Flash Agri n°222

Dernière ligne droite de la campagne présidentielle

A quelques jours de l’élection présidentielle américaine, les positions des candidats en matière d’agriculture et d’alimentation se précisent. S’agissant de la politique agricole, H. Clinton et D. Trump partagent la volonté de ‘’livrer’’ le prochain Farm Bill dans les temps et de renforcer le filet de sécurité des agriculteurs et les dispositifs assurantiels. Et contrairement à ce que le candidat républicain avait initialement déclaré « Agriculture is not about food », D. Trump souhaite conserver les programmes nutritionnels dans le Farm Bill, comme d’ailleurs la candidate démocrate. Sur le reste des sujets, les positions convergent peu. Le candidat républicain annonce que son Administration sera ‘’pro-agriculture’’ et qu’il réduira le poids de la réglementation envers les agriculteurs, jugeant le système réglementaire trop contraignant, abusif et bureaucratique. Il souhaite donner un rôle plus important aux Etats fédérés à travers le « shared government ». De son côté, H. Clinton fait du développement rural une priorité (aide aux nouveaux agriculteurs, encouragement de la production locale et des circuits courts), souhaite inciter les agriculteurs à avoir de meilleures pratiques de préservation des ressources naturelles et dispose d’un programme ambitieux et complet pour le soutien des bioénergies. Les deux candidats s’opposent totalement sur la question de la main-d’œuvre immigrée. H. Clinton s’est engagée à réformer complètement la politique d’immigration qui admettra la contribution des travailleurs immigrés à l’agriculture. D. Trump souhaite renforcer les frontières des Etats-Unis et éradiquer l’immigration clandestine ; toutefois, récemment, son directeur de campagne a indiqué qu’il n’y aurait pas de déportations massives, et que D. Trump engagerait une discussion avec chaque filière pour évaluer les besoins en main d’œuvre immigrante, conscient de la dépendance de l’agriculture américaine en la matière. Enfin, la candidate démocrate met en avant le rôle important des femmes dans le monde agricole ‘’she is willing to play the woman card’’. Cette carte féminine est également très présente parmi les personnes citées au poste de ministre de l’agriculture d’une administration Clinton. Cinq noms circulent actuellement : Karen Ross, ministre de l’agriculture de l’État de Californie et ancienne chef de cabinet de l’actuel ministre de l’agriculture Vilsack ; l’ancienne sénatrice de l’Arkansas, Blanche Lincoln ; l’ancienne Agriculture Deputy Secretary Kathleen Merrigan ; John Hickenlooper, l’actuel gouverneur du Colorado ; Steven Beshear, l’ancien gouverneur du Kentucky. Aucune information n’a été divulguée à ce propos par l’équipe de D. Trump. On peut toutefois supposer que les favoris figurent parmi les 65 personnalités du comité consultatif en agriculture dont s’est entouré le candidat républicain.


 

Politiques commerciales

ETATS-UNIS :  Impact pour la filière laitière américaine de l’application aux Etats-Unis de la réglementation européenne en matière d’indications géographiques

Le ‘’Consortium of common food names’’ a publié le 11 octobre un rapport sur l’impact très néfaste pour la filière laitière américaine de l’application aux Etats-Unis de la réglementation communautaire en matière d’indications géographiques (IG). Se basant sur les conséquences commerciales à l’exportation pour les filières laitières danoises et allemandes suite à l’octroi des appellations d’origine protégées ‘’feta’’ et ’’parmesan’’, l’étude rapporte que la consommation des fromages américains considérés comme génériques pourrait chuter de 98 500 tonnes à 262 000 tonnes au cours des 3 premières années suivant l’application de la politique communautaire sur les IG, leur prix diminuerait de 14%, les importations des fromages européens sous IG correspondants augmenteraient de 13%.

Ces évolutions auraient des conséquences catastrophiques sur la production laitière américaine ; la consommation de lait américain diminuant, le prix du lait baisserait de 18 $ à 42 $ par tonne, conduisant à de faibles marges pour les éleveurs. En conséquence, on assisterait à une réduction du cheptel laitier (d’ici à 2025, le troupeau de vaches laitières américain diminuerait de 3,7 à 9%) ainsi qu’à une chute du revenu des éleveurs de 24,6 à 59 milliards de dollars. Dans ce contexte, l’industrie laitière des Etats-Unis serait forcée de licencier une partie de ses employés. La diminution de la demande en fromages américains contraindrait certaines entreprises à la faillite.

