Flash Tech n°2017-13

Flash Tech n°2017-13

Crédit photo : Javier Morales

SOMMAIRE

Régulation et Gouvernance

  • David Redl confirmé à la tête de la National Telecommunications and Information Administration
  • Interférences russes présumées : le Congrès a auditionné Facebook, Twitter et Google
  • Neutralité du net : vote à venir à la Federal Communications Commission
  • Antitrust : le Département de la Justice bloque le rachat de Time Warner
  • Propriété intellectuelle : la Cour suprême appelée à préciser le statut juridique des brevets

Technologies

  • Tesla a dévoilé le premier prototype de son semi-remorque électrique
  • L’Intelligence Advanced Research Project Activity (IARPA) finance un projet « moonshot » autour de l’intelligence artificielle

Entreprises

  • Télécoms : Sprint et T-Mobile ont décidé de renoncer à leur fusion
  • Qualcomm a rejeté la proposition de rachat de Broadband
  • Apple vs. Qualcomm : la guerre sur le partage de la valeur ajoutée continue
  • Cybersécurité : Uber a gardé secret une fuite de données concernant 57 millions d’utilisateurs

Relais d’opinion

  • Le secteur tech soutient un projet de loi contre le trafic sexuel en ligne (SESTA) après s’y être opposé
  • Renégociation de l’ALENA : les industries du copyright font entendre leur voix
  • Les emplois des petites agglomérations seraient les plus menacés par l’automatisation

REGULATION & GOUVERNANCE

Nominations : David Redl confirmé à la tête de la National Telecommunications and Information Administration (NTIA)

David Redl a été confirmé le 7 novembre 2017 par le Sénat pour prendre la tête de la National Telecommunications and Information Administration (NTIA), l’agence interne du Department of Commerce qui a rôle de conseil auprès de la Maison Blanche sur les sujets des télécommunications. D. Redl avait été nommé fin mai par D. Trump mais sa confirmation a été retardée par plusieurs sénateurs républicains. Le sénateur Ted Cruz (Rép., Texas) demandait plus de précisions sur la manière dont D. Redl comptait préserver les intérêts américains après la transition vers une gouvernance multipartite de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN). Avant sa nomination, D. Redl était premier conseiller de la Commission à l’Energie et au Commerce à la Chambre des Représentants. Il a auparavant été directeur des affaires publiques et de la régulation à la Cellular Telecommunications and Internet Association (CTIA), une association qui défend les intérêts des entreprises de télécommunications.

A contrario, d’autres positions clés pour les enjeux technologiques et scientifiques attendent toujours des nominations présidentielles. Dans une lettre adressée à la Maison Blanche, plusieurs sénateurs démocrates se sont inquiétés du retard (plus de dix mois) pris dans la nomination du Conseiller scientifique du président et du Chief Technology Officier ainsi que d’autres postes importants au sein de l’Office of Science and Technology Policy (OSTP). L’OSTP est chargé de conseiller le président dans sa politique scientifique et technologique et dispose actuellement d’une équipe d’une cinquantaine de personnes, deux fois moins qu’à la fin du mandat de la précédente administration.

Interférences russes présumées lors des élections américaines : le Congrès a auditionné Facebook, Twitter et Google

Les sénateurs et représentants américains ont auditionné les entreprises Facebook, Twitter et Google à trois reprises le 31 octobre et le 1er novembre 2017. Ces auditions sont intervenues dans le cadre des investigations en cours concernant les tentatives d’interférences russes pendant la campagne présidentielle de 2016. Les entreprises ont reconnu que des faux-comptes russes avaient acheté des espaces publicitaires en ligne afin de diffuser des messages politiques visant à cliver la société américaine sur des sujets sensibles (port d’arme, droits des minorités, avortement, etc.). Facebook a estimé que 146 millions d’Américains auraient été exposés aux plus de 3 000 publicités et 200 000 contenus distincts diffusés par un organe de propagande russe sur Facebook ou Instagram, au cours de la campagne présidentielle. Sur Twitter, 36 746 bots affiliés à une source russe auraient généré 1,4 millions de tweets. Pour Google, seuls deux annonceurs auraient une connexion avec l’organe de propagande russe Internet Research Agency. Selon les entreprises, il n’est pas possible d’estimer l’impact global de ces publicités sur les électeurs américains car, en dehors du caractère multifactoriel de la décision de vote (ou d’aller voter), les contenus en question représentent une infime partie des contenus qui ont été visionnés par les utilisateurs Américains.

