Acteurs Eco : Mars Avril 2019

Acteurs Eco : Mars Avril 2019

L’Actu – Bilan 2018 des investissements américains en France

Analyse – Vers une loi fédérale de protection des données aux Etats-Unis ?

Success Story –  French-American Innovation Midwest : le printemps de l’innovation

La parole à – Xavier Ovize, CEO d’AdduXi Amérique du Nord

Acteurs  – Réunions des Chambres de commerce franco-américaines

A vos agendas ! Vos rendez-vous économiques des prochaines semaines


L’actu : Bilan 2018 des investissements américains en France

A l’occasion de la sortie du rapport sur l’internationalisation de l’économie française, Sylvie Montout, Chef Economiste de Business France, analyse pour nous le renforcement de l’attractivité française pour les investisseurs américains.

L’attractivité de  l’économie française s’est renforcée 2018, avec un nouveau record de 1 323 projets d’investissements étrangers.  En outre, les résultats préliminaires pour les trois premiers mois de 2019 montrent une progression par rapport à 2018.

Cette dynamique est particulièrement favorable vis-à-vis des investisseurs américains. 75 % des cadres américains jugent que la France est un pays attractif pour les investisseurs étrangers, en hausse de 36 points depuis 2014. Les investissements américains en France sont en progression de 6% en croissance annuelle moyenne depuis 2008 et représentent en 2018 la première source d’IDE vers la France, avec un cinquième des investissements. En comparaison, ills devancent les investissements en provenance d’Allemagne, du Royaume-Uni ou d’Italie.

La France est la deuxième destination d’investissements américains en Europe, après le Royaume-Uni et devant l’Allemagne. Dans le contexte du Brexit, la France s’affirme ainsi comme une destination de premier choix sur le continent européen.

La France, deuxième destination des investissements américains en Europe

Les entreprises américaines se distinguent par leur implication dans la recherche et développement en France, à l’origine de plus du quart des décisions recensées. Les grandes entreprises de la Tech (Cisco, Google, Facebook, IBM…) renforcent leur présence en France, comme Microsoft qui s’est associé à Schneider Electric pour cofonder l’AI Factory à Station F et développer des solutions dans le secteur de l’énergie, ou Uber qui va ouvrir en France son premier centre de recherche et développement en dehors de l’Amérique du Nord.

Le secteur indistriel se démarque également en ce qui concerne les investissements américains. La France est depuis plus de quinze ans le premier pays d’accueil des investissements étrangers dans l’industrie en Europe. Les Etats-Unis sont le principal investisseur industriel en France, avec 16% des investissements dans les activités industrielles et le quart des investissements étrangers dans la logistique. Quelques exemples : Collins Aerospace, leader mondial américain des systèmes et solutions technologiques pour le secteur de l’aéronautique, a investi plus de 18 millions d’euros et créé 55 emplois en Occitanie ; l’entreprise américaine Postprocess, spécialisée dans le post-traitement des pièces industrielles et la fabrication additive, a choisi Sophia Antipolis pour sa primo-implantation européenne.

Retrouvez le rapport de Business France dans sont intégralité ici.

Sylvie Montout, Business France


Analyse : Vers une loi fédérale de protection des données aux Etats-Unis ?

Le point sur la réflexion concernant l’encadrement de l’utilisation des données personnelles aux Etats-Unis.

Il n’existe pas de règlementation générale fédérale sur la protection des données personnelles aux Etats-Unis. Dans les secteurs traitant de données sensibles, l’encadrement fédéral se limite le plus souvent à des exigences de transparence. Le modèle américain est celui du « notice and choice » : si les usagers doivent a minima être informés de la collecte et de l’usage de leurs données, les entreprises conservent une grande latitude pour rendre accessibles ces informations et décident du régime du consentement, principalement un régime d’opt-out (acceptation implicite de la collecte et de l’utilisation des données dès lors qu’on utilise les services d’une entreprise).

