Acteurs ECO n°1

Acteurs ECO n°1

SOMMAIRE

– L’actu : La French Tech à nouveau mise à l’honneur au CES de Las Vegas

– Analyse Le plan infrastructure de Donald Trump

– Success story Fareva, rachat gagnant en Virginie pour le groupe pharmaceutique

– La parole à Henri Baissas, Directeur de Business France Amérique du Nord

– Le saviez-vous ? La France, destination attractive pour la R&D mondiale


L’ACTU : La French Tech à nouveau mise à l’honneur au CES de Las Vegas

La présence française a été à nouveau très remarquée cette année, avec la participation de deux Ministres à l’inauguration du CES et la présence de 275 entreprises françaises dont 178 startups de la French Tech.

Le Consumer Electronic Show (CES) fêtait son cinquantième anniversaire du 4 au 8 janvier 2017 à Las Vegas. Cette année, 3 800 entreprises ont exposé au CES, dont 600 start-up. Plus de 175 000 visiteurs, dont un tiers d’étrangers, ont arpenté les 200 000 m² du CES.

La France 3ème délégation d’entreprises et 2ème délégation de startup

La présence française a encore été très remarquée lors de cette édition 2017. Le Ministre de l’Economie et des Fi-nances Michel Sapin et la Secrétaire d’Etat à l’économie numérique et à l’innovation Axelle Lemaire, accompagnés de représentants de la DG Trésor, ont inauguré le CES en compagnie de Gary Shapiro, son Président, avant d’aller à la rencontre des startups et des grands groupes français exposants. François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez et Jérôme Chartier étaient aussi présents.
Le nombre d’entreprises françaises étaient encore une fois en progression cette année : 275 sociétés françaises exposantes contre 250 en 2016, faisant de la France le troisième pays représenté au CES derrière les Etats-Unis et la Chine. Carlos Ghosn, Stéphane Richard et Sébastien Soriano (ARCEP) étaient intervenants principaux lors de sessions thématiques et Pierre Gattaz (Medef) recevait les entreprises françaises au French Village.
La délégation de startups menée par Business France et la Mission French Tech (Bercy) était la première délégation étrangère à l’Eureka Park, avec plus de 178 startups présentes (soit 30% du total) contre 128 en 2016 et 66 en 2015. En dehors de l’Eureka Park, les PME/ETI/grands groupes français étaient aussi bien représentés (Das-sault Systems, Holi, La Poste, Legrand, MicroEJ, Netatmo, Sevenhugs, Somfy, Terraillon…).
La qualité de l’innovation française a été reconnue avec 50 Innovation Awards remportés, 45 produits primés et 36 startups distinguées.

Intelligence artificielle, objets connectés et véhicule autonome

Trois grandes tendances se sont dégagées de l’édition 2017 du CES à commencer par l’intelligence artificielle qui a connu un vif succès avec les logiciels de reconnaissance vocale, puis les objets connectés, présents à foison dans les vêtements, le matériel sportif, les montres, la maison, et enfin la conduite autonome, avec la présence de la plupart des constructeurs automobiles. Sur ce dernier sujet, la Direction générale des entreprises (Bercy) était aussi au CES en compagnie de plusieurs pôles de compétitivité français.


ANALYSE : Le plan infrastructure de Donald Trump

Promesse de campagne emblématique, l’investissement de 1 000 milliards de dollars dans les infrastructures visant à stimuler l’économie et à créer des emplois est une des priorités de la nouvelle administration.

