Washington Wall Street Watch 2017-30

Washington Wall Street Watch 2017-30

Crédit photo : F. Jonkisz

SOMMAIRE

CONJONCTURE

-La croissance du PIB s’établit à 0,6 % au deuxième trimestre (rythme trimestriel)

-L’inflation PCE stagne en deçà de 2 %

POLITIQUES MACROECONOMIQUES

-Le Treasury Borrowing Advisory Committee évalue les effets de la réduction du bilan de la Fed

-La Chambre des Représentants a voté une loi de finance partielle (« minibus ») pour l’année fiscale 2018

-Un vote clé sur la réforme du système de santé Obamacare échoue au Sénat

-Les débats attendus à la rentrée sur la réforme fiscale commencent à se dessiner

REGULATION FINANCIERE

-Le Sénat confirme en bloc 65 nominations, notamment au Trésor et à la CFTC

-La Fed publie deux propositions de règles sur les règles de gouvernance et sur la notation des grandes institutions financières

-L’OCC lance un appel à commentaires publics pour réviser la règle Volcker

BREVES

CONJONCTURE                                              

La croissance du PIB s’établit à 0,6 % au deuxième trimestre

Le PIB a progressé de 0,6 % au deuxième trimestre, selon la première estimation du Bureau of Economic Analysis. La croissance est principalement tirée par la consommation des ménages (contribution de +0,5 point) grâce à la situation favorable du marché du travail. L’investissement privé a également contribué à la croissance à hauteur de +0,1 point. Le BEA estime des contributions nulles pour le solde commercial et la variation des stocks. A la fin du deuxième trimestre, l’acquis de croissance pour l’année 2017 est de +1,6 %.

Cette première estimation semble entériner le rebond attendu après une croissance décevante de +0,3 % au premier trimestre décevant.

L’inflation PCE stagne en deçà de 2 %

L’inflation PCE totale (déflateur des dépenses de consommation privée) stagne en juin et l’indice sous-jacent progresse faiblement, de 0,1 %. Sur douze mois, l’inflation totale et l’inflation sous-jacente s’établissent à respectivement +1,4 % et +1,5 % (après +1,5 % pour les deux indices en mai).

POLITIQUES MACROECONOMIQUES            

Le Treasury Borrowing Advisory Committee évalue les effets de la réduction du bilan de la Fed sur la politique financière du Trésor

Le Treasury Borrowing Advisory Committee (TBAC), instance chargée de conseiller le Trésor sur sa politique d’émission de dette, s’inquiète des effets négatifs potentiels de la réduction du bilan de la Federal Reserve sur les marchés financiers. Le comité pense que l’opération peut entraîner « une baisse importante des prix sur les marchés actions et du crédit, mais avec peu de risques systémiques ».

Face à la perspective d’une hausse des coûts de financement et d’une pentification attendue de la courbe des taux d’intérêt, le TBAC déconseille au Trésor de concentrer ses émissions sur des maturités courtes. Ses recommandations suggèrent d’émettre sur l’ensemble des maturités afin (i) de profiter des taux très bas pour optimiser le coût de financement et (ii) de répondre au mieux à la demande des primary dealers (spécialistes en valeur du Trésor) et limiter ainsi le risque d’une augmentation imprévue des taux d’intérêt qui serait la conséquence d’un déficit de demande.

La Chambre des Représentants a voté une loi de finance partielle (minibus) pour 2018

La Chambre des Représentants a voté une loi de finance partielle pour l’année fiscale 2018, qui s’ouvre le 1er octobre 2017. Cette loi dite « minibus » permet d’autoriser les dépenses relatives à 4 des 12 grandes catégories de programmes (« appropriations ») que comporte le budget fédéral. La loi votée porte ainsi sur les budgets des Ministères de la Défense, de l’Energie et des anciens combattants, ainsi que sur le financement de la branche législative. Elle représente un total de 788 Mds USD et contient notamment 1,6 Md USD pour financer la construction d’un mur avec le Mexique. Pour entrer en vigueur, ce minibus doit être voté dans des termes identiques au Sénat, à la majorité des 60 votes ; cela supposerait donc que certains sénateurs démocrates votent ce texte, ce que les analystes jugent peu réaliste. La Chambre est en vacances parlementaires (recess) depuis le 28 juillet et le Sénat le sera au plus tard le 11 août (potentiellement dès le 4 d’après plusieurs sources). Il restera aux deux chambres 12 jours ouvrés communs en septembre avant la fin de l’année fiscale 2017. Compte-tenu de ces différentes contraintes, les issues les plus probables au 30 septembre restent une simple prolongation des enveloppes actuelles sous la forme d’un budget temporaire (Continuing Resolution), qui nécessitera également 60 votes au Sénat, voire un shutdown (fermeture des services publics essentiels) en cas d’absence d’accord.