Le cadre fédéral est complété par des réglementations spécifiques aux Etats fédérés. Par exemple, la Californie a obligé, dès 2003, les entreprises de services en ligne à rédiger une charte de confidentialité informant leurs utilisateurs de la nature et de l’usage des données collectées (California Online Privacy Protection Act), puis a introduit, en 2018, le California Consumer Privacy Act. La règlementation – qui ne concerne que les entreprises générant plus de 25 millions de dollars de chiffre d’affaires et les data brokers, entreprises dont l’activité consiste à revendre des données personnelles à des fins de ciblage publicitaires – se rapproche ainsi progressivement du modèle européen (sanctions financières, affirmation des droits des consommateurs, etc.), sans pour autant consacrer un régime d’opt-in.

Suite à la multiplication des scandales liés à la fuite de données (Cambridge Analytica, etc.) et à l’adoption du Règlement général de protection des données (RGPD) dans l’Union Européenne, l’opportunité d’introduire un cadre fédéral fait désormais l’objet d’un consensus bipartisan et du soutien des opérateurs privés, soucieux de préserver la confiance de leurs usagers.

En revanche, si les opérateurs privés et les associations de consommation de protection des consommateurs sont favorables à une loi fédérale renforçant les obligations de transparence, il n’existe pas de consensus sur les modalités de l’introduction d’un tel cadre. Les opérateurs privés plaident pour une règlementation sous la forme de principes généraux et souhaitent empêcher les Etats fédérés d’adopter des règles plus strictes, afin de limiter les coûts de mise en conformité. A contrario, la société civile soutient l’introduction d’un cadre plus contraignant, qui renforcerait les pouvoirs de la Federal Trade Commission et des procureurs généraux.

Enfin, l’administration actuelle souhaite à ce stade privilégier des dispositifs réglementaires non-contraignants (guide de bonnes pratiques, adhésion à des principes, des objectifs généraux et à des mécanismes de certification relatifs à la protection des données personnelles, comme le Privacy Shield ou l’APEC Cross-Border Privacy Rules (CBPR) System).

Extrait d’une étude disponible ici et qui s’appuie pour partie sur une consultation menée auprès des Conseillers du Commerce Extérieur de la France aux Etats-Unis.

Oualid Bachiri et Adrien Pascal, service économique


Success Story : French-American Innovation Midwest, le printemps de l’innovation

Depuis plusieurs semaines, une vingtaine d’événements autour de l’innovation sont organisés dans 6 villes du Midwest : Chicago, Minneapolis, Cleveland, Détroit, Indianapolis et Milwaukee. L’objectif est de mettre en valeur les qualités et spécificités françaises et franco-américaines en matière d’innovation auprès du grand public comme de spécialistes.

Sous l’impulsion et la coordination du consulat général soutenu par l’ensemble des services de l’Etat et avec l’appui des quatre Chambres de commerce franco-américaines et de plusieurs Alliances françaises, cette initiative attire de nombreux partenaires américains, dont des universités, des incubateurs, des instituts de recherche, des associations et des entreprises, confortant ainsi des collaborations existantes et permettant d’en établir de nouvelles. Ces événements constituent également un moment d’échanges entre le public et des spécialistes de haut niveau et ce dans tous les domaines. Elles permettent de mettre en valeur les écosystèmes du Midwest pour mieux les mettre en relation avec les écosystèmes français.

Parmi les activités proposées en 2019 : des discussions sur l’innovation dans le sport, l’éducation, l’industrie, l’agroalimentaire, une journée de rencontre entre la communauté d’affaires franco-américaines et l’Université de Chicago, des colloques sur l’entreprenariat, un symposium sur l’art et l’espace, une conférence de vulgarisation scientifique sur l’infiniment petit, des ateliers scientifiques pour les écoliers….

Pascale Furlong Thome, Consulat de France à Chicago


La parole à Xavier Ovize, CEO d’AdduXi Amérique du Nord

Xavier Ovize nous accorde un entretien alors que sa filiale inaugure une nouvelle usine dans la région de Detroit.

Comment avez-vous rejoint l’aventure AdduXi aux Etats-Unis ?

