Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-09

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-09

Sommaire

Écologie – Climat

  • Michael Bloomberg nommé envoyé spécial des Nations Unies pour le climat
  • Le New Jersey rejoint l’U.S. Climate Alliance
  • Devant les conservateurs, le Président Trump critique l’accord de Paris et promeut les énergies fossiles

 Transport

  • La Chambre des Représentants abandonne le projet de privatisation du contrôle aérien
  • Le plus important projet ferroviaire US pourrait bloquer le budget fédéral
  • Uber débute ses premières livraisons avec un camion autonome

 Énergie

  • L’industrie américaine du stockage est à un moment charnière de son histoire
  • Le recours au stockage pourrait augmenter les émissions de CO2 dans certains États
  • Le département d’État réagit à l’arrêt des livraisons de gaz à l’Ukraine

Agenda

  • 21 mars : Première Mondiale de Planet Power, documentaire en Imax 3D de Pascal Vuong, au Smithsonian’s National Air & Space Museum
  • 10-11 avril : conférence de la FERC « Tech conf Distributed Energy Resources-Technical Considerations for the Bulk Power System » à Washington

Écologie – Climat

Michael Bloomberg nommé envoyé spécial des Nations Unies pour le climat

Le Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a annoncé le 5 mars la nomination de Michael R. Bloomberg, ancien maire de New York, au poste d’Envoyé spécial pour l’action en faveur du climat. M. Bloomberg soutiendra la stratégie climatique du Secrétaire général et les efforts déployés en vue du Sommet mondial sur le climat au siège des Nations Unies en 2019. Michael Bloomberg a été maire de la ville de New York de 2002 à 2013. Il avait été nommé Envoyé spécial des Nations Unies pour les villes et le changement climatique le 31 janvier 2014 par le précédent Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

L’abandon des concessions d’extraction des ressources fossiles réduirait les émissions de 5%

L’abandon des concessions dédiées à l’extraction de ressources fossiles sur les terres fédérales américaines permettrait de réduire de 5% les émissions totales des Etats-Unis selon une étude publiée le 22 février par la revue Climatic Change. Cette étude avait été initiée sous l’administration Obama qui avait alors imposé un moratoire de trois ans sur les nouvelles concessions et une révision de leur programme de commercialisation. Le Président Trump était revenu sur cette interdiction peu de temps après sa prise de fonction.

Le New Jersey rejoint l’U.S. Climate Alliance

Le nouveau gouverneur démocrate du New Jersey, Phil Murphy, a promulgué une loi ordonnant l’adhésion de son État à l’U.S. Climate Alliance. Dans cette coalition, les États fédérés s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à défendre ainsi l’atteinte des objectifs de réduction en 2025 de 26% sous leur niveau de 2005, dans le respect de l’Accord de Paris, malgré l’intention de l’administration fédérale de quitter l’accord. Le New Jersey va rejoindre 15 autres États fédérés ainsi que Porto Rico qui représentent 40% de la population américaine et près de 9 000 Mds$ de PIB, selon le communiqué du 22 février de l’alliance.

La justice fédérale rejette à nouveau le gel d’un règlement sur les émissions fugitives de méthane

Une cour fédérale pour le district du nord de la Californie a jugé le 22 février que le Bureau of Land Management du département de l’intérieur n’a pas justifié correctement sa décision de geler certaines dispositions clés de son règlement sur la réduction des émissions fugitives de méthane concernant les rejets à l’atmosphère, le torchage et les fuites provenant de l’exploitation des hydrocarbures, afin de réduire ces émissions et les déchets dangereux. Cette décision – la seconde du même type après un premier jugement similaire en octobre 2017 – marque une importante victoire pour les organisations environnementales et les États qui défendaient le maintien de ce règlement (The Hill, 23 février 2018).

Des experts font la promotion des transferts internationaux des résultats d’atténuation

Permettre aux États de satisfaire certains de leurs engagements climatiques dans le cadre de l’accord de Paris par des transferts volontaires de résultats d’atténuation des émissions de carbone [ndlr prévu à l’article 6] pourrait réduire les coûts de mise en œuvre et faciliter de futurs engagements politiques. Telle est la thèse présentée dans un article publié le 2 mars dans Science par trois chercheurs du MIT, de la Tufts University et de Harvard. Les auteurs estiment que les futurs textes de mise en œuvre de l’accord de Paris devront être suffisamment flexibles pour encourager les États à développer ce type d’échanges.