Un vote clé sur la réforme du système de santé Obamacare échoue au Sénat

Un projet d’abrogation de certains éléments du système de santé Obamacare (notamment le mandat individuel) a échoué au Sénat dans la nuit de jeudi à vendredi, par un vote de 51-49 suite à l’opposition de 3 sénateurs républicains (J. McCain, S. Collins et L. Murkowski). Une étude d’impact publiée dans la soirée par le Congressional Budget Office (CBO) avait établi à 16 millions le nombre d’Américains non assurés supplémentaires en 2026 par rapport aux trajectoires à droit constant si ce projet avait abouti.

Malgré les appels de la Maison Blanche (D. Trump, M. Mulvaney) et de certains élus à poursuivre les efforts sur le sujet au Sénat, les chefs de la majorité au Congrès, P. Ryan et M. Mc Connell, ont indiqué souhaiter se tourner vers les prochaines priorités, et notamment la réforme fiscale. D. Trump a également annoncé vouloir « laisser les marchés s’écrouler d’eux-mêmes », et menace de supprimer certaines subventions qui sont du ressort de l’Administration et non du Congrès (cost sharing reduction subventions). Une décision est attendue cette semaine sur l’avenir de ces subventions.

Les débats attendus à la rentrée sur la réforme fiscale commencent à se dessiner

Suite à la publication la semaine dernière d’une série de grands principes par la Maison Blanche et les leaders du Congrès, les débats à venir à la rentrée commencent à se structurer. M. Mc Connell, chef des Républicains du Sénat, a affirmé qu’il ne chercherait pas de votes démocrates sur le sujet et qu’il viserait une adoption à la majorité simple des 50 votes au Sénat. La Maison Blanche a dessiné une ébauche de calendrier et table sur une adoption à la Chambre en octobre et au Sénat en novembre.

En parallèle, 45 des 48 sénateurs démocrates ont signé une lettre énonçant les principes qu’ils souhaitent voir respecter pour soutenir les efforts de réforme. Ils appellent notamment les Républicains à (i) ne pas recourir à la procédure accélérée dite de réconciliation, qui permet d’adopter une loi à la majorité simple des 50 votes, (ii) ne pas baisser les impôts sur les 1% les plus riches et (iii) ne pas augmenter le déficit.

REGULATION FINANCIERE

Le Sénat confirme en bloc 65 nominations, notamment au Trésor et à la CFTC

Sont confirmés au Trésor D. Malpass pour le poste de Sous-Secrétaire pour les affaires internationales, D. Kautter (assistant du Secrétaire au Trésor en charge de la politique fiscale), C. Campbell (Sous-Secrétaire adjoint pour les institutions financières), B. McIntosh (Directeur Juridique) et A. Maloney. Sont confirmés à la Commodity and Futures Trade Commission (CFTC, régulateur des marchés à terme et de dérivés) C. Giancarlo (Chairman), B. Quintenz et R. Behnam (Commissaires).

Comme annoncé, le Sénat profite du temps supplémentaire qu’il s’est octroyé avant de partir en vacances parlementaires (recess) pour rattraper le retard accumulé sur les nominations. Avant les annonces du 3 août, sur les 576 postes clés nécessitant une confirmation suivies par le Washington Post, 59 étaient pourvus et 162 étaient en attente de confirmation. Sur les autres postes aucun nom n’a encore été proposé par D. Trump. Au 27 juillet de leurs premières années de mandat respectives, B. Obama avait pourvu 228 postes, G.W. Bush 208 et B. Clinton 214. De nombreuses sources indiquent que le Sénat pourrait partir en vacances dès le 3 août, au lieu du 11 août initialement prévu.

La Fed publie deux propositions de règles sur les règles de gouvernance et sur la notation des grandes institutions financières

La Fed a publié deux propositions de règles sur les règles de gouvernance des conseils d’administration (CA) et sur la notation des grandes institutions financières. Les règles seront soumises à une période de recueil de commentaires publics de 60 jours avant leur finalisation.