J’ai été plongé dès le début de ma carrière dans l’automobile en rejoignant l’équipementier Hutchinson en France à la fin de mes études en 1992, avant de me voir confier le développement de la filiale américaine.

C’est en 2013 que mon aventure avec AdduXi commence, lorsque je rencontre son P-DG Alain Palisse lors d’un évènement à Detroit autour de l’Ambassadeur de France. Je suis séduit à la fois par son projet professionnel de développement aux Etats-Unis et par sa philosophie et ses valeurs humaines. Il me confie le développement de la nouvelle filiale américaine en 2014.

Quelles est votre vision de l’évolution du marché automobile américain ?

J’observe une recomposition du marché autour de deux idées. Premièrement il y a le report de la demande en faveur des trucks, pickup et SUV, un phénomène assez spécifique à l’Amérique du Nord. On le voit dans l’annonce de Ford d’arrêter la fabrication de berlines. L’autre phénomène, mondial cette fois-ci, est un désintérêt de la clientèle pour l’automobile en tant qu’objet (moteur, mécanique) et l’émergence de nouveaux besoins comme la sécurité, l’assistance à la conduite et le confort.

« 10 PME françaises hébergées au sein de mon usine »

Le tassement des volumes de vente en Amérique du Nord est selon moi causé en partie par cette double recomposition. Néanmoins, un équipementier peut se développer sur un marché en déclin si le contenu qu’il commercialise augmente dans un véhicule donné. Un exemple frappant est la multiplication sur chaque véhicule du nombre de capteurs de proximité, caméras et radars.

Les équipementiers français sont très bien positionnés sur ce tournant stratégique, mais il reste à pallier un déficit de notoriété vis-à-vis du public américain, qui reste injustement centré sur le prisme allemand.

Comment soutenez-vous l’offre française dans la région de Detroit ?

On reproche souvent aux acteurs français ne pas suffisamment « chasser en meute », alors nous avons décidé de prendre les devants en lançant le « French corner » de Detroit, une offre d’hébergement d’entreprises françaises au sein même de notre usine AdduXi. Nous devrions, en 2019, passer le cap de 10 entreprises hébergées, toutes des PME françaises. Ainsi, un client venant nous rendre visite découvre aussi l’offre de ces entreprises, et ces dernières deviennent parfois nos partenaires commerciaux. Parmi elles, on trouve AV Simulation, qui produit des logiciels de simulation de conduite pour véhicules autonomes, ou encore EXSTO, spécialiste de l’injection plastique qui travaille entre autres avec Tesla.

J’entends aussi partager mon expérience avec les entreprises qui nous rendent visite, notamment dans le cadre des missions de Business France, que j’accompagne depuis plus de 15 ans. J’insiste notamment sur les erreurs à ne pas commettre, comme les approches trop timides du marché américain. Ce partage passe aussi par un renforcement des CCE à Detroit, au sein du comité Midwest, et par une promotion intense du VIE, solution très bien adaptée à notre secteur et que je soutiens activement.


Acteurs : Réunions des Chambres de commerce franco-américaines

Du  15 au 19 avril 2019 se sont tenus à Chicago deux évènements majeurs pour le réseau des chambres de commerce franco-américaines. La réunion annuelle des Présidents et Directeurs des chambres de commerces franco-américaines a dans un premier temps permis d’échanger sur les bonnes pratiques des différents chapitres et de réfléchir à la stratégie de leur réseau, puis a accueilli le service économique de l’Ambassade de France pour évoquer des pistes de renforcement de notre coopération. 

Une réunion des chambres de commerce  de la zone Amérique du Nord a dans un deuxième temps permis, en présence de Charles Maridor, délégué général de CCI France International, de Laurence Grelet, directrice du bureau Business France de Chicago, et de Myriam Le Cannelier, présidente du Comité CCE Midwest, de réfléchir au renforcement des outils de soutien aux entreprises françaises sur le continent nord-américain.

Christophe Bonneau, service économique

 

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