Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-41

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-41

Sommaire

Écologie – Climat

  • COP 23 : à Bonn, l’administration américaine exprime ses priorités…
  • … tandis que les acteurs subfédéraux tentent de démontrer leur mobilisation
  • L’arbre à suif chinois menace les forêts de la Floride au Texas

Transport

  • Les états du Nord-Est envisagent une politique régionale de maîtrise des émissions carbone du secteur transport
  • Vers une évolution de la législation sur l’utilisation des drones aériens
  • Des véhicules autonomes sans chauffeur à Phoenix
  • Nashville souhaite investir massivement dans les transports en commun

Énergie

  • Les USA sur le point de devenir premiers exportateurs au monde de pétrole et de gaz
  • Lancement de l’U.S. Gas Infrastructure export initiative
  • Dans l’Ohio, Amazon sollicite une baisse des tarifs d’électricité en contrepartie de nouvelles implantations

Agenda

  • 5 décembre : Climate Summit for North American Cities à Chicago
  • 7 – 11 janvier 2018: 97ème congrès annuel du Transportation Research Board (TRB) à Washington, DC

Écologie – Climat

COP 23 : à Bonn, l’administration américaine exprime ses priorités…

Les États-Unis participent à la COP 23 à Bonn du 6 au 17 novembre. Le département d’État (DoS) est chef de file de la délégation américaine et est représenté par Mme Judith Garber, Directrice adjointe par intérim du DoS pour les océans, les affaires internationales, environnementales et scientifiques, durant le segment de haut niveau. Comme le rappelle un communiqué du 14 novembre du DoS, « la position de l’administration américaine sur l’accord de Paris demeure inchangée. Les États-Unis ont l’intention de se retirer de l’Accord de Paris dès qu’ils seront en capacité d’opérer ce retrait, à moins que le Président n’identifie les conditions d’un ré- engagement plus favorable pour l’économie, les travailleurs et les contribuables américains. Les États-Unis restent partie à la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique et participent aux négociations en cours dans le cadre de cette convention et de l’accord de Paris, afin de garantir des conditions équitables qui profitent et protègent les intérêts américains ». Par ailleurs, « nous souhaitons prévenir tout risque de “bifurcation” qui aboutirait à des règles différentes [ndlr : en termes de mécanisme de transparence et de reporting] entre les nations industrialisées d’une part, et la Chine, l’Inde et d’autres pays en développement fortement émetteurs, d’autre part », a déclaré à la presse Dave Banks, conseiller international pour l’énergie et pour les affaires environnementales de la Maison blanche (Bgov, 15 novembre 2017).

… tandis que les acteurs subfédéraux tentent de démontrer leur mobilisation

Jerry Brown, Gouverneur de Californie et Conseiller spécial pour les États et régions de la COP23 ainsi que Michael Bloomberg, Envoyé spécial du Secrétariat Général des Nations Unies pour les villes et le changement climatique ont présenté le 11 novembre à Bonn un premier rapport de l’initiative « America’s Pledge » sur l’engagement climatique des acteurs subfédéraux américains. Le rapport entend démontrer l’engagement croissant de ces acteurs qui représenteraient désormais plus de 50% de l’économie américaine. Ils mettent en œuvre des actions concrètes pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (adoption de véhicules zéro émissions, rénovation thermique des bâtiments, développement des énergies renouvelables et d’autres technologies bas carbone). Selon le rapport, il ne peut cependant être garanti à ce stade que cette mobilisation soit suffisante pour atteindre les engagements américains de 2025. Aussi, un rapport complémentaire à paraître en 2018 proposera des recommandations pour augmenter les effets de cette mobilisation.

Le réchauffement climatique augmente le risque de précipitations de forte intensité

Le risque d’un nouvel événement pluvieux de forte intensité du type de celui qui a suivi l’ouragan Harvey au Texas augmente du fait du changement climatique, selon une étude du 13 novembre de l’Université de Princeton publiée dans les Proceedings de l’Académie nationale des sciences. La probabilité d’un événement de ce type (500 mm de précipitations cumulées sur une surface étendue du Texas) a été multiplié par six dans les vingt-cinq dernières années selon cette étude, et devrait augmenter à mesure que la planète se réchauffe. Selon les auteurs, ces résultats soulignent l’importance de mieux prendre en compte les effets du changement climatique dans la planification urbaine, la gestion des eaux pluviales et des zones inondables indique l’AP.

