Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-03

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-03

Sommaire        

Écologie – Climat

  • Changement climatique : nouvelles plaintes contre des entreprises pétrolières
  • Les entreprises américaines quasi absentes du marché des obligations vertes
  • Règlement Obama sur les cours d’eau : une décision de justice contrarie son retrait

Transport

  • Premiers détails sur le plan infrastructures américain

Énergie

  • Le président Trump impose des mesures protectionnistes sur les panneaux solaires
  • La vague de froid de début janvier sur la côte Est a affecté le mix et les prix de l’électricité
  • Vers la fin du gaz naturel ?

Agenda

Écologie – Climat

Changement climatique : nouvelles plaintes contre des entreprises pétrolières

Richmond (CA) est la neuvième ville américaine à engager des poursuites à l’encontre de grandes entreprises pétrolières qu’elle juge responsables des effets négatifs liés au changement climatique. La ville est vulnérable à la montée du niveau des eaux. Sa plainte déposée le 22 janvier auprès de la Cour supérieure de Californie (Contra Costa County) vise 29 entreprises américaines et étrangères. Comme la ville de New York au début du mois, Richmond cherche par cette plainte à obtenir des indemnisations pour adapter ses infrastructures aux dommages liés au changement climatique dont ces entreprises seraient responsables (Reuters, 23 janvier).

Les entreprises américaines quasi absentes du marché des obligations vertes

Le marché des obligations vertes émises en 2017 a dépassé les attentes, selon le dernier rapport de la Climate Bond Initiative, atteignant pour la première fois les 150 Mds de dollars, alors que des gouvernements, des banques de développement et des entreprises ont émis des obligations vertes pour la première fois. Les États-Unis, la Chine et la France continuent à dominer, représentant 56% de toutes les émissions. Toutefois, les entreprises américaines sont encore, à quelques exceptions près, largement absentes de ce marché, relève Greenbizz le 19 janvier.

Distinction de deux chercheurs américains par l’Académie des sciences de Suède

Deux scientifiques américains, Susan Solomon (MIT) et Syukuro Manabe (Princeton) se sont vu décerner le prix Crafoord 2018 pour leurs travaux de recherche sur le climat. Le prix attribué chaque année sur un thème différent a été remis aux chercheurs pour leurs « contributions fonda-mentales à la compréhension du rôle de gaz à l’état de traces dans l’atmosphère, dans le système climatique de la terre » a indiqué l’Académie Royale des sciences de Suède (Associated Press, 18 janvier).

Règlement Obama sur les cours d’eau : une décision de justice contrarie son retrait

La Cour suprême a jugé à l’unanimité le 22 janvier que les contentieux en cours sur le règlement adopté par l’administration Obama dit « the Water Of the US rule (WOTUS) » relatif à la gestion des cours d’eau, relève des tribunaux fédéraux d’instance et non des cours fédérales d’appel. Ce règlement avait étendu de manière importante la liste des cours d’eau pouvant être régulés au niveau fédéral par l’agence de protection de l’environnement et l’Army Corps of Engineers. Cette décision va rendre plus difficile la procédure de retrait et de remplacement de ce règlement initiée par l’administration Trump.

Explosion sur un forage d’hydrocarbures en Oklahoma

Une explosion survenue le 22 janvier sur une installation de forage d’hydrocarbures dans l’Oklahoma a entraîné la mort de cinq employés d’entreprises sous-traitantes, indique abcNEWS le 23 janvier. L’explosion a été suivie d’un important incendie qui n’a pas permis aux secours d’intervenir immédiatement et a détruit le dispositif de forage. Les causes de l’explosion restent à déterminer. Il s’agit de l’un des accidents les plus graves survenus aux États-Unis sur une installation de forage (E&E news, 24 janvier).

Déchets : Coca-Cola et Mc Donalds se fixent des objectifs ambitieux de recyclage

Coca-Cola Co. a annoncé le 19 janvier un objectif en 2030 de recyclage de l’équivalent de tous les emballages qu’elle distribue. Des organisations environnementales ont critiqué l’entreprise pour sa production de bouteilles en matières plastiques, qui envahissent les décharges et les océans. Cette annonce fait suite à celle de Mc Donalds qui entend développer le recyclage dans tous ses restaurants au cours de la décennie à venir (Reuters, 16 janvier). Elle intervient dans le cadre de son initiative « un monde sans déchet » qui prévoit d’autres investissements dans des programmes locaux de recyclage et des emballages plus durables.

