Acteurs éco n°2

Acteurs éco n°2

L’ACTU: Le Secrétaire d’Etat en charge de l’Industrie du Numérique et de    l’Innovation à Washington, Detroit et Chicago 

En visite officielle, M. Christophe Sirugue a pu constater l’excellence du savoir-faire des entreprises françaises aux Etats-Unis, dans des domaines comme le satellite, l’automobile et l’usine du futur.

Le Secrétaire d’Etat s’est rendu à Washington le 8 mars, puis à Détroit et Chicago les 9 et 10 mars. Des rencontres avec des représentants du Congrès ont été l’occasion de rappeler l’attachement de la France au  maintien et au renforcement de sa coopération économique avec les Etats-Unis.

Des discussions axées sur l’industrie du futur

Le Secrétaire d’Etat s’est rendu au salon Satellite 2017 de Washington, où l’excellence des acteurs français du secteur a été très remarquée. Arianespace a notamment reçu le « prix de l’industriel satellite de l’année ». La visite de Detroit était largement axée sur le thème de l’automobile et la diversité de la présence française à travers de grands groupes (Valeo, Faurecia) mais également des PME/ETI au succès fulgurant comme Adduxi, spécialiste des pièces techniques de précision. L’entreprise américaine Chassix a témoigné de la réputation très positive de la main d’œuvre française dans les domaines industriels de pointe. L’étape à Chicago a été l’occasion d’un dialogue de fond avec la Vice-Maire sur les politiques de réindustrialisation et de formation des jeunes aux métiers industriels. La coopération franco-américaine dans le domaine de l’industrie du futur a été évoquée au Digital Manufacturing and Design Innovation Institute (DMDII), centre de recherche public-privé actif dans les domaines de l’impression 3D et de l’usine connectée, ainsi qu’au cours de la visite du centre d’analyse prédictive de Schneider Electric.

Une présence française très diversifiée

Cette visite de terrain a permis de constater la diversité et la densité de la présence française dans le secteur industriel, dans le contexte de la mise en place de la nouvelle administration américaine. Ce déplacement a été organisé par le Service économique régional de l’Ambassade de France, avec l’appui du Consulat général de France à Chicago, des bureaux Business France de Chicago et Detroit, de la Chambre de Commerce franco-américaine de Chicago, ainsi que du service spatial et du service de presse de l’Ambassade.

ANALYSE: Quels défis pour la haut débit aux Etats-Unis ?

L’arrivée d’une nouvelle administration pourrait infléchir plusieurs politiques de régulation actuelles tout en poursuivant le soutien au développement de nouveaux réseaux très haut débit.

Un marché oligopolistique qui se rationnalise

Le marché américain du haut débit compte une dizaine d’acteurs importants. Quatre opérateurs détiennent 70% du marché du haut débit fixe tandis que quatre fournisseurs d’accès se partagent le marché du haut débit mobile. Verizon et AT&T disposent de réseaux à la fois fixe et mobile et sont les seuls à proposer des offres quadruplay (haut débit fixe et mobile, télévision et téléphonie fixe). Verizon et Charter seraient en discussion pour préparer une fusion. qui a racheté DirecTV pour 49 Md USD, est en cours de rachat de Time Warner.

Deux facteurs principaux semblent expliquer les prix relativement élevés pratiqués aux Etats-Unis : d’une part, les coûts de déploiement et d’entretien, élevés en raison de la densité et la taille du territoire américain ; d’autre part, le pouvoir de marché important des acteurs dans le haut débit fixe, dont témoigne le fait que 98% des foyers américains n’auraient accès qu’à un ou deux fournisseurs d’accès internet (FAI) en haut débit fixe de plus de 50 Mbits/sec, selon la Federal Communications Commission (FCC). Les prix pratiqués pour le haut débit fixe aux Etats-Unis pour les offres triple play représentent ainsi plus du double des tarifs observés en France.

