Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-42

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-42

Sommaire

Écologie – Climat

  • L’amendement de Kigali au protocole de Montréal entrera en vigueur en 2019
  • Fuite de l’oléoduc Keystone avant l’autorisation de son extension controversée
  • Un produit fongicide serait responsable de la disparition du bourdon américain

Transport

  • Les transports oubliés par la réforme fiscale américaine ?
  • Tesla lance son camion électrique
  • Un Boeing 757 piraté par le DHS
  • Dysfonctionnements du métro de New York

Énergie

  • Arrivée d’une première cargaison de charbon américain en Pologne
  • Après le récent accord avec la Chine, l’Alaska veut accélérer son projet gazier
  • La mise à l’arrêt des réacteurs nucléaires : un processus coûteux et de long terme

Agenda 

  • 28 novembre : conférence “Can tax reform include a carbon tax?” à la Brookings
  • 29-30 novembre : conférence sur les enjeux liés à la résilience des réseaux électriques à la FERC
  • 5 décembre : Climate Summit for North American Cities à Chicago
  • 7 – 11 janvier 2018: 97ème congrès annuel du Transportation Research Board (TRB) à Washington, DC

Écologie – Climat

L’amendement de Kigali au protocole de Montréal entrera en vigueur en 2019

L’amendement de Kigali au protocole de Montréal sur la réduction des émissions d’hydrofluoro-carbures entrera en vigueur au 1er janvier 2019, après que la Suède a ratifié l’accord le 17 novembre, permettant de franchir le seuil des 20 ֤États prévu par le texte. Les États-Unis ne se sont pas encore prononcés sur sa ratification.

Fuite de l’oléoduc Keystone avant l’autorisation de son extension controversée

Une fuite de l’oléoduc Keystone reliant le Canada aux grandes plaines américaines du Midwest a laissé s’échapper le 16 novembre environ 5 000 barils de pétrole (environ 800 m3) au sud-est de la ville de Amherst dans le Dakota du sud, rapporte le Washington Post. Cet incident n’a pas eu de conséquence sur le régulateur de l’énergie du Nebraska qui a autorisé le 20 novembre un tronçon de l’extension controversée de cet oléoduc dénommé Keystone XL, reliant le Canada au Texas, que la Maison blanche souhaite voir aboutir rapidement. En 2015, Barack Obama avait bloqué les autorisations de cette infrastructure en raison des impacts sur le changement climatique des sables bitumineux canadiens dont le pétrole est extrait, mais le Président Trump était rapidement revenu sur cette décision lors de son inauguration au mois de janvier.

Un produit fongicide serait responsable de la disparition du bourdon américain

Les insecticides et autres produits désherbants ne sont pas les seuls produits chimiques responsables de la disparition du bourdon américain (« US Bumblebee »). Des chercheurs de l’Université de Cornell mettent également en cause le chlorothalonil, une substance utilisée pour ses propriétés fongicides, dans une étude publiée le 15 novembre par The Royal Society Publishing.

Des États restreignent l’utilisation d’herbicides

Le Missouri va restreindre l’utilisation de l’herbicide Engenia produit par BASF SE à la suite de multiples plaintes d’agriculteurs. Selon eux, l’évaporation de ce produit et sa diffusion à partir du lieu de pulvérisation conduit le nuage à dériver vers des terrains voisins où il atteint et contamine d’autres plantations, en particulier lors d’épandages par forte chaleur. Cette mesure survient à la suite de problèmes similaires rencontrés lors de l’utilisation du Dicamba, un autre herbicide. Selon l’Université du Missouri, du Dicamba a ainsi été éparpillé involontairement sur 1,5 million d’hectares de soja au niveau national. L’Arkansas a mis en œuvre une interdiction similaire et le Missouri pourrait l’étendre à d’autres produits de Mosanto Co. et DowDupont Inc. indique Reuters le 17 novembre.

Des remblais à l’origine de cas de pollutions détectées dans les carrières de l’Illinois 

80% des carrières de l’Illinois remblayées avec des déchets de matériaux de construction et de démolitions « propres » connaissent des dépassements de limites de concentration de substances toxiques, indique l’Associated Press le 19 novembre. Le bureau de l’agence de protection de l’environnement de l’Illinois (IEPA) aurait ainsi détecté des concentrations supérieures aux niveaux acceptables concernant l’arsenic, le mercure, le plomb et d’autres métaux lourds, ainsi que des pesticides et composés organiques. L’agence a enjoint les exploitants à n’accepter que des déchets de construction non contaminés. Des discussions sont en cours sur les résultats de ces contrôles et sur les suites à y donner.