Les parlementaires ont considéré qu’il s’agissait d’un enjeu stratégique de sécurité intérieure et, à cet égard, ont estimé que les réponses des entreprises ne ne garantissaient pas en l’état une protection crédible contre de nouvelles interférences de la part d’organes d’influence soutenues par des Etats hostiles. De plus, il a été rappelé aux entreprises qu’elles étaient soumises aux règles de la Federal Election Commission (FEC) qui interdisent à tout acteur étranger d’interférer dans les élections américaines. Enfin, les entreprises ont été sommées d’affiner leurs enquêtes et de continuer à pleinement coopérer avec les différentes commissions parlementaires.

Les entreprises se sont engagées à : (i) augmenter les effectifs des équipes dédiées aux contrôles des contenus ; (ii) renforcer les règles en matière de publicité politique, avec notamment des procédures d’authentification additionnelles et un dispositif de transparence consistant à préciser à l’utilisateur le nom de l’annonceur ; (iii) perfectionner leurs outils de détection utilisant une intelligence artificielle combinée au travail des équipes humaines afin de mieux identifier les comportements suspects avant même la publication de contenu ; (iv) nouer une collaboration plus étroite avec les autorités compétentes.

Deux semaines après ces auditions, la FEC a voté unanimement le projet d’un renforcement des règles de transparence appliquées aux publicités politiques en ligne. Les précédentes tentatives de régulation par la FEC se sont souvent heurtées par le passé aux résistances des entreprises. Celles-ci soutiennent la démarche. Toutefois, si de nouvelles règles étaient instaurées, elles ne s’appliqueraient qu’aux publicités financées par un comité politique ou soutenant un candidat en particulier, ce qui n’est pas le cas de publicités visant à cliver. C’est pourquoi la sénatrice Amy Klobuchar (Dém., Minnesota) continue de porter son projet de loi Honest Ads Act, introduit au Sénat avec le soutien des sénateurs Warner (Dém., Virginie) et McCain (Rép., Arizona). Le texte appliquerait aux publicités politiques en ligne une régulation similaire à celle des chaînes de télévision, c’est-à-dire non seulement l’obligation de faire apparaître un avertissement pour le citoyen afin de préciser la nature et la source de la publicité mais également celle de mettre à disposition du public les informations concernant les annonceurs de campagnes de communication politique d’un montant supérieur à 500 USD.

Neutralité du net : vote à venir sur la suppression des règles par la Federal Communications Commission (FCC)

Dotée d’une majorité républicaine de trois commissaires sur cinq, la FCC a prévu de voter le Restoring Internet Freedom lors de sa prochaine réunion publique le 14 décembre 2017. Ce declaratory ruling vise en premier lieu à revenir sur sur la reclassification des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) en tant qu’opérateurs de télécommunications (common carriers selon le vocabulaire du Communications Act de 1934). Cette reclassification avait été actée en 2015 par la FCC à majorité démocrate afin de légitimer une régulation plus étendue du secteur et ainsi instaurer les règles de neutralité du net consistant à interdire aux FAI de bloquer, ralentir ou faciliter l’accès à des contenus en ligne. Selon le président actuel de la FCC, Ajit Pai, les FAI sont des entreprises d’information aux modèles de développement innovants qui ne sauraient souffrir d’un quelconque « micromanagement », lequel freinerait les acteurs privés dans leurs investissements. Il considère par ailleurs que la protection des consommateurs en cas de pratiques anti-concurrentielles des FAI est de la compétence de la Federal Trade Commission (FTC).

Depuis plusieurs mois, le sujet de la neutralité du net est l’objet d’un clivage partisan entre républicains et démocrates, mais le sénateur John Thune (Rép., Dakota du Sud) – également président de la commission du commerce au Sénat – a réaffirmé sa volonté d’aboutir à un texte législatif bipartisan sur la question. Pour l’heure, le vote de la FCC est très largement interprété comme une victoire des FAI et les associations de consommateurs craignent l’émergence d’un Internet à deux vitesses.

