Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-04

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2019-04

Sommaire

Écologie – Climat

  • Un régulateur « rebelle » estime que le nucléaire n’est pas la panacée pour le climat
  • Californie : il y a cinquante ans, la catastrophe pétrolière de Santa Barbara
  • Loops va tester le recyclage des emballages à Paris et New York

 Transport

  • Priorité aux produits américains pour les projets d’infrastructures
  • Audition de confirmation au Sénat de Nicole R. Nason pour diriger la FHWA
  • LA expérimente un service de covoiturage VTC pour couvrir le dernier kilomètre

 Énergie

  • Hausse des émissions du secteur de l’énergie en 2018 mais baisse probable en 2019-20
  • Wyoming : les électeurs pourraient se prononcer sur la hausse des taxes sur l’éolien
  • Californie : PG&E confirme sa demande de protection sous le régime des faillites

Agenda

  • 5 février : America’s Infrastructure: Time to invest – US Chamber of Commerce, Washington, DC.
  • 6 février : audition publique de la Commission des ressources naturelles de la Chambre des représentants intitulée “Climate Change Impacts and the Urgency to Act»
  • 7 février: première audition de la commission transport et infrastructures de la Chambre des Représentants: “The Cost of Doing Nothing: Why Investing in Our Nation’s Infrastructure Cannot Wait”
  • 8 février : événementThe Multiple Benefits of Federal Housing and Energy Programs” organisé au Congrès par Energy Efficiency for All et l’Environmental and Energy Study Institute.

Écologie – Climat

Un régulateur « rebelle » estime que le nucléaire n’est pas la panacée pour le climat

Lors d’une récente interview avant la parution de son livre « Confessions of a Rogue Regulator », Gregory Jaczko, ancien responsable entre 2009 et 2012 sous l’administration Obama de l’autorité américaine de sûreté nucléaire, la Nuclear Regulatory Commission (NRC), estime que « le nucléaire ne nous sauvera pas de la catastrophe climatique […] Il y aura toujours un risque d’accident dans les centrales nucléaires et, en réalité, le seul moyen d’éliminer le risque d’accident avec la conception actuelle [des réacteurs] est de les rendre si petits qu’ils ne sont tout simplement pas utiles à la production d’électricité ». Concernant l’autorisation de quatre réacteurs alors qu’il était président de la NRC, il indique que « sur ces quatre réacteurs, deux ont été abandonnés et les deux autres ont pris du retard et font l’objet de dépassement de leur budget de 10 milliards de dollars. Donc, je ne vois tout simplement pas en quoi le nucléaire est une technologie viable à déployer en masse au regard de ce que nous devons faire pour lutter contre le changement climatique. Il existe des solutions plus efficaces, moins chères et plus rapides, et c’est sur cela que nous devons concentrer notre énergie et notre temps ». Gregory Jaczko a fondé Wind Future LLC, une entreprise dont le site internet promeut « le juste équilibre entre connaissances et expérience pour faire de l’éolien, une source d’énergie profitable ». Mais comme le rapporte le Washington Post ce 28 janvier, cette position n’est pas partagée par Bill Gates qui a estimé lors d’une récente visite au Congrès, que l’innovation dans les technologies nucléaires pourra ralentir le changement climatique.

Californie : il y a cinquante ans, la catastrophe pétrolière de Santa Barbara

Le 28 janvier 1969, plus de 11 000 m3 de pétrole brut provenant d’une explosion sur une plate-forme pétrolière offshore se sont répandus sur une cinquantaine de km de côtes près de Santa Barbara. Il a fallu onze jours à l’opérateur, Union Oil Co., pour réussir à stopper la fuite. Les historiens s’accordent à dire que cet accident a marqué un tournant et contribué à l’émergence des mouvements environnementalistes. En moins de dix ans, la législature et les électeurs de Californie ont adopté une série de lois et de règlements pour protéger la qualité de l’environnement, protéger le littoral, instaurer un moratoire sur les forages pétroliers en mer et adopter un plan de protection du littoral. Lorsque l’administration Trump a étendu récemment les zones d’activités de forage pétrolier offshore dans les eaux fédérales (situées à plus de 5 km de la côte californienne), le Parlement californien a voté et le gouverneur Jerry Brown a immédiatement signé deux projets de lois interdisant le passage des oléoducs dans les eaux de l’État, afin de s’opposer au transport du pétrole vers les raffineries. Actuellement, les niveaux de production des plates-formes pétrolières situées au large de la Californie ont chuté à moins de 6 millions de barils par an, soit le tiers de leur niveau de production en 2014 (San Francisco Chronicle, 25 janvier).