Le chiffre de la semaine : 180 Mds $

Il s’agit du montant nécessaire au financement de la rénovation thermique des bâtiments en Californie, afin de contribuer à l’atteinte des objectifs très ambitieux de réduction des émissions de CO2 adoptés par cet État. Or, seuls 4,5 Mds $ ont été engagés au niveau fédéral, selon E&E news qui revient le 21 novembre sur les difficultés de mise en œuvre du programme de rénovation thermique des bâtiments « property-assessed clean energy (PACE». Cette initiative fédérale a vu le jour en Californie en 2007. Dans les États ou les villes ayant adopté une législation relative au programme PACE, les gouvernements émettent des obligations vertes permettant de financer à 100% les travaux de rénovation thermique des particuliers, sans apport initial. Les emprunts sont à bas taux et font l’objet de remboursements étalés sur la durée (entre 5 et 25 ans) via les impôts fonciers. Or la Californie est confrontée à une pénurie de logements et l’industrie du bâtiment estime que l’atteinte des normes d’isolation thermique à haute performance renchérit les coûts de l’immobilier déjà très élevés. Pour E&E news, dans la perspective de l’adoption en 2019 du prochain code de la construction, une solution consisterait à valoriser les travaux de rénovation thermique à l’occasion des transactions immobi-lières par des incitations via les emprunts hypothécaires.

Transport

Les transports oubliés par la réforme fiscale américaine ?

Alors que le projet de réforme fiscale fait l’objet de nombreux débats à la Chambre des Représentants et au Sénat, l’AASHTO (American Association of State Highways and Transportation Officials), qui représente les départements des Transports des Etats fédérés, a saisi les membres du Congrès (lettre du 14 novembre 2017) pour signifier son inquiétude quant à l’absence de perspectives favorables en matière de financement et d’investissement dans les transports aux Etats-Unis. L’AASHTO identifie comme première priorité la nécessaire réforme du Highway Trust Fund (fonds fédéral consacré au financement des infrastructures et services de transport, alimenté par une taxe sur les carburants s’établissant à 18.4 cents/gallon d’essence et 24.4 cents/gallon de gasoil ; le montant de cette taxe n’a pas augmenté depuis 1993, creusant ainsi le déficit du fonds).

Selon The Hill du 20 novembre, le Président Trump dévoilera son plan d’investissement sur les infrastructures après la réforme fiscale.

Tesla lance son camion électrique

Tesla a dévoilé le jeudi 16 novembre son nouveau prototype de camion électrique ‘quasi-autonome’, le Tesla Semi, rapporte le New York Times. Selon Tesla, une pleine charge lui permettrait de parcourir 800 km, pour un coût d’exploitation inférieur à celui d’un camion diesel. Elon Musk annonce un début de production pour la fin 2019. Selon le NY Times, Walmart aurait d’ores et déjà commandé 15 véhicules-test pour ses marchés américains et canadiens.

Un Boeing 757 piraté par le DHS

Un représentant du Department of Homeland Security (DHS) a révélé que l’agence avait été capable de pirater à distance un Boeing 757 au cours d’un test en 2016, selon Business Insider le 17 novembre. L’avion a été piraté via son système de communication radio à l’aéroport d’Atlantic City. Boeing insiste sur le fait que les hackers n’ont pas été capables de prendre le contrôle des systèmes de vol de l’appareil.

Dysfonctionnements du métro de New York

Après une année 2017 marquée par de très nombreux retards, accidents (incendie à bord, déraillements…) et autres dysfonctionnements, le New York Times a publié le 18 novembre dernier une enquête dressant un bilan sévère sur l’origine des piètres performances du réseau métropolitain new-yorkais.

Cette enquête pointe trois raisons principales à la dégradation des performances du service de métro : (i) une réduction drastique des subventions et financements des transports en commun depuis une vingtaine d’années, (ii) une mauvaise gestion financière de la Metropolitan Tranportation Authority (MTA – autorité organisatrice des transports de la métropole), notamment par un sous-investissement dans les infrastructures, le matériel roulant et la signalisation, l’autorité ayant eu tendance à privilégier des investissements visibles et de court terme, (iii) et des accords trop avantageux, conclus par la MTA avec les syndicats, sur les rémunérations, conduisant à limiter la capacité d’investissement de la MTA.

Les journalistes du New York Times rapportent qu’en semaine, la ponctualité moyenne (à 5 minutes) du métro ne dépasse pas 65%, plaçant New York au dernier rang des 20 plus grands réseaux de métro en terme de ponctualité.

