Acteurs ECO n°7

Acteurs ECO n°7

SOMMAIRE

L’Actu – Forte embellie pour l’économie française en 2017

Analyse – Le marché de l’impression 3D aux Etats-Unis

Présence française –  Nombreuses annonces d’investissements en début d’année

La parole à – Marjorie Chorlins Vice-présidente de l’U.S. Chamber of Commerce

Success Story  – La French Tech confirme son succès au CES 2018

A vos agendas ! Vos rendez-vous économiques des prochaines semaines


L’ACTU – Forte embellie pour l’économie française en 2017

L’année 2017 a été marquée par un net rebond de l’économie française, visible sur de multiples indicateurs.

Plus fort taux de croissance depuis 2011

L’Insee relève en 2017 une nette accélération de la croissance française à 2%, contre 1,1% en 2016. Il s’agit du plus fort taux de croissance depuis 2011. La croissance est largement portée par la demande intérieure et notamment de l’investissement privé, qui a dépassé son plus haut de 2007.

La croissance n’est pas le seul indicateur en amélioration. L’indice de confiance des ménages était en décembre 2017 à son niveau le plus élevé depuis 2007 et l’indice du climat des affaires au plus haut depuis 2011. Au dernier trimestre 2017, le taux de chômage en France métropolitaine (au sens du Bureau international du travail) a baissé de 0,7 point, pour atteindre 8,6% de la population active. Il s’agit de son plus bas niveau depuis 2009.

Les investisseurs américains se montrent optimistes quant à l’économie française

L’embellie économique française ne laisse pas indifférent les investisseurs américains. Le PDG de la Walt Disney Company, Bob Iger, a cité l’amélioration de l’environnement économique en France comme un facteur déterminant de leur décision en février 2018 d’investir 2,4 milliards de dollars dans le parc Disneyland Paris. Ce commentaire fait écho à l’amélioration de l’image de la France constatée lors du sommet des 140 PDG internationaux à Versailles en janvier dernier, réunis autour du Président Emmanuel Macron. Selon, le dernier baromètre de l’AmCham France, 72% des investisseurs américains se déclarent optimistes quant aux perspectives économiques de la France dans les 3 années à venir, contre 27% en 2015 et 49% en 2016. (voir l’interview de l’U.S. Chamber p.3)

Seule ombre au tableau : une dégradation du commerce extérieur

Le déficit commercial de la France atteint le montant de 62 milliards d’euros, contre 48 milliars d’euros en 2016. Le déficit commercial avec les Etats-Unis s’élève à 1,1 milliard d’euros. Le 23 février dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé un plan stratégique pour le commerce extérieur, passant par une meilleure structuration du soutien public à l’export, un renforcement des outils de financement à destination des PME et un accent porté sur la formation à l’export.

Christophe  Bonneau, service économique


ANALYSE – Le marché de l’impression 3D aux Etats-Unis

L’impression 3D est marquée par une forte implication de l’Etat fédéral et des grandes entreprises. C’est aujourd’hui un marché qui se resserre autour de quelques grands acteurs et champs d’applications innovants.

Avec la création en 2012 du America Makes Institute, spécialisé dans la fabrication additive et institut pilote du réseau pour l’innovation industrielle (NNMI), l’administration Obama a souhaité mettre l’impression 3D au service de la préservation de l’industrie manufacturière américaine. Une étude d’A.T.Kearney prédit en effet la création de 3 à 5 millions d’emplois qualifiés aux Etats-Unis dans les dix prochaines années grâce à l’intégration de l’impression 3D dans l’industrie. L’un des derniers nés du réseau, l’Advanced Regenerative Manufacturing Institute, a reçu un soutien de 80 milliards de dollars du Département de la Défense (DoD) pour « imprimer » des tissus et organes humains à destination des patients militaires et civils. Comme le reste du réseau, cet institut de pointe veut faire le pont entre la recherche scientifique et la mise en place d’activités de production à grande échelle.

