Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-27

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-27

Sommaire

Écologie – Climat

  • Le climat, les océans et l’énergie propre à l’agenda du G7 environnement à Halifax
  • L’impact du changement climatique en passe d’être irréparable, selon Joe Stiglitz
  • Abandon de l’extension des projets de stockage de CO2 de Saskpower au Canada

Transport

  • Boeing prend le contrôle d’Embraer pour concurrencer Airbus et Bombardier
  • Le premier dispositif de détection de contre-sens sur autoroute aux Etats-Unis fait ses preuves
  • Uber investit dans Lime en tant que partenaire stratégique de l’entreprise de partage de trottinettes électriques en libre-service

Énergie

  • Le Président Trump nomme un banquier à la tête de l’ARPA-E
  • A New York, les locataires et propriétaires d’appartement ont accès à l’énergie solaire
  • Le pétrolier Exxon quitte un groupe d’influence conservateur climato-sceptique

Agenda

  • 18 juillet : Webinaire de l’Alliance internationale pour la lutte contre l’acidification des océans sur la phyto- et la bioremédiation
  • 16-18 juillet : réunion ministérielle du forum politique de haut niveau (HLPF 2018), sur les objectifs du développement durable des Nations Unies à New York
  • 17 – 19 juillet : conférence « Connecting the DOTs» organisé par l’American Association of State Highway and Transportation Officials (AASHTO) à Spokane dans l’Etat de Washington
  • 24 juillet : Webinaire de l’Alliance internationale pour la lutte contre l’acidification des océans, sur la surveillance de l’acidification

Écologie – Climat

Le climat, les océans et l’énergie propre à l’agenda du G7 Environnement à Halifax

Le Canada accueillera les ministres de l’environ-nement, de l’Énergie et des Océans du G7 à Halifax, en Nouvelle‑Écosse, du 19 au 21 septembre 2018. Réunis sous le thème « Travailler ensemble à l’égard des changements climatiques, des océans et de l’énergie propre », les ministres discuteront de lutte contre les changements climatiques, de croissance propre et de finance durable, de la résilience des côtes et des pêches, de la pollution par les plastiques, de sécurité énergétique et d’énergie propre.

L’impact du changement climatique en passe d’être irréparable, selon Joe Stiglitz

Joseph Stiglitz, professeur à la Columbia University et prix Nobel d’économie, a lancé une mise en garde contre le soutien du gouvernement américain à l’économie des énergies fossiles, qui fait peser selon lui une menace considérable sur les enfants et les générations futures en matière de changement climatique. Dans un rapport d’expertise transmis le 28 juin à une cour de justice fédérale dans l’Oregon, Joseph Stiglitz estime en effet que «à un certain point, ce type de dommage à l’environnement, par sa nature, ne peut pas être compensé finan-cièrement et est souvent permanent ou du moins de longue durée, c’est-à-dire irréparable ». Joseph Stiglitz fait partie des experts mandatés par un groupe d’enfants et de jeunes adultes qui ont attaqué en justice l’administration Obama en 2015, au motif que le gouvernement fédéral a exacerbé pendant des décennies les changements climatiques malgré les recherches qu’il a conduites depuis les années 1960 sur l’origine humaine de ces risques. Dans cette affaire dite « Juliana v. United States » qui devrait être jugée au mois d’octobre, les plaignants ne demandent pas de réparation financière. Ils réclament en revanche au gouvernement un plan d’action pour sortir de la consommation des énergies fossiles (E&E news, 10 juillet).

Abandon de l’extension des projets de stockage de CO2 de Saskpower au Canada

L’exploitant du plus important projet commercial de de capture du carbone couplé à une centrale thermique à charbon a annoncé l’abandon de l’extension de cette technologie. La décision en 2013 de SaskPower, qui avait lancé le premier projet de capture et stockage du carbone sur le site Boundary Dam Power Station au Saskatchewan (Canada), illustre les coûts élevés persistants de conversion des centrales électriques existantes à l’aide d’équi-pements de réduction des émissions de CO2, dans un contexte de bas prix du gaz naturel. Les unités 4 et 5 du site seront fermées et seule reste en fonctionnement l’unité 3 convertie en 2013. Selon le Global CCS Institute, il n’existe plus aucun nouveau projet de capture de carbone couplé à des centrales à charbon en Amérique du Nord. Certains projets ont été annoncés sur des installations gazières et d’autres installations industrielles, mais il n’y a aucun nouveau projet dans l’immédiat dans le secteur de l’énergie. Aux États-Unis, un seul démonstrateur, le projet Petra Nova (NRG Energy Inc) ayant bénéficié de financements fédéraux, est en fonctionnement au Texas (Radio Canada, 9 juillet).

