Flash Technologies et Innovation n°2017-5

Flash Technologies et Innovation n°2017-5

Crédit photo : Javier Morales

SOMMAIRE

Régulation et Gouvernance

  • La Federal Communications Commission (FCC) souhaite abandonner l’autorisation d’appels en avions
  • Des élus républicains demandent à la FCC de maintenir une politique de protection des données
  • D. Trump a signé un décret présidentiel visant à revoir les conditions d’obtention du visa H-1B
  • La FCC a procédé à une vente publique de fréquences de télévision pour un montant de 19,8 Mds USD

Technologies

  • Les réalités augmentées et virtuelles ont été au coeur de la conférence F8 de Facebook

Entreprises

  • AT&T rachète une entreprise de télécommunication pour 1,25 Mds USD
  • Twitter retire sa plainte contre le U.S. Customs and Border Protection (CBP)
  • Le U.S. Department of Labor (DoL) suspecte Google d’inégalités salariales entre hommes et femmes

Relais d’opinion

  • Le débat sur la modération des contenus sur les plateformes de partage relancé
  • L’Internet Association réaffirme son attachement au principe de neutralité du net
  • L’administration critiquée pour vouloir obtenir les mots de passe des réseaux sociaux des voyageurs étrangers

REGULATION ET GOUVERNANCE

La Federal Communications Commission (FCC) souhaite abandonner l’autorisation d’appels dans les avions

Le Président de la FCC, A. Pai, a annoncé vouloir abandonner cette autorisation, adoptée après que la Federal Aviation Agency (FAA) eut autorisé, en 2013, l’utilisation des appareils électroniques à bord des avions pendant toutes les phases du vol. A l’époque, l’ancien président démocrate de la FCC estimait qu’autoriser les appels dans les avions était logique, compte tenu de l’apparition de nouvelles technologies. L’autorisation d’appels dans les avions avait été ensuite régulièrement remise en cause par les passagers, qui ne voulaient pas être dérangés par des appels téléphoniques en vol. En abandonnant définitivement cette proposition, A. Pai affirme se positionner du côté des pilotes, passagers et pour l’intérêt public.

Des élus républicains demandent à la Federal Communications Commission de maintenir une politique de protection des données

50 Républicains ont signé une lettre à destination de la Federal Communications Commission (FCC) lui demandant de maintenir une politique de protections des données des utilisateurs internet, après l’abrogation par le Congrès et le Président Trump des Broadband Privacy Rules, qui interdisaient notamment la vente non-consentie des données de navigation des internautes. Les Républicains s’opposaient aux Broadband Privacy Rules car elles ne concernaient que les opérateurs mobiles, désavantagés face aux navigateurs et sites internet qui collectent également des données personnelles. Cette lettre fait suite à une forte mobilisation de la société civile et alors que des études montrent que 83% des Américains considèrent que les opérateurs mobiles ne devraient pas être autorisés à collecter des données à des fins commerciales sans l’accord préalable des utilisateurs. Cette lettre de Républicains semble vouloir alerter le Président de la FCC, qui a récemment annoncé vouloir revenir sur l’ensemble des règles qui contraignaient les opérateurs mobiles, notamment la neutralité du net.

Trump a signé un décret présidentiel visant à revoir les conditions d’obtenir du visa H-1B

Dans son « Buy American, Hire American » executive order daté du 18 avril 2017, le Président Trump ordonne au Department of Homeland Security (DHS), qui délivre entre 70 000 et 80 000 visas H-1B par an, de restreindre les conditions d’accès à ce programme d’immigration  pour plus de 230 000 travailleurs hautement qualifiés qui y postulent chaque année.

Au cours de sa campagne, le Président Trump a accusé des entreprises d’utiliser ce programme afin d’embaucher une main d’œuvre étrangère moins chère, lésant ainsi les travailleurs américains. D. Trump souhaite désormais s’assurer que le programme bénéficie exclusivement aux personnes à haut potentiel, fortement rémunérées et recrutées par une entreprise américaine si cette dernière ne trouve pas de profils similaires aux Etats-Unis.

Ce programme H-1B est très apprécié des entreprises tech qui y voient un moyen de recruter une main d’œuvre très qualifiée. Ainsi, 15% des personnes employées par Facebook aux Etats-Unis le sont sous ce statut. Les entreprises du secteur sont préoccupées par la mise en œuvre de restrictions en matière d’immigration alors que le marché du travail aux Etats-Unis manque d’ingénieurs et programmeurs. Précédant le décret présidentiel, le DHS avait déclaré que les contrôles sur les entreprises qui emploient des personnes sous le statut H-1B seraient renforcés, notamment en ce qui concerne la nature des emplois et la réalité des efforts de l’entreprise pour attirer des talents américains. Bien que le décret présidentiel ne précise pas les modalités d’un renforcement des conditions d’accès au H-1B, le think tank Information Technology & Innovation Foundation (ITIF) met en garde contre une réduction du nombre de visas alloués ou la fin des visas H-4 qui permettent aux épouses de travailleurs H-1B d’occuper un emploi. L’ITIF précise en revanche qu’une réforme du système d’attribution, en passant d’une loterie à un système basé sur le mérite, serait compatible avec les objectifs du Président.

