L’impact du e-commerce sur les commerces physiques aux Etats-Unis

Les ventes liées au commerce en ligne ont atteint un montant total de 395 Mds USD aux Etats-Unis en 2016, après avoir augmenté de 16% en un an et représentent désormais 12 % du secteur de la vente.


La croissance des ventes en ligne a également été associée à la création de 178 000 emplois directs entre 2002 et 2016. A contrario, de nombreuses enseignes de magasins physiques sont en difficulté. Ainsi, en juin 2017, le Crédit Suisse prévoyait une baisse de 20 à 25 % du nombre de centres commerciaux aux Etats-Unis d’ici à 2022 mettant particulièrement en difficultés les « department stores ». Enfin, les créations d’emplois dans le e-commerce n’ont pas compensé les 448 000 destructions d’emplois dans ces grandes enseignes entre 2002 et 2016.

Un effet Amazon sur la destruction des emplois ?

Cette expansion du e-commerce, au détriment de la vente physique, s’explique en partie par l’efficacité de son modèle économique qui s’appuie sur l’automatisation de la chaîne logistique, la diversification des produits disponibles et l’optimisation de l’interface client qui ont permis notamment à une plateforme comme Amazon de (i) réduire ses coûts ; (ii) proposer des livraisons dès le lendemain à frais réduits et (iii) attirer davantage de revendeurs qui bénéficient d’un accès facilité à leur clientèle. Par ailleurs, la forte pénétration des smartphones dans le marché américain a également contribué au dynamisme du commerce en ligne puisque le e-commerce sur mobile représentait 20 % des achats en ligne en 2016 contre 2 % en 2010.

Cependant, Amazon a bénéficié d’exonérations fiscales qui ont renforcé son avantage compétitif. Depuis la décision Quill Corp. V. North Dakota de la Cour Suprême en 1992, les plateformes de vente en ligne peuvent éviter de collecter une taxe de vente dans les Etats fédérés où l’entreprise n’a pas de structures physiques. Cela étant, depuis quelques années Amazon a revu son comportement fiscal et s’acquitte de la taxe de vente dans 45 Etats fédérés.

Un effet Amazon à nuancer

Il est possible que les difficultés des sites physiques soient aussi en partie imputables à l’excès d’offre. Entre 1970 et 2015, les « malls » se sont développés deux fois plus vite que la croissance démographique. Un Américain dispose d’une surface physique d’achat 40% plus grande qu’un Canadien. En second lieu, ce pourrait aussi être le signe d’une évolution des préférences des consommateurs, guidée notamment par les goûts des « millenials », plus prompts à commander en ligne qu’à effectuer des achats physiques.

Quelles régulations ?

Le débat public actuel s’oriente autour (i) du redimensionnement de la fiscalité appliquée à la vente de détail, en ligne et physique et (ii) d’une attention grandissante à la position dominante que pourrait occuper certains acteurs avec les nouvelles concentration d’août 2017. Cela étant, jusqu’à ce qu’un projet de régulation consensuel n’émerge, « l’autorégulation » du secteur n’apparait pas.

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0