Plusieurs projets de loi sur la résilience des zones côtières et l’acidification des océans

Plusieurs projets de loi ont été déposés la semaine dernière par des représentants de la Chambre des deux partis, visant à accélérer les recherches pour augmenter la résilience des zones côtières et sur l’acidification des océans : le projet H.R. 6288 des représentants Seth Moulton (D-Mass.) et Garret Graves (R-La.) demande au département du Commerce d’établir un programme de subventions sur la résilience des zones côtières. Un autre projet H.R. 6267, porté par les représenants Suzanne Bonamici (D-Ore.) et Don Young (R-Alaska établirait notamment un conseil consultatif sur l’acidification des océans afin d’accélérer les recherches dans ce domaine. Ce dernier projet est également soutenu par le représentant Bill Posey (R-Fla.), qui a déposé avant le 4 juillet son propre projet H.R. 6270 afin de lancer une étude par le Conseil des océans de l’Académie nationale des sciences, de l’ingénierie et de la médecine, afin d’étudier “l’impact de l’acidification des océans […] dans les zones estuariennes« .

Le chiffre de la semaine : plus de 5 Mds $

Il s’agit du montant des financements fédéraux alloués au Texas pour des projets d’infrastructures permettant de prévenir les inondations, effectuer des réparations et réaliser des études à la suite des dommages occasionnés en 2017 par l’ouragan Harvey. Ces fonds sont issus d’une enveloppe plus large de plus de 17 Mds$ autorisée par l’accord budgétaire du 9 février du Congrès et bénéficiant à 14 États (Texas Tribune, 5 juillet).

Transport

Boeing prend le contrôle d’Embraer pour concurrencer Airbus et Bombardier

Boeing a annoncé être parvenu à un accord préliminaire pour former une coentreprise estimée à 4,75 milliards de dollars regroupant l’activité commerciale et de service d’Embraer, son partenaire industriel de longue date, dont il possédera 80% des parts. Embraer en détiendra toujours 20%, avec la possibilité de contraindre Boeing à les acheter à tout moment au cours de la prochaine décennie, rapporte The Wall Street Journal. Embraer est l’un des plus grands producteurs d’avions dits régionaux, qui peuvent transporter de 70 à 120 passagers. En mai, American Airlines et Embraer avaient annoncé un contrat de 705 millions de dollars pour 15 jets E175 qui seront livrés l’année prochaine, rapporte The New York Times.

Airbus a annoncé en octobre la prise de contrôle du programme CSeries de Bombardier, dont les avions transportent de 100 à 150 passagers. Ce rapprochement entre Boeing et Embraer, en cours de négociation depuis plusieurs années, prolongerait donc le duopole détenu par Boeing et Airbus sur les avions de plus de 150 places face aux menaces concurrentielles émergentes de la Russie, du Japon et de la Chine, dans le contexte de guerre commerciale engagée par le Président Trump et de l’incertitude politique qui secoue le Brésil à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre, selon le Los Angeles Times. Les deux entreprises doivent encore négocier les détails de cet accord qui devrait être finalisé d’ici à la fin 2019 et se traduire à terme par des économies annuelles de 150 millions de dollars, rapporte Bloomberg.

Le premier dispositif de détection de contre-sens sur autoroute aux Etats-Unis fait ses preuves

Le système expérimental de détection de contre-sens installé sur une autoroute à Phoenix depuis janvier, le premier aux Etats-Unis, a détecté pour la première fois cette semaine un véhicule circulant dans le mauvais sens et a transmis l’alerte au centre de régulation du trafic du Département des Transports (DoT) de l’Arizona. Le système, qui a coûté 4 millions de dollars, comprend 90 caméras de détection thermique positionnées au-dessus des bretelles de sortie et des voies autoroutières à intervalles réguliers. Il doit permettre au centre de régulation du trafic d’avertir plus rapidement les conducteurs via les panneaux d’affichage alors qu’auparavant les autorités devaient se fier uniquement aux appels des autres conducteurs au 911, numéro d’urgence nord-américain. De plus, il permet à la police de pouvoir intervenir plus rapidement. Le dispositif comprend également des LED rouges installés le long de chaque bretelle de sortie qui s’activent et clignotent en cas de détection d’un véhicule à contre-sens afin d’attirer l’attention des mauvais conducteurs, souvent affaiblis que ce soit par la fatigue soit par la consommation d’alcool ou de drogues ; ces signaux ont déjà été activés une vingtaine de fois depuis janvier et jusqu’à cette semaine, tous les véhicules concernés avaient fait demi-tour sur la bretelle, rapporte le DoT d’Arizona.

Uber investit dans Lime en tant que partenaire stratégique de l’entreprise de partage de trottinettes électriques en libre-service

Uber a annoncé le 9 juillet avoir investi dans Lime, une start-up de partage de trottinettes électriques en libre-service sans station, dans le cadre d’une levée de fonds de 335 millions de dollars et à laquelle a participé également Alphabet, la maison mère de Google. Celle-ci valorise l’entreprise à 1,1 milliard de dollars. Lime a annoncé un « partenariat stratégique » avec Uber ; les trottinettes électriques de l’entreprise apparaîtront dans son application et seront co—marqués avec les logos des deux entreprises, rapporte The New York Times. Uber avait déjà lancé un partenariat similaire avec Jump en début d’année, qui exploite des vélos électriques en libre-service avant d’acquérir la société en avril pour 100 millions de dollars. La semaine dernière, le principal concurrent d’Uber aux Etats-Unis, Lyft, a racheté Motivate, une start-up qui exploite des vélos en libre-service sans station dans plusieurs grandes villes, dont New York et Chicago, rappelle Smart Cities Dive.