L’impression du vivant n’est pas le seul domaine d’application de la fabrication additive à susciter un intérêt marqué aux Etats-Unis. L’impression de pièces détachées, notamment en métal, connaît également un essor certain grâce à des start-up américaines ayant levé plusieurs dizaines – voire centaines – de millions de dollars en 2017, telles que Desktop Metal, Markforged et Divergent 3D.

Dans ce domaine également, le DoD se montre proactif : les Marines furent le premier service à imprimer en 3D des munitions et pièces de rechange et ont dévoilé leurs plans pour fabriquer des micro-drones de surveillance. Ces progrès ne vont pas sans poser des défis réglementaires, puisque le Département d’Etat américain a déjà interdit la mise en ligne de plans d’armes à imprimer en 2013.

Les grandes entreprises américaines, GE en tête (qui a développé son propre centre de R&D à Pittsburgh en 2016), acquièrent et investissent dans de nombreuses start-up. Les investissements des capital-risqueurs ont toutefois fléchi en 2016, signe d’un resserrement du marché.

Parmi les start-up qui tirent leur épingle du jeu, Carbon 3D, aujourd’hui valorisée à 1,7 milliard de dollars, souhaite s’étendre aux produits grand public et au secteur dentaire et médical, deux marchés significatifs pour l’impression 3D. Mais si le National Institute of Standards and Technology (NIST) estime que la généralisation de l’impression 3D permettra la fabrication individualisée à moindre coût, la personnalisation de masse et l’usage d’imprimantes 3D à domicile restent toutefois incertains : l’impression 3D requiert de l’espace, un approvisionnement en matériaux bruts, des compétences spécifiques et des précautions sanitaires.

Au-delà des enjeux économiques, sociétaux et réglementaires, la recherche continue de progresser : le MIT travaille désormais sur l’impression 4D afin de réaliser des objets capables de changer de forme ou de propriétés au cours du temps.

Clémentine Desigaud, service scientifique

Marc Lendermann, service économique


PRESENCE FRANCAISE – Nombreuses annonces d’investissements en début d’année

L’année 2018 a démarré avec de multiples annonces d’acteurs français, marquant leur retour aux Etats-Unis ou le renforcement de leur présence.

Sanofi a annoncé en janvier le rachat de Bioverativ, une entreprise de biotechnologies spécialisée dans le développement de traitements contre l’hémophilie et d’autres troubles hématologiques rares,  pour la somme record de 11,6 milliards de dollars. Il s’agit de la plus grosse acquisition de Sanofi depuis celle de Genzyme pour plus de 20 milliards de dollars en avril 2011

Le groupe automobile PSA a confirmé en janvier son retour aux Etats-Unis à travers des services de mobilité de type autopartage et a annoncé avoir sélectionné la ville d’Atlanta pour y accueillir son siège nord-américain dès février.

En février, Engie a annoncé le rachat de l’entreprise américain Infinity Renewables et son parc éolien de 6430 MW, lui permettant de doubler sa capacité éolienne outre-Atlantique.

Enfin, l’équipementier automobile Faurecia a annoncé en février la construction d’une nouvelle usine à Blue Springs, dans le Missouri, pour la fabrication de systèmes d’intérieur, créant au passage 300 emplois locaux.

Christophe Bonneau, service économique


LA PAROLE A  Marjorie Chorlins, Vice-présidente de l’U.S. Chamber of Commerce

Marjorie Chorlins, en charge des affaires européennes, fait part d’une évolution positive de l’image de la France pour les entreprises américaines.

Comment évolue la perception de vos membres vis-à-vis de la France ?

La France représente depuis longtemps un marché attractif pour les investisseurs américains. L’élection d’Emmanuel Macron l’an dernier a été très bien accueillie par les entreprises américaines qui ont des intérêts économiques en France et pour celles qui envisagent de nouveaux investissements en Europe. Le rebond économique de la France est impressionnant. Le PIB français a augmenté de 1,9% [NDLR : l’estimation a depuis été revue à la hausse à 2%] en 2017, une croissance au plus haut depuis 2011. Cette hausse est largement attribuable à l’investissement des entreprises et à une forte augmentation de la consommation. À bien des égards, il s’agit d’un témoignage direct du programme de réforme du président Macron.