Le chiffre de la semaine : 9,5 Mds de dollars

Il s’agit des revenus directs générés aux États-Unis en 2015 par l’économie de la restauration des sols via la replantation de forets ou l’exploitation des terres agricoles associant des arbres et des cultures ou des élevages, selon le rapport « The Business of Planting Trees » que vient de publier le World Resources Institute. Cette économie a également généré 15 Mds de dollars de revenus indirects (BenDor et al. 2015). L’étude souligne par ailleurs que l’industrie de la restauration écologique a employé 126 000 américains en 2014, excédant de 59% le nombre d’employés de l’industrie extractive du charbon.

Transport

Premiers détails sur le plan infrastructures

Plusieurs médias américains ont dévoilé lundi 22 janvier une note (ayant « fuité » et étant non datée) exposant les principes généraux du prochain plan infrastructure de l’administration Trump. Le contenu de cette note n’a cependant pas été confirmé par la Maison Blanche.

Cette dernière apporte toutefois quelques éclairages sur la possible ventilation de l’enveloppe et les priorités du Gouvernement. Pour rappel, l’enveloppe du budget fédéral s’établirait à 200 Mds$ sur 10 ans pour un plan de 1 000 Mds$ au total (voire plus… cf. chiffre de la semaine), d’après les informations rapportées par la presse depuis plusieurs mois.

50% de l’enveloppe (soit potentiellement 100Mds$) pourrait permettre de soutenir les investissements publics et privés sous la forme de subventions incitatives pouvant couvrir jusqu’à 20% des dépenses de projets. Ces subventions s’appliqueraient aux infrastructures de transport terrestre, aéroportuaires, maritimes, à la gestion des crues, à l’approvisionnement en eau, aux ressources en eau, à l’hydroélectricité, aux équipements pour faire face aux tempêtes, aux friches industrielles, aux sites et sols pollués. Les critères d’attribution de ces subventions prendraient en compte la capacité du pétitionnaire à mobiliser de nouveaux crédits non-fédéraux pour financer l’investissement initial (50%) ainsi que la maintenance et l’exploitation de l’ouvrage (20%).

25% (soit potentiellement 50 Mds$) bénéficierait aux infrastructures en milieu rural, permettant d’améliorer l’économie rurale, l’accessibilité, le haut-débit, et faciliter le transport de fret.

10% (soit potentiellement 20 Mds$) alimenterait un programme de soutien aux projets transformateurs, permettant de faire émerger des projets plus risqués et généralement plus difficilement finançables. Les secteurs couverts concerneraient les transports, le traitement de l’eau, l’eau potable, l’énergie, les vols spaciaux commerciaux et les télécommunications. Jusqu’à 80% des dépenses pourraient être couvertes.

7% (soit potentiellement 14 Mds$) permettrait de renforcer et d’augmenter la capacité des programmes pré-existants de prêts fédéraux dans le domaine des infrastructures de transport (Transformative Infrastructure Finance and Innovation Act (TIFIA) et Railroad Rehabilitation and Improvement Financing), de l’eau (Water Infrastructure Finance and Innovation Act) et de l’agriculture (USDA Rural Utilities Lending Programs).

La note présente également plusieurs principes d’assouplissement des règles et conditions de financement des projets d’infrastructure, dont la simplification des règles permettant aux Etats fédéraux la mise en péage des Interstates et le réinvestissement des recettes de péages dans l’infrastructure, l’éligibilité des ports et aéroports au programme de prêt fédéral TIFIA, le financement de la modernisation et la réhabilitation des petites lignes ferroviaires et du transport ferroviaire de voyageurs, ou encore la suppression des contraintes pour l’usage de partenariats public-privés dans les transports urbains.

Comme le pointe The Hill dans un article du 24 janvier, la note n’apporte en revanche aucune indication sur les sources de financement de ce plan, hormis de nouvelles marges de manoeuvre pour les autorités locales en matière de recours au péage ou aux PPP. La question de l’éventuelle augmentation de la taxe fédérale sur les carburants, pourtant plébiscitée par les acteurs économiques, dont la US Chamber of Commerce considérée comme le plus important lobby américain, n’est absolument pas évoquée.