L’arbre à suif chinois menace les forêts de la Floride au Texas

Une plante invasive à feuilles toxiques, l’arbre à suif chinois (« the tallow tree »), se propage dans le Sud des États-Unis, rapporte l’Associated Press du 14 novembre. Cet arbre connaît une croissance trois fois plus importante que la plupart des espèces domestiques et menace les forêts de la Floride au Texas. Certains scientifiques envisagent de lutter contre cette invasion au moyen de coléoptères (Bikasha collaris) de la famille des Chrysomelidae en provenance de Chine, tout en étant conscients des risques et limites de ce remède. La solution pourrait être testée en 2018, sous réserve de l’approbation du département de l’Agriculture.

Le chiffre de la semaine : 50 M$

Il s’agit du montant alloué le 9 novembre par Bloomberg Philanthropies pour lutter au niveau international contre la dépendance au charbon. Bloomberg Philanthropies, dans le cadre d’un partenariat avec la European Climate Foundation (ECF), soutiendra les efforts des organisations qui militent pour la réduction du charbon dans la production électrique en Europe. Ce financement fait suite à une enveloppe complémentaire de 64 M$ attribuée récemment à la campagne Beyond the Coal poursuivant le même but aux États-Unis.

Transport

Les états du Nord-Est envisagent une politique régionale de maîtrise des émissions carbone du secteur Transport

A l’occasion de la conférence sur le changement climatique de Bonn (COP23), sept Etats du nord-est et du centre-Atlantique des Etats-Unis (Connecticut, Delaware, Maryland, Massachusetts, New York, Rhode Island et Vermont) et le District de Columbia ont annoncé leur intention d’élaborer une politique régionale visant à réduire les émissions de carbone dans le secteur des transports. L’initiative a été saluée par plusieurs organisations environnementales et scientifiques américaines.

Ces États pourraient adopter un programme s’appuyant sur un marché de permis d’émissions de carbone, dispositif déjà expérimenté depuis 2008 par ces mêmes états pour la régulation des émissions des centrales électriques (Regional Greenhouse Gas Initiative – RGGI). Un tel modèle permettrait d’accroître les ressources financières et les incitations favorables aux véhicules électriques, aux transports collectifs, au covoiturage et autres modes actifs. Le Natural Ressources Defense Council (NDRC) estime qu’une telle approche pourrait permettre de réduire les émissions carbone liées au transport de 40% d’ici 2030.

Vers une évolution de la législation sur l’utilisation des drones aériens

La secrétaire américaine aux Transport, Elaine L.Chao, a présenté début novembre les détails d’un Programme Pilote d’Intégration des Drones (Drone Integration Pilot Program) dans l’espace aérien amériain, faisant suite une directive du Président Trump demandant d’engager rapidement un programme expérimental pour l’utilisation des drones, sous la supervision de la FAA (Federal Aviation Administration).

«Le programme pilote sur les Drones accélérera l’intégration en toute sécurité des drones dans notre espace aérien en créant de nouveaux partenariats entre les gouvernements locaux, la FAA et les opérateurs privés de drones», a déclaré le secrétaire Chao. « Ces partenariats permettront aux collectivités locales d’expérimenter de nouvelles technologies telles que les livraisons de colis par drones, les inspections d’urgence, et bien davantage, dans des conditions qui leur conviennent, et de manière à favoriser un espace aérien sûr et unifié ».

Le programme devrait permettre, selon la déclaration officielle, de relever le défi de l’intégration des drones dans l’espace aérien national tout en réduisant les risques pour la sûreté et la sécurité publiques, et de stabiliser le cadre juridique et réglementaire pour les opérateurs et les gouvernements locaux. L’administration fédérale, s’appuyant sur les conclusions d’une étude d’impact économique établie en 2013, estime que le bénéfice économique pourrait atteindre 82 Md$ sur 10 ans, et créer 100 000 emplois.

Taxi driver

Waymo (filiale de Alphabet Inc, ayant pris la suite de Google Self-Driving Car Project) a annoncé qu’il allait prochainement proposer un service ‘de type’ VTC sans chauffeur…

Depuis quelques temps déjà, des vans entièrement autonomes et sans chauffeur circulent dans la région de Phoenix, Arizona, avec des passagers volontaires, dans la perspective du lancement prochain d’un service de VTC autonomes. Waymo a déclaré sur un blog : «Après plus de huit ans de développement, nous franchissons une nouvelle étape vers le développement d’une technologie entièrement autonome. Dès à présent, les véhicules entièrement autonomes de Waymo […] sont testés sur les routes ouvertes à la circulation, sans personne à la place du conducteur ». La société a annoncé qu’un partenariat avait été conclu avec Lyft, sans en dévoiler les détails.