L’absence de dégroupage renforce le pouvoir de marché des FAI historiques

Jusqu’en 2003, l’obligation de dégroupage de la boucle locale permettait à un nouvel opérateur de louer la liaison haut débit entre une habitation et le réseau principal à l’un des FAI historiques. Ces derniers ont obtenu l’abrogation de cette règle, qui selon eux imposait un prix réglementé trop faible pour rentabiliser les investissements liés au déploiement des réseaux. Le secteur des télécoms considère que l’absence de dégroupage permet une meilleure rentabilité. Ils ont chiffré leurs investissements à 76 Md USD par an en moyenne depuis 15 ans.

Le secteur face à de nouveaux enjeux réglementaires et technologiques

La déréglementation semble une priorité de la nouvelle administration, ce qui pourrait affecter le secteur à travers une possible redéfinition du principe de la neutralité du Net, une réforme de la libéralisation du marché des décodeurs, une évolution des règles de la protection privée, …  Le développement de la 5G, défi à la fois technologique et réglementaire, dépendra aussi de l’impulsion de la nouvelle administration, qui n’a pas encore fait connaître ses intentions dans ce domaine qui pourrait bénéficier d’une relance des infrastructures.

SUCCESS STORY: Efficacité énergétique: le savoir-faire français s’exporte aux Etats-Unis

Fort d’un savoir-faire reconnu, les acteurs français de l’efficacité énergétique se positionnent sur un marché américain porteur, à l’image de l’entrée fin 2016 de DK Energy, filiale de Dalkia (Groupe EDF).

Les acteurs français de l’efficacité énergétique sont sans cesse davantage reconnus aux Etats-Unis, à l’image de la startup Solable. Spécialisée dans les solutions écologiques et à très bas coût cette jeune pousse a décroché un Innovation Award au CES 2017 pour la conception du premier chauffe-eau thermocyclique et intelligent. Les grands groupes français ne sont pas en reste. Grâce à la bonne implantation et à l’appui d’EDF, DK Energy propose des services énergétiques aux entreprises et collectivités américaines, allant de la gestion de la demande et de la distribution d’énergie optimisée à la production décentralisée.

En septembre 2016, DK Energy a acquis Groom Energy, présent dans 20 Etats pour un portefeuille d’une centaine de clients et un CA de 48 millions de dollars. Ce rachat permet à Dalkia de développer son offre de service sur l’un des marchés les plus prometteurs aux Etats-Unis, 10% de croissance annuelle, et d’afficher des objectifs de développement ambitieux à l’horizon 2020.

LA PAROLE A: Alain Bentéjac et Paul Bensabat – les CCE aux Etats-Unis

Alain Bentéjac, Président du Comité National des Conseillers du Commerce extérieur de la France (CCE) nous a accordé une interview croisée avec Paul Bensabat, Président de la Commission Amérique du Nord des CCE.

Qu’est-ce que le réseau des CCE ?

Alain Bentéjac : Créé en 1898, c’est un réseau de 4000 chefs d’entreprise et experts de l’international, qui mettent bénévolement leur expérience au service de quatre missions : le conseil aux pouvoirs publics, l’appui aux entreprises, la formation des jeunes à l’international et la promotion de l’attractivité de la France. Présents dans les Régions en France et dans plus de 140 pays, ils partagent leur éclairage de terrain en complément du travail de l’administration, de Business France et des Chambres de commerce.

Quelles sont les spécificités des CCE aux Etats-Unis ?

Alain Bentéjac : C’est déjà le plus important contingent numériquement avec 283 CCE, répartis en 9 comités. Cela leur permet d’être présents sur des zones moins connues ou moins couvertes. C’est ensuite un mélange très équilibré d’expatriés de grands groupes français et d’entrepreneurs français installés depuis très longtemps.  Paul Bensabat :  Ce qui frappe également, c’est la diversité des secteurs couverts. Si des zones sont plus spécialisées, comme le biomédical à Boston, la plupart des secteurs sont représentés dans chaque comité. On retrouve aussi une bonne répartition entre grandes entreprises et PME/startup. Cela offre une palette de disponibilité et d’expertise unique au monde.