Loops va tester le recyclage des emballages à Paris et New York

Présenté cette année au forum économique de Davos, la plateforme d’e-commerce Loops promue par le spécialiste américain du recyclage TerraCycle basé à Trenton dans le New Jersey, regroupe vingt-cinq multinationales qui s’engagent à commercialiser des produits dont le contenant est réutilisable, sur le principe de la consigne. Concrètement, les consommateurs commanderont en ligne leurs produits. Ils seront livrés dans une boîte qui servira ensuite de bac de tri. Une fois ce contenant plein, un transporteur viendra récupérer les emballages pour les laver, stériliser, remplir et réexpédier chez les consommateurs. Loops sera testée ce printemps à Paris et New York (Le Parisien, 26 janvier).

Le chiffre de la semaine : 5%

Il s’agit du taux de succès de l’administration devant les tribunaux dans les recours engagés contre la remise en cause de réglementations environnementales. Depuis deux ans, la politique de dérégulation environnementale conduite par l’administration Trump a suscité un certain nombre de recours juridiques, principalement au motif que les agences concernées et notamment l’agence de protection de l’environnement (EPA) n’ont pas suivi les procédures requises pour modifier les règles. Un premier bilan dressé par la Brookings en octobre dernier révèle que les arguments de l’administration ont prévalu dans une affaire mais quelle a perdu ou abandonné sa position dans 18 affaires. Ce taux de succès de 5% est très inférieur au taux habituel de 69% en moyenne.

Transport

Priorité aux produits américains pour les projets d’infrastructures

Le Président Trump a annoncé la signature jeudi 31 janvier d’un nouvel Executive order pour renforcer la préférence et le recours à des matériaux produits aux Etats-Unis pour les projets d’infrastructures bénéficiant d’aides fédérales (subventions, prêts, garanties de prêt). Sont ciblés notamment les ponts, les réseaux d’assainissement, les télécommunications ou les infrastructures de cyber sécurité rapporte le New York Post Le Président avait déjà pris en avril 2017 un Executive Order invitant les agences fédérales à privilégier l’acier, l’aluminium et les biens manufacturés produits aux Etats-Unis. La Maison blanche précise notamment qu’au cours des deux dernières années, les agences fédérales ont dépensé 24 Mds$ supplémentaires pour des biens fabriqués aux Etats-Unis, et diminué de 16% le recours aux dérogations nécessaires pour financer l’acquisition de biens produits à l’étranger. Le New Yorker rapporte toutefois que la portée de ce nouvel Executive Order est peu claire, ce dernier appelant les différences agences fédérales à proposer sous 120 jours un rapport au Président identifiant les outils et moyens, conformes à la loi, pouvant être mobilisés pour maximiser le recours à des produits américains, notamment fer, acier, aluminium, béton, et autres produits manufacturés, dans des contrats ou achats bénéficiant d’une aide fédérale dédiée aux projets d’infrastructures.

Le programme de fidélité d’Uber contribuerait à encourager l’autosolisme

Alors qu’Uber vient de lancer son nouveau programme de fidélité, CityLab pointe que ce dernier, tel qu’il est conçu actuellement, encourage ses bénéficiaires à privilégier des déplacements individuels plutôt que du covoiturage, et pourrait ainsi avoir des effets négatifs pour les villes et la congestion urbaine. Le programme, qui alloue des points en fonction des sommes dépensées par les usagers, double ou triple ces derniers lorsque le client privilégie des services Uber plus chers ou de classe supérieure.

Audition de confirmation au Sénat de Nicole R. Nason pour diriger la FHWA

La commission environnement et travaux publics du Sénat a auditionné le 29 janvier Nicole R. Nason en vue de sa confirmation au poste d’administratrice de la Federal Highway Administration (FHWA). Nicole Nason avait occupé le poste d’administratrice de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) entre 2006 et 2008 sous l’administration G.W. Bush. Parmi ses priorités, Nicole Nason a insisté sur les enjeux liés à l’amélioration de la sécurité des piétons et des cyclistes, et indiqué qu’elle travaillerait à l’amélioration de la conception des infrastructures routières. Elle a également affirmé son engagement à prendre en compte les effets du changement climatique pour des infrastructures plus résilientes. Elle s’est par ailleurs déclarée ouverte à examiner toutes les options disponibles pour financer les infrastructures, de la taxe d’usage aux partenariats public privé, rapporte TTnews.

LA expérimente un service de covoiturage VTC pour couvrir le dernier kilomètre

L’autorité métropolitaine des transports du Comté de Los Angeles a annoncé le lancement d’un programme expérimental d’un an de service VTC de covoiturage à la demande permettant d’assurer le rabattement et la diffusion autour de trois stations de métro, toutes trois situées dans des quartiers défavorisés de l’agglomération. L’opération est conduite en partenariat avec la société de ride-hailing Via, et vise à traiter le problème de couverture en transport public du dernier kilomètre. Ce service sera offert au même tarif que celui d’un bus, soit 1.75$ la course, et sera gratuit pour les usagers bénéficiant des programmes d’aides aux ménages à faibles revenus. Le programme est estimé à 2.5 M$ et est financé par une subvention de 1.35M$ de la Federal Transit Administration. Le site Wired rappelle que d’autres villes américaines (Kansas City, KS, Centennial, CO) ont déjà testé ces solutions en 2017 sans grand succès, au regard de leur coût et des fréquentations enregistrées.