Comme l’illustre le graphique ci-après, celle-ci s’est drastiquement dégradée au cours des dix dernières années.

Evolution de la régularité (jours de semaine) entre 2007 et 2017 sur plusieurs lignes du réseau New Yorkais (source : New York Times)

Énergie

Arrivée d’une première cargaison de charbon américain en Pologne

La Pologne devrait recevoir de manière imminente sa toute première livraison de charbon américain et d’autres cargaisons pourraient être livrées au cours des prochains mois indique Reuters le 15 novembre. La Pologne doit compenser une baisse de la production de son entreprise charbonnière nationale PGG qui assure environ 60% de la production.

Après le récent accord avec la Chine, l’Alaska veut accélérer son projet gazier

L’État de l’Alaska presse la Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC) afin d’accélérer l’examen de l’étude d’impact environnemental de son ambitieux projet gazier incluant une unité de traitement du gaz située à Prudhoe Bay, un gazoduc de près de 1 300 km de long allant de la région du North Slope (Nord de l’Alaska) vers la ville côtière de Nikiski (Sud de l’Alaska), et un terminal de liquéfaction, représentant un investissement total de 43 Mds $ pour l’exportation de gaz naturel vers l’Asie. Sinopec, Bank of China et la China Investment Corp. ont signé le 9 novembre un accord (non contraignant) de coopération à l’occasion du récent déplacement du président Trump en Chine. Cet accord intervient après le retrait de ce projet de BP, ExxonMobil et ConocoPhilipps. Au terme de cet accord, 75% du financement proviendrait des acteurs chinois qui bénéficieraient de 75% des capacités de l’infrastructure durant la durée de l’emprunt (Must Read Alaska, 17 novembre 2017).

La mise à l’arrêt des réacteurs nucléaires : un processus coûteux et de long terme

Depuis 2013, six réacteurs nucléaires commerciaux ont été mis à l’arrêt aux États-Unis et huit autres réacteurs devraient être mis à l’arrêt à l’horizon de 2025 indique l’agence d’information sur l’énergie (EIA) le 17 novembre. En 2017, 10 réacteurs commerciaux ont été démantelés et vingt autres installations sont en cours de démantèlement, à différents stades. Le démantèlement du réacteur de Haddam Neck (619 MW) dans le Connecticut, mis à l’arrêt en 1997 a été achevé en 2007, pour un coût total de 893 M$. Plus récemment, la centrale nucléaire Kewaunee (556 MW) dans le Wisconsin a été mise à l’arrêt en 2013. Son exploitant Dominion anticipe un coût total de démantèlement de 1 Md$, et le chantier ne devrait pas être achevé avant 2073, selon l’EIA.

Solaire : vers la mise en place de droits d’importation des cellules photovoltaïques ?

Lors de son discours du 15 novembre à la Maison blanche à la suite de son déplacement en Asie, le Président Trump a indiqué à propos de la Chine que les États-Unis « ne peuvent plus tolérer des pratiques commerciales déloyales qui détruisent les emplois américains, la richesse et la propriété intellectuelle ». Ce commentaire aurait amené la société Suniva à faire part de son optimisme concernant la possible adoption prochaine par le Président de droits de douane sur les importations de technologies solaires, afin de protéger l’industrie américaine (E&E News 20 novembre). Allant dans le même sens, Axios rapporte le 16 novembre les propos du conseiller énergie du Président Trump qui aurait indiqué à la presse à Bonn lors de la COP 23 qu’il est de « l’intérêt national » des États-Unis de maintenir une industrie manufacturière prospère sur le territoire américain. Le 17 novembre, l’U.S. International Trade Commission a publié un rapport détaillant les raisons qui l’avait conduit récemment à préconiser la mise en place de droits de douane. Pour sa part, l’association nationale des régulateurs de l’énergie considère que le renchérissement du coût des panneaux photovoltaïques importés lié à l’adoption de droits de douane constitue une menace pour les consommateurs américains. Le Président Trump doit se prononcer sur ce dossier d’ici le 12 janvier.

Le chiffre de la semaine : 6 500

Il s’agit du nombre de personnes issues de 450 organismes (énergéticiens gaziers et électriciens, gestionnaires de réseaux régionaux, représentants des administrations locales et fédérales, organismes de secours, et agences de renseignement) ayant participé à un vaste exercice de crise « GridEx IV » pour tester la résilience des réseaux électriques, indique RTO insider le 17 novembre.

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