Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-21

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2017-21

Sommaire

Écologie – Climat

  • Le sommet du G7 prend acte de l’absence de consensus avec les États-Unis sur le climat
  • La Maison blanche veut fortement réduire les dépenses liées à l’environnement et au climat en 2018
  • Pesticides : une étude questionne l’efficacité des traitements du maïs

Aviation Civile

  • Record prévu de fréquentation pour les compagnies aériennes américaines

Transports

  • Proposition budgétaire présidentielle pour les transports
  • L’étalement urbain : risque de renvoi à la frontière pour les immigrants
  • Investissement des villes dans les transports et les infrastructures

Énergie

  • La Maison blanche entend aussi baisser les crédits dans le domaine de l’énergie en 2018
  • Émergence de la concurrence européenne dans la fabrication de batteries lithium-ion
  • L’administration Trump mettra en œuvre des normes d’efficacité énergétique adoptées sous l’administration Obama

Agenda

  • 5 – 9 juin : conférence de haut niveau des Nations-Unies sur l’objectif de développement durable 14 (Océans) à New-York
  • 15 – 16 juin : conférence du réseau Safe Ocean Network sur la lutte contre la pêche illégale, organisée par le département d’État à Washington DC

Écologie – Climat

Le sommet du G7 prend acte de l’absence de consensus avec les États-Unis sur le climat

Le 27 mai, à l’issue du Sommet de Taormine en Sicile, les leaders du G7 ont noté dans le communiqué final « le processus de révision en cours des politiques de lutte contre le changement climatique des États-Unis et sur l’Accord de Paris, et qu’[ils] ne sont pas en mesure de rejoindre le consensus sur ces sujets. Comprenant cette démarche, les chefs d’État et de gouvernement du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni ainsi que les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne ont réaffirmé leur forte détermination à mettre en œuvre rapidement l’Accord de Paris, comme ils s’y étaient engagés précédemment lors du Sommet de Ise-Shima ». Le 25 mai, lors de son entretien avec Donald Trump, le Président de la République lui a demandé de ne pas prendre une décision précipitée concernant le sort réservé à l’Accord de Paris, alors que depuis Washington, 22 sénateurs Républicains à l’initiative du Sénateur Jim Inhofe (R-Okla) ont exhorté le président à se retirer de l’Accord. « Donald Trump s’efforce de comprendre la vision européenne sur le changement climatique », a déclaré pour sa part à Bloomberg son principal conseiller économique Gary Cohn, suggérant que « le président américain est sensible à la réaction diplomatique qu’il rencontrerait en cas de sortie de l’Accord de Paris ».

La Maison blanche veut fortement réduire les dépenses liées à l’environnement et au climat en 2018

La Maison blanche a publié le 23 mai une proposition de budget détaillée au titre de l’année fiscale 2018. Ce budget sous-titré « A New Foundation For American Greatness » supprime     54 Md$ de dépenses non liées à la défense. Les budgets consacrés à la lutte contre le changement climatique seraient fortement impactés (-1 590 M$) avec l’arrêt des financements du Fonds vert pour le climat, de l’aide bilatérale du département d’État et d’USAID concernant le changement climatique. Le budget prévoit aussi la suppression de l’ensemble du financement de l’Agence nationale océanographique et atmosphérique du département du Commerce consacré à la gestion de la mer et du littoral (-100%, -262M$). Enfin, le budget de l’agence de protection de l’environnement serait réduit de 31% avec un impact sur les programmes de contrôle du respect de la réglementation environnementale (-23%, -129 M$), sur le financement de la protection de divers écosystèmes (Grands Lacs, Baie de Chesapeake, détroit de Puget, …), le financement d’activités de recherche et développement (-48%, -234 M$), et sur le programme de dépollution Superfund (-30%, -330 M$). Ce projet de budget confirme les orientations annoncées en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique lors de la présentation par la Maison blanche de ses grandes lignes au mois de mars (« skinny budget »). Il doit être considéré à titre indicatif ou de recommandation pour le Congrès qui va à présent l’examiner. Le budget voté par le Congrès sera sans doute très différent.