La FCC a procédé à une vente publique de fréquences de télévision de 19,8 Mds USD

Le 13 avril 2017, la FCC a annoncé avoir obtenu 19,8 Mds USD suite à une enchère publique de fréquences de télévision.  Sous exploitées par les chaînes de télévision, elles ont accepté de  les revendre par l’intermédiaire de la FCC. Sur le montant généré par la vente, 10 Mds USD reviennent aux chaînes de télévision et 7,3 Mds USD sont affectés à la dette fédérale. Les principaux bénéficiaires des fréquences sont  les opérateurs télécoms T-Mobile, Comcast, Dish et U.S. Cellular.  La FCC considère que cette opération servira l’intérêt du consommateur en permettant non seulement aux chaînes de télévision concernées d’allouer davantage de ressources à la qualité de leurs programmes, mais également en offrant aux opérateurs mobiles de nouvelles opportunités économiques et d’innovation dans un environnement plus concurrentiel.

TECHNOLOGIES

Les réalités augmentées et virtuelles au coeur de la conférence F8 de Facebook

Lors de  sa  conférence annuelle destinée aux développeurs, Facebook a présenté  ses  priorités technologiques qui s’articulent autour des réalités augmentées et virtuelles.  Alors que le réseau social a récemment ajouté des filtres pour images, similaires aux possibilités offertes par Snapchat, Facebook entend solliciter l’aide des développeurs en créant une nouvelle plateforme dédiée au développement d’applications de réalités augmentées, connectées à l’appareil photo des smartphones. La plateforme, Camera Effects Platform, devrait se concentrer sur plusieurs aspects techniques : la reconnaissance précise d’objets, l’ajout d’effets 3D, la localisation et la mémorisation des effets qui, selon Facebook, permettrait de laisser un message virtuel sur un mur à destination de ses amis. Concernant la réalité virtuelle, l’entreprise, qui rassemble près de 2 milliards d’utilisateurs, souhaite faire converger  l’usage de son réseau avec celui des casques Oculus (racheté en 2014 pour 2 Mds USD), grâce à une application nommée Facebook Spaces. Cette dernière, actuellement en version béta, offre la possibilité de se réunir avec ses amis Facebook dans un espace virtuel afin d’échanger, jouer et regarder des contenus.   Lors d’une précédente conférence en octobre 2016,  Mark Zuckerberg  avait fait une première démonstration de ce que pouvait être Facebook Spaces.

ENTREPRISES

AT&T rachète une entreprise de télécommunication pour 1,25 Mds USD

AT&T a annoncé être parvenu à un accord pour racheter l’entreprise de télécommunication Straight Path Communications pour 1,25 Mds USD. Ce rachat permettra à l’opérateur mobile d’accélérer le déploiement du réseau 5G aux Etats-Unis. Ce rachat, qui devra être approuvé par la Federal Communications Commission (FCC), succède à celui de FiberTower, une autre entreprise de télécommunication en janvier 2017. Par ailleurs, AT&T est toujours dans l’attente d’une autorisation du Department of Justice pour le rachat de Time Warner.

Twitter abandonne sa plainte contre le U.S. Customs and Border Protection (CBP)

Twitter a décidé de retirer  une plainte contre le U.S. Customs and Border Protection (CBP) après que ce dernier eut annulé, le 7 avril 2017, une requête administrative réclamant au réseau social des informations associées au compte @ALT_USCIS, qui parodie le compte de l’U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS). Twitter    considérait dans sa plainte que la demande  du CBP n’entrait pas dans le cadre  du Chapitre 13, Section 1509 du Code of Federal Regulations qui limite les demandes d’information aux investigations liées   aux échanges de  marchandises. L’entreprise a invoqué le Premier amendement de la Constitution qui consacre la liberté d’expression, dans un contexte où plus d’une  cinquantaine de comptes Twitter parodiant des agences fédérales ont été créés à la suite de la cérémonie d’investiture du Président Trump. Ces comptes, dont certains dépassent le million d’abonnés, revendiquent pour la plupart être tenus par des employés ou d’anciens collaborateurs.