Des conséquences indirectes seraient constatées sur toutes les entreprises associées de près ou de loin à la filière laitière, comme l’industrie de l’alimentation animale, les producteurs de céréales, les vétérinaires ou encore les entreprises de transport. A court terme (3 ans), en termes d’emplois, 76 300 et 175 500 équivalents temps pleins seraient supprimés. L’étude envisage par conséquent une réduction du produit intérieur brut des Etats-Unis de 10,1 à 23,2 milliards de dollars en trois ans.

MEXIQUE – CANADA : Le Canada autorise les importations de viandes de porc mexicaines 

Le gouvernement canadien vient de reconnaitre le Mexique comme indemne de peste porcine classique (PPC), ce qui ouvre le marché canadien aux viandes porcines mexicaines. Le Mexique avait sollicité auprès du Canada la reconnaissance de ce statut sanitaire en 2009. Il avait été reconnu en 2015 indemne de PPC par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE). Au niveau mondial, le Mexique a exporté en 2015 un peu plus de 97 000 tonnes de viande de porc, dont 81% au Japon, 10% en Corée du Sud et 9% aux USA.

MEXIQUE :   Les exportations agroalimentaires dépassent en juillet 17 milliards de dollars

La SAGARPA a annoncé que les exportations de produits agroalimentaires et agricoles ont atteint 17,39 milliards de dollars entre janvier et juillet 2016, soit une croissance annuelle de 4,3% et une balance commerciale agroalimentaire excédentaire de 2,3Md$, soit 58,2% de plus qu’en 2015 sur la même période. Les exportations de produits agricoles et agroalimentaires ont ainsi dépassé en valeur les ventes de pétrole, ainsi que les revenus dus aux « remesas » et au tourisme. La SAGARPA a également rappelé que le PIB du secteur primaire mexicain a augmenté de 3,4% au premier semestre 2016, taux de croissance supérieur à celui du PIB national, qui atteint 2,5%.

Politiques agricoles 

ETATS-UNIS :  L’agriculture urbaine dans le prochain Farm Bill ?

La sénatrice démocrate D. Stabenow (Michigan) vient de déposer un projet de loi visant à élargir aux agriculteurs urbains les programmes traditionnels de prêts, de subventions et d’assurances récolte dont bénéficient les agriculteurs traditionnels et à créer un service dédié à l’agriculture urbaine au sein de l’USDA. Le projet de loi propose un nouveau financement pour ce type d’agriculture, d’un montant de 46 millions de dollars par an pendant 10 ans, ce qui d’après la sénatrice reste marginal par rapport aux milliards de dollars alloués aux grosses exploitations chaque année. Dans le cadre du projet de loi, l’USDA réserverait notamment 10 millions de dollars sur 10 ans pour la recherche d’opportunités de commercialisation et de moyens d’amélioration de l’efficacité énergétique et de la gestion de l’eau, et 5 millions de dollars pour la fourniture d’équipements pour construire des jardins communautaires.

L’objectif de la sénatrice est d’intégrer l’agriculture urbaine dans le Farm Bill 2018. Elle a souhaité introduire le sujet de manière anticipée afin de laisser du temps à la discussion, craignant vraisemblablement que les agriculteurs traditionnels sourcillent à l’idée d’utiliser les ressources de l’USDA dans les villes. De nombreux programmes de l’USDA contiennent en effet des dispositions interdisant les dépenses du Ministère dans les endroits peuplés, les agriculteurs et les membres du Congrès redoutant une dissémination du budget dédié à l’agriculture. D. Stabenow espère également que l’existence d’un programme sur l’agriculture urbaine permettra au Farm Bill de gagner des voix (notamment auprès des parlementaires issus des zones urbaines). Toutefois, elle a insisté sur le fait que le programme sur l’agriculture urbaine n’a pas vocation à remplacer le programme d’aide alimentaire (SNAP) dans le Farm Bill. Rappelons que le Président de la Commission agricole de la Chambre des Représentants, Michael Conaway (Républicain-Texas), avait indiqué que les agriculteurs doivent convaincre les membres du Congrès issus des zones urbaines de voter en faveur du Farm Bill parce qu’il existe d’autres raisons que la ré- autorisation du programme SNAP.