Antitrust : le Département de la Justice bloque le rachat de Time Warner par l’opérateur télécom AT&T

Le Département de la Justice (DoJ) a déposé un recours en justice contre le rachat du groupe médias Time Warner par l’opérateur télécom AT&T pour un montant de 85 Mds USD. Selon le DoJ, cette acquisition affaiblirait la concurrence dans le secteur et serait néfaste pour le consommateur pour lequel le prix d’abonnement pourrait augmenter. Selon le New York Times, le DoJ aurait exigé que AT&T renonce au rachat de Turner Broadcasting (filiale de Time Warner et maison-mère de la chaîne CNN) mais l’opérateur aurait refusé, se disant prêt en coulisse à se défendre au tribunal. D’ores et déjà, AT&T et Time Warner ont étendu la date d’expiration du rapprochement au 22 avril 2018.

Affaire Oil State Energy v. Greene’s Energy : La Cour suprême appelée à préciser la nature de droit public ou privé des brevets

La Cour Suprême a entendu les arguments des parties dans l’affaire Oil State Energy v. Greene’s Energy. Oil State Energy détenait un brevet qui a été annulé suite à la procédure inter partes, qui est une sorte de commission d’appel des brevets de l’Office américain des brevets (USPTO), mise en place par l’America Invents Act de 2011. L’entreprise perdante estime que la procédure inter partes viole le 3ème article de la constitution, ainsi que le septième amendement. L’article 3 prévoit que les juges fédéraux doivent être nommés par le Président avec le consentement du Sénat. Le septième amendement garantit quant à lui qu’un droit de propriété privé ne peut être révisé que par un procès devant jury.

L’enjeux de ce procès est donc de savoir si les décisions rendues par la procédure inter partes sont valides au regard de la Constitution, et au-delà, la question est de savoir quel statut juridique ont les brevets ; sont-ils des droits publics, qui peuvent donc être limités ou annulés par une simple juridiction administrative, ou sont-ils au contraire des droits privés, qui ne peuvent être limités que contre une juste compensation, et par un procès devant jury ?


TECHNOLOGIES

Tesla a dévoilé le premier prototype de son semi-remorque électrique

Présenté le 16 novembre 2017 par le PDG de l’entreprise, Elon Musk, le Tesla Semi est un poids-lourd entièrement électrique au design futuriste et dont l’autonomie est évaluée à 800 kilomètres lorsqu’il est pleinement chargé et circule sur autoroute. Selon Musk, le véhicule peut ainsi faire un aller-retour sans se recharger dans la mesure où 80% des trajets actuels font moins de 400 kilomètres. Par ailleurs, le conducteur du camion serait installé dans une cabine de pilotage en hauteur vantée comme étant plus spacieuse et sécurisée. Lors de l’annonce, le constructeur a également mis en avant les bénéfices de cette innovation pour l’environnement : si les semi-remorques ne représentent que 7% du trafic californien, ils seraient responsables de 20% des émissions de gaz polluants.

Le début de la production du Tesla Semi est prévu pour décembre 2019. Le prix de base communiqué par l’entreprise est de 150 000 USD (pour un véhicule dont l’autonomie serait de 480 kilomètres).

L’Intelligence Advanced Research Project Activity (IARPA) finance un projet moonshot autour de l’intelligence artificielle

Le Machine Intelligence from Cortical Networks (MICrONS) est un projet qui a pour objectif d’aboutir à la cartographie détaillée du système nerveux d’un morceau du cortex cérébral de rongeur. Il s’agit d’un travail d’ampleur qui consiste à identifier et analyser les interactions entre 100 000 neurones qui interagissent au travers de près d’un milliard de synapses. Ce projet mobilise trois équipes de chercheurs répartis à Havard University, Rice University, Baylor College of Medicine et Carnegie Mellon. L’objectif est d’aboutir à une meilleure compréhension de l’algorithme du cerveau, son décryptage pouvant servir de base à l’architecture des algorithmes informatiques de la prochaine génération d’intelligence artificielle (notamment les machines ayant recours au machine-learning). Les résultats pourraient ouvrir la perspective de machines qui apprennent plus efficacement en reproduisant la manière dont les connexions neuronales permettent au cerveau d’anticiper ses actions et d’améliorer en temps réel cette capacité d’anticipation.