Quels sont les principaux atouts de la France pour un investisseur américain ?

La France représente depuis longtemps un marché attractif pour les investisseurs américains. La chambre de commerce américaine en France a d’ailleurs été fondée en 1894, ce qui en fait la plus ancienne association d’affaires américaine à l’étranger. La France est une économie très développée qui bénéficie d’un solide réseau d’investisseurs américains dans tous les secteurs et toutes les industries. Tant sur le plan géographique que politique, la France est au cœur du marché unique de l’Union européenne.  L’accent renouvelé sur l’innovation, le développement de la main-d’œuvre et l’entrepreneuriat est de bon augure.

Quel impact prévoyez-vous s’agissant des réformes économiques en cours ?

En dépit de tous les atouts de la France, cela faisait plusieurs années que l’économie française ne fonctionnait pas à son plein potentiel. Les efforts ambitieux du président Macron pour créer un marché du travail plus souple, encourager l’investissement et investir dans la formation continue sont des développements extrêmement prometteurs.

Quel rôle joue l’U.S. Chamber dans l’approfondissement des relations franco-américaines ?

La chambre est fière d’être une passerelle entre la communauté d’affaires américaine et d’importants partenaires économiques comme la France. La chambre est depuis longtemps au cœur d’un effort de dynamisation des relations commerciales entre les États-Unis et l’Europe. Aujourd’hui, la relation économique entre les États-Unis et l’UE est la plus intense au monde. Des millions d’emplois sont directement soutenus par le commerce et l’investissement entre les deux côtés de l’Atlantique. Ensemble, les États-Unis et l’UE sont des leaders mondiaux dans la politique réglementaire et commerciale. Mais il y a encore beaucoup à faire. Nos deux économies ne peuvent être renforcées que par une plus grande coopération.  La France peut être un chef de file dans cette démarche, et nous attendons avec impatience de collaborer avec le gouvernement français et les dirigeants d’entreprises pour s’assurer que cela se produise.

Propos recueillis par Laure Pallez, service économique


SUCCESS STORY La French Tech confirme son succès au CES 2018

Du 8 au 10 janvier 2018, le Secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi était à Las Vegas pour valoriser les startups, PME-TPE et grandes entreprises françaises présentes en nombre au cours de la 51ème édition du Consumer Electronics Show (CES), un événement tech mondial organisé par la Consumer Technology Association (CTA)La French Tech s’est distinguée par la forte dimension « DeepTech » (intelligence artificielle, objets connectés, biotech, réalité virtuelle et augmentée) de sa délégation. M. Mahjoubi a rappelé qu’il comptait sur l’appui des Ambassadeurs French Tech afin de relayer les efforts entrepris pour renforcer l’attractivité de la France en tant que « Startup Nation » auprès des entrepreneurs, investisseurs et chercheurs américains. S’agissant des PME-TPE, M. Mahjoubi a aussi annoncé qu’un plan de numérisation des PME-TPE sera prochainement présenté et contribuera à atteindre l’objectif gouvernemental de passer de 125 000 à 200 000 entreprises exportatrices.

Oualid Bachiri, service économique


A VOS AGENDA !

Retrouvez vos rendez-vous économiques des prochaines semaines en consultant notre agenda en ligne.

Lumière sur : French Innovation Week  Chicago, 4-13 mai 2018
Pour cette 5ème édition, le grand évènement de célébration de l’innovation française à Chicago et dans le Midwest mettra à l’honneur l’industrie du futur et les enjeux environnementaux. Plusieurs conférences économiques et scientifiques seront organisées, des évènements de networking, ainsi que la remise d’un prix de l’innovation. Cette manifestation est organisée par le Consulat général de France à Chicago, avec de nombreux partenaires dont la FACC de Chicago, Business France, les services culturel et scientifique de l’Ambassade de France et le comité CCE de Chicago.
Ville : Chicago
En savoir plus : https://frenchinnovationweek-chicago.com/

 

COMMENTS

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    Techness 9 mois ago

    Merci beaucoup 😉

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