Le manque d’investissements dans les infrastructures au cours des 40 dernières années a contribué à fortement dégrader leur état. Le constat d’un besoin de modernisation est largement partagé. Les investissements publics annuels dans les infrastructures représentent 2,6 % du PIB aux Etats-Unis, contre 9% en Chine, et 5 % en moyenne en Europe.
Pendant la campagne, le candidat Trump avait promis d’investir 1 000 milliards de dollars sur une période de 10 ans, qui viendraient s’ajouter aux 470 milliards de dollars de financement annuel existant. D.Trump avait d’abord évoqué le principe d’un financement par émission d’obligations fédérales dédiées, négociées à un taux avantageux.
Wilbur Ross et Peter Navarro, conseillers économiques pendant la campagne nommés depuis Secrétaire au Com-merce et conseiller à la Maison Blanche, avaient ensuite publié un plan de financement reposant entièrement sur le secteur privé, qui bénéficierait d’un crédit d’impôt couvrant environ 10% du montant total de l’investissement.

Des précisions attendues sur le financement

Plusieurs économistes comme Paul Krugman et Lawrence Summers y voient un risque de sélection de projets rentables au détriment de projets socialement utiles, d’une moindre attention portée aux normes sociales et environnementales, ou encore de possibles conflits d’intérêts.
Les débats autour des modalités et outils du plan d’investissement, et notamment des rôles respectifs des secteurs public et privé, pourraient s’ouvrir courant 2017 au Congrès. Les premières indications données par la nouvelle administration (D. Trump a notamment évoqué suite à son élection la mise en place d’une banque nationale d’investissement) laissent envisager un financement hybride, s’appuyant sur divers acteurs et outils.

Diplomatie éco

Le 1er décembre 2016, Meridiam, fonds d’investissement français et acteur international du marché du financement des infrastructures, a organisé une conférence de haut niveau à la résidence de l’Ambassadeur de France sur le thème « Infrastructure in the US: Paving the Road Forward. What to expect post- 2017. »
Cette conférence a révélé un consensus bipartisan sur la nécessité de prendre en compte l’ensemble de la chaine logistique depuis les ports maritimes vers le consommateur final via la route et le chemin de fer. L’emploi du levier fiscal, devrait quant à lui être accompagné d’un effort de pédagogie auprès du contribuable américain.


SUCCESS STORY : Fareva, pari gagné en Virginie pour le groupe chimique

5 ans après le sauvetage de l’usine Pfizer, le groupe chimique inaugure une nouvelle unité de production.

Le groupe ardéchois Fareva a inauguré le 7 décembre 2016 une nouvelle unité de production dans son usine de Richmond, en Virginie, en présence du Consul général de France à Washington, Michel Charbonnier, et du service économique régional de l’Ambassade de France.
Les nouvelles installations représentent un investissement de 35 millions de dollars et produiront à terme environ 200 millions d’aérosols par an pour de grandes marques américaines et internationales.
Cette extension marque le succès de la reprise de l’usine Pfizer de Richmond en 2011, alors menacée de fermeture. Le groupe français a pu conserver l’ensemble des 600 emplois et a diversifié les activités de l’usine dans les cosmétiques et les produits nettoyants. 150 nouveaux recrutements sont prévus, ainsi que le déploiement d’une équipe de R&D.
« Le succès de Fareva, contribue au dynamisme de l’économie locale et illustre le savoir-faire des entreprises françaises dans le domaine des cosmétiques et de la pharmaceutique», s’est félicité le Consul général de France.
Fondée dans les années 80, Fareva emploie aujourd’hui 10 000 collaborateurs à travers 11 pays.


LA PAROLE A : Henri Baissas, Directeur de Business France Amérique du Nord

« Accélérer le développement des PME et ETI françaises aux Etats-Unis en 2017 »

