Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-04

Faits marquants Écologie, Développement durable, Énergie et Transports n°2018-04

Sommaire

Écologie – Climat

  • Le New Jersey réintègre la Régional Green Gas Initiative
  • Allègement des normes de rejet dans l’air de certaines sources majeures de polluants
  • Discours sur l’état de l’Union

Transport

  • Un plan infrastructures d’au moins 1500 Mds$
  • Plus de 54 000 ponts en mauvais état structurel sur les Interstates
  • Record de trafic conteneur au Port de Savannah
  • Accord open-skies US-Qatar : vers une plus grande transparence financière

Énergie

  • Pétrole : les États-Unis peuvent-ils jouer un rôle comparable à l’Arabie Saoudite ?
  • Wole Foods Market teste des batteries de réfrigération à l’eau de mer
  • Minnesota : Mise en service du parc éolien de Red Pine par EDF Renewable Energy

Agenda

  • 5 février : soirée de gala du festival du film sur l’environnement de Washington DC
  • 6 février : présentation du rapport du CNA Military Advisory Board « “The Role of Water Stress in Instability and Conflict,” au Wilson Center
  • 6 février : présentation des perspectives 2018 de long terme de l’agence d’information sur l’énergie

Écologie – Climat

Le New Jersey réintègre la Régional Green Gas Initiative

Le nouveau gouverneur démocrate élu du New Jersey, Phil Murphy a décidé de réengager son État dans l’initiative régionale de gestion des quotas d’émission de carbone issus des centrales thermiques de production d’électricité, la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI). L’ancien gouverneur républicain Chris Christie avait quitté la RGGI en 2011. Cette initiative regroupe les États du Connecticut, du Delaware, du Maine, du Maryland, le Massachusetts, le New Hampshire, New York, Rhode Island et le Vermont. En 2017, la RGGI a augmenté son engagement à réduire les émissions. Elle prévoit de nouveaux ajustements à la baisse des émissions pour tenir compte des quotas excédentaires et a créé de nouveaux outils pour absorber les quotas invendus. La réduction des émissions à l’horizon de 2030 est estimée à 132 millions de tonnes de CO2.

Allègement des normes de rejet dans l’air de certaines sources majeures de polluants

L’agence de protection de l’environnement (EPA) a annoncé l’allègement de certaines exigences en matière de contrôle des rejets atmosphériques, pour les sources les plus importantes d’émissions de polluants toxiques, telles que le mercure ou le plomb. Dans une note du 25 janvier, le directeur de l’air et des rayonnements de l’agence indique ainsi que l’EPA revient sur les conditions d’application de la norme relative aux « technologies de contrôle raisonnablement disponibles (maximum achie-vable control technology (MACT) » applicable en cas de rejet potentiel de plus de 10 tonnes par an d’une seule substance ou de plus de 25 tonnes par an, pour une combinaison de substances toxiques. Les entreprises pourront s’affranchir de cette norme si elles prennent des dispositions pour ne pas dépasser ces seuils. Les organisations environnementales estiment que l’abandon de cette norme pourrait conduire à une augmentation importante de la pollution de l’air (The Hill, 25 janvier 2018).

Audition au Sénat de l’administrateur de l’agence de protection de l’environnement

Scott Pruitt, administrateur de l’EPA, a été auditionné le 30 janvier devant la commission de l’environnement et des travaux publics du Sénat. Il s’agissait de sa première apparition devant cette commission depuis son audition de confirmation à la tête de l’agence en janvier 2017. Lors de cette audition, l’action de Scott Pruitt a été critiquée par plusieurs sénateurs démocrates qui l’ont accusé de retarder la mise en œuvre de règlementations environnementales, d’avoir écarté des conseillers scientifiques et supprimé les pages du site internet de l’EPA consacrées au climat. L’administrateur de l’EPA a défendu son bilan au cours de l’année écoulée, insistant sur le respect de la loi, des procédures et du fédéralisme, en partenariat avec les États. « Je ne pense pas que la protection de l’environnement doive imposer la mise en place de barrières » a-t-il déclaré dans son intervention introductive, dans laquelle il a également demandé aux sénateurs de l’aider dans sa « lutte contre le plomb » pour éradiquer la pollution de l’eau potable. Son bilan en matière de dérégulation a été salué par les républicains.

Les tensions liées aux approvisionnements en eau, sources d’instabilités et de conflits

L’insécurité des approvisionnements en eau continue à s’accentuer dans des zones fragiles confrontées à une croissance rapide des populations, à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et énergétique et à un défaut de gouvernance, selon un nouveau rapport du Center for Naval Analyses Military Board (CNA MAB).

