Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-24

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-24

Sommaire

Écologie – Climat

  • Au G7 de Bologne, les USA se désolidarisent de leurs partenaires sur le climat
  • L’administrateur de l’EPA défend son projet de budget pour l’année fiscale 2018
  • Le retrait des USA de l’accord de Paris continue à alimenter les discussions

Énergie

  • Le Sénat adopte de nouvelles sanctions contre la Russie dans le secteur de l’énergie
  • De l’indépendance énergétique à la « dominance énergétique »
  • Total voit son avenir dans l’électricité

 

Agenda

  • 21 juin : conférence  » Addressing Climate Change Through Innovation » à l’occasion de l’“EU Diplomacy Day” au Carnegie Endowment for International Peace
  • 22 juin : conférence “Reliability Technical Conference regarding the Bulk-Power System» à la FERC

Écologie – Climat

Au G7 de Bologne, les USA se désolidarisent de leurs partenaires sur le climat

Les ministres représentant le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et l’Union européenne ont réaffirmé leur «fort engagement envers la mise en œuvre rapide et efficace de l’Accord de Paris» dans le cadre d’un communiqué élaboré à la suite de leur réunion des 11 et 12 juin à Bologne (Italie). L’administrateur de l’agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, n’a été présent que le 11 juin. Les États-Unis ont refusé de s’associer aux sections du communiqué relatives au changement climatique, aux banques multilatérales de développement et au soutien à la mise en œuvre des promesses de financement de la lutte contre le changement climatique. Le message de Scott Pruitt à ses homologues insistait sur la priorité des USA donnée à la croissance économique et à la protection de l’environnement. Les États-Unis ont toutefois adhéré aux conclusions du G7 relatives aux objectifs de développement durable liés au climat.

 

L’administrateur de l’EPA défend son projet de budget pour l’année fiscale 2018

Scott Pruitt était auditionné le 14 juin par la sous-commission de la Chambre des représentants en charge de l’allocation des crédits dans le secteur de l’environnement. Il a défendu les réductions budgétaires souhaitées par la Maison blanche pour son agence (-31%, -2,6 Mds$), et plus particulièrement sur de nombreux programmes liés à l’écologie. Scott Pruitt a maintenu que les missions de base de l’EPA pourraient être menées même avec d’importantes réductions budgétaires, en utilisant une gestion plus efficientes des ressources. De nombreux représentants, comme Tom Cole (R-OK) et Mark Amodei (R-NV), ont assuré Scott Pruitt qu’il serait le premier administrateur de l’EPA à se voir allouer un budget supérieur à sa demande. Ils ont également rappelé que le Congrès avait tout pouvoir sur le budget final de l’Agence de Protection de l’Environnement.

Le retrait des USA de l’accord de Paris continue à alimenter les discussions

Lors d’une audition le 13 juin devant la Commission des affaires étrangères du Sénat, Rex Tillerson, Secrétaire du département d’État a déclaré respecter la décision du président d’initier le retrait des USA de l’accord de Paris. Il a cependant indiqué que sa position personnelle n’avait pas changée et qu’il soutenait toujours l’accord. Rex Tillerson n’avait pas assisté au discours du 1er juin du Président dans le Rose Garden de la maison blanche. Rick Perry, Secrétaire du département de l’énergie a au contraire réaffirmé son soutien à la décision du président lors d’une réunion des ministres le 12 juin à la Maison Blanche [vidéo à 13:45] ; il y rendait compte de son récent déplacement à Pékin où il a pu expliquer à ses homologues les raisons du retrait américain lors de la Clean energy ministerial conference. Au niveau des États fédérés, le Gouverneur de Californie, Jerry Brown, a été nommé Conseiller spécial à l’ONU pour les États et les régions par la présidence de la COP23 le 13 juin. Terry McAuliffe, gouverneur démocrate de la Virginie a indiqué dans un éditorial du 9 juin du Washington Post que le changement climatique pose une menace sérieuse pour son État. Il a rejoint la coalition « We are Still In » et vient de signer un décret exécutif visant à mettre en place un système d’échange de quotas de CO2 pour limiter les émissions du secteur de la production électrique. Enfin, le chef économiste de BP a estimé le 13 juin lors de la présentation annuelle de la Statistical Review of World Energy que le départ des USA n’aura pas d’impact significatif sur la baisse des émissions mondiales de CO2. Selon lui, le gaz naturel continue à remplacer le charbon aux USA et les réductions les plus importantes ont lieu dans les pays en développement.

