique des ampoules

L’administration Trump revient sur les normes d’efficacité énergétiques des ampoules électriques adoptées par le Congrès en 2007, et mises à jour par l’administration Obama en 2017 pour inclure une plus large gamme d’ampoules électriques. Le 6 février, l’administration Trump a proposé d’exempter certains types d’ampoules de l’application des normes qui entreront en vigueur en 2020. Selon le DoE, « la base juridique sous-jacente à ces révisions a mal interprété le droit existant ». Cette proposition fait l’objet d’une consultation publique pendant 60 jours et le DoE organisera une réunion publique le 28 février à Washington. Des représentants démocrates membres de la commission de l’énergie et du commerce prévoient l’organisation d’une audition à la Chambre. « La proposition du DoE permettra aux produits inefficaces de demeurer sur le marché pendant des années, ce qui coûtera plus cher aux consommateurs et augmentera les émissions de gaz à effet de serre », ont-ils déclaré le 6 février.

Duke Energy sanctionné pour non-respect des normes en matière de cyber sécurité

Duke Energy Corp. a accepté de payer une amende record de 10 millions de dollars après sa mise en cause dans 127 infractions aux normes sur la cyber sécurité relevées au cours de quatre années et visant à protéger le réseau électrique contre des pannes catastrophiques. Ces normes sont édictées et leur mise en œuvre contrôlée par la North American Electric Reliability Corp. (NERC). L’amende devra être validée par la Federal Energy Regulatory Commission (Charlotte Business Journal, 2 février)

New York étudie le remplacement de ces centrales thermiques par des batteries

Les représentants de la ville de New York veulent savoir exactement dans combien de temps les énergies renouvelables couplées au stockage par des batteries pourraient remplacer le gaz naturel comme source d’énergie d’appoint. Un projet de texte examiné le 11 février par la commission de l’environnement de la ville demande que soit étudié le potentiel de stockage de six types de batteries afin de remplacer toutes les centrales à combustibles fossiles – dont 21 au gaz – situées dans la ville (HuffPost, 9 janvier).

Le chiffre de la semaine : plus de 1 Mds $

Il s’agit du montant des commandes que pourrait représenter la construction de près d’un millier de plateformes offshore pour les éoliennes au large des États du New Jersey, de New York, du Massachussets, de Rhode Island et du Connecticut, selon Mitsubishi Heavy Industries America inc., une entreprise en joint-venture avec Vestas Wind Systems A/S qui a ouvert un bureau en janvier à Boston, en vue de conquérir le marché éolien offshore de la côte nord-est des États-Unis (Bloomberg, 6 février).

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