Ce projet de loi que  D. Stabenow décrit comme « la législation la plus complète sur l’agriculture urbaine destinée à être présentée au Congrès », s’appuie sur les programmes d’agriculture biologique et d’agriculture locale du Farm Bill 2014 ; il reflète aussi  la croissance et la diversité de l’agriculture urbaine, comme la culture de fruits et légumes sur les terrains abandonnés de la ville de Detroit (Michigan), les fermes verticales à Newark (New Jersey) et les fermes sur les toits à Brooklyn (New York City).

La National Farmer Union, le groupe Food Police Action, et la National Young Farmers Coalition ont soutenu la proposition, qui offre de nouvelles opportunités économiques pour les villes en créant de nouveaux emplois dans l’agriculture et l’agroalimentaire, et augmente l’accès des familles citadines à des aliments sains. Ces organisations y voient aussi un moyen d’encourager l’installation de nouveaux agriculteurs et de développer la recherche. Le Président du Farm Bureau, Zippy Duval, a quant à lui publié un communiqué de soutien à l’annonce de la sénatrice, se réjouissant notamment que plus d’Américains souhaitent devenir des agriculteurs et engageant le syndicat à devenir partenaire de l’initiative.

ETATS-UNIS :  Le FSIS  a l’intention d’étendre les mesures de répression contre les mauvais traitements faits aux animaux d’élevage 

Le FSIS a annoncé le 26 octobre dans le Federal Register, son intention de rendre responsable de mauvais traitements à animaux tout propriétaire d’animaux d’élevage, transporteur, ou autre personne non employée par un établissement d’abattage, qui commettrait un acte ‘’inhumain’’ envers les animaux dans l’enceinte de ces établissements. Jusqu’à présent, compte tenu de la réglementation existante, seuls les abattoirs étaient rendus responsables des mauvais traitements à animaux réalisés dans leur enceinte, même si ces actes étaient perpétrés par des personnels non employés par eux. Selon la proposition du FSIS, si un personnel non employé de l’abattoir commet, dans les installations de l’établissement, un acte inhumain envers un animal, seule cette personne sera poursuivie. Ces mesures concerneront les animaux de boucherie, bovins, porcins, ovins et caprins. Les actions que le FSIS devrait mettre en place consisteront en une lettre d’avertissement pour les infractions mineures, une poursuite civile pour les actions de maltraitance récurrentes, ou une poursuite pénale pour des violations flagrantes. La procédure de commentaires publique est ouverte jusqu’au 25 novembre 2016. Le FSIS mettra en place ces nouvelles dispositions à partir du 24 janvier 2017 sauf s’il reçoit des commentaires démontrant la nécessité de revoir cette date.

Le renforcement de ces exigences en matière de bien-être animal trouve son origine dans la requête d’un abattoir de porc, reçue en janvier 2015, demandant la révision de la politique du FSIS concernant le bien-être animal. L’établissement déclarait qu’un abattoir officiel ne devait pas être tenu responsable d’une maltraitance perpétrée dans ses installations par des personnels non employés par l’établissement.

Cette proposition est « un changement radical » d’après l’American Society for the Prevention of Cruelty to Animals. Les défenseurs du bien-être animal y voient un progrès, mais qui selon eux, est loin d’être suffisant car la proposition ne concerne pas les volailles ; celles-ci représentent 90 % des animaux vivants transportés aux Etats-Unis.

ETATS-UNIS :  Les revenus nets des coopératives agricoles atteignent des records en 2015

Dans son rapport annuel sur les ventes des 2000 coopératives agricoles des Etats-Unis, l’USDA a déclaré que leurs revenus nets avaient atteint un record de 7 milliards de dollars en 2015. Pour les 100 plus grandes coopératives agricoles, le revenu net est passé de 4,3 milliards en 2014 à 4,9 milliards de dollars en 2015, soit une augmentation de 14%.  Pourtant, le chiffre d’affaires global a chuté, partant de 177 milliards en 2014 pour atteindre 149 milliards de dollars en 2015, ce qui selon le porte-parole du National Council of Farmer Cooperatives reflète la baisse du prix des céréales, des oléagineux, du bétail de même que celle du prix des intrants.