Le chiffre de la semaine : 5.2 Mds $

Le Maire de Nashville, Megan Barry, propose à ses administrés d’engager le programme d’investissement dans les transports en commun le plus ambitieux de l’histoire de la métropole. Ce programme, estimé à de 5.2 Md$, inclut notamment un projet de 41 km de nouvelles lignes de tramway (light rail), 4 lignes de bus à haut niveau de service, et une augmentation de l’offre et des fréquences sur le réseau de bus préexistant. Le Maire propose de financer son programme à travers l’augmentation des impôts et des taxes. Le projet sera soumis à l’approbation des électeurs lors des élections du comté de mai 2018.

Énergie

Les USA sur le point de devenir premiers exportateurs au monde de pétrole et de gaz

Les États-Unis sont sur le point de devenir leader mondial en matière de production de pétrole et gaz, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) cité le 14 novembre par l’AP. L’agence estime que le pétrole et le gaz resteront des sources majeures d’énergie au cours des prochaines décennies, malgré la baisse du coût des énergies solaires, de l’augmentation du nombre de véhicules électriques et de la prise de conscience croissante relative au changement climatique. Les États-Unis seront premier pays exportateur de pétrole et de gaz d’ici la fin de la prochaine décennie, estime l’AIE.

Lancement de l’U.S. Gas Infrastructure export initiative

L’agence du commerce et du développement (USTDA) et l’industrie gazière américaine annoncent le lancement le 17 novembre de l’U.S. Gas Infrastructure Exports Initiative afin de faire profiter les entreprises américaines des opportunités d’exportation sur l’ensemble de la chaîne de valeur du gaz dans les économies émergentes. Il s’agit de faciliter le développement d’infrastructures gazières dans les pays partenaires, en faisant bénéficier les promoteurs de ces projets de l’expertise, des technologies, équipements et solutions américaines.

Une Commission du Sénat vote pour les forages d’hydrocarbures en Alaska

La commission de l’énergie et des ressources naturelles du Sénat a approuvé le 15 novembre par 13 voix contre 10 un projet de loi porté par la sénatrice Lisa Murkowski (R-Alaska) ouvrant une partie de la réserve nationale de la faune sauvage de l’État de l’Alaska (Arctic National Wildlife Refuge – ANWR) aux forages pétroliers et gaziers. Les démocrates de la commission se sont très majoritairement opposés à cette législation, alors que les républicains ont voté pour. Un amendement du sénateur Bernie Sanders pour promouvoir davantage les énergies renouvelables plutôt que les énergies fossiles a été rejeté. Le Natural Resources Defence Council et l’Alaska Wilderness League considèrent que les développements énergétiques envisagés auront un impact important sur la plaine côtière de l’ANWR (KTUU, 15 Novembre 2017).

Dans l’Ohio, Amazon sollicite une baisse des tarifs d’électricité en contrepartie de nouvelles implantations     

Amazon, via sa filiale Vadata inc., souhaite réduire les coûts opérationnels de ses data centers et sollicite les autorités de l’Ohio afin de bénéficier d’une baisse sur les tarifs de l’électricité pour les 12 prochains data centers qu’il pourrait construire dans cet État où il exploite déjà trois centres. En l’absence de réponse positive, Amazon menace de s’implanter dans un autre État. Amazon souhaite également s’approvisionner auprès d’un autre fournisseur qu’AEP, l’un des énergéticiens historiques de l’Ohio, tout en utilisant ses infrastructures de transport. Amazon met en avant les retombées économiques et en termes d’emplois pour la région, mais les autres consommateurs s’inquiètent d’une possible hausse de leur facture d’électricité pour compenser un éventuel rabais qui serait offert à Amazon. L’Ohio est un État dérégulé où le marché de l’électricité est ouvert à la concurrence. (Colombus Business First, 10 novembre).

Le chiffre de la semaine : 84 Mds $

Il s’agit du montant des investissements de la China Energy Investment Corp. dans la production d’électricité, de produits chimiques, et le stockage souterrain de gaz de pétrole liquéfié et dérivés en Virginie occidentale, annoncés à l’occasion du déplacement du président Trump en Chine, selon le Washington Post du 14 novembre. Les USA et la Chine n’ont toutefois pas signé de contrat, précise le Post, mais uniquement un protocole d’accord non contraignant. Par ailleurs, le voyage du président Donald Trump en Asie a été l’occasion de consolider des accords de fourniture de gaz naturel américain vers la Chine indiquait CNBC le 8 novembre. Les expéditions américaines de gaz naturel liquéfié (GNL) vers la Chine augmentent en 2017 par rapport à l’année passée selon CNBC, mais les entreprises américaines n’ont pas davantage signé de contrats de long terme avec les acheteurs chinois. Les États-Unis sont confrontés à une forte concurrence avec le Qatar, la Malaisie et l’Australie, qui dominent les ventes de GNL sur les marchés mondiaux, ainsi qu’avec la Russie qui alimente la Chine par gazoducs.

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