Comment réagissent les entreprises françaises à l’élection de M. Trump ?
C’est tout d’abord une réaction de surprise pour la plupart des observateurs et a fortiori pour les entreprises françaises. C’est ensuite pour certaines entreprises une source d’inquiétude, notamment dans le secteur des biens de consommation, alors que les déclarations du candidat Trump ont pu laisser entendre un durcissement de sa politique commerciale.
Je tiens d’emblée à les rassurer. Premièrement, l’Europe et la France ne sont pas la cible principale des déclarations de Donald Trump sur le plan commercial. Deuxièmement, les marchés ont répondu assez positivement à son élection. Enfin, la nouvelle administration américaine sera en grande partie menée par des hommes d’affaires, sensibles aux problématiques des entreprises.
De plus, la tendance de fond n’est pas à une remise en cause de nos relations économiques, bien au contraire ! Je citerai le renforcement du partenariat franco-américain dans la tech, où la France s’affirme comme une base R&D tandis que le marché américain est une force de traction pour nos technologies. Nous décrypterons ces tendances le 7 mars à Paris, à l’occasion d’un atelier.

Quels sont les axes de travail de Business France pour 2017 ?
Nos priorités sont le renforcement de notre expertise sectorielle, la montée en puissance de nos opérations collectives à l’image du succès du CES, le passage de 4 à 8 programmes d’accélération (Impact, Ubimobility, Medstar-tup…), le développement du VIE avec le soutien des Chambres et en s’appuyant en grande partie sur les PME/ETI, et la promotion de la place France pour l’accès au marché européen
Notre ambition est d’être l’accélérateur des start-up et PME françaises qui souhaitent se développer sur le marché américain et des investisseurs américains intéressés par le marché français et européen.

Renforcement du partenariat franco-américain
L’année 2017 verra aussi le renforcement de nos partenariats avec les acteurs institutionnels. Nous souhaitons promouvoir les succès franco-américain avec les CCE. Nous mènerons avec la Direction générale des entreprises (Bercy) un programme spécial « Industrie du futur ». Les discussions sont en cours avec plusieurs services de l’Ambassade pour mettre en commun les actions start-up, ainsi qu’avec les régions françaises, pour les représenter localement.

Quel message envoyer aux entreprises françaises intéressées par le marché américain ?
Le premier mot d’ordre, c’est l’ambition. Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale, un marché pilote sur le plan technologique et commercial et une porte d’accès sur l’ensemble du continent Amérique. Le deuxième mot d’ordre, c’est la préparation, en particulier sur le plan marketing : quelle est la concurrence, quelle est ma proposition de valeur, quel est mon positionnement ? Enfin, il ne faut pas négliger les moyens : on compte entre 18 mois et 2 ans avant un retour sur investissement.
A toutes ces étapes, Business France agit comme préparateur physique et sur la mise en relation. Le taux de transformation de nos prestations en courants d’affaires est de 50%, et ce taux atteint 80% sur les programmes d’accélération.


LE SAVIEZ-VOUS ? La France, destination attractive pour la R&D mondiale

Depuis une trentaine d’années, le mouvement d’internationalisation de la chaîne de valeur s’est progressivement étendu aux activités de R&D, qui étaient auparavant localisées près des centres de décision.
Trois principales motivations pour expliquer la localisation à l’étranger des activités de R&D d’une entreprise : (i) améliorer le rapport coût-efficacité des activités de R&D, (ii) adapter ses produits au marché local et (iii) acquérir de nouvelles connaissances.

La France 3ème européenne en attractivité R&D

Les activités de R&D localisées dans les pays avancés concernent plutôt des étapes de recherche amont et à haut niveau technologique.
La France participe activement à cette dynamique. D’après un classement établi par la Commission européenne comparant l’attractivité pour la localisation des centres de R&D, la France se classe troisième, derrière la Finlande et l’Allemagne, mais devant le Royaume-Uni et la Suède. La France dispose de nombreux avantages avec une main d’oeuvre de haut niveau, l’excellence de la recherche publique et l’accessibilité de ses résultats aux entreprises.

La compétitivité coût de la France dans les activités de R&D s’est renforcée depuis 2008, la France offrant le traitement fiscal de la R&D le plus avantageux au monde pour les entreprises.
Voir aussi : Trésor Eco d’octobre 2016, La mondialisation des activités de R&D des entreprises : où en est la France ?


 

 

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