Le Ministre de l’Agriculture Tom Vilsack a déclaré que le modèle économique des coopératives agricoles est essentiel aux performances commerciales dans les zones rurales.

MEXIQUE :  Le gouvernement va appuyer le développement du secteur viticole

Le ministre de l’agriculture mexicain, José Calzada Rovirosa, a annoncé que la SAGARPA allait soutenir l’amélioration de la production et de la qualité des vins mexicains ainsi que la promotion de leur consommation afin de renforcer le secteur viti-vinicole national. Ce dernier enregistre actuellement un taux de croissance annuel de 12%.

Au Mexique, la surface dédiée à la vigne est de 6 000 ha, avec une production annuelle de 25 millions de bouteilles : 20 millions sont produites dans l’état de Basse Californie, les état de Querétaro et de Coahuila 2,5 millions chacun.

ETATS-UNIS :  L’USDA et la Maison Blanche veulent recruter plus de jeunes et de minorités dans le secteur de l’agriculture

Le service de la politique technologique et de la science de la Maison Blanche et l’USDA ont organisé début octobre une conférence visant à promouvoir l’image de l’agriculture auprès des jeunes, notamment des minorités ethniques. L’objectif était de casser le stéréotype voulant que l’agriculture soit synonyme d’agriculteurs, réservée aux blancs âgés, démodée et qui paye mal.

Une étude menée par l’université d’agriculture de Purdue (Indiana), a montré que 58 000 emplois sont créés chaque année dans l’agriculture, mais que seuls 35 000 étudiants obtiennent leur diplôme avec les compétences nécessaires pour prendre ces emplois.

Cette conférence a mis en lumière plusieurs causes à cette pénurie d’employés dans le secteur agricole. La première cause est le manque d’intérêt pour le monde agricole, vu par les étudiants sous une image négative, c’est–à-dire un secteur peu lucratif en train de mourir. L’éducation dans l’Amérique rural constitue un autre problème important : à peine un tiers des élèves qui entrent en classe de seconde parviennent à finir le lycée. Or sans diplôme de l’enseignement secondaire, il est difficile de trouver un emploi dans les grandes entreprises agricoles. Selon une chercheuse de l’Université de Yale, un des plus grands défis est d’assurer une transition scolaire réussie entre le lycée et l’enseignement supérieur pour les étudiants issus des minorités ethniques.

Durant cette conférence, de nombreux intervenants ont souligné l’intérêt des jeunes pour les nouvelles technologies et l’innovation, et l’importance de leur montrer que l’agriculture peut les amener vers ces domaines. Un étudiant a présenté son expérience dans l’entreprise d’équipement agricole John Deere, très en avance en matière de technologies de pointe qui fait avant tout des technologies. D’autres étudiants ont expliqué comment l’innovation en agriculture peut leur permettre de relever des défis tels que la croissance démographique mondiale, la lutte contre l’obésité, le changement climatique, les énergies renouvelables…

La Maison Blanche a relevé plusieurs initiatives prises par le gouvernement, comme l’octroi de bourses d’étude pour les étudiants des minorités dans les universités d’agriculture, le rapprochement entre l’ USDA et la Fondation nationale pour la science ou encore la mise en place d’une table-ronde pour l’intégration et la diversité en agriculture, ’’Agriculture Diversity & Inclusion Roundtable ‘’ regroupant l’USDA, 45 entreprises de l’agro-industrie, des agences gouvernementales et des organisations non lucratives. Cette initiative vise `à construire un ‘’réseau de diversité et d’intégration de talents pour une agriculture américaine compétitive’’.