Devant les conservateurs, le Président Trump critique l’accord de Paris et promeut les énergies fossiles

S’exprimant le 23 février devant la conférence annuelle des conservateurs américains, le Président Trump à une nouvelle fois critiqué l’accord de Paris : « nous avons démoli l’accord de Paris. Cela aurait été un désastre pour notre pays » a notamment déclaré le Président. Il a également mis en avant le commerce du charbon et du gaz naturel américain pour réduire le « déficit commercial massif » avec le Vietnam, la Chine et d’autres pays.

Le chiffre de la semaine : 367 M$

Il s’agit du montant de la première enchère de cession de quotas d’émission de CO2 organisée le 21 février par la province de l’Ontario, conjointement avec le Québec et la Californie. (Toronto Globe, 28 février).

Transport

La Chambre des Représentants abandonne le projet de privatisation du contrôle aérien

Le 27 février, Bill Shuster, Président de la commission Transport et Infrastructure de la Chambre, a annoncé l’abandon de sa proposition de séparation du contrôle du trafic aérien (Air Traffic Control – ATC) de la Federal Aviation Administration (FAA) (acte assimilé à une privatisation du contrôle aérien), constatant son incapacité à atteindre le niveau de soutien requis auprès de ses collègues Républicains.

Cette décision ouvre ainsi la voie à un accord pour la réautorisation de la FAA, dont l’échéance était fixée au 31 mars 2018. Les deux Chambres devraient ainsi proposer une extension temporaire permettant de passer l’échéance du 31 mars, et travailler d’ici l’été 2018 à un projet partagé de réautorisation à long terme de la FAA.

Le plus important projet ferroviaire US pourrait bloquer le budget fédéral

Selon Politico, le Président Trump ferait planer la menace d’un véto sur l’omnibus budgétaire – qui ré-autorisera les dépenses fédérales au-delà du 23 mars prochain – si ce dernier inclut un financement fédéral de 900 M$ pour le projet ferroviaire Gateway entre New-York (NY) et le New Jersey (NJ). Ce projet de modernisation du corridor ferroviaire Nord-Est, évalué à environ 30Mds$ dont 13Mds$ pour des tunnels, fait l’objet d’une bataille politique autour des modalités de son financement. Le Gouvernement fédéral considère que les Etats de NY et du NJ ne financent pas leur juste part du projet, ces derniers faisant valoir a contrario un accord conclu avec l’administration Obama.

Uber débute ses premières livraisons avec un camion autonome

USA Today rapporte le 6 mars qu’Uber vient de débuter des livraisons par camion autonome en Arizona, l’un des Etats les plus permissifs en matière d’expérimentation sur les véhicules autonomes. Après avoir testé la technologie en 2017, Uber s’est entendu avec plusieurs transporteurs routiers pour que ces derniers lui confient leurs remorques afin qu’elles soient transportées à travers l’Etat avec un tracteur autonome (de marque Volvo). A ce stade, Uber indique qu’un employé est présent dans la cabine du tracteur pour superviser l’opération mais sans intervenir sur les tâches de conduite.

Un nouvel administrateur à la tête de l’agence ferroviaire fédérale

Ronald L.Bartory est officiellement devenu le 28 février 2018 le nouvel administrateur de la Federal Railroad Administration. Il aura notamment la charge de conduire le vaste chantier d’amélioration de la sécurité du système ferroviaire américain. Bartory a passé sa carrière dans le monde du transport de fret ferroviaire, il a notamment été Président directeur général de Conrail, un gestionnaire d’infrastructure ferroviaire, gérant les actifs partagés des compagnies de fret CSX et Northfolk Southern (environ 2000 km de voies).

Désaccord sur les modalités de financement du plan infrastructure

Selon The Hill Paul Ryan, le speaker Républicain de la Chambre des Représentants, a affirmé le 7 mars que la Chambre ne voterait pas d’augmentation de la taxe sur les carburants pour financer le plan infrastructures. Le Président Trump aurait pourtant indiqué en février dernier qu’il était favorable à une augmentation de la taxe de 25 cts$/gallon (taxe fixée à 18.4 cts$/Gal pour l’essence depuis 1993).

Ryan a par ailleurs indiqué le 8 mars que le Congrès allait débuter son travail législatif après la mi-mars, pour passer les textes au cours de l’été.

Une autoroute nommée Donald Trump ?