Le projet est financé à hauteur de 100 M USD et fait partie du programme de recherche de l’IARPA. Cette dernière est une agence rattachée au Bureau du Directeur du Renseignement des Etats-Unis, lequel reporte directement au président. Sur le modèle de la DARPA (affiliée au Département de la Défense), l’IARPA finance des projets moonshots que l’on peut définir comme des projets exploratoires et ambitieux, sans attente de rentabilité à court terme.


ENTREPRISES

Les opérateurs de téléphonie mobile Sprint et T-Mobile ont décidé de renoncer à leur fusion

Respectivement n°3 et n°4 du marché de la téléphonie mobile, T-Mobile (filiale de l’allemand Deutsche Telekom) et Sprint (filiale du japonais Softbank) ne sont pas parvenus à s’entendre sur les termes d’une fusion. Une première tentative de rapprochement avait été initiée après le rachat de Sprint par Softbank mais celle-ci avait suscité l’hostilité des régulateurs de la concurrence. L’élection de D. Trump et son engagement à assouplir les règles du secteur avaient conduit Masayoshi Son (PDG de Softbank) a renouvelé sa démarche, promettant en amont un investissement de 50 Mds USD aux Etats-Unis. Une telle fusion aurait permis à la nouvelle entité de représenter 130 millions de clients et ainsi se rapprocher des leaders Verizon (145 millions) et AT&T (134 millions). Un désaccord sur la répartition du contrôle par les maisons-mères serait à l’origine de la décision.

Marché des puces électroniques : Qualcomm a rejeté la proposition de rachat de Broadband

Le 13 novembre 2017, le fabricant de microprocesseurs pour téléphones portables Qualcomm a rejeté la proposition de rachat faite par l’entreprise de semi-conducteurs Broadcom au motif que l’offre sous-estimait la valeur de Qualcomm. Plus tôt dans le mois, l’annonce de proposition de rachat pour un montant de 130 Mds USD (70 USD par action) avait fait bondir l’action de Qualcomm de 19%.

Broadcom pourrait faire une nouvelle offre dans les prochaines semaines. Si une seconde proposition parvenait à convaincre les actionnaires de Qualcomm, les deux entreprises devraient encore démontrer le bien-fondé de son opération auprès de la Federal Trade Commission, dans un contexte de concentration dans le marché des semi-conducteurs depuis 2014. En cas de succès, ce rachat représenterait l’une des plus importantes opérations réalisées dans le secteur tech.

Apple vs. Qualcomm : la guerre sur le partage de la valeur ajoutée dans la production des smartphones continue

Qualcomm a déposé une plainte début novembre contre Apple pour violation de contrat sur ses logiciels. En effet, Qualcomm accuse Apple d’abuser de son poids commercial sur le marché des smartphones pour exiger un accès aux codes sources du logiciel de test des puces-modems utilisées dans les smartphones. Cette procédure s’inscrit dans un contexte plus large de guerre commerciale, puisque Apple avait attaqué Qualcomm en justice début 2017, estimant que le prix de vente des puces était trop élevé par rapport au prix du marché, et donc contraire au « fair use ». Qualcomm avait riposté en attaquant Apple sur le volet de la propriété intellectuelle.

La question cruciale qui se pose est de savoir si la valeur des innovations brevetées doit être basée sur le prix de la puce (quelques USD), ou sur le prix du téléphone qu’il alimente (plusieurs centaines de USD). Les géants de la tech tels qu’Apple souhaitent que le prix retenu soit celui de la puce seule, estimant qu’un smartphone est composé de plusieurs centaines d’éléments brevetés, et que c’est l’architecture et la capacité à les assembler en un produit fini et esthétique qui fait la valeur du produit, alors que Qualcomm estime au contraire que la valeur du téléphone tient à sa capacité de connectivité, issue de la puce. Cette question, qui n’a pour le moment été tranchée ni aux Etats Unis ni en Europe, renvoie à l’usage abusif ou non des droits de propriété intellectuelle par l’abus de monopole.

Une fuite de données chez Uber a exposé les données de plus de 57 millions d’utilisateurs de la plateforme

Plus d’un an après la survenue de cette fuite (octobre 2016), l’entreprise a décidé de communiquer aux autorités les détails de cet événement qui s’est produit alors même que la Federal Trade Commission (FTC) conduisait une enquête sur un incident similaire survenu en 2014.