Discours sur l’état de l’Union

En introduction de son premier discours officiel sur l’état de l’Union, le Président Donald Trump a rappelé les événements extrêmes (tempêtes, feux de forêt) endurés par les États-Unis en 2017. Mais le président Trump s’est surtout félicité de la mise en œuvre de son programme de dérégulation « agressif » dans le domaine de l’environnement, déclarant une fois de plus qu’il avait mis fin à la “guerre” sur l’énergie américaine et sur le « magnifique  charbon propre [beautiful clean coal] ».

Le chiffre de la semaine : 4 Mds $

Il s’agit du coût du nouveau siège d’Amazon à Seattle, un bâtiment géant comprenant plusieurs sphères de verre contenant plus de 40 000 espèces de plantes du monde entier. La structure intègre une cascade et plusieurs espaces de réunion devant accroître la créativité, la productivité et fidéliser les employés (Bloomberg, 26 janvier).

Transport

1500Mds$ pour le plan infrastructures

A l’occasion de son premier discours sur l’état de l’union, délivré le 30 janvier 2018, le Président Trump a fait du plan d’investissement dans les infrastructures l’une des premières priorités de son agenda économique. Il a réaffirmé le besoin de moderniser des infrastructures vieillissantes et en mauvais état du pays, tout en fustigeant les délais trop longs du processus d’autorisation des projets.

La principale nouveauté porte sur le montant du plan infrastructure : ce dernier doit permettre de générer au moins 1500 Mds$ d’investissement dans les infrastructures, contre 1000 Mds envisagés jusqu’à présent (la lettre d’actualité EDDET #2018-3 évoquait quant à elle un montant de 1700Mds$). Il appelle le Congrès à produire un projet de loi bipartisan qui serait financé par un partenariat entre l’Etat fédéral, les Etats fédérés et le secteur privé.

Le projet de loi devra également permettre d’accélérer le processus d’autorisation des projets d’infrastructures, et le ramener à un délai n’excédant pas 2 ans, voire moins si possible. Le Président Trump a appuyé sa proposition en rappelant que l’Empire State Building s’était construit en 1 an, alors qu’il faut aujourd’hui 10 ans pour obtenir les autorisations nécessaires pour la construction d’une simple route.

Aucune précision n’a été apportée sur la contribution des différents acteurs, ni sur la priorité des projets à financer.

Plus de 54 000 ponts en mauvais état structurel sur les Interstates

Plus de 54 000 ouvrages d’art sur le réseau des Interstates américaines sont en mauvais état structurel, rapporte NBC le 29 janvier, en s’appuyant sur un rapport produit par l’American Road and Transportation Builders Association. Ceci représente environ 9% des quelques 612 000 ouvrages présents sur le réseau. Et un tiers de ces ouvrages (227 000) nécessitent des réparations. L’âge moyen des ouvrages qualifiés de structurellement déficients est de 67 ans. Le réseau routier Interstate américain est composé de 76 800 km de routes et autoroutes, et supporte 75% du trafic poids lourd américain.

Ce rapport sort alors que vont prochainement débuter les débats au Congrès sur le plan infrastructures (cf.ci-avant).

Record de trafic conteneur au port de Savannah

Le site Transport Topics rapporte que le trafic containeur du Port de Savannah a dépassé en 2017 les 4 millions d’EVP (équivalent conteneur vingt pieds), soit une augmentation de 11% par rapport à l’année 2016. Le Port de Savannah est ainsi le deuxième port de la côte Est derrière le port de New York et du New Jersey qui voit passer quant à lui environ 6 millions d’EVP par an.

En accompagnement de cette croissance, des investissements sont en cours avec 8 nouvelles grues portiques attendues d’ici 2020, et l’approfondissement du chenal d’accès au port sur près de 30km, dont les travaux devraient être achevés d’ici début 2022.

Open skies US – Qatar : vers une plus grande transparence financière

Le Département d’Etat américain a annoncé le 30 janvier qu’un accord avait été conclu avec les autorités qatari permettant de répondre aux inquiétudes des compagnies américaines à l’égard des aides publiques reçues par Qatar Airways.

Cet accord entre les deux administrations affirme « l’intention des deux gouvernements de promouvoir les meilleures pratiques par leurs compagnies aériennes qui fournissent des services passagers réguliers dans le cadre de l’accord de transport aérien conclu entre les Etats-Unis et le Qatar en 2001 », selon le communiqué de presse du Département d’Etat. Qatar Airways devra ainsi publier dans l’année à venir des comptes audités par un cabinet indépendant, et dans les deux ans, publier toutes transactions significatives avec des entreprises publiques qataries et s’assurer que ces transactions répondent aux conditions de marché.