Quel rôle peuvent jouer les CCE dans l’évolution des relations franco-américaines ?

Alain Bentéjac : Ils peuvent tout d’abord aider à prendre du recul par rapport aux évolutions à court terme, et à mettre en valeur les liens économiques étroits et diversifiés qui unissent nos deux pays. Nos entreprises ont réussi à s’implanter durablement aux Etats-Unis et à surmonter certaines barrières ou difficultés.  Nous souhaitons montrer au public français que le marché américain reste fondamental et porteur pour nos entreprises. Nous pouvons également illustrer auprès des Américains l’importance de la contribution des entreprises françaises à leur économie. Nous travaillons en outre avec le service économique de l’Ambassade pour faire remonter diagnostics et propositions d’action aux autorités.

Paul Bensabat : Les CCE peuvent également contribuer au rayonnement de la France et illustrer le fait que l’amitié franco-américaine est forte et perdure.  C’était l’idée au cœur de « The French Will Never Forget », fondé en plein pendant la crise d’Irak en 2003, et la première opération soutenue par les CCE de décoration des 60 511 tombes de soldats américains en France. S’en est suivi l’organisation d’une chaine humaine sur Omaha Beach en 2007, puis pour les 10 ans du 11 septembre au Trocadéro et en 2014 pour les 70 ans du D Day avec 1 million de pétales de roses lâchés sur la Statue de la Liberté par 3 hélicoptères.

Des évènements qui marquent les esprits et ouvrent des opportunités économiques ?

Paul Bensabat : Tout à fait. Des liens d’amitié forts entre les peuples offrent un environnement propice aux affaires. Cela nous amène logiquement à diversifier nos opérations, dans la tech et l’art de vivre, comme avec l’évènement Taste of France à New York en 2013, puis Best of France en 2015, qui a réuni à Time Square 500 000 visiteurs autour de 150 exposants, qui allaient d’Arianespace au Moulin Rouge. Ces évènements uniques au monde, initiés et pilotés par les CCE Etats-Unis, ont généré plusieurs centaines de millions d’impacts visuels à travers les médias du monde entier. Ils constituent donc une force d’influence majeure au service des entreprises françaises

LE SAVIEZ-VOUS ?: Nos infrastructures contribuent à la compétitivité des entreprises

Le réseau d’infrastructures français compte parmi les plus performants au monde (8ème d’après le World Economic Forum) et en particulier son réseau ferroviaire (6ème). Le cabinet Ernst and Young relève que 25% des dirigeants internationaux considèrent le réseau d’infrastructures de la France comme l’un de ses principaux atouts.

Le déploiement du TGV a renforcé la compétitivité des entreprises françaises

L’Insee a établi un lien entre la qualité des réseaux d’infrastructures et les performances des entreprises. En réduisant le temps de transport, un réseau d’infrastructures de qualité permet des ajustements organisationnels entre les quartiers généraux et les sites de production. Près de la moitié des sites de production en France ont bénéficié du TGV ce qui a favorisé la maîtrise des coûts de production et la création d’emplois. Ces infrastructures peuvent aussi augmenter la capacité des entreprises à trouver des fournisseurs, des investisseurs ou des clients. Enfin, la performance des entreprises peut être affectée par les retombées commerciales, notamment touristiques.

LUMIERE SUR: Salon BIO à San Diego 19-22 juin 2017

Depuis 1993, l’association américaine BIO (Biotechnology Industry Organization) organise chaque année un congrès international consacré aux biotechnologies. C’est désormais l’évènement incontournable pour les entreprises du secteur, avec plus de 2.000 exposants et 15 000 visiteurs, et l’organisation de plus de 25 000 rendezvous en B2B. Cette année encore, Business France, en partenariat avec CCI France International, organisera le pavillon France avec les champions français du secteur.

San Diego Convention Center; 111 W Harbor Dr., San Diego, CA 92101

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