Acteurs ECO janvier-février 2019

Acteurs ECO janvier-février 2019

SOMMAIRE

L’Actu – L’Investor’s Month 2018, moment fort pour l’attractivité de la France

Analyse – Renforcement du contrôle des exportations et des investissements

Success Story –  La French Tech en force au CES de Las Vegas

La parole à – Stéphane Kasriel, P-DG d’Upwork

Nouveauté  – Lancement du groupe LinkedIn de la communauté économique

 


L’ACTU – L’Investor’s Month 2018, moment fort pour l’attractivité de la France

La quatrième édition de l’Investor’s Month aux Etats-Unis s’est déroulée fin 2018 en étroite collaboration entre Business France, le Service Economique Régional, le réseau diplomatique (Ambassadeur, Consuls généraux et honoraires), les chambres de commerce franco-américaines et les CCE, autour de dix événements à San Francisco, Los Angeles, Grand Rapids, Detroit, Dallas, Minneapolis, New York, Philadelphie, Washington et Miami qui ont regroupé près de 300 participants au total.

Le mois de l’investissement est organisé à travers une cinquantaine de pays et poursuit trois objectifs : (i) accroître les investissements étrangers en France, (ii) informer sur la mise en œuvre des réformes économiques en France, notamment sur celles du droit du travail et de la fiscalité, et (iii) échanger avec la communauté économique sur les atouts et les freins que celle-ci rencontre lorsqu’elle a investi ou a l’intention d’investir en France.

Aux Etats-Unis, l’évènement a été décliné à travers dix réunions ciblées et adaptées à l’écosystème local (invitation au siège de Salesforce à San Francisco, thématique financière à New York, évènements avec la communauté des affaires et des investisseurs américains à Miami, Dallas, Washington et Philadelphie).

La principale retombée de ces actions repose sur l’identification des préoccupations des investisseurs américains quant à l’écosystème français ainsi que des points qu’il reste à débloquer pour accroître les investissements. Dans l’ensemble, il ressort de ces échanges que les investisseurs américains potentiels ont une image positive de la France. Plusieurs plusieurs atouts de l’économie française sont bien identifiés, en particulier le potentiel en matière de recherche et développement, la qualité de la main d’œuvre et les infrastructures.

L’attractivité du territoire se fait aussi et bien sûr depuis la France et la réussite du sommet Choose France! en est la preuve. Cette seconde édition a réuni près de 150 chefs d’entreprise, plusieurs membres du Gouvernement ainsi qu’Emmanuel Macron pour une demi-journée de discussions au château de Versailles le 21 janvier dernier. Une dizaine d’entreprises ont ainsi officialisé de nouveaux projets dont le groupe Mars qui s’est engagé à investir 120 millions d’euros dans huit des sites dont il dispose en France. Le groupe de biens de grande consommation Procter & Gamble devrait investir 50 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production de lessive et de produits d’entretien à Amiens.

Laure Pallez, service économique, et Patrick Imbert, Business France


ANALYSE – Renforcement du contrôle des exportations et des investissements

L’Administration américaine s’emploie depuis l’automne dernier à définir une liste de technologies « émergentes et fondamentales » qui feront l’objet d’un contrôle renforcé des exportations et des investissements.

L’Administration américaine a lancé depuis plusieurs semaines le processus d’élaboration des décrets d’application des réformes du contrôle des investissements étrangers et des exportations adoptées en août 2018 dans le cadre du National Defense Authorization Act.

Le 13 août 2018 en apposant sa signature sur le NDAA, le Président Trump a d’abord donné force de loi à la proposition FIRRMA (Foreign Investment Risk Review Modernization Act), qui réforme en profondeur le fonctionnement du mécanisme de surveillance des investissements étrangers aux Etats-Unis, le CFIUS (« Committee on Foreign Investment in the United States »), pour inclure dans son champ de compétence les investissements dans les technologies « critiques », même si ces investissements n’aboutissent pas au contrôle de l’entreprise cible. Des projets pilotes entrés en vigueur en novembre visant à mettre en œuvre la réforme FIRRMA, ont précisé cette notion de « technologie critique ».