ETATS-UNIS : Les subventions pour les couverts végétaux ont été multipliées par 10 entre 2005 et 2013

L’Environmental Quality Incentive Program (EQIP), qui vise à encourager les agriculteurs à adopter des actions volontaires de préservation de l’environnement, permet d’attribuer des aides fédérales aux agriculteurs. Deux pratiques couramment mises en place pour améliorer la santé des sols, les couverts végétaux (trèfle, pois, ray-grass) dans les rotations de culture et le non-labour, entrent dans le champ d’application du programme EQIP.
Entre 2005 et 2013, les subventions accordées par l’USDA pour inciter les agriculteurs à mettre en place des couverts végétaux sont passées de 5 à 50 millions de dollars. Pendant cette période, les financements ont diminué pour les agriculteurs qui acceptaient de ne plus avoir recours au labour et qui adoptaient la technique du semis direct, passant de 36 à 14 millions de dollars.
Cette diminution des financements pour la pratique du non-labour peut être attribuée à différents facteurs, notamment l’adoption croissante de la technique du semis direct par les agriculteurs même sans subventions, une meilleure disponibilité des semences pour les cultures de couverture et la mise à disposition d’outils de formation.

Politiques environnementales  

ETATS-UNIS :  Des abeilles pour la première fois classées sur la liste des espèces en voie d’extinction

Suite à près de 10 années de recherches menées en collaboration avec l’organisation Xerces Society, l’US Fish and Wildlife Service a annoncé l’inscription de 7 espèces d’abeilles à tête jaune d’Hawaï sur la liste des espèces menacées d’extinction. C’est la première fois que des abeilles sont classées dans cette catégorie aux Etats-Unis. Elles seront protégées par l’Endangered Species Act à partir du 31 octobre 2016 ; elles bénéficieront à ce titre de mesures de protection à l’échelle fédérale pour restaurer les populations et les protéger des activités humaines.

Les abeilles à tête jaunes d’Hawaï sont des espèces indigènes d’Hawaï. Elles constituent les principaux pollinisateurs de certaines plantes endémiques d’Hawaï aussi en voie d’extinction. Leur rôle est fondamental dans le maintien de la structure et de l’équilibre forestier.

La population de ces abeilles est en baisse depuis de nombreuses années. Les principaux facteurs de ce déclin sont l’apparition d’espèces invasives de plantes, d’insectes et d’animaux, et les feux de forêt. L’urbanisation, principalement en zone côtière, représente également une menace humaine directe pour l’habitat des abeilles.

ETATS-UNIS :  L’EPA refuse de reporter la réglementation sur la protection des travailleurs agricoles vis-à-vis des pesticides

La nouvelle réglementation sur la protection des travailleurs agricoles vis-à-vis des pesticides, publiée par l’EPA, comprend une disposition imposant aux agriculteurs de fournir des informations sur les pesticides utilisés, à la demande d’une partie tierce représentant l’un de leurs employés. L’industrie agricole est fermement opposée à cette mesure, et soutient une législation adossée au projet de loi budgétaire pour 2017 adopté par la Chambre des Représentants, qui empêcherait l’EPA de mettre en place la disposition ‘’tierce partie’’.

Une rencontre s’était tenue le 31 août dernier entre l’EPA et des représentants de l’industrie agricole, au cours de laquelle un marché avait été proposé à l’Agence fédérale : l’industrie accepterait de laisser tomber la législation ‘’tierce partie’’ si l’EPA consentait de repousser d’un an la mise en œuvre de cette disposition. Ce compromis a été refusé par l’EPA. Le porte-parole de l’Agence a déclaré que l’EPA s’engageait à assurer l’application de cette réglementation au 1 janvier 2017 afin que les travailleurs agricoles puissent bénéficier de la protection prévue.

Politiques alimentaires

ETATS-UNIS :  Dernière récolte dans le potager de Michelle Obama 

La première Dame des Etats-Unis a accueilli le 5 octobre, 200 personnes qui ont joué un rôle important dans la campagne Let’s Move ; le 6 octobre, elle a invité des écoliers pour la dernière récolte de son potager dans le jardin de la Maison Blanche. Elle a ainsi pu réaffirmer son engagement dans le mouvement Let’s Move qu’elle a lancé pour lutter contre l’obésité infantile, et son souhait de poursuivre son action après la fin du mandat de son mari. Ce potager, qui est devenu un emblème national pour une alimentation plus saine des enfants, a été planté en 2009 avec pour objectif de sensibiliser les citoyens américains sur l’origine de leur nourriture et son impact sur la santé.