En parallèle, les autorités qataries ont indiqué au Département d’Etat que, pour l’instant, Qatar Airways n’avait pas l’intention d’opérer de vols de 5ème liberté vers les Etats-Unis, rapporte Bloomberg.

Le chiffre de la semaine: 3957

C’est le record du nombre d’armes à feu saisies par la TSA sur des passagers embarquant sur des vols aux Etats-Unis en 2017, soit 17% de plus qu’en 2016. La TSA précise que la majorité de ces armes étaient chargées.

Énergie

Pétrole : les États-Unis peuvent-ils jouer un rôle comparable à l’Arabie Saoudite ?

Lors d’une audition le 16 janvier 2018 par la Commission sénatoriale de l’énergie et des ressources naturelles, Fatih Birol, directeur exécutif de l’agence internationale de l’énergie a estimé que les États-Unis sont sur le point de devenir «  l’un des producteurs de pétrole et de gaz les plus importants au monde au cours des prochaines décennies ». La production américaine devrait dépasser 10 millions de barils par jour en 2018, devant l’Arabie Saoudite et rivaliserait avec la Russie. Mais, selon Samantha Gross, chercheur associé à la Brookings, l’industrie pétrolière américaine ne pourra pas jouer un rôle comparable à l’Arabie Saoudite, dont les ressources sont produites par une seule entité, la Saudi Aramco, détenue et exploitée par le gouvernement saoudien. Les entreprises américaines sont « preneuses de prix (price taker) » et ne sont pas en position d’influer les prix sur les marchés mondiaux, contrairement à la Saoudi Aramco, du fait de l’importance de sa production mais aussi de ses réserves. Il n’est ainsi pas exact de considérer que les États-Unis sont en situation de « domination ». Leur industrie n’est pas structurée dans ce but, estime Samantha Gross.

Regarder les séries Netflix permettrait de réduire la demande d’énergie

Les américains réduisent leurs émissions en limitant de plus en plus leurs déplacements, rapporte le New York Times du 29 janvier, qui cite une étude publiée par le journal Joule. Ils ont séjourné 7,8 jours supplémentaires à leur domicile en 2012 par rapport à 2003. L’effet était plus marqué chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans qui sont restés 14 jours de plus chez eux. Les chercheurs en ont déduit une réduction de 1,8% de la demande énergétique ou de 1 700 trillions de Btu (~500 TWh). Selon l’un d’entre eux, l’intensité énergétique lors d’un déplacement serait 20 fois supérieure par minute à celle correspondant à la consommation d’une personne restant chez elle. Le télétravail, le temps passé sur l’application Netflix et les achats en ligne expliqueraient cette tendance.

Whole Foods Market teste des batteries de réfrigération à l’eau de mer

A Los Altos dans la Silicon Valley, la chaîne d’hypermarchés Whole Foods teste un système développé par Axiom Energy qui met en œuvre des cuves d’eau de mer gelée, permettant de stocker l’énergie frigorifique pour conserver les aliments au frais pendant près de huit heures, sans consommation d’électricité, rapporte Greenbiz le 1er février. Ce système réduirait la consommation d’énergie de 40% à la pointe et permettrait de réaliser ainsi des économies significatives. Axiom serait sur le point d’installer ses batteries à l’eau de mer chez Walmart à Escondido près de San Diego.

Minnesota : mise en service du parc éolien de Red Pine par EDF Renewable Energy

EDF Energies Nouvelles annonce le 31 janvier la mise en service par sa filiale locale EDF Renewable Energy du parc éolien de Red Pine dans l’État du Minesota. D’une capacité installée de 200 MW, l’installation éolienne s’inscrit dans la stratégie Cap 2030 du Groupe EDF, qui vise notamment un doublement de la production d’énergie renouvelable d’ici à 2030, en France comme à l’international. Composée de 100 turbines, l’installation renouvelable génère suffisamment d’énergie pour alimenter en électricité l’équivalent d’environ 92 000 foyers du Minnesota, selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie.

Le chiffre de la semaine : moins de 9 Mds $

Il s’agit du montant que pourrait recouvrer les 2 400 créanciers de Westinghouse sur un total dû de 111 Mds $. Entre 775 M$ et 1,16 Mds $ iront aux employés, sous-traitants et autres fournisseurs, qui ont réclamé 6 milliards de dollars à l’entreprise en faillite (Pittsburg Post-Gazette, 1er février).

 

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