Sont ainsi considérées comme critiques (i) les technologies qui font déjà l’objet d’un examen dans le cadre du contrôle export existant (ex : technologies militaires contrôlées au titre d’ITAR) ; (ii) mais aussi les technologies émergentes et fondamentales.

C’est également sur la base de cette notion de technologies « émergentes et fondamentales » que serait étendu le champ du contrôle des exportations, en vertu de l’Export Control Reform Act (ECRA) second volet de la loi. ECRA prévoit en effet de compléter les dispositifs existants de contrôle des exportations depuis les Etats-Unis, comme ITAR, mais en ciblant cette fois-ci des technologies à usage civil. Ces technologies doivent être identifiées à l’issue d’un processus inter-agence.

Le Bureau of Industry and Security (BIS) du Département du Commerce a publié le 19 novembre 2018 un appel à commentaires, qui était ouvert jusqu’au 11 janvier 2019, dans lequel il proposait une liste de 14 technologies qui pourraient être considérées comme émergentes. Un appel à commentaires similaire pour identifier les technologies dites fondamentales devrait être prochainement publié.

A partir des commentaires publics reçus, le BIS souhaite pouvoir identifier les technologies qui pourront faire l’objet d’un contrôle export renforcé et, sous certaines conditions, d’un examen par le CFIUS.

Laure Decazes, service économique


SUCCESS STORY –  La French Tech en force au CES de Las Vegas

Le nombre des startups françaises participantes au Consumer Electronic Show a atteint un nombre record, supérieur à 420, composé essentiellement des startups présentes à l’Eureka Park (l’espace du CES dédié aux startups).

Les startups étaient en provenance de toute la France grâce au soutien de plusieurs conseils régionaux. Le pavillon French Tech était incontournable, le plus étendu et accessible à l’entrée de l’Eureka Park. Les deux secteurs dominants étaient ceux de la santé (biotech) et des maisons intelligentes. 57 entreprises françaises ont reçu le CES Innovation Awards et les startups Beenlife et Snips ont reçu le Best of Innovation Awards.

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) disposait également d’un pavillon dédié pour présenter les startups accompagnées par l’institution. Certains groupes français, à l’instar de Dassault Systèmes, offraient un espace à des startups françaises, en plus de leur espace dédié au Las Vegas Convention Center.

Par ailleurs, sur le plan événementiel, l’association French Village a organisé une soirée dédiée à la communauté francophone du CES (le 8 janvier 2019), introduite par un discours du président de la Consumer Technology Association Gary Shapiro qui a salué le dynamisme de la French Tech.

Oualid Bachiri, service économique


LA PAROLE A – Stéphane Kasriel, P-DG d’Upwork

Egalement ambassadeur de la French Tech, il évoque son parcours et l’innovation française.

Pouvez-vous retracer votre parcours, à la croisée de la France et des Etats-Unis ?

Mon histoire avec les Etats-Unis a commencé à l’adolescence, passée en partie au Texas, alors que mon père travaillait comme expatrié pour Lafarge dans les années 80. De retour en France, j’intègre l’Ecole Polytechnique, où je rencontre des professeurs américains qui m’impressionnent par leur approche industrielle.

Je décide alors de faire mon école d’application à Stanford, à l’époque où les fondateurs de Google y ont développé les premières versions du moteur de recherche. Poussé par l’entreprenariat, je crée ma propre société de technologies à destination de la grande distribution, Fireclick, revendue en 2003. Je choisis alors de faire un MBA en France, à l’INSEAD, où je suis repéré par PayPal, qui m’embauche tout d’abord en France, puis en Californie.

Que vous a appris votre expérience sur le rapport de la France à l’innovation ?

Dès les années 90, j’ai réalisé le potentiel de combiner l’excellence de la formation d’ingénieur française et l’esprit d’entreprenariat américain. Une formation scientifique de haut niveau était vue comme essentielle pour devenir un acteur des nouvelles technologies, et la qualité de l’enseignement français dans ce domaine était déjà reconnue aux Etats-Unis. D’un autre côté, les écoles d’ingénieurs françaises étaient encore frileuses à l’entreprenariat.