Un projet de loi bipartisan pour combattre les déchets en mer

Les co présidents de la commission de la Chambre des représentants sur les océans ont déposé un projet de loi H.R. 2748 destiné à soutenir les actions au niveau fédéral, des États et gouvernements locaux pour réduire les flux de déchets déversés dans les océans. Ce texte rétablirait jusqu’en 2022 les crédits du programme de lutte contre les déchets marins de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA).

Le chiffre de la semaine : 2/3

Il s’agit de la part des Américains qui pensent que les États fédérés devraient prendre des mesures de lutte contre le changement climatique en l’absence de leadership fédéral, selon un sondage de l’université du Michigan réalisé juste avant l’annonce du retrait américain de l’Accord de Paris. Un autre sondage réalisé du 8 au 11 juin par « l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research » révèle que moins d’un tiers des Américains soutiennent la décision de retrait de l’Accord de Paris.

Énergie

Le Sénat adopte de nouvelles sanctions contre la Russie dans le secteur de l’énergie

Le Sénat a voté le 14 juin par 97 voix contre 2, un amendement n°232 au projet de loi S. 722 sur l’Iran, permettant au Président des États-Unis de sanctionner les sociétés qui investissent dans la construction par la Russie d’infrastructures destinées à l’exportation d’hydrocarbures. Cette décision a suscité de vives réactions de l’Allemagne et de l’Autriche qui y voient une mesure de défense des intérêts économiques américains, rapporte un article du 16 juin du New York Post. Selon Reuters, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a demandé pour sa part aux États-Unis de se coordonner avec leurs alliés européens et les membres du G7 avant d’adopter de telles mesures. Ce vote intervient dans le contexte de suspicions d’une ingérence russe lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Le projet de loi a été transmis à la Chambre. Certains représentants s’interrogent sur la constitutionnalité de l’amendement.

De l’indépendance énergétique à la « dominance énergétique »

Depuis plusieurs semaines, les discours des membres de l’administration Trump relatifs à la politique énergétique mentionnent le concept de « dominance énergétique », en substitution à la notion d’indépendance énergétique. Le terme  « indépendance » a été utilisé durant plusieurs décennies, en référence à la volonté des États-Unis de réduire leurs importations d’énergies. Le Secrétaire à l’Energie, Rick Perry, a été le premier à utiliser le terme de « dominance », suivi par le Secrétaire de l’Intérieur Ryan Zinke dans son dernier discours à la Chambre des représentants ou encore lors de la réunion du conseil des ministres du 12 juin à la Maison blanche [voir la vidéo à          16 : 35] . Il témoigne de la volonté du Président Trump d’instaurer une stratégie économique et une politique extérieure dans l’intérêt exclusif des États-Unis.

 

Total voit son avenir dans l’électricité

Le Wall Street Journal du 13 juin évoque les projets de mutation des activités de Total qui, pour palier le déclin annoncé de la part des hydrocarbures dans le mix énergétique, envisage de produire et de vendre de l’électricité, « l’énergie du XXIe siècle », selon le président du Groupe Patrick Pouyanné.

Alaska : des milliers puits laissés à l’abandon

L’Alaska Oil and Gas Conservation Commission demande aux compagnies pétrolières et gazières de retirer les puits abandonnés qui se multiplient dans tout l’État, au titre de la sauvegarde de l’environnement. Il y a actuellement 725 puits inutilisés depuis plus d’un an qui n’ont pas été fermés selon les règles, soit 516 de plus qu’en 2007. Le coût de la fermeture définitive est très variable, de 100 000 $ à plusieurs millions de dollars selon le puit et son emplacement.

La part d’électricité solaire et éolienne atteint 10% pour la première fois en mars

L’US Energy Information Administration (EIA) rapporte le 14 juin dans son relevé mensuel sur le mix énergétique, que la part des énergies solaire et éolienne a atteint 10% de la production électrique nationale durant le mois de mars. C’est la première fois que cette part est aussi importante. En comparaison, la part annuelle du solaire et de l’éolien était de 7% en 2016. La production issue de ces énergies renouvelables représentait plus de 37% de l’électricité générée dans l’Iowa en 2016 et génère actuellement plus de 10% de la production électrique dans une dizaine d’États.

Le chiffre de la semaine : 2.9 milliards $

C’est le montant des pertes annuelles de 34 centrales nucléaires américaines sur les 61 que compte le pays, rapporte une analyse du 14 juin de Bloomberg New Energy Finance. Ces centrales appartiennent pour la plupart à Exelon Corp., Energy Corp. et First Energy Corp. Le secteur nucléaire est mis à mal par l’abondance de gaz naturel à bas coût et du développement des énergies renouvelables sur le marché de l’énergie.

 

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