Le chiffre de la semaine : 44%

Il s’agit du pourcentage des conducteurs de véhicule mortellement blessés en 2016 testés positifs aux drogues, d’après les données transmises au Congrès par la Governors Highway Safety Association (GHSA) lors d’une audition mercredi. Les accidents dûs à la consommation de drogue ont fortement augmenté au cours des 10 dernières années, puisqu’ils concernaient 26% des conducteurs décédés en 2006 et les législateurs ont fait part de leur inquiétude, rapporte The Hill

Énergie

Le Président Trump nomme un banquier à la tête de l’ARPA-E

Ce jeudi 10 juillet, la Maison Blanche a annoncé la nomination par le Président Trump de Lane Genatowski au poste de directeur de l’Advanced Research Projects Agency-Energy (ARPA-E), l’agence fédérale visant à soutenir la recherche avancée dans le domaine des énergies propres, sûres et renouvelables. M. Genatowski a exercé pendant plus de trente ans des activités de banque d’investissement pour des clients du secteur de l’énergie notamment chez JP Morgan Chase. Cette nomination intervient alors que l’administration Trump a plusieurs fois tenté de supprimer les financements de l’agence. A chaque fois, le Congrès est allé à l’encontre de la volonté de l’administration en préservant ou en augmentant le budget de l’ARPA-E, qui s’élève pour 2018 à 353 M$ (E&E News, 11/07).

A New York, les locataires et propriétaires d’appartement ont accès à l’énergie solaire

Alors que de plus en plus de propriétaires de maison se tournent vers l’installation de panneaux solaires individuels, le New York Times rapporte ce 12 juillet la possibilité à partir de cet été pour les propriétaires et locataires d’appartements new-yorkais de souscrire à des projets d’installations solaires communautaires. Ce principe permet par exemple à un habitant de Manhattan de réduire sa facture d’électricité en se « connectant » à une installation équipant le toit d’un immeuble du Bronx. Concrètement, le système met en relation des propriétaires immobiliers qui équipent leur terrain ou leur immeuble, un « sponsor » qui vend l’électricité générée à un fournisseur d’électricité et des consommateurs qui voient le montant de leur facture auprès de ce fournisseur diminuer de 10 à 15% selon les premiers retours des premiers projets.

Le pétrolier Exxon quitte un groupe d’influence conservateur climato-sceptique

The Hill rapporte ce 12 juillet l’annonce par Exxon du non renouvellement de son adhésion à l’American Legislative Exchange Council (ALEC), un groupe d’influence conservateur défavorable aux politiques de lutte contre le changement climatique. Fin 2017, Exxon avait contribué à l’abandon par ALEC d’une proposition visant à la révision par l’Environmental Protection Agency (EPA) de la base scientifique et légale l’autorisant à réglementer les émissions de gaz à effet de serre. Sans évoquer de motif spécifiquement lié au changement climatique, Exxon rejoint de nombreuses autres entreprises ayant déjà quitté l’organisation comme Microsoft, Google ou Shell, et plus récemment Yahoo, Ford, Expedia ou Yelp.

La justice équatorienne maintient une amende record à l’encontre de Chevron

La plus haute cour équatorienne a annoncé cette semaine la confirmation d’une amende d’un montant de 9,5 Mds$ à l’encontre du pétrolier américain Chevron pour des années de dévastation de la forêt tropicale amazonienne. Cette sanction est contestée par l’entreprise qui dénonce le déni de justice et la corruption à son encontre dans le pays. L’amende ne devrait être que symbolique suite au retrait de Chevron de ses activités en Equateur. En effet, pour l’appliquer dans ce contexte, le gouvernement équatorien est contraint de poursuivre l’entreprise auprès de cours étrangères. De telles tentatives ont déjà été effectuées en Argentine, au Canada ou au Brésil mais elles se sont jusqu’ici révélées infructueuses. (AP News, 10/07).

Le chiffre de la semaine : 37 %

Il s’agit, selon les estimations de l’US Energy Information Administration (EIA), du niveau que devrait atteindre au cours de l’été 2018 la part de la production d’électricité au gaz naturel dans le mix énergétique américain, égalant le record historique de 2016. Au cours des dix dernières années, des prix du gaz naturel restés stables et faibles, des réglementations environnementales et des politiques de soutien aux énergies renouvelables ont conduit le secteur à construire de nouvelles unités au gaz et renouvelables tout en retirant des sites au charbon. Ainsi, il est attendu pour l’année 2018 la mise en service de nouvelles unités pour une capacité cumulée de 20 GW au gaz naturel et 10 GW de solaire et éolien. Au contraire, 10 GW de capacité de production au charbon ont été retirés au cours de l’année écoulée, ce qui devrait porter la part du charbon dans le mix à 30% cet été.

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