La Californie résiste à Washington

Un article du New York Times paru le 23 mai évoque les actions de la Californie qui s’érige en modèle pour les autres États fédérés et d’autres nations dans le monde pour lutter contre le changement climatique face au pouvoir de Washington.

Pour des produits conservateurs plus sûrs

Les conservateurs utilisés pour prévenir la croissance microbienne dans divers produits de consommation peuvent être à l’origine d’allergies cutanées ou de toxicité aquatique. Toutefois, les informations sur cette classe de substances ne sont pas assez largement partagées, selon un rapport du 24 mai de l’Environmental Defence Fund.

Pesticides : une étude questionne l’efficacité des traitements du maïs

Le Center for food safety considère dans un rapport publié le 22 mai que les néonicotinoïdes utilisés pour la plupart des cultures de maïs aux États-Unis peuvent parfois diminuer leurs rendements en éliminant des insectes bénéfiques. Les ravageurs que les produits chimiques sont censés combattre apparaissent en début de saison précoce et ne sont généralement qu’un problème sporadique dans les fermes selon cette étude.

Le chiffre de la semaine : 500 M$

Il s’agit des revenus pour la Californie de l’enchère de quotas d’émissions de CO2 du 16 mai qui ont permis d’allouer tous les crédits offerts pour couvrir les émissions de 2017. Selon certains analystes, ces bons résultats peuvent s’expliquer par la récente résolution d’un contentieux juridique contre ce système et encouragent la Californie à poursuivre ses efforts au-delà de 2020. L’enchère précédente de février n’avait permis d’allouer aucun quota.

Aviation Civile

Record prévu de fréquentation pour les compagnies aériennes américaines

D’après Politico, Airlines for America, association des compagnies aériennes, prévoit que le nombre de voyageurs à bord de compagnies commerciales américaines augmentera de 4% cet été comparé à l’été dernier. 234 millions de personnes devraient emprunter des vols américains, du 1er juin au 31 août, un record pour le secteur. Les facteurs de croissance, selon le vice-président et chef économique du groupe, sont l’augmentation du PIB américain, une économie en amélioration, une consommation à un niveau élevé et des taxes faibles sur les vols.

Le chiffre de la semaine : 1,3 Mds$

D’après Politico, alors que l’industrie aérienne et les compagnies attendent la décision de l’extension de l’electronic ban (interdiction d’appareils électroniques en cabine) aux aéroports européens, la Global Business Travel Association (GBTA) prévoit, si l’extension est adoptée, une perte de plus de 1,3 Mds$ dans la consommation liée au voyage aérien pour 2017.

Elle s’inquiète des effets cumulatifs de différentes décisions du président Trump, notamment ses tentatives d’imposer l’immigration ban, ce qui transmettrait le message d’un pays fermé aux affaires. La GBTA envisage notamment des réductions de dépenses pour les hôtels, la nourriture, les locations de voiture et le shopping, incluant une chute de 250 millions$ de consommation pour les voyageurs d’affaires du Moyen Orient et d’Europe. Pire, l’association craint un impact à long terme, alors que les compagnies envisagent déjà d’organiser leurs meetings et évènements dans d’autres pays.

Transports Maritimes et Terrestres

Proposition budgétaire présidentielle pour les transports

D’après Politico, le président propose pour l’année fiscale 2018 une diminution de 13% du budget total du ministère des transports, alors qu’une nouvelle catégorie de dépenses intitulée « soutenir 1 000 Mds$ d’investissement public et privé dans les infrastructures » concentre 200 Mds$ de dépense publique directe pour le plan d’infrastructures. La proposition budgétaire prône aussi la séparation des activités de contrôle du trafic aérien de la FAA (Federal Aviation Administration), l’extension des péages sur les routes inter-Etats et une extension du programme TIFIA (Transportation Infrastructure Finance and Inovation Act) qui soutient des projets d’envergure nationale ou régionale par une assistance au crédit.