La première règle vise à alléger le cadre de supervision portant sur les CA des institutions financières. La Fed souhaite réduire les « fardeaux inutiles » pesant sur les administrateurs en recentrant leurs responsabilités sur leurs rôles essentiels (core responsabilities) : la supervision des risques et l’alignement de la stratégie d’entreprise avec ces derniers. La règle prévoit donc (i) de mieux définir les responsabilités des CA, (ii) de rééquilibrer les responsabilités relatives des CA et des équipes de management et (iii) d’identifier les obligations incombant aux CA pouvant être supprimées ou revues.

La seconde règle vise à mieux aligner le système de notation utilisé par la Fed avec le cadre de régulation et supervision érigé depuis la crise. Ce dernier fixe des standards de capital, de liquidité, de gouvernance et de contrôle qui réduisent la probabilité d’une faillite et les risques sur la stabilité du système financier. La Fed souhaite mettre en place un nouveau système de notation qui prenne mieux en compte ces évolutions réglementaires. Il ne s’appliquerait qu’aux banques détenant plus de 50 Mds USD ou plus d’actifs et aux filiales des banques étrangères (FBOs) opérant aux Etats-Unis.

L’OCC lance un appel à commentaires publics pour réviser la règle Volcker

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a lancé une procédure de recueil de commentaires publics sur l’opportunité de réviser la règle Volcker, et sur les orientations souhaitées d’une telle réforme. L’OCC souhaite conserver les objectifs de la règle tels qu’énoncés dans le Dodd Frank Act, tout en réduisant le poids réglementaire associé. L’OCC souhaite recueillir l’avis des parties intéressées sur (i) la possibilité de calibrer la règle en fonction de la taille des entités régulées, (ii) les clarifications nécessaires, notamment en termes de définition des activités interdites et (iii) la manière avec laquelle la règle pourrait être appliquée de manière plus efficace par les régulateurs. Les parties intéressées disposent de 45 jours pour soumettre leurs commentaires.

La révision de la règle Volcker était à l’ordre du jour de la réunion du Financial Stability Oversight Concil (FSOC) vendredi dernier. D’après des sources presse, les régulateurs s’y seraient mis d’accord sur le principe d’une réécriture de la règle Volcker. L’annonce de l’OCC pourrait donc être suivie par des annonces similaires de la part d’autres régulateurs.

BREVES

*S. Mnuchin a appelé le Congrès à voter la remontée du plafond de dette avant la fin septembre. Il a demandé à ce que ce vote ne soit pas conditionné ou associé à d’autres mesures ou conditions (réformes structurelles ou fiscales visant une baisse du déficit), demandés par certains élus au Congrès.

*Les régulateurs bancaires (Fed, FDIC, OCC) ont publié leur analyse semi-annuelle des risques et tendances de crédit portés par les institutions financières régulées (National Credit Review). Les régulateurs affirment que les risques déclinent tout en restant élevés – à cause notamment de défauts dans le domaine énergétique (oil and gas) et de niveaux d’endettement élevés dans d’autres secteurs. Le rapport conclut néanmoins que les pratiques de gestion des risques de crédit dans la plupart des grandes banques continuent de s’améliorer.

*Le tribunal fédéral en charge de l’appel sur la désignation de MetLife comme assureur systémique a suspendu indéfiniment sa décision. Le tribunal attendra la revue par S. Mnuchin du processus de désignation des assureurs systémiques par le Financial Stability Oversight Council (FSOC). Un rapport est attendu sur le sujet courant 2017.

*Les 3 candidats aux postes vacants au sein de la Commodity and Futures Trading Commission (CFTC), D. Stump, B. Quintenz et R. Behnam, étaient entendus au Sénat. Ils ont tous affirmé souhaiter finaliser la règle sur les limites de position (position limit rule), prévue par le Dodd Frank Act pour limiter la spéculation sur les produits énergétiques.

*Le Treasury a annoncé la suppression dans les prochains mois des plans de retraite collectifs simplifiés mis en place par l’Administration Obama en 2014, les myRA (my Retirement Account). Ces plans simplifiaient la gestion pour l’employeur, ne requéraient aucune contribution de sa part, et étaient entièrement investis dans des obligations du Trésor. Le Treasury a justifié sa décision par une faible demande et par l’existence de multiples alternatives proposées par des acteurs privés.

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