La première Dame a pu présenter les améliorations récemment apportées à son potager dans lequel se trouvent à présent une allée en pierres et une arche en bois, une façon symbolique de le rendre permanent et de dissuader un futur président de le retirer.  La Maison Blanche a convenu que le National Park Service poursuivrait la préservation du potager après le départ de la famille Obama. D’ores et déjà, le président de campagne de Hillary Clinton a annoncé que la famille Clinton poursuivrait l’entretien du potager dans le cas de l’élection de la candidate démocrate. Sans se prononcer sur le potager, Donald Trump a déclaré que s’il était élu il voudrait réaliser de petits changements dans la Maison Blanche.

ETATS-UNIS :  La FDA veut redéfinir le terme « Healthy »

Suite à une requête d’une entreprise productrice d’en-cas (snacks), la FDA vient de lancer la procédure de ‘’modernisation’’ de la définition de l’allégation nutritionnelle ‘’healthy’’, vieille de plusieurs dizaines d’années. La FDA avait adressé à l’entreprise Kind une lettre d’avertissement faisant valoir qu’elle enfreignait les lois fédérales en employant le terme « healthy » de manière abusive. L’entreprise s’est alors plainte des ‘’distorsions’’ existant sur le marché :  un pudding à 0% de matière grasse remplit le critère lié à la faible teneur en matière grasse et peut être étiqueté ‘’healthy’’, alors qu’une barre de céréale à base de noix n’y répond pas et par conséquent ne peut prétendre à l’utilisation de cette allégation.

L’Agence a sollicité des commentaires publics sur la perception et la compréhension du terme ‘’healthy‘’ par les consommateurs. Elle a également annoncé qu’elle tiendrait des réunions publiques pour recevoir les avis de toutes les parties prenantes.

L’évolution de la définition de ce terme nécessitant une modification réglementaire, c’est-à- dire du temps, la FDA a également publié des lignes directrices à l’attention de l’industrie dans lesquelles elle explique qu’elle exercera dans l’intervalle son pouvoir discrétionnaire dans l’application de la réglementation en vigueur. Ainsi, la mention « healthy » pourra être également utilisée pour des aliments n’étant pas caractérisés par une faible teneur en lipide, mais contenant principalement des acides gras mono- ou poly-insaturés, ou des aliments contenant au moins 10% des valeurs nutritionnelles journalières recommandées pour le potassium et la vitamine D. En effet, selon l’Agence, les nouvelles recommandations en matière de santé publique se concentrent actuellement sur le type d’acides gras présents dans les aliments, plutôt que sur leur teneur, sur la quantité de sucres ajoutés et sur les nutriments que les consommateurs n’absorbent pas suffisamment comme la vitamine D et le potassium. La FDA a également l’intention de réexaminer la définition d’autres allégations nutritionnelles.

ETATS-UNIS :  Le producteur de volailles Perdue veut supprimer l’usage des antibiotiques en élevage

L’entreprise productrice de volailles Perdue a annoncé la finalisation de sa stratégie d’élimination des antibiotiques dans ses gammes de produits de volailles frais et surgelés. Cette stratégie dénommée « No Antibiotics Ever » par le président Jim Perdue vise à répondre à la demande des consommateurs de disposer de poulets élevés sans antibiotique. L’entreprise fait de ce slogan une marque commerciale inscrite sur plus de 200 de ses produits de volailles. 67% de la production de poulets et 50% de la production de dindes est déjà « labellisée No Antibiotics Ever ».  Cette initiative a pour objectif de donner à l’entreprise une image plus naturelle et plus transparente, et aussi de la distinguer de ses concurrents qui selon le président Perdue, ne promettent qu’une réduction des antibiotiques ou tentent de convaincre les consommateurs que ce sujet n’est pas important. En 2002, Perdue avait commencé à arrêter l’utilisation des antibiotiques destinés à stimuler la croissance des animaux et n’y avait recours que pour la prévention et le traitement des maladies. En 2014, le producteur avait complètement arrêté d’administrer à ses volailles les antibiotiques importants pour la médecine humaine. En juin 2016, l’entreprise a déclaré qu’elle voulait inciter ses éleveurs à améliorer l’habitat des volailles, en offrant plus de lumière naturelle et plus de confort aux volailles pour améliorer leur santé et diminuer le recours aux antibiotiques.  Perdue a prévu de moderniser 200 poulaillers avant la fin de l’année 2016.

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