Le chiffre de la semaine: 1 700 Mds$

Lors d’une réunion à la Maison Blanche avec une délégation de Maires américains, le Président Trump a indiqué le 24 janvier que le plan d’investissement dans les infrastructures pourrait « probablement atteindre environ 1.7 trillion de $ ». Le Président a annoncé que le plan sera présenté juste après son discours du 30 janvier sur l’Etat de l’Union, discours au cours duquel le plan infrastructure devrait également être évoqué.

Énergie

Le président Trump impose des mesures protectionnistes sur les panneaux solaires

Le président Trump va imposer des droits de douane additionnels sur les importations de panneaux solaires, avec un taux dégressif de 30% la première année, indique Bloomberg le 22 janvier. Cette décision attendue de longue date affectera les composants en silicium des panneaux solaires photovoltaïques. Deux fabricants, les sociétés Suniva Inc. et SolarWorld Americas ont demandé la mise en place de cette mesure afin de lutter contre l’importation de cellules et modules photovoltaïques à bas coût, en provenance principalement d’entreprises asiatiques. Selon la proposition de l’US Trade representative acceptée par le Président Trump, un droit de 30% s’appliquera aux importations des modules la première année, passant à 25% la seconde année, 20% la troisième année et à 15% la quatrième année. Ces taux sont inférieurs aux recommandations faites à l’automne 2017 par la Commission sur le Commerce international (ITC). Les cellules photovoltaïques seront concernées par le même taux dégressif, mais elles seront exemptées pour les premiers 2,5 GW de capacités importées. La proclamation présidentielle a été signée le 23 janvier. Ces mesures protectionnistes sont critiquées par l’industrie solaire, les ONG environnementales et des think tanks conservateurs qui estiment qu’elles seront nuisibles à la croissance du secteur des installateurs de panneaux solaires et aux emplois, alors que les bénéfices attendus pour les fabricants américains sont faibles. Pour Hugh Bromley, analyste à Bloomberg, les droits de douane augmenteraient de moins de 10% les coûts pour les grandes fermes solaires et de 3% le coût d’un système résidentiel.

La vague de froid de début janvier sur la côte Est a affecté le mix et les prix de l’électricité

La vague de froid ayant affecté la côte Est des États-Unis au début du mois de janvier a entraîné une consommation record de gaz naturel et une hausse des prix du gaz et de l’électricité sur les marchés de gros, selon l’agence d’information sur l’énergie. La congestion du réseau de gaz a conduit les électriciens à basculer leurs installations convertibles au fuel en Nouvelle Angleterre et à dans l’État de New York, et dans une moindre mesure dans le Mid-Atlantic. Les prix de l’électricité à la pointe de consommation le 5 janvier, l’un des jours les plus froids, on atteint 247 dollars/MWh en Nouvelle Angleterre et New York et 262 dollars/MWh dans le Mid-Atlantic, contre 30 à 50 dollars/MWh en moyenne au cours des six semaines précédentes.

Vers la fin du gaz naturel ?

Le gaz naturel « est sur le point de devenir  une relique du passé, et pourrait décliner aussi vite que le vieux King Coal, et peut-être même plus rapidement », estime le 22 janvier Danny Kennedy, directeur du California Clean Energy Fund (CalCEF). Selon lui, plusieurs éléments illustrent « le début de la fin du gaz »: en 2017, un signal important a été donné dans la presse économique à propos de l’arrêt du développement des turbines à gaz chez Siemens et GE ; la performance en bourse de GE a été la plus mauvaise de l’industrie sur le Dow Jones, avec une chute de 45% de son cours ; simultanément, Tesla a tenu son engagement de construire, en Australie en 100 jours seulement,  le plus grand système de stockage sur batterie lithium-ion au monde (100 MW); le fond souverain norvégien et la Banque mondiale ont annoncé leur intention de se retirer des projets gaziers de l’amont ; une décision du 11 janvier du régulateur californien de l’énergie a demandé à la Pacific Gas and Electric Company (PG&E) de recourir à des batteries pour répondre à la pointe de consommation d’électricité plutôt que de mettre en service des centrales à gaz (Greenbiz, 22 janvier).

 Le chiffre de la semaine : 182 MW

Il s’agit de la capacité de l’installation solaire la plus importante au Texas qui devrait voir le jour à l’ouest de l’État, au cœur de l’industrie pétrolière. Les travaux de construction du projet de ferme solaire Midway Solar portés par l’entreprise californienne 174 Power Global Corp viennent de débuter. Cette installation représente un investissement de 260 millions de dollars (San Antonio Express News, 22 janvier).

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