De ce point de vue, les choses ont beaucoup évolué : les écoles d’ingénieurs françaises ont depuis mieux intégré et promu la création d’entreprises, et l’écosystème tech français s’est fortement dynamisé au cours des dernières années. Aujourd’hui, mon groupe est présent en France et j’investis, à titre personnel, dans plusieurs startups françaises.

Cette perception positive du savoir-faire français aux Etats-Unis est-elle plus marquée dans certains secteurs ?

Le savoir-faire français dans les domaines innovants est particulièrement reconnu dans la deep tech (big data, intelligence artificielle), qui nécessite un fort bagage théorique. Yann Le Cun, directeur IA chez Facebook, ou Alexandre Lebrun, ancien de chez Facebook et qui a fondé sa société en France, en sont des représentants de premier plan.

Un autre domaine dans lequel la France rayonne est l’association de la tech et du design (wearable, smart watch…), où le savoir-faire français se distingue par le souci de la qualité, les apports de l’artisanat et le sens de l’esthétique. Les choses ne sont pas encore acquises et il manque encore à la France, comme à l’Europe, un acteur majeur du numérique.

Quel rôle peut jouer la communauté économique française aux Etats-Unis pour soutenir le secteur tech français ?

Elle peut jouer tout d’abord un rôle d’information auprès des entreprises françaises de la tech. Je collabore régulièrement avec le programme Impact de Business France et conseille souvent aux jeunes entreprises françaises de bien réfléchir avant de s’implanter aux Etats-Unis. Prenez le marché du travail : malgré les idées reçues, il est plus accessible pour une entreprise en France que dans la Silicon Valley, et doté d’un fort sens de l’éthique et de la fidélité.

Un autre axe est celui de la promotion de la tech française vis-à-vis du public américain. A travers la French Tech, j’ai l’occasion de travailler avec de nombreux acteurs de la communauté économique, comme le Consulat à San Francisco. Plus généralement, les actions de promotion de l’attractivité française dans le domaine de la tech font réellement bouger les lignes. Le fait que John Chambers, ancien Président de Cisco, soit aujourd’hui ambassadeur de la French Tech n’est pas anodin !

La présence des géants américains du numérique à Versailles a aussi une vraie signification et se traduit dans les faits. Alors que les entreprises comme Google et Facebook ne possédaient que des bureaux commerciaux en France, elles emploient maintenant des ingénieurs : elles ne voient plus seulement la France comme un marché mais aussi comme une destination pour leur développement technologique.

Propos recueillis par Christophe Bonneau, service économique


NOUVEAUTE  – Lancement du groupe LinkedIn de la communauté économique

Dernier né des outils en ligne dédiés à la communauté économique française aux Etats-Unis, le groupe LinkedIn permet de rester connecté en continu avec l’actualité économique franco-américaine.

Suggéré à l’occasion du séminaire des acteurs économiques français aux Etats-Unis, en octobre 2018, ce groupe se veut un espace d’interaction : chaque membre est libre de publier des actualités ou analyses en lien avec la relation économique franco-américaine.

Le groupe LinkedIn vient donc compléter le site Internet frenchtreasuryintheus.org, le compte Twitter @FRTreasury_US et le hashtag #FranceUSApartnership.

Inscription : https://www.linkedin.com/groups/12016774/


A VOS AGENDAS ! Vos rendez-vous économiques des prochaines semaines

Retrouvez vos rendez-vous économiques des prochaines semaines en consultant notre agenda en ligne.

Lumière sur : Mission MEDEF au Smart City Connect – avril 2019
MEDEF International devient partenaire du Smart City Connect Denver, l’évènement majeur en Amérique du Nord pour la communauté smart city. Sa Task Force Ville Durable y emmènera une délégation d’entreprises afin de favoriser le savoir-faire des entreprises françaises de la ville en Amérique du Nord, et rencontrer de nombreux maires nord-américains (maires de Denver, Austin, Kansas city, notamment confirmés).

Villes : Denver et Austin.

Dates : 2-5 avril 2019.

En savoir plus : https://www.medefinternational.fr/actions/delegation-dentreprises-usa-tfvd/

 

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