Le froid polaire affecte les liaisons aériennes dans le Midwest

Alors que le Midwest américain enregistrait cette semaine des températures historiquement basses, avec notamment -30° C à Chicago et des températures ressenties autour de -45°C, les services aériens se sont trouvés largement perturbés au cours de la journée du 30 janvier. Plus de 1 800 vols ont ainsi été annulés dans les deux aéroports O’Hare et Midway de Chicago, qui enregistrent en moyenne respectivement 2 400 vols et 500 vols quotidiens. Les réseaux de surface de Chicago ont également enregistré des perturbations et fermetures de services, à l’instar du train de banlieue Metra Electric District. (Chicago Tribune)

Le chiffre de la semaine : 101 Mds$

Il s’agit du chiffre d’affaire de Boeing en 2018, correspondant à un record historique pour l’avionneur américain, en croissance de 8% par rapport à 2017.

Énergie

Hausse des émissions du secteur de l’énergie en 2018 mais baisse probable en 2019-20

Selon les estimations récemment publiées par l’agence d’information sur l’énergie, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à l’énergie ont augmenté de 2,8% en 2018 mais diminueront en 2019 et 2020. L’augmentation en 2018 est la plus importante des émissions de CO2 liées à ce secteur depuis 2010. Les émissions liées au secteur du gaz naturel, qui ont augmenté de près de 10%, ont entraîné l’augmentation générale en 2018. Les conditions météorologiques et la croissance économique soutenue ont été les principaux facteurs d’augmentation de la consommation d’énergie et des émissions en 2018. Les températures devraient être plus clémentes en 2019 et 2020 qu’en 2018, ce qui se traduira par une consommation d’énergie moindre. Cependant, même avec la baisse des émissions au cours des deux prochaines années, les émissions de CO2 liées à l’énergie en 2019 et 2020 devraient toujours être supérieures aux niveaux de 2017. En 2019, l’effet de la croissance industrielle sur les émissions sera plus que compensée par un retour à la normale des températures et un ralentissement de la croissance de la production industrielle en 2020 réduirait l’intensité énergétique associée à la croissance du PIB (EIA, 28 janvier 2019).

Wyoming : les électeurs pourraient se prononcer sur la hausse des taxes sur l’éolien

Peu d’États dépendent autant des recettes fiscales du secteur de l’énergie que le Wyoming. Plus de la moitié de ses revenus proviennent du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Mais le charbon est en déclin et les revenus du pétrole et du gaz sont sujets à des fluctuations extrêmes. Les parlementaires de cet État sont donc à la recherche de financements alternatifs. Le Wyoming applique déjà une taxe de 1 dollar par mégawattheure sur l’électricité éolienne, ce qui en fait l’un des rares États américains à taxer cette ressource. En ce début d’année, pas moins de trois propositions de loi ont été déposées pour porter la taxe à 5 dollars par MWh. Une pétition portée par un groupe de parlementaires vise à recueillir suffisamment de signatures afin de soumettre l’augmentation de taxe sur l’éolien au vote des électeurs en 2020. Les promoteurs de la mesure estiment qu’une taxe est nécessaire pour compenser la perte des recettes fiscales minières et les dommages environnementaux causés par la construction de parcs éoliens à grande échelle qui exportent de l’électricité vers d’autres États. Mais les industriels de l’éolien y voient une tentative déguisée pour freiner leur développement, alors même que l’État ne taxe aucune autre source de production d’électricité, et que les énergies renouvelables sont subventionnées dans d’autres États (Star Tribune, 24 janvier).

Californie : PG&E confirme sa demande de protection sous le régime des faillites

Comme annoncé, PG&E Corp. a demandé le 29 janvier à bénéficier du régime de protection sur les faillites (dit « chapter 11 »), alors qu’elle fait face à plusieurs dizaines de milliards de dollars de dettes potentielles en raison de son rôle dans les incendies meurtriers en Californie. Cette défaillance constitue l’un des cas les plus complexes de réorganisation des entreprises depuis des années, estime le 30 janvier le Wall Street Journal. Cette entreprise fournit des services de gaz naturel et d’électricité à 16 millions de personnes. Le processus de restructuration de ses dettes devrait s’étendre sur une longue période, impliquant les autorités de régulation fédérales et de l’État, les victimes des incendies, les actionnaires et créanciers et les fournisseurs d’électricité.

Le chiffre de la semaine : 1 100 Mds$                      

Il s’agit du montant des dépenses en 2018 des 329 millions de résidents américains pour satisfaire leurs besoins énergétiques, selon un récent briefing organisé par l’Environmental and Energy Study Institute (EESI).

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0