Le U.S. Department of Labor (DoL) suspecte Google d’inégalités salariales entre hommes et femmes

Dans le cadre d’une investigation en cours, le Department of Labor (DoL) a déposé une plainte contre Google afin de contraindre l’entreprise à lui transmettre des données sur les salaires versés à ses employés. Google refuse en considérant qu’il s’agit d’informations confidentielles qui ne peuvent être transférées afin de respecter la vie privée des employés. Le DoL considère qu’en tant qu’entreprise ayant des contrats avec le gouvernement fédéral, Google doit se soumettre à des vérifications en termes de respect d’égalité salariale, et ce d’autant plus que les premières données de l’investigation du DoL suggèrerait des inégalités de salaires très significatives entre hommes et femmes au sein de l’entreprise. En vertu de plusieurs décrets et lois (l’Executive Order 11246, la Section 503 du the Rehabilitation Act de 1973 et le Vietnam Era Veterans’ Readjustment Assistance Act de 1974), les entreprises ayant des contrats avec les pouvoirs publics se mettent dans l’illégalité si des pratiques de ressources humaines sont identifiées comme étant discriminantes. En janvier 2016, le DoL avait déjà poursuivi l’entreprise Oracle pour ce motif.

RELAIS D’OPINION

Le débat sur la modération des contenus sur les plateformes de partage relancé

Le 16 avril 2016, un homme s’est filmé en train de commettre un meurtre sur une personne âgée, avant de mettre la vidéo en ligne sur Facebook. La vidéo a été vue plus de 200 000 de fois et partagée sur d’autres plateformes dont Twitter, YouTube et Instagram. Retirée des réseaux sociaux deux heures plus tard, Facebook a fait l’objet de nombreuses interpellations par des internautes et observateurs qui ont critiqué le manque de réactivité du réseau social. Il s’agit du quatrième cas d’homicide partagé en ligne en moins d’un an, ce qui s’ajoute à la publication d’autres contenus très violents (suicides, viols, harcèlement, propagande terroriste…).

Avec l’accroissement de l’audience des réseaux sociaux et le développement d’outils permettant la diffusion en direct (Facebook Live, Periscope, …), les modèles de modération actuels sont amenés à évoluer, selon le vice-président de Facebook, Justine Osofsky. Actuellement, la modération sur Internet s’appuie généralement sur une combinaison d’algorithmes de détection, de signalements de la part des utilisateurs et d’équipes de modérateurs. Si les réseaux sociaux deviennent plus réactifs contre les contenus violents et les fausses informations, ils restent également critiqués pour le manque de transparence de leur politique de modération, qui devrait faire l’objet d’audits externes selon l’American Civil Liberties Union.

L’Internet Association réaffirme son attachement au principe de neutralité du net

Le 12 avril 2017, l’Internet Association, qui défend les intérêts d’entreprises tech telles que Google, Amazon et Netflix, a rencontré le Président de la FCC, Ajit Pai, afin d’insister sur l’importance de la neutralité du net pour le secteur. Selon ce principe, les flux de données doivent être traités de manière égale et non discriminante sur Internet, quel que soit l’utilisateur, le contenu ou la plateforme d’accueil. En d’autres termes, un opérateur internet ne peut pas bloquer ou ralentir l’accès à un site web, ou à l’inverse, faire payer pour rendre un site web accessible. Une semaine après cette rencontre, plusieurs startups et incubateurs de la Silicon Valley (Y Combinator, Techstars, Engine, …) ont adressé une pétition au Président de la FCC pour qu’il préserve la neutralité du net. Cependant, Ajit Pai, soutenu par les Républicains, considère qu’il est préférable de laisser le marché des télécoms définir des règles de bonne conduite qui ne pénaliseraient pas le développement des fournisseurs d’accès.

L’administration critiquée pour vouloir obtenir le mot de passe des réseaux sociaux des voyageurs étrangers

Suite à un article du Wall Street Journal affirmant que le Department of Homeland Security pourraient prochainement introduire une série de mesures de contrôle renforcé des personnes aux frontières, 29 organisations de défense des consommateurs ont diffusé une pétition publique à l’attention de John Kelly, Secrétaire à la tête du DHS. Les organisations lui demandent d’exclure de ces dispositifs la possibilité donnée aux agents de réclamer aux visiteurs étrangers les mots de passe de leurs comptes sociaux. En février 2017, J. Kelly avait suggéré cette idée lors d’une audition au Congrès, considérant qu’une personne qui refuserait de coopérer ne devrait pas pouvoir entrer sur le sol américain. Pour l’heure, le détail de ses mesures n’est pas encore connu. J. Kelly avait précisé qu’il se limiterait aux ressortissants de pays identifiés comme étant à risque mais les sources du Wall Street Journal laissent entendre que la mesure pourrait également concerner les visiteurs de pays alliés, dont la France, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Les associations de défense des consommateurs dénoncent une mesure à visée politique dont l’efficacité est faible et l’atteinte à la vie privée dangereuse.

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