A l’époque, les pirates informatiques ont reçu 100 000 USD de la part de Uber afin de supprimer et ne pas divulguer les données en leur possession (noms, numéros de téléphone, adresses électroniques, et numéros de permis de conduire de près de 600 000 conducteurs). A la suite de l’événement, le Chief Security Officer Joe Sullivan a été licencié tandis que l’ancien PDG Travis Kalanick a démissionné plusieurs mois après du fait d’une accumulation de scandales. Le nouveau PDG Dara Khosrowshahi a qualifié les faits d’inexcusables.

Sur le plan juridique, l’entreprise a manqué à son obligation d’informer les usagers ainsi que les autorités compétentes dans un délai qui varie de quelques jours à trois mois, en fonction des Etats fédérés. Les procureurs des Etats de New York, de l’Illinois, du Massachusetts et du Connecticut ont annoncé avoir ouvert des enquêtes. Au niveau fédéral, la FTC est d’ores et déjà appelée à ouvrir une instruction.


RELAIS D’OPINION

Après s’être opposé à une première version d’un projet de loi contre le trafic sexuel en ligne, le secteur tech soutient désormais l’initiative au Sénat

Le Stop Enabling Sex Traffickers Act (SESTA) a été introduit en août 2017 au Sénat et vise à faciliter l’aboutissement des plaintes à l’encontre des sites qui permettent la publication de contenus qui promeuvent le trafic d’êtres humains. Le SESTA créerait une brèche dans la Section 230 du Communications Decency Act de 1996 qui stipule que les plateformes en ligne ne sont juridiquement pas responsables des contenus qui y sont diffusés au motif que ce sont des hébergeurs de contenu et non des éditeurs.

Le lobby soutient désormais le texte après avoir obtenu des modifications techniques sur les conditions dans lesquelles on peut poursuivre une plateforme qui promeut le trafic sexuel. Le texte édité précisera notamment que sont visés les sites soutenant et facilitant activement ce type de contenus, ce qui limite les risques des sites qui peuvent être affectés par la présence de ce type de contenu mais disposent d’une politique de modération active à ce sujet. Ces modifications n’expliquent pas à elles-seules le changement de position de l’Internet Association qui a été obligée de concilier sa défense de la Section 230 avec les critiques croissantes au Congrès et les mouvements récents d’opinion à l’égard du secteur tech.

Renégociation de l’ALENA : les industries du copyright font entendre leur voix

Le 15 novembre dernier, les entreprises du secteur informatique ont envoyé une lettre au représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, dans laquelle ils demandent que la proposition américaine en matière de propriété intellectuelle dans les négociations de l’ALENA respecte les termes du Partenariat transpacifique (TPP). Cette lettre est une réponse au texte proposé au troisième tour des négociations de l’ALENA, qui selon eux s’éloigne des termes du TPP. Le chapitre sur la propriété intellectuelle du TPP stipule ainsi : les pays « doivent s’efforcer de parvenir à un équilibre approprié entre leurs systèmes de droit d’auteur et les systèmes connexes« , similaire au concept « d’utilisation équitable » consacré par la législation américaine. Il indique également que les parties doivent créer un cadre de «ports sûrs» pour les fournisseurs de services Internet.

Les petites et moyennes agglomérations seraient plus exposées que les grandes villes aux conséquences négatives sur l’emploi de l’automatisation

Selon une récente étude du MIT Media Lab, les travailleurs des villes de moins 100 000 habitants aux Etats-Unis devraient être proportionnellement plus exposés aux impacts du changement technologique que les travailleurs des grandes agglomérations. Cette plus grande exposition s’expliquerait par une meilleure résilience des grandes villes, lesquelles offrent un plus grand nombre d’emplois dont les tâches cognitives/analytiques seraient moins susceptibles d’être entièrement automatisées. A l’inverse, les petites et moyennes villes concentrent généralement plus d’emplois dont les tâches sont plus « routinières », notamment dans les usines, la restaurant et la vente. En distinguant les villes à partir du caractère routinier ou non des emplois disponibles, l’étude propose ainsi une démarche comparative plutôt que des projections nationales sur le temps. Ce travail a permis d’établir une carte interactive renseignant sur le degré d’exposition attendu par ville.

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0