Mais elle réalise de nombreuses coupes budgétaires: 1 Mds$ pour les subventions de transport en commun New Starts, les subventions du programme TIGER (programme de soutien à des projets innovants et multimodaux) et du programme Essential Air Service (qui garantissait aux petites communautés le maintien d’un service commercial), ainsi que des suppressions majeures pour la compagnie ferroviaire publique Amtrak. L’administration veut aussi réviser le programme de subventions des voies navigables et augmenter les redevances des usagers pour la navigation commerciale. La proposition du président Trump réduirait enfin le personnel de la TSA (département de la sécurité du ministère des transports) aux sorties des aéroports et le nombre de brigades canines anti-explosifs de 31 à 8, et elle devrait compléter uniquement un poste vacant sur 2. Le budget du président Trump appelle à augmenter les redevances des usagers pour la sécurité de 5,60 $ par voyage à 6,60$, alors que les dépenses des douanes devraient se concentrer sur la frontière avec le Mexique. La Maison blanche veut aussi supprimer le programme BrandUSA, qui promeut les voyages à destination des Etats Unis. Enfin, avec la proposition du président Trump, le Corps d’armée des ingénieurs verrait son budget diminuer de 16%.

L’étalement urbain : risque de renvoi à la frontière pour les immigrants

Les immigrants, clandestins ou non, sont de plus en plus nombreux à vivre dans les métropoles étalées de la Sun Belt et dans leurs banlieues. Ils doivent donc s’appuyer sur leur voiture pour se rendre au travail et à leurs activités. Mais de nombreux Etats n’autorisent pas les migrants clandestins à obtenir leur permis de conduire. Ceux-ci ont donc le choix entre un très long déplacement pendulaire en transport en commun, ou la conduite sans permis ce qui, outre les fortes amendes voire des peines de prison, pourrait provoquer leur renvoi du territoire. En 2010, 4 millions de sans-papiers conduisaient sans permis. Et même dans les Etats qui autorisent le permis de conduire pour les immigrants clandestins, en cas de contrôle routier qui est 4 fois plus probable pour les hispaniques ou les non-blancs que la moyenne en Californie par exemple, et si les clandestins n’ont pas payé leurs amendes précédentes faute de moyens, leurs empreintes digitales seront transmises aux services d’immigration qui les traqueront.

Investissement des villes dans les transports et les infrastructures

Selon Politico, alors que les villes continuent à se remettre de la récession, elles peuvent maintenant se permettre de dédier des moyens financiers aux infrastructures, selon le rapport de la National League of Cities, groupe d’intérêt qui représente     19 000 villes. Elles investissent dans l’expansion des réseaux de transport en commun, dans des réparations, de la maintenance et des installations locales. Les maires se concentrent spécialement sur les modes doux, en incluant des systèmes de partage de vélos. Le rapport a observé que 43% des discours annuels des maires en 2017 évoquaient significativement le sujet des infrastructures.

Suppression des restrictions des vols touristiques vers Cuba ?

Selon Politico, un groupe bipartisan de 55 sénateurs a réintroduit un projet de loi qui éliminerait les restrictions pour les touristes américains de voyager vers Cuba, contre 8 sénateurs pour sa 1ère version. Cette version du projet de loi arrive alors que le secteur touristique attend la décision du président Trump sur sa politique à venir à propos de Cuba : poursuite de la politique Obama sur une ouverture diplomatique et des liens de voyage avec Cuba, ou retour à une ligne plus dure contre le gouvernement cubain ?

Le chiffre de la semaine : 20 Mds$

D’après Politico, le président Trump a rencontré des dignitaires d’Arabie Saoudite les 20 et 21 mai, et a obtenu pour la compagnie d’investissement Blackstone (dont le PDG est un conseiller de Trump) une promesse d’investissement de 20 Mds$ pour les infrastructures américaines, sur les 100 Mds$ que la compagnie prévoit d’investir dans les Etats Unis.