Les parlementaires de l’Etat de l’Utah ont présenté un projet de loi le 1er mars visant à modifier le nom d’une autoroute et de la rebaptiser « Donald J. Trump Utah National Parks Highway ». Le représentant Républicain de la Chambre de l’Utah à l’origine de la proposition (ndlr : proposition qu’il a retiré quelques jours plus tard suite à de nombreuses menaces personnelles, précise le NYT) précise que cette appellation saluerait l’action du Président en faveur de l’Utah et notamment sa décision de réduire la taille des périmètres de protection de deux territoires protégés de l’Utah (Monuments Nationaux Bears Ears et Grand Staircase-Escalante).

Le chiffre de la semaine: 5 134 Mds veh.km

C’est le niveau record du trafic routier aux Etats-Unis en 2017, en augmentation de 1.2% par rapport à 2016, d’après les dernières publications de l’agence fédérale chargée des routes (FHWA). En France le niveau de circulation est de 585 Mds de veh.km (valeur 2015).

Énergie

L’industrie américaine du stockage est à un moment charnière de son histoire

L’industrie américaine du stockage est à une période charnière de son histoire et devrait connaître des développements significatifs après une récente décision du régulateur fédéral de l’énergie, selon un rapport de GTM Research du 6 mars. En 2018, l’industrie américaine du stockage pourrait déployer 1 233 MWh de capacités de stockage couplées au réseau, contre 431 MWh ajoutées en 2017. Cette évolution est favorisée par une décision adoptée au mois de février par la FERC pour faciliter l’intégration du stockage aux marchés organisés de l’électricité.

Le recours au stockage pourrait augmenter les émissions de CO2 dans certains États

Alors que le stockage de l’énergie est souvent considéré comme une “technologie” propre, son utilisation pourrait en fait favoriser le recours aux centrales thermiques à charbon dans certains États et augmenter les émissions de CO2, selon une étude du Rochester Institute of Technology. Ainsi dans l’État de New York, où le charbon, le solaire et l’éolien représentent moins de 10% du mix électrique, le stockage de l’électricité issue de centrales thermique à gaz, avec le cours actuel du gaz naturel très bas, contribuerait à baisser les émissions de CO2. Mais un doublement du cours du gaz naturel favoriserait l’utilisation du charbon et augmenterait les émissions. Dans certains États du Midwest encore très dépendant du charbon (à plus de 40%), l’intégration d’un stockage d’énergie au réseau conduirait à augmenter les émissions. 18% de génération d’électricité d’origine renouvelable serait nécessaire pour inverser cette tendance, alors que le mix actuel ne représente que 10% dans cette région.

Le département d’État réagit à l’arrêt des livraisons de gaz à l’Ukraine

« La fourniture de gaz naturel et son transit ne devraient pas être utilisés comme une arme politique. Nous attendons de Gazprom qu’elle alimente l’Ukraine via son infrastructure de transit comme prévu par la décision d’arbitrage de Stockholm. La Russie doit prouver qu’elle est un fournisseur fiable de gaz » a tweeté le 2 mars Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat. Cette réaction fait suite à l’arrêt des livraisons de gaz à l’Ukraine par la Russie, après une décision de la cour d’arbitrage de Stockholm condamnant la société Gazprom propriété de l’État russe à indemniser la société Naftogas pour ne pas avoir livré les volumes de gaz prévus pour le transit » par le territoire ukrainien vers l’Europe.

La filiale de production d’électricité de FirstEnergy Corp. en difficulté

Le Conseil d’administration de FirstEnergy Corp. envisage de solliciter le bénéfice des dispositions de protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites pour restructurer sa filiale de production d’électricité, rapporte le 21 février le Pittsburg Post-Gazette. FirstEnergy Solutions, qui exploite plusieurs centrales thermiques à charbon et nucléaire, se trouve dans l’impossibilité de rembourser et de refinancer une dette de 100 M$ au 2 avril prochain, sur un total de 515 M$ de dette dont l’échéance de remboursement est prévue cette année. L’entreprise a déjà passé une provision pour dépréciation de 2 Mds $ concernant la mise à l’arrêt de la centrale nucléaire de Beaver Valley en Pennsylvanie. FirstEnergy alimente en électricité six millions de clients dans l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie Occidentale, la Virginie, le Maryland, le New-Jersey et New York.

Le chiffre de la semaine : 1 000 M$

Il s’agit de l’estimation du montant du coût des dommages pour l’économie américaine, consécutifs à une cyber attaque de grande ampleur sur les réseaux électriques dans un scénario maximaliste, selon une récente étude du Council of Economic Advisers de la Maison blanche intitulée « The Cost of Malicious Cyber Activity to the US Economy », citant une étude de 2015 du Lloyd’s insurance market operator et du Centre for Risk Studies de l’Université de Cambridge.

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0