Énergie

La Maison blanche entend baisser les crédits dans le domaine de l’énergie en 2018

Dans sa demande de budget détaillée au titre de 2018, le Président Trump prévoit également des réductions budgétaires dans le secteur de l’énergie. Bien que d’ampleur plus faible que la baisse de 31% prévue pour l’Agence de protection de l’environnement, le budget du département de l’Énergie serait réduit de 5,6%. Elle impacterait la réduction des financements de programmes de recherche appliquée et de R&D dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, fossiles et nucléaire                            (-57%, – 2 154 M$). Dans ce cadre, le dispositif d’aide à la rénovation thermique pour les familles à faibles revenus « Weatherization Assistance Program » serait supprimé. La Maison blanche demande aussi l’arrêt du projet MOX de Savannah River (Caroline du Sud) et la recherche d’une méthode alternative de retraitement du plutonium, ainsi que la réduction des dépenses pour le programme scientifique lié à la fusion        (-18.4%). Par ailleurs, le budget prévoit une diminution de moitié des réserves stratégiques de pétrole, et la cession des actifs de transport de quatre agences chargées de la commercialisation de l’électricité produite par des centrales hydroélectriques fédérales. En outre, la suppression du programme de lutte contre la précarité énergétique (LIHEAP) impacterait les aides accordées à 6.7 millions de familles à faibles revenus pour payer leurs factures d’énergie, selon un article du Center for American Progress (23 mai 2017). Ce projet n’est qu’indicatif pour le Congrès qui pourrait voter un budget très différent.

Émergence de la concurrence européenne dans la fabrication de batteries lithium-ion

Des entreprises européennes se lancent à leur tour dans la construction de la plus grande usine de production de batterie lithium-ion face à Tesla, indique Bloomberg le 22 mai 2017. La German Automaker Daimler AG démarre un projet de construction d’usine en Europe pour un montant de 543 millions de dollars. Les analystes prévoient une forte réduction des coûts de production de ces batteries dans un futur proche. Cette baisse des coûts ouvre la voie vers de nouvelles générations de véhicules électriques.

Des chercheurs proposent d’utiliser d’anciennes mines pour stocker de l’énergie

Les mines de charbon abandonnées pourraient jouer un rôle important dans le futur pour le stockage de l’électricité. Des chercheurs américains, allemands et anglais proposent en effet que d’anciennes mines soient transformées en installations de stockage hydroélectriques. L’idée est de remplir les mines d’eau et de la pomper, en utilisant de l’électricité issue de sources d’énergies renouvelables, vers en réservoir en surface. L’eau stockée serait alors réinjectée dans la mine, en cas de besoin énergétique, après avoir été turbinée par des groupes hydroélectriques. Les chercheurs estiment qu’à grande échelle cette technologie pourrait concurrencer les batteries lithium-ion, indique un article de Bloomberg du 24 mai 2017.

L’administration Trump mettra en œuvre des normes d’efficacité énergétique adoptées sous l’administration Obama

A la suite d’un examen juridique, l’administration Trump a décidé de ne pas s’opposer à la mise en œuvre de trois normes d’efficacité énergétique adoptées par l’administration Obama avant son départ, indique le 25 mai The Hill. Elles s’appliqueront à partir de 2019 à différents équipements de climatisation ou de chauffage résidentiel. Ces mesures permettront une économie sur 30 ans de 1 100 milliards de KWh.

Le chiffre de la semaine : plus de 50 Md$

Il s’agit du montant des contrats signés entre des énergéticiens américains et saoudiens en marge de la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite. Ces accords ont pour but de renforcer la synergie commerciale avec les États-Unis et d’attirer les investissements américains en Arabie Saoudite (et inversement) indique un communiqué du 20